CHAPITRE
LES HABn'AKTS DU |:.Y(^NAI6 8'APP£(iAI£NT SËOC^IÂYliS {SEGUSIJYI)
Et PipN SÈGUSifeNS ( SEGUSUNÎ ) .
Lorsque César vini daasled Gâ(»tes, 'il trouva le pays occupé par trois racà de peuples distinctes, «àim compter la province romaine, qui embrsBsait une vaste étendue de territoire au sud et h l'est, et dont une portion conserve ©noore le nom de Provence, dmvé de pravinoia^ Ces races ^taient^ au nord^ les Belges i au midi, les Aquitains, et au centre, les Celtes. Gliacune de ces races se xUvisait ellemême en un nombre infini de nations ou cilés (i). Parmi celles de ces dernières qui composaient la Celtique, César en mentionne particulièrement une occupant à peu (Mrès les trois petites provinces qui forment le Lyonnais, et dont on appelle généralement les habitants Segu9ianL
Tous les auteurs modernes ont adopté qette dénomination, sauf une légère variante^ consistant dans le changement de la lettre initiale de la seconde syllabe, écrite chez les uns par un c, chez les autres par un 6, et chez quelques-uns mêmes par un p. Cette diversité d'orthographe, qu'on rencontre parfois dans la même édition des auteurs anciens, a produit quatre noms distincts : Segnsiani, Secusiani, Sebusiani, Sepusiani ; mais on peut les réduire à deux, à cause de l'analogie de prononciation et même "de forme qui existe entre le G et le C, d'une part, et entre le Bel le P, de l'autre; de sorte que la difficulté se réduit à choisir entre Segxisiani et Sebusiani.
Pour résoudre cette difficulté nous avons un bon moyen, c'est de recourir aux monuments contemporains, c'est-à-dire aux inscriptions, dont l'autorité est d'autant plus décisive en cette question qu'elles n*ontpu varier de forme, comme les manuscrits, et qu'elles ont été gravées par et pour les gens du pays, qui savaient mieux que personne comment il fallait écrire leur nom. Or toutes les in-
{{) Il importe de se souvenir qu'ici et plus loin le mot cité a le sens de nation, d'étal, et non pas celui de \ilîc qu'on lui donne aujourd'hui.
scriptions, et elles sont nombreuses, car nous en avons sur argent , sur bronze, sur plomb, sur pierre, sur marbre, etc.,* portent le G et non le B. *
Mais, si les monuments contemporains prouvent que les auteurs qui ont écrit la seconde syllabe du mot qui nous occupe par un G ont eu raison, ils prouvent aussi que ces auteurs ont eu tort de mettre un iV à la quatrième ; car c'est un V qu'on trouve sur toutes les inscriptions où lé nom de ce peuple a é\é le plus complètement reproduit. Ce changement, quoique peu considérable, n'est pas sans importance, car il nous force à modifier aussi leiiom français qu'on donne depuis plusieurs sâèdes au peuple gaulois qui occupait^le Lyonnais. Au lieu de Ségmien, c'est Ségimave qu'il faut l'appeler, pour conserver autant que possible la formé latine la plus authentique.'
Comme il convient de bien fixer ce point avant d'aller plus loin, nous allons contrôler ici tousies monuments qui font mention des Ségusiaves et datent des quatre premiers siècles de notre ère, où ce peuple vécut d'une vie propre. Ces tnonuméùts sont de plusieurs sortes ; mais ils peuvent tous être rangés dans deux catégories distinctes : la première comprenant, sous le titre dHnscriptiom, non seulement les inscriptions proprement dites, mais encore les monnaies et tous les autres objets antiques, en métal ou en pierre, portant des caractères, qui nous sont parvenus dans leur forme originelle ; la seconde comprenant, sous le titre de livres, non -seulement les livres proprements dits, mais encore les cartes et tous les autres documents écrils qui ne sont arjivés jusqu'à nous qu'à l'aide de plusieurs transcriptions, etqui offrent par conséquent moins d'authenticité.