OBSEEVATIONS GÉOLOGIQUES ET MINÉRAUX
irsque j'étais à Juthia^ ayant eu occasion de des fouilles, pour chercher les vases sacrés urent enfouis lors de l'invasion des Birmans, 766, j'observai, partout où je fis creuser, qu'à rofondeur d'environ trois mètres on renconune couche de tourbe noire d'un pied d'épaisy dans laquelle il s'était formé quantité de ix cristaux transparents de sulfate de chaux. )os en passant que les Siamois recueillent ces aux, les calcinent, et en obtiennent une poudre èmement fine et très-blanch«, dont les coméis et les comédiennes se frottent les bras ei. la
figure.) Dans cette couche de tourbe on trouve, en outre, des troncs et des branches d'un arbre, dont le bois est rouge, mais si fragile, qu'il se rompt sans effort. D'où je conclus, que c'était là le niveau primitif du terrain, qui se sera élevé peu i peu par le sédiment qu'y déposent les eaux chaque année, à l'époque de l'inondation, aussi bien que par le détritus des feuilles et des plantes.
Il est dit dans les Annales de Siam, que sous le règne de Phra-^Ruàng (environ l'an 650 de notre ère), les jonques chinoises pouvaient remonter le Më-Nam jusqu'à Sangkhalôk, qui est aujourd'hui à plus de cent vingt lieues de la mer ; ce qui fail supposer que la plaine de Siam a éprouvé un changement considérable dans ce laps de douze ceni ans, puisqu'à présent les jonques ne remontent pu au-delà de Juthia, distante de la mer de trenti lieues seulement.
En creusant des canaux, on a trouvé, dans ph» sieurs endroits, des jonques ensevelies dans la terM à quatre ou cinq mètres de profondeur. Plusieuii personnes m'ont rapporté que quand le roi fli creuser les puits pour les pèlerins, sur la route ôi Phra-Bat, à une profondeur de huit mètres, od trouva un gros cable d'ancre en rotin.
 Textrémité nord de Bangkok, à onze lieues do la mer, je vis des Chinois creusant un étang, ne rapporter du fond que des coquillages concassés, eequi me confirma dans mon opinion, que cette l^ine avait été mer autrefois. Voulant donc réfloadre ta question de manière à lever tous les doutes, je fis creuser dans le terrain de notre église à Bangkok un puits de vingt-quatre pieds de profondeur; l'eau qui se rassemblait au fond était plus salée que l'eau de mer ; la vase molle qu'on ramenait du fond était mêlée de plusieurs sortes ie coquillages marins, dont un bon nombre étaient m bon état de conservation ; mais, ce qui finit par ever tous les doutes, fut une grosse patte de crabe st des concrétions pierreuses auxquelles adhéraient le jolis coquillages.
La mer s'est donc retirée et se retire encore tous es jours ; car dans un voyage au bord de la mer, non vieux pilote me montra un gros arbre qui itait à un kilomètre dans les terres, en me disant : c Voyez-vous cet arbre là-bas î Quand j'étais jeune, t J'y ai souvent attaché ma barque; et aujourd'hui, « voyez comme il est loin. » Voici la cause qui fait croître si vite la terre au bord de la mer. Pendant trois mois de l'année, quatre grands fleuves char-
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rient, jusqu'à la mer, une quantité incalculaMoi limon ; or. ce limon ne se mêle pas à Feau comme je m'en suis convaincu par mes pi yeux, mais il est ballotté et refoulé par le fliut^ reflux sur les rivages où il se dépose peu à peu,: à peine s'est-il élevé au niveau de l'eau qu*i croit des plantes et des arbres vigoureux qui le solident par de nombreuses racines. J'ai tout de croire que la plaine de Siam s'est accrue vingt-cinq lieues en largeur sur soixante en loi gueur, ce qui ferait une étendue de quinze cei lieues carrées.
J'avais lu dans un ouvrage de géologie, qu'on trouvé en Amérique des traces de pattes d'oiî et autres animaux profondément empreintes d( des rochers; or, j'ai découvert précisément même chose dans ma course à la montagne Phra-Bat. Comme je me promenais autour d'ui source qui jaillit au bas de cette montagne, j'apeUJ çus une empreinte qui me parut être celle du pie^ d'un tigre ; j'appelai mes gens, qui dirent tous qui c'était en effet la trace d'un tigre : bientôt nous ei découvrîmes d'autres, et de plusieurs espèces d'fr nimaux; nous vimes des traces d'éléphants, d cerfs et de grands oiseaux. Toutes ces empreinte
ondes, bien modelées et bien nettes, ^Ues eussent été faites sur une argile expliquer une chose si extraordinaire, Bsairement supposer qu'il y a eu un \ rochers avaient assez de mollesse pour pareilles empreintes. D'après ce que is porté à croire que le vestige du pied , dont j'ai parlé, sera l'empreinte réelle l'homme, ou peut-être d'un mastoquelque autre animal antédiluvien.