‹ Description du Royaume Thai ou SiamChapitre 25 sur 96 · DES PRINCES · texte numérisé non relu

DES PRINCES

Parmi les princes, on en choisit toujours un' mv l'établir vanglàng ou vice-roi. Son office est e traiter toutes les affaires majeures, de juger les rinces, ou les mandarins coupables, aussi bien Ile la mauvaise conduite des concubines ou des Unes du palais, de veiller au bon ordre dans la tpitale et aux environs. Il est le premier de la cagorie des princes appelés krommalmng qui sont I nombre de quatre. Après eux viennent les inces appelés krommakhun, qui sont aussi au >mbre de quatre ; enfin quatre autres princes ap- ^lés krommamùn. Ce sont là les seules dignités ixquelles on élève les princes; tous les autres embres de la famille royale sont sans eov^lov <^\.

chef des satellites; 10, phaîcir-raxa-montri, pre<, mier chef des pages; 11, phaja-'thibet, second chef des pages; 12, phajd-rak, premier lieutenant du gouverneur du palais ; .13, phajorbamri' phak, second lieutenant du gouverneur du palakj li ^ phaja-praxa-xip y lieutenant du ministre à l'agriculture; 15, phaja-phiphat ^ lieutenant di grand trésorier ; 16, phaja-^phet-pani, officier di phaja-jômaràt ; 17, phajar-phet-xada , autre officier du phaja-jômaràt ; 18, phaîa-phet-phiao^ commandant des forteresses; 19, phaja-si-fkî^ phaty officier du grand trésorier; 20, phaja^chiùi^ chef de la nation malaise ; 21 , phaja-^mmàt, pq mier lieutenant du phaja^chakri; 22, pltaja-rèi jôthUy second lieutenant du phaja-clidkri ; îl phajU'-thèp, premier lieutenant du phaja-kt lahôm; 24, pltajonsura-sena , second lieutenai du phaja'kalahôm ; 25, phaja-rat-dexô, géDéij de la première légion; 26, phajothainam, fji néral de la seconde légion ; 27, phaja-'ram, gi néral de la troisième légion ; 28, phaja-narong, gf néral de la quatrième légion ; 29, phajophiad songkhram, général de la cinquième légion ; 3A phaja-raxarnikun, général de la sixième légion; 3i, phaja^suphavadi ^ chef de tous les clienb;

32, phaja^aphai^sura^lông, surintendant de Tar-

liNerie; 33, phaja-^iset-songkhram, général d'ar-

ffilerie.

: Les mandarins du quatrième et cinquième ordre,

i'est-à-dire les phra et les lûang, sont très-nom-

ux, et sont tous sous les ordresde quelque joAaja.

ns chaque administration, le chef principal rappelle préfet ou chào^krom; il a deux lieutelants ou adjoints, Tun de droite et l'autre de Ifiuche, qu'on appelle balat-krom. Ces balat ont |bui aides qu'on appelle phu-ocuaij et chacun des païKCuat a sous ses ordres un certain nombre de Pl^ts appelés nai-muet. Ces nai-muet comman-

rat de vingt à trente individus.

. Les villes du royaume de Siam sont divisées en tre ordres qu'ils appellent Muang-ek^ Mùang^ ', Mùang-Tri, Mùang-Chatava. Les villes du mier ordre sont : la capitale, et toutes les villes il y a un roi tributaire. Les Mùang-Thô sont capitales de provinces gouvernées par un phaja. villes du troisième ordre ont un phra pour vemeur, et celles du quatrième ordre sont adinistrées par un mandarin d'un ordre inférieur ippelé ludng. Dans chaque village il y a un maire Wffàé kamnan. Chaque gouverneur de province

est assisté d'un lieutenant ou balat^ et d'un 80»

lieutenant appelé jokabat; il a en outre un tribunal

ou conseil composé d'une douzaine de juges ap^

pelés kromakan. Le gouverneur réunit tous la

jours son conseil dans une grande salle, où Foi

traite toutes les affaires importantes.

Les gouverneurs jouissent d'une grande autorili dont ils abusent souvent pour opprimer le pauvm

peuple, ce qui fait qu'ils sont en butte à de M^

quentes accusations auxquelles ils ne peuvent if

soustraire qu'en offrant des sommes considéraUei

au roi ou bien au grand mandarin dont ils relèveotf

A Siam, la plupart des charges sonthéréditairsii de sorte que c'est toujours le fils qui succède M père, à moins que la différence d'âge ou la volonté du souverain n'y mette obstacle. Toutes la, personnes constituées en dignité sont obligéaii deux fois par an, à boire l'eau du serment dont j'v déjà parlé. Quiconque manquerait à celte fonnip Il té, sans excuse légitime, serait regardé commi un traître, et emprisonné sur-le-champ. Il n'y l ^ que les chefs chrétiens qui en sont exempts, parco ^ que le roi a reconnu que cet acte est contraire i leur religion.

Chaque année, à la fin du mois de novembre,

didribue la paie à tous les fontîonnaires du me, ce qui dura environ douze jours. Les

princes reçoivent chacun vingt livres d'aria livre est de 80 ticaux ou 240 francs). Les très en reçoivent autatit; la solde des p^ja douze à deux livres d'argent ; celle des phra

luâng est de cent vingt à soixante ticaux ; iployés subalternes ne reçoivent que de quaà seize ticaux; enfin, les simples soldats, sa-* B, médecins, ouvriers et autres, sont payés )n de dix ou douze ticaux seulement. Toute sse du peuple est sujette au service royal«

appellent raxorkan; il faut cependant en ter tous les Chinois venus de Chine, car leurs ts qui sont nés à Siam sont tenus au même B que les indigènes. Le roi a imaginé une ière manière ^de taxer les Chinois ; tous les ms on leur attache au poignet une grosse , au nœud de laquelle on appose un sceau i résine de laque^ et on leur délivre en même ' un billet scellé, moyennant la somme q ticaux ou quinze francs. Ils doivent garder ;au pendant près d'un an; il n'y a que les . marchands chinois qui, en payant triple taxe, nt se soustraire à cette honteuse servitude.

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clients ou lèk, les familles qui sont

* le service des princes et des man-

\ divisent en deux classes : clients

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toujours fixe; les clients esclaves

i à quatre ticaux, et les clients satel-

trois à six ticaux. Les princes et les

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] cents familles ; ils ne peuvent ré-

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e, par exemple, de venir ramer la

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venir toutes les fois que le raxa-kan

yal l'exige ; ils doivent leur faire

Le menu peuple est divisé en cinq catégories: les soldats, les gens de corvée^ ceux qui paient ub tribut, les clients et les esclaves. Je parlerai des soldats dans le chapitre de la guerre. Les gens da corvée , qu'on appelle kMo-dùen , sont tenus i trois mois de service par an; on les emploie i bâtir les forteresses, les pagodes ou des palak^ à creuser des canaux, faire des digues, des che* mins, des hangars et en générai à tous les oih vrages royaux ou publics. S'ils veulent s'exemptflr . de ces corvées, ils n'ont qu'à payer la somme de : seize ticaux à leurs chefs qui la retiennent potf eux ou bien louent quelque autre à leur place. Cert une chose avérée que les chefs , grands et petite exemptent généralement du service royal et à leur profit, un certain nombre des gens qu'ils doiveÉ! y employer ; le roi le sait bien ; mais il ferme yeux là-dessus et avec raison, parce que la dique solde que reçoivent les mandarins ne s rait pas pour leur entretien. C'est ce qu'ils ap lent proverbialement iham na bon Idng-'phrài^ faire les champs sur le dos du peuple.

Dans toute l'étendue du royaume , il y a uns bonne partie du peuple qui n'est pas sujette aia corvées, mais doit payer, chaque année, un InM^

dont la Valeur varie de huit à seize ticaux. Il y en a qui le paient en colonnes de bois, d'autres en briques, en tuiles, en chaux, en sable, en bambous, en cire, miel, bois d'aigle, gomme-laque, huile, résine, etc., etc. Cette partie du peuple est peut-être la plus heureuse, en ce que, pourvu ]u'elle paie son tribut, en nature ou en argent. Bile est libre, toute l'année, de faire ce qu'elle reat , excepté dans le cas de guerre où elle doit bamir des soldats comme les autres.

. On appelle clients ou lèk, les familles qui sont léservées pour le service des princes et des manhnos. Ils les divisent en deux classes : clients itellites et clients esclaves. Tous les clients, en ^néral, paient chaque année, au trésor, une taxe pd n'est pas toujours fixe ; les clients esclaves Mient de deux à quatre ticaux, et les clients satellies paient de trois à six ticaux. Les princes et les nndarins ont ainsi sous leurs ordres de dix à lilatre ou cinq cents familles ; ils ne peuvent rériamer de leurs clients que certains services pasagers, comme, par exemple, de venir ramer la kirque dans les cérémonies publiques ; ils doivent iflBsi les faire venir toutes les fois que le raxa-kan M service royal l'exige; ils doivent leur faire

payer I9 taxe annuelle pour le trésor. Quand lu clients n'ont pas de quoi payer, le chef aYODOi pour eux» compte l'usure, et les pauvret clients né tardent pas à devenir ses esclaves. En général, la clients sont d'une grande ressource pour leur maître, surtout quand celui*'Ci ne les moleste pv et les laisse paisiblement chercher leur vie; car alors ils lui apportent souvent des présents ooii' \ sidérables en riz , fruits, légumes et poissons.

Les esclaves font au moins le tiers de la popv* lation ; on les divise en trois classes : les captifri les esclaves irrédimibles, et les esclaves ordinaivfll qui peuvent se racheter. Pendant les guerres, c'sÉ la coutume d'amener captifs tous les habitants àm places qu'on a prises, et le roi en distribue uns partie à chaque mandarin, selon son rang et Mf : mérite. Lorsque ces captifs ne se plaisent pas chcK i leurs maîtres , ils ont droit de passer chejs un 1 autre, pourvu que celui-ci paie leur rançon, fixés ^ à quarante-huit ticaux par personne. On appela esclaves irrédimibles, les enfants qui ont été ven» dus irrévocablement par leurs père et mère dans leur bas âge et avec un écrit de vente en due forme; ceux-ci ne peuvent plus sortir de ches leur maître et, s'ils y sont maltraités, ils n'ont pas

aôtre renource que de souffrir ou de prendre fuite. Quant aux esclaves ordinaires, ce sont t pauvres gens qui sont obligés de se vendre Mir payer leurs dettes. Le service des esclaves est iputé comme tenant lieu des intérêts du capital rancé par le maître , de sorte que Tesclave qui ira servi son maître pendant une vingtaine d'an- ^ doit^ pour se libérer, rembourser toute la ^mme pour laquelle il s'est engagé. Si l'esclave ni changer de maître , il n'a qu'à s'offrir à un itre qui paie sa rançon. Le prix des esclaves ne selon l'âge et le sexe ; depuis douze ans jus* Vh seize, on les achète de quarante à soixante taux; un homme fait s'engage ordinairement mr quatrCf-vingts jusqu'à cent soixante ticaux. -.ne iaut pas croire que les esclaves, à Siam, fient traités comme les esclaves nègres; il est ii que certains maîtres les nourrissent assez mal, I leur épargent pas les coups de rotin, les in« res, les malédictions; quelquefois même ils les ettent aux fers et au cachot ; mais on peut dire, 1 général, que les Thai ont beaucoup d'humaié pour leurs esclaves , ne les font travailler que ^modérément et les traitent souvent beaucoup îeux qu'on ne traite les domestiques en France^

Chaque mandarin a un catalogue très-exact de tous les sujets qui relèvent de lui; mais dans kl dénombrements jamais on ne fait mention , ni des femmes, ni des enfants, ni des vieillards;» ne compte que les hommes depuis Tàge de vingt ans jusqu'à soixante - dix. Si vous demandez 1^ quelqu'un : Combien y a-t-ii de monde dans cetM ville? Il vous répondra: qu'il y a six cents hommen et dans le fait, il y a plus de trois mille habitaoti;i c'est ce qui fait qu'il est si difficile de connaître/^ au juste, la population du royaume de Siam, dW tant plus que tous les recensements particulierssonld envoyés à un grand madarin, qui est chargé dr! les garder sans pouvoir les communiquer à pei^ sonne, si ce n'est au roi et aux ministres.

Le gouvernement Thai a bien peu de rapporb politiques avec les nations voisines, si ce n'est avec la Chine ; car il y envoie tous les trois ans dei ambassadeurs avec des présents pour Tempereor de la Chine , que le roi de Siam appelle son frère aîné ; de son côté , l'empereur répond par une lettre et des présents, mais n'envoie jamais d'ambassadeurs à Siam. Les relations des Thai avec te Anglais de Syngapore sont purement comIDe^ Claies, et toutes les fois que les Anglais ont fait des

itioD* d'un genre politique, le roi a toujours u qu'il fellait s'en tenir aux anciens traités, inù que dernièrement il leur a refusé forlent d'établir un consul à Bangkok. 11 n'y es Portugais qui aient un consulat dans cette i depuis une trentaine d'années, et la crainte gouvernement Thai a des Anglais, fait qu'il la résolution de n'accorder à aucune puisturopéenne le droit d'établir des consulats li , persuadé que s'il l'accordait aux Fraoir exemple, il se verrait obligé de l'accorder iix Anglais, avec qui il n'a pas envie de se

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