‹ Description du Royaume Thai ou SiamChapitre 4 sur 96 · PORTS · texte numérisé non relu

PORTS

Sur ses côtes maritimes, Siam possède un certain nombre d'excellents ports; mais je ne parlerai ici que du port principal où se fait presque tout le commerce. Au fond du golfe et à l'embgltehure du fleuve ilfê-iVam, les navires rencontrent une longue et large barre formée de boue et de sable, sur laquelle il n'y a que trois ou quatre pieds d'eau quand la mer est basse ; mais avec l'aide d'un pi« lote et de la marée montante^ un navire ordinaire passe aisément la barre en suivant le lit du fleuve \

il entre dans le Më-^Nanif et dans une demi-journée il vient jeter Fancre au milieu de la capitale^ par une profondeur de cinquante à soixante pieds. Il eftt rare de trouver un port aussi vaste, aussi sûr et si commode; car il n'y a à craindre ni bancs de sable, ni écueils, ni tempêtes, et il pourrait y tenir jusqu'à dix mille navires. Ajoutez à cela qu'on est h portée des boutiques flottantes, du bazar et des magasins^ et que la provision d'eau est très-facile à faire, puisque l'eau du fleuve est excellente*

Il me parait utile de consigner ici une méthode fort simple de purifier l'eau des rivières, méthode (\m est généralement usitée à Siam. Dans centlitres il'eau, par exemple, jetez une cuillerée à café d'alun en poudre, agitez avec un bâton pendant une ou deux minutes, et laisse^ reposer. Dans une heui^e ou deux l'eau devient très-4itnpide, et il se forme au fond du vase un dépôt abondant. Tous ceux îl4 but quelques notions de chimie comprendront aisément que celte méthode est bien préfé*^ rable à une simple filtration, parce que l'alun décompose les sels d'urine et autres sels insalubres, tandis que le filtre ne peut en dépouiller l'eau qui retient toutes les matières salines en dissolution.

U faut observer néanmoins que les iiavires d'un

fort tonnage sont obligés, pour pouvoir passer la barre, de décharger une partie de leur cargaison, et de la repasser à demi chargés ; la cargaison se complète eh dehota de la barte au moyen de grosses barques de transport.

GOLPX, GOURANTS.

Le golfe de Siam n'est point ^jet aux tempêtes ni aii se typhons dévastateurs comme la mer de Ghioie; aussi les naufrages y sont extrêmement rares; sa profondeur est de neuf à dix toises le long des côtes, et de cinquante à soixante au milieu. Depuis le mois d'octobre jusqu'à la fin de mars, il y règne un courant dont la direction est du nord au sud, et depuis le mois d'avril, le courant prend une direction contraire, c'est-à-dire qu'il vient du sud aii nord ; sa vitesse est de trois milles (une tteue) à Theure. Dans les mois de mai, juin et juillet, oii éprouve souvent des calmes plats ; la surface du golfe est comme un miroir immense qui réfléchit Tazur des cieux et les rayons d'un soleil brûlant.

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