‹ Description et histoire du MarocChapitre 11 sur 50 · LE VERSANT NORD · texte numérisé non relu

LE VERSANT NORD

La direction de ce versant est nord-ouest. Nous le subdivisons en deux autres secondaires : celui de l'Océan et celui

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de la Méditerranée. On pourrait même considérer comme un troisième petit versant, celui qui est formé sur le détroit par la prolongation du Rif depuis le Djebel-Andjera jusqu'au cap Spartel.

i. Versant de l'Océan. — Les principaux bassins de ce versant sont ceux de l'Oued-Noun, de l'Oued-Sous, de rOued-Ténsift , de fOum-er-Bia, du Bou-Regreg et du SétK)u et celui de rOued-el4[ous. Au point de vue militaire les plus importants sont ceux du Sebou, et de l'Oued-Ten-^ ^ift, comme ouvrant, le premier; la route de Fez et de Méquinez, le second celle du Maroc. Du reste, on ne peut guère prévoir d'opérations mQitaires que dans le nord, si ce n'est, au sud , sur la ligne de Mogador à Maroc , ville capiUde.

L'aspect général de la côte atlantique est celle d'un pays naturellement fertile, riche en pâturages et en terres arables ; il présente les caractères d'un immense sahel bordé de falaises et de collines peu élevées et entrecoupé de vastes plaines; le djebel ou le pays montagneux. devient plus saillant à mesure qu'on avance du littoral dans l'intérieur. Les principaux contre-forts qui aboutissentàlamer, en dominant le sahel de leurs crêtes élevées, sont celui du cap Guer au nord de l'embouchure du Sous, et celui du pays des Zaères, au sud du Bou-Regreg. De cette configuration, il résulte que l'on peut suivre une route assez facile au bord de la mer, depuis Tanger jusqu'à Salé ou même à Azemmour; mais au passage des rivières, il faut se défier de la marée montante.

Au point de vue maritime , le littoral , peu accidenté, n'offre que de mauvais ports, dont Mogador est le meilleur, n faut ailleurs mouiller en pleine côte ou à Tembouchure des rivières, plus ou moins ensablée. La navigation y présente des difficultés , surtout dans la saison

li-s vents soufflent du nord-oacst et da sud*

Kitanl plus dangereux que le couranl porte à la

*'•'. surtout entre les Canaries et TOued-Noun. D'arrfl en

'^ntohre, lôgnenl de fortes brises dunord. La côte est pK9i{iie

inoessainnient battue par la grande boule du large '!}.

(I HvssiN DE l'Oued-Nocm. — Le bassin de l'Ooed-Noan. nuinmé aussi le pays de Djézoula , est formé par les bilurcations de rextrémité sud-ouest du grand Atlas. Ses cours d'eau prennent leur source an yersaBt du sud, mais ils vont à rOcéan par la déclivité générale du terrain. 11 forme donc une transition entre les deux grands Tersants sud et nord. Nous ne savons pas s'il y a toujours lieu de le diviser politiquement en trois parties , cooune on l'a fait dans ces dernières années : l'État de SUi-Heekam. établi, en 1810, par un marabout de ce nom qui se déclara indépendant; VOviei-Nùun, où le cbeikh Berouk commande une quarantaine de villages; et le Djézoula, région montagneuse, fertile, peu connue, se développant i l'est des deux autres.

L'Oued-Noun est peuplé de Berbères que les sou%'erains du Maroc n'ont pas pu soumettre. La bourgade d'Oued- Noun est un point de réunion pour les caravanes qui voyagent entre Mogador, Maroc et Tombouctou. Elle est à cinq ou six jours de Santa -Cruz ou Agader.

b) Bassui de l'Oued-Sous. — Ce bassin est compris entre deux cordillères appartenant à la principale chaîne de l'Atlas et qui s'écartent en avançant vers l'Océan. L'Oued-Sous prend sa source dans les hautes montagnes sous la longitude de Maroc; et un de ses affluents, auquel on donne le même

(I) Revtu des ïkuX'}iondei, 4850. Article attribué au prince de JoinviUe.

nom (fleuve des anguilles), sort même plus à Test, h arrose im pays riche, uno dei piA bei del numdo, dit Graberg, le dernier sur lequel s'exerce vers le sud la souveraineté des Chérifs (1).

Agader ou Sania-Cruz. Le port qui dessert ce bassin est formé par une baie vaste et assez bien abritée, sur laquelle se trouvent Agader et Fon.ti. Vers Tan 1500, un gentilhomme portugais y éleva une maison de bois, pour se livrer à la pèche dans ces parages extrêmement poissonneux, et il rappela Santa - Cruz. Les gens du pays nommèrent cet établissement Tiguimmi-Roumi et les arabes Dar-Jtoumta, la maison chrétienne (2). Le roi Don Emmanuel l'acheta et y bâtit un petit fort. Cette place fut enlevée aux Portugais en 1536 par Moulê-Mohammed qui l'assiégea à la tète de 50,000 hommes. Elle fit du commerée avec l'Europe jusqu'en 1773 , où Moulè-Abd-Allah démolit ses murailles et transporta le mouvement commercial à Mogador. D n'y a guère plus de 100 habitants, juifs et musulmans.

Fonti, dont le nom indique une source, est un village situé au sud-est. De Santa-Cruz à Mogador, par le bord de la mer, il y a cinq jours de marche, que le cap Guer ou d'Aguer rend pénible. Du même point à Taroudant, trois petites journées à travers les landes. Quand le Maroc sera sous l'empire de la civilisation, la baie d'Agader retrouvera rimportance qu'une politique étroite lui a enlevée : car elle appelle naturellement les marchandises du Sous, que l'on transporte moins bien à Mogador.

(4) Dans les auteurs arabes^ les bassins de Sous et de Noun sont compris sous le nom du Sous que Ton distingue en Sous-el'-Âdna ou extérieur^ et Sous-eï'Acsa ou cilérieur^ au sud du premier.

(5) Un nom plus ancien est Gourtgttessem.

Dans le . voisinage d'Âgader, pn découvrirait sans doute des vestiges de Toul, ruinée par les Chérifs, en 1517, «t que Diego de Torrès dit avoir été autrefob « très-peuplée et très-riche. » Une mine de cuivre, qui faisait sa fortune, causa aussi plusieurs fois son malheur, parce que Ton con-r voitait ce trésor et qu'on en demandait aux armes la possession. Les Portugais ruinèrent encore, dans la même contrée, Jouroutoufto.

Taraudant. La principale ville du Sous est Taroudant, où réside le pacha, gouverneur de la province. Elle est très-ancienne, et a été capitale d'un royaume indépendant. Les Mérinides lui enlevèrent sa liberté, mais lui donnèrent de Taccroissement. Elle s'était réorganisée en une sorte de république lorsque les Chérifs s'en emparèrent au ivi' siècle. Son enceinte est fortifiée par de hautes murailles. Assez vaste pour 80^000 habitants, elfe n'en a^ guère aujourd'hui que le quart. Ds sont industrieux. Les. cuirs de Taroudant passent pour excellents. Le pays voisin est bien peuplé, tant de Berbères logés dans des maisons, que de ceux qui dorment sous la tente.

La route de Taroudant à Maroc traverse Tldraren-Drâan par le col de Biloutouan , nommé aussi , du nom de la tribu qui l'habite, Fedj-alt-Mpussa. Elle est d'environ cinquante heures de marche.

Marmol signalait sur le cours du Sou&-Techeit , Tedsi, ville industrieuse, de quatre mille feux, dans une plaine fertile en dattes, figues, raisins, pèches. Au xvi* siècle, elle avait ses souverains, dont l'un fut le renégat génois lahia ou Mohammed-el-Euldj.

c) Bassin de l'Oued -Tensift. — Ce vaste bassin est dessiné par le versant nord de l'Idraren-Drâan et le chaînon qui s'en détache à l'est-sud-est de Maroc pour aller passer

nom (fleuve des anguilles), soit mtae |iliis à l'est, b irrose un pays riche, «no iei pià in 4H momIo, dit Grabe^, le dernier sur lequel s'exerce vers le sud la souveraineté des Chérifs (1).

A goder ou Santa-Cruz. Le port qui dessert ce bassin est rumié par une baie ^-aste et assez bien abritée* sur laquelle se (muvenl Agader et Fonti. Vers Tan loOO, un gentfllioinnie |)ortugais y éle^-a une maison de bois, pour se livrer à la péclie dans ces parages extrêmement poissonneux, et il ru|)|>elA Santa 'Cruz. Les gens du pays nommèrent cet ôtahlissouienl Tiguimmi-Roumi et les arabes Dar-Roumiay la iiiflisoii clirélienne (â). Le roi Don Emmanuel Tacbeta vt y luilit un petit fort. Cette place fut enlevée aux Portuliiùs vu i,Ki(i par MouIt>-Mohammed qui l'assiégea à la tête (lo ri<).(NK) hommes. Elle fit du commerce avec FEurope Justin Vu I77ii , où Moulé*Abd-Allah démolit ses murailles et irnhNporla lo mouvement commercial à Mogador. D n'y a ^wi'w plus (lo l(X) habitants, juifs et musulmans.

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au nord de cette ville et suivre le cours de TOued-Tensifl en révenant vers l'Océan. Ce fleuve ades eaux abondantes et profondes ; il est, néanmoins , guéable sur beaucoup de points. Ses principaux affluents sont sur sa rive gauche, à raison de Timporlance des montagnes qui ferment le bassin de ce c6té-là. Graberg les nomme Àghmat, Seif-el-MeU, Eniifa, Sciusciava.

Nos renseignements sur les gouvernements de cette région laissent à désirer; nous les donnons cependant comme pouvant être de quelque utilité. On signale les pachaliks suivants :

— Mogador, ville.

— Provinces de Hacha et Chiedma ; con^posée la première de douze fractions, la seconde de dix-huit. Le pacha réside à Mogador.

— Maroc, ville.

— Hans, province de Maroc.

Le pays est en général fertile et les populations sont d'un caractère relativement paisible. Les rivages de la mer ne sont pas aussi riches que l'intérieur. Le blé ren4 souvent jusqu'à soixante; il rapporte trente dans les récoltes médiocres. Les fruits, la cire^ la sandaraque abondent comme les grains. L'olivier s'y fait remarquer par son exubérante fécondité. Mais les palmiers, quoique nombreux, ne sont plus dans la véritable région des dattes. Elles ne mûrissent bien qu'à partir du Sous vers le midi. D y a donc une ligne à tracer dans ce bassin comme délimitation de la zone des dattiers.

Maroc ou Merrakech, La ville de Maroc, située sur un affluent de la Tensift, a été fondée en 1072, par l'almoravide Youssef-ben-Tachfin. Elle est dans une plaine semée de nombreux villages et entourée de murailles en pisé de

chaux et de sable, hautes d'une trûnjtame de pieds, à créneaux saillants et munies de tours carrées de cinquante en cinquante pas. L'enceinte est fort étendue (1) ; mais à l'iùteneur il y a des espaces vides, des jardins et des rinnes. L'air y est pur et l'eau distribuée dans tous les quartiers par un aqueduc souterrain qui vient de la Tensift et fait le tour de la ville. Il y a sept portes près desquelles des marchés se tiennent, presque chaque jour, indépendamment du marché permanent de TÂlcazigr. Les mosquées principales sont au nombre d'une vingtaine ; parmi elles, oh distingue la mosquée El-Koutoubia , dont la tour, haute de 67 mètres, ressemble à la Giralda de Se ville, sa contemporaine' (1196). Celle d'El-Mpazziïi est remarquable par ses grandes proportions, et celle de Sidi-bel-Âbbes , patron de la ville, par le tombeau du santon. Le palais impérial est hors des murs^ vis-à<-vis de la belle porte mauresque Bab-er- Roum ; il se compose de pavillons carrés, couverts de tuiles vernissées et séparés par des jardins. La population de cette capitale est di£Scile à fixer. Jackson, en 1811, lui donne 270,000 habitants ; et Chénier dit , un peu auparavant : « Je doute qu'elle renferme 30,000 habitants, même lors-^ que la cour s'y trouve. » (îràberg lui en accorde 30,000 environ, y compris 4,000 Chelloks et 5,000 Juifs. Non loin de Maroc, on passe l'Oued-Tensift sur un pont de vingtsept arches.

Aghmat ^située au sud de Maroc et au pied du Miltsin, était capitale des Almoravides, quand Youssef-ben-Tachfin jeta les fondements de Merrakech. Elle n'a plus guère que 6,000 habitants. Au sud d'Aghmat et dans la montagne est Tinmal ou Tinmelet, berceau et tombeau des Almohades.

(I; Environ 12 kilomèlres de circooférence.

L'Oiim«er-Bia est lé fleuve le plus majestueux du Ibgred. n prend sa source, à l'est, au pAté nKmtagneux dcH miné par le Djebel HiriUel-Âbhari, du pied duquel sortent en sens opposé la Mouloula, le DrAa et le Guir. Il coule d'abord sous le nom de Gottob-el-Abid et prend celui d'Ouiher-Bia, ou la Mère de la verdure, quand il reçoit sur sa gauche un autre oued, el-Abid (1). Plus bas, le Tessaout, enrichi lui-même de TOued-Lakdeur, lui apporte le tribut de ses eaux , et le fleuve descend à travers de fertiles contrées, n n'est pas guéable en hiver ni au> printemps. On le passe sur des radeaux àe roseaux , portés par dés outres gonflées et unies entre elles. Il abonde en poissons.

Le bassin est riche en céréales, en cuirs et en laines (2). Il a d'excellents chevaux.

Les gouvernements dont onnousasîgnalé l'existence sont:

— Demnate, province sans ville importante.

— Les Beni-Ahmir et Tedia, où l'on remarque la Casbah de Tedla ou Fichtala.

— Cheraghna, province; pas de ville.

— Chaoula, province divisée entre quatre caldats. On nous a dit aussi que les Chaoulàs avaient un pacha en jésidence à Casa-Bhnca.

— Azemmour. Le pacha gouverne, outre Azemmour, Mazagan, Chiedma des Chelloks, peuplée par une émigration du Sous ; enfin une partie de Doukkala.

(4) On sait que dans toute rAfrique septentrionale leA rivières changent asses souvent de nom le long de leur cours.

(2) On dit communément au Maroc : Ua Doukkala doukkaltein ou Abda abtein, el djemel zeràa sonoà kàltein, « Si Doukkala était le double plus grand et Abda aussi , la charge de blé vaudrait deux o£seletff. n

— Mdakra et Ouardighra , sur le versant opposé aux Zaères, nous ont été donnés pour deux gouvernements partkulîers.

— Le Doukkala est représenté comme partagé entre quatie caldats et en deux pachaliks.

— Abda, province, et Safi , sa capitale. Deux gouvemeinents.

Nous répétons que les renseignements sur. les divisions politiques dti Maroc sont incomplets et défectueux. Ce qui est certain, c'est que la richesse du bassin de TOum-er-Bia attirait particulièrement les Portugais à l'époque ^e leur, établissement sur la cdte atlantique. Observons enfin que cette région est une position ceiitrale au coçur du Maroc, mais elle n'offre pas une grande importance stratégique, dans l'état actuel des choses, parce que la principale communication entre Fez et Maroc passe à son extrémité sur le littoral, et parce qu'on n'y trouve pas de ville dpnt l'occupation rende maître du pays.

Safi ou Asfi. Ancienne ville entre l'embouchure de la Tensifl et le cap Cantin ; elle s'élève dans une vallée sujette aux inondations, quoique dépourvue d'eau en été. Ses environs sont pauvres et peuplés de tribus d'un mauvais caractère. Mais sa rade, qui est bonne, en avait fait autrefois le centre du commerce européen. Prise en 1508 par les Portugais, Safi fut abandonnée par eux en 1641 . On estime qu'elle renferme une dizaine de mille habitants, dont deux ou trois mille Juifs fort maltraités. Elle a beaucoup perdu depuis la création de Mogador.

Tit ou Tel, près du cap Blanc, au nord. 'Très-ancienne ville maritime et entourée d'une campagne fertile. Les Portugais l'ont occupée.

Mazagan ou MazUjhan^ dont le nom rappelle une an-

cienne origine amazirgue, se nomme aussi EUBridja ou la Peîite^ForteresMê. Elle est à peu de distance au sud d'Azemmour, sur une presqu'île, au fond d'une baie spacieuse, mais avec un port fort étroit. Les gros navires vont mouiller au large par les vents du sud. Mazagan moderne a été bâtie en 1506, par les Portugais, sous le nom de CasHUo-Real. C'est le point qu'ils évacuèrent le dernier, en 1769 (1). 2,000 habitants. o

Azemmaur ou Azamare (huile, en berbère). Principale ville et port du Doukkala, mais dont l'importance commerciale, relativement au bassin de Toued Oum-er-Bia, cède à celle de CasarBlanca. L'embouchure du fleuve, au-nlessus de laquelle elle est située, offre des dangers aux navires marchands, d'un très-faible tonnage, qui peuvent encore essayer d'y entrer. Le courant est rapide et gêné par une barre de sable. La rive gauche est haute et semée d'écueils ; l'autre, basse et plane. Il n'y a d'eau potable que celle de puits. On s'explique le commerce autrefois actif d'Azemmour, par la fertilité du pays et l'abondance du poisson dans le fleuve et sur la côte. Les Portugais échouèrent devant celte place, en 1508, par suite d'une trahison, mais ils la prirent en 1513, et la démantelèrent en l'évacuant à la fin du même siècle. Il y a environ 3,000 habitants.

En remontant le cours de l'Oum-er-Bia, l'on trouve, sur la rive gauche, SouMt^ vieille viUe ceinte de murailles; BourVAouan ou l'Endroit du pasmge commode^ avec une vieille tour et un pont d'outrés flottantes. Au delà de

(4) ESttlre Maiagan et Safi, Chénier signale Vakdia ou Oudidia, sur le bord 4*«iq vaste port naturel et bien fermée mais d*une entrée étroite et découverte à l*oue8t. Un peu au sud est Eder ou Ayer, petit port né- ^igé.

Il jonction du Tessaout et de rOum-er-Bia, on rencontre la route de Maroc à Jedla, ville riche, entourée de hauts murs et réputée pour la fabrication des burnous.

Elle se compose de Tefsa et Fichtala , qUe Ton peut prendre pour deux quartiers.

Revenons au littoral.

Du fleuve, en allant vers le nord, on arrive à CasorBlanoa ou Dar-Béida des Arabes. Le mouillage est mauvais et la grève est bordée de brisants. La petite ville s'élève au miliea d'une grande plaine, et elle est entourée de jardins ; le rempart qui la protège et qui a une batterie sur la mer tombe en ruine. On en peut dire autant de la tour carrée qui date de l'ancienne ville, à laquelle a succédé JDar-Belda. Là, en effet, s'élevait i4n/ii, république de pirates quelles Portugais prirent en 1468, et 'détruisirent quelque . temps après s'y être installés. Moulé-Mohammed (1747-1789) lui rendit une certaine vie sous son nouveau nom. Mais si elle est aujourd'hui l'un des ports principaux du Maroc, sinon quant a la population, du moins quant à l'importance des âCbires, elle le doit à feu Abd-er-Rhaman, qui fit bâtir ses magasins de douane, concéda des terrains aux négociants et accorda des privilèges à son commerce. La population fixe est composée d'une centaine de familles musulmanes ou juives.

Fédala ou FeidrAllah (grâce de Dieu). Petite ville ceinte de murailles, dans une vaste plaine, à faible distance de la mer, sur TOued-el-Millah. Son port étroit, ouvert au nordouest, est protégé contre l'Océan par une langue de terre, derrière laquelle les corsaires salé tins avaient coutume de s'abriter. Elle fait un commerce notable de blé, d'orge et de fruits. Mohammed la créa en 1773. C'est une ruine; elle fut abandonnée des Européens avant d'être achevée.

parce que le gouvernement retira les privilèges qu'elle avait obtenus pour l'exportation.

Mansouria , bâtie au xn* siècle par Yacoub-el-Mansour, pour servir de refuge aux voyageurs dans une contrée semée d'embûches , étale ses débris à quelque distance au nordest de Fédala.

Avant d'arriver à Rabat, on trouve Jernara, petite ville fondée par Âbd-er-Rhaman , l'avant-demier chérif. Elle se rattache administrativement à Rabat.

Dans le bassin de l'Oum-er-Ria, outre les communications déjà indiquées de Sa(i , d'Âzemmour, de Salé et de Tedla à Maroc, on peut noter celle d'Âzemmour à Salé qui longe la mer sur un espace d'environ 45 lieues. Elle traverse des oùeds nombreux, mais de peu d'importance, depuis Fédala à Salé, et elle est pratiquée parles négociants qui vont de Maroc à Fez , comme plus sûre que celle qui traverse les Chaoula.

(e) Ràssin du Bou-Recreg et du Sebou. — A la rigueur on pourrait distinguer en trois bassins la région arrosée par le Bou-Regreg, l'Oued-Beht et le Sebou ; car, à la partie supérieure de leur cours , ils sont séparés pajr des montagnes assez dessinées, qui leur envoient des affluents sur l'une et l'autre rive. Mais il est à remarquer que les bassins du Bou-Regreg et de l'Oued-Beth sont fort rétrécis et sans importance à une certaine hauteur, tandis qu'ils se confondent avec celui du Sebou en approchant de l'Océan. Dans leur cours inférieur, les trois rivières ne sont séparées que par des plaines, des lacs et des marais. C'est dans l'un de ces derniers que l'Oued-Beth vient se perdre entre le Bou-Regreg et le Sebou. En considérant le développement du Sebou, l'épanouissement de ses affluents supérieurs, on voit qu'il peut donner son nom à un vaste bassin qui s'étend sur l'Atlantique de Salé à Larache, mais qui va s'élar-

gissant vers l'est ^ «t n'est limité 8ù delà« de Fez que par le litssm de la Mouloula.

L'importance du bassin de Sebou est de premier ordre. B oarre aux Européens les routes sur Fez, par le littoral et pirTasa. Le peu de vie politique qui anime encore le Maroc piralt s'être réfugié dans son sein. Les Chérifs ont là leur principale force et leur trésor. La position H^entrale et doninante ne doit pas s'écarter du point où s'élève Fez, car Il convergeraient toutes les 'lignes d'opérations venant de l'Algérie, de la Méditerranée ou de l'Océan. Ce vaste bassin est limité au sud par un fort chaînon détaché du grand AUas et dont le versant est peuplé par les Zaères, indomptable tribu qui vi^nt semer le grain et faire paître ses troupeaux sur la rive gauche du Bou-Regreg et à quelques lieues de Salé. Le fleuve, la tribu, la montagne sont une triple barrière qui oblige l'empereur lui-même à passer par Salé quand il vent aller de Fez à Maroc.

Le Beu-Megreg ou Bcu-Regrab (le père des ravines) se jette dans l'Atlantique entre Rabat et Salé, situées de chaque cAté de son embouchure , Salé sur la rive droite , Rabat sur la rive gauche. Il fait un coude en amont , de telle sorte qu'il ressemble à un bassin fermé par les édifices de Rabat, les murailles de Salé et par la batterie de €hella, cachée au fond dans les jardins. À la marée basse, il y a devant Salé une grève sablonneuse ; une falaise escarpée devant Rabat. On ne passe point à gué, mais en barque d'un côté i l'autre du fleuve, qui est très-étroit au moment du reflux et dont la bouche est en partie obstruée par une barre. Les navires d'un fort tonnage n'y entrent donc pas , mais ils mouillent dans la rade , sur un fond de sable noir de seize à quarante brasses, du côté de Rabat, où ils ont encore à craindre les vents du sud-ouest ou d'hiver.

Salé ou Slà est entourée de murs et elle défend, par une redoute, Tontine de la rivière. Elle était, sous Moulè-Ismael (1672-1727) organisée en république, et armait, depuis le XV* siècle, des corsaires qui furent la terreur des mers du Couchant. Elle ne payait aux Chérifs qu'un simple droit, en signe de vassalité. Mais la barre augmenta a Tembouchure du Bou-Regreg , la marine européenne progressa en face des grossières constructions navales des Salétins , les Chérifs firent des traités avec les nations chrétiennes, Moulé - Mohammed détruisit l'organisation républicaine (i75o), et la piraterie dut s'arrêter.

Salé ne vit pas toujours d'un bon œil sa sœur cadette, et là guerre troubla trop souvent leurs relations de voisinage.

Rabat ou Rbât , que l'on appelle quelquefois Slà-Djedid ou le NouveaU'Salé ^ est une ville relativement moderne, fondée par Yacoub-el-Mansour, entourée de murailles et flanquée de tours carrées. Au-dessus des minarets s'élève la tour d'Hassan, haute d'tme soixantaine de mètres et qui est semblable à celle de même nom à Maroc, et à la Giralda de Séville. Une casbah couronne Rabat ; il y a quelques batteries sur la mer, et des magasins à l'épreuve de la bombe. Dans la rue principale, outre les magasins et les ateliers du commerce et de l'industrie, on remarque deux vastes khans ou fondouks^ cours carrées, entourées de galeries et a deux étages.

Vue de la rivière , Rabat offre l'aspect d'une ville européenne , parce que les consuls qui résidaient autrefois dans cette ville ont placé là leurs habitations.

Les chantiers de construction de Rabat et de Salé, autrefois si actifs, sont aujourd'hui presque sans mouvement. Ce point de la côte garde néanmoins une grande importance, parce qu'il est le port de Fez et qu'il donne à la fois la clef

du nord et du midi de l'empire des Cbérifs. Yacoub-el-Mansoor Toulait y mettre, au xni^ siècle, la capitale de ses États, et c^ homme de génie ne faisait en cela que s'inspirer des tnces de l'antiquité et des souvenirs de l'histoire. Au miliea de ses jardins de cotonniers et d'arbres fruitiers, Salé, fondée par les Carthaginois, garde les débris de son aqueduc romain. Les Goths y succédèrent aux Grecs. Dès le xin' siècle (IS63), les Castillans revendiquaient par les armes l'an* denne colonie wiàgothe. En un mot, chaque domination s'est assise à l'embouchure du Bou-Regreg comme sur la meilleure positiçn de la côte.

On estime la population des deux villes à une quarantaine de mille habitants, dont la majeure partie appartient à Ratial.

A côté de Rabat, au levant, dans la petite ville en ruine de ChtUah , se voient plusieurs tombeaux de princes mértnîdes, dont l'accès n'est permis qu'aux croyants. El-Mansoor y a sa sépulture dans une mosquée.

Le &BB0U. — Du Bou-Regreg au Sébou, on remonte, sur le littoral, la grande forêt de la Mamoure, à l'ouest de laquelle s'étend un vaste marais formé par TOued-Beth, qui n'a pu trouver son écoulement jusqu'à la mer. Dans la saison pluvieuse, le marais, qui reçoit encore d'autres torrents, dé-^ verse jusqu'au Sebou le trop-plein de ses eaux. Les principaux affluents de ce fleuve sont, sur la rive droite : VOuedr Ouargha, qui prend sa source au versant méridional du Rif; VOued-Leben^ grossi deVOuedrYenahoun et de VOuedtUAêftur^ qui descendent du revers ouest du bassin de la Mouloula. Sur sa gauche, le Sebou reçoit l'Oued-Rdoum, qui passe â peu de distance au nord de Méquinez *, au delà de Fez, il reçoit encore sur la même rive plusieurs rivières envoyées par les revers' nord-ouest du haut bassin de la

Moulouia. D roule un volume d'eau considérable ; néanmoins il est guéable sur beaucoup de points. A la saison des pluies, on le passe en barque. H nourrit des poissons en abondance.

Son embouchure est obstruée par des sables qui, joints à la violence du courant , opposent un obstacle i l'entrée des navires, même d'un faible tirant d'eau. Ces dunes s'accroissent tellement que le fleuve inonde souvent ses rives près de la côte, et, comme il mêle ses flots aux vagues de la mer, ces inondations produisent des salines naturelles qui compensent un peu les inconvénients d'un ensabl^nent d'ailleurs désastreux.

La Mamoure ou Mehedia^ dite aussi la NouveUe^Ma^ moure, s'élève près de l'embouchure du Sebou, sur la rive gauche , un peu au sud de l'ancienne Mamoure bâtie par Yacoub-el-Mansour, au xui* siècle , pour défendre l'entrée du fleuve. La forteresse du prince mérinide avait été détruite, quand Don Manuel de Portugal, en 1515, envoya une expédition pour la reconstruire. Mais Mohammed-Ouatés, roi de Fez, l'empêcha d'achever cet ouvrage. Sous le chérif Moulê-Abd-el-Àsiz , en 1614!, les Espagnols s'en emparèrent; elle fut reprise, en 1681, par Moulê-Ismael. La Mamoure est un bourg d'environ 400 habitants , qui vivent surtout de la pêche. Une petite garnison et quelques canons n'augmentent guère Son importance.

Le littoral de la province du Gharb , au nord du Sebou , ofire des lacs d'eau douce, des forêts et des vallons favorables à la culture, à la chasse et à la pêche ; mais il n'y a pas de villes, et la tristesse de la solitude n'est diminuée que par la rencontre de quelques douars et la vue des blanches koubas semées a droite et à gauche sur le chemin.

n faut donc remonter le bassin du Sebou , afin d'y voir

les grands centres de population qu'il renferme outre la Mamoure, Rabat et Salé.

Fez ou Fas. Cette ville est placée à petite distance du Sdioa , sur rOued-Djouari , ou ruisseau dts perles. Elle met à profit ses eaux, dont le cours la partage en deux : Fez ancienne et nouvelle Fez. Ses fontaines sont encore alimentées par d'autres sources. L'ancienne Fez a été créée ran 793 de J.-C. (177 de l'hégire), par Edris-ben-Edris, sur la rive droite de la rivière. Le petit-fils de ce fondateur de la dynastie édrisite étd)lit une autre ville sur la rive gauche. Ces deux dtés furent communément en lutte jus- (pi'à la fin du XI* siècle , où elles tombèrent au pouvoir de Youssouf-ben-Tachfin , fondateur de Maroc. La nouvelle Fez ou Fa^Djedid a élé . construite en iâ76, iplus d'un kflomèire i l'ouest de l'ancienne, et aussi sur la rivière, par le mérinide Âbou- Youssouf- Yacoub , le même qui fit bilir une citadelle à Mécpiinez. H appela la nouvelle Fez MeàbMrtl-Béida ou la ville blanche. Dans la suite, cette eqMtale devint fameuse* Entre les mosquées, que l'on y comptait par centaines , un grand nombre étaient magnifique. Les études organisées en universités, les bibliothèques, les manufactures, sa population de plusieurs centaines de miUe habitants , lui avaient acquis uii immense renom, qu'elle ne mérite plus depuis longtemps.

Son enceinte est une muraille épaisse, munie de tours, mais en mauvais état. Deux vieux châteaux s'élèvent à Test et à l'ouest. Ses rues, étroites et sombres, sont bordées de maisons de briques, de pierre ou de terre, asse? élevées, mais souvent délabrées. On passe çà et là soustles voûtes, n y a beaucoup de bains, de fondouks et de ceuravansérails. Les rues se ferment de manière à former, la nuit, des quartiers séparés. Les Juifs ont leur melah dans Eez^Djedid.

Les deux principales mosquées sont El-Kanmin , avec ses trois cents piliers de marbre et quelques débris de Im grande bibliothèque où l'on a prétendu être les livres perdus de Tite-Live, et d'autres auteurs grecs et latins; Im mosquée de Moulê-EdrUy la plus vénérée de toutes, parce qu'elle contient le tombeau du saint fondateur de Fez. Le palais impérial Bou-Djeloud^ ou les Tanneries, a ébb bâti dans un faubourg de la ville neuve , vers i7â0 , par Moulé-Abd- Allah. On remarque aussi un hôpital pour les aliénés et les incurables.

Fez est encore une ville industrieuse ; on y travaille la laine, le cuir et la soie. L'Alcazar, comme la plupart des magasins orientaux, contient en marchandises des richesses que son premier aspect ne laisserait pas soupçonner. On estime que le chiffre de la population le plus probable est d'environ 80,000 habitants.

Dans son état présent , cette ville n'est pas une place forte ; et, durant les révolutions passées, elle a succombé avec une excessive facilité. Néanmoins sa position ne permet pas d'en écarter le centre défensif du royaume dont elle est la capitale. C'est ce qui, un jour, sera compris du peuple civilisé qui en deviendra le maître.

Safrou. A une journée au sud de Fez s'élève Safrou, entourée d'une enceinte fortifiée ; elle est sur l'Oued-Guigou, au milieu d'une plaine vaste et fertile, et l'on trouve des mines de sel à peu de distance.

Méquinez ou Miknas, ainsi nommée de la tribu des Mikanasa qui l'ont fondée, occupe une position agréable, au milieu d'un pays de collines entre .l'Oued-Rdoum et les affluents de l'Oued-Beth qui forment des flaques d'eau ou marécages vers le sud. Elle a une triple enceinte.de murailles hautes de 5 mètres sur 1 d'épaisseur, et elle est

année de fortes batteries. Elle doit son accroissement à

Xoulè-Isniael, qui, en 1674, jeta les fondements de la cas-

kah et ceux du palais impérial, situé au sud-ouest de la

TÎDe (1). Les colonnes de marbre qui Tembellissent vien-

mt en partie des ruines de Kiar-Pharaouny qui gisent

ao nord-nord-est , de l'autre côté de TOued-Rdoum , et

en partie de livoume et de Marseille. Dans sa vaste enceinte

est le trésor impérial , circonstance qui contribue i en faire

le sqour de prédilection des chérifs et à placer ainsi Mé-

({uinez au rang de Fez et de Maroc. La population , que

Ton dit plus policée que celle des autres villes de l'empire,

peut être d'une vingtaine de mille âmes, sans compter la

garnison.

Sur le mont Zerboun, non loin de Ksar-Pharaoun, est Ziioma-Maulé'Edriêy ainsi nommée parce qu'elle renferme le tombeau universellement vénéré d'Edris-ben- Abdallah, père du fondateur de Fez. Edris fixa sa résidence sur eette montagne , au milieu des ruines d'Oullli , qui hérita de son nom et qui garde encore le spécimen de ses antiques nmrailles d'appareil cyclopéen.

Au nord-ouest du bassin du Sebou , sur le penchant du mont Sarsar, est la petite ville d^Ouazzan^ qui renferme, la célèbre zaoula de Moulé-Taieb, nommée encore Zaouta de Sidi-el'Arbiy du nom de Tavant-demier chérif qui l'habita comme représentant une branché de la famille du Prophète et comme chef d'une des plus puissantes confréries de l'empire.

Ttxa ou T€usaj sur la route de Fez à Tlemcen, est une torieresse très-importante, parce qu'elle garde la commu-

(4) Ibn-UaldouD. VBiitùire des Berbères mentionne la construction

d*axie àtadelle aDtérieiire^ en 4S76.

cienne origine amazirgue, se nomme aussi ElrBridja ou la Peiite^Farteresse. Elle est à peu de distance au sud d'A* zemmour, sur une presqu'île, au fond d'une baie spacieuse, mais avec un port fort étroit. Les gros navires vont mouiller au large par les vents du sud. Mazagan moderne a été bâtie en 1506, par les Portugais, sous le nom de C(utiUo-Real C'e3t le point qu'ils évacuèrent le dernier, en 4769 (1). 2,000 habitants. o

Àzemmour ou Àzamore (huile, en berbère). Principale ville et port du Doukkala, mais dont l'importance conunerciàle, relativement au bassin de Toued Oum-er-Bia, cède à celle de Casa-Blanca. L'embouchure du fleuve, au-dessus de laquelle elle est située, offre des dangers aux navires marchands, d'un très-faible tonnage, qui peuvent encore essayer d'y entrer. Le courant est rapide et gêné par une barre de sable. La rive gauche est haute et semée d'écueils ; l'autre, basse et plane. 11 n'y a d'eau potable que celle de puits. On s'explique le commerce autrefois actif d'Azemmour, par la fertiUté du pays et l'abondance du poisson dans le fleuve et sur la côte. Les Portugais échouèrent devant cette place, en 1508, par suite d'une trahison, mais ils la prirent en 1513, et la démantelèrent en l'évacuant à la fin du même siècle. Il y a environ 3,000 habitants.

En remontant le cours de l'Oum-er-Bia, l'on trouve, sur la rive gauche, Soubéit^ vieille ville ceinte de murailles; Bou-VÀouan ou l'Endroit du passage commode^ avec une vieille tour et un pont d'outrés flottantes. Au delà de

(4) Entre Mazagan et Safi, Chénier signale Valedia ou Ovuûidiûy sur le bord 4'«n vaste port naturel et bien fermé, mais d'une entrée étroite et découverte à l'ouest. Un peu au sud est Eder ou Ayer^ petit port négligé.

la jonction du Tessaout et de l'Oum-er-Bia, on rencontre la route de Maroc à Tedla^ ville riche, entourée de hauts murs et réputée pour la fabrication des burnous.

Elle se compose de Tefsa et Fichtala , que Ton peut prendre pour deux quartiers.

Revenons au littoral.

Du fleuve, en allant vers le nord, on arrive à Casa-Blanca ou Dar-Béida des Arabes. Le mouillage est mauvais et la grève est bordée de brisants. La petite ville s'élève au milieu d'une grande plaine, et elle est entourée de jardins ; le rempart qui la protège et qui a une batterie sur la mer tombe en ruine. On en peut dire autant de la tour carrée qui date de l'ancienne ville, à laquelle a succédé Dar-Belda. Là, en effet, s'élevait Ànfa, république de pirates que Jes Portugais prirent en 1468, et détruisirent quelque . temps après s'y être installés. Moulè-Mohamm.ed (1747-1789) lui rendit une certaine vie sous son nouveau nom. Mais si elle est aujourd'hui l'un des ports principaux du Maroc, sinon quant à la population, du moins quant à l'importance des affaires, elle le doit à feu Abd-er-Rhaman, qui fit bâtir ses magasins de douane, concéda des terrains aux négociants et accorda des privilèges à son commerce. La population fixe est composée d'unei centaine de familles musulmanes ou juives.

Fédala ou FeidrÀllah (grâce de Dieu). Petite ville ceinte de murailles, dans une vaste plaine, à faible distance de la mer, sur l'Oued-el-Millah. Son port étroit, ouvert au nordouest, est protégé contre TOcéan par une langue de terre, derrière laquelle les corsaires salétins avaient coutume de s'abriter. Elle fait un commerce notable de blé, d'orge et de fruits. Mohammed la créa en 1773. C'est une ruine; elle fut abandonnée des Européens avant d'être achevée.

On y signale les gouvernements de Laradie, dont dépend Arzillft, et d'Alcazar-Kebir. Le pacha de Tanger y étend aussi son commai

Laroche ou ^iHÉMw^U^ moderne, fondée nop loin de Tancienne Lixos pii^ii tribu berbère des Benî-j

Elle est sur la pente nord d'une colline qui desoeod rigidement vers la mer et qui baigne son^^pUM rembouchnrede rOued-Kous, sur la rive gauche. Le fleuve y forme un port assez sûr pour les navires marchands ; mais une barre en interdit l'entrée à ceux de plus de SOO tonneaux. Ils mouillent au nord-ouest de la passe, où la rade est bonne d'anS en septembre.

La ville a des fortifications en mauvais état, du moins pour la partie construite par Moulé - en -Nacer, sous le règne de son frère Sa!d-el-Ouatas, à la fin du xv^ siècle. Le fort bâli du côté de terre par les Espagnols , qui l'occHpèrent soixante-dix-neuf ans (1610-1689), est mieux conservé. U y a un marché entouré de portiques à colonnettes de pierre. La population est d'environ 3500 habitants, et fl y règne quelque activité commerciale ; mais les chantiers de construction sont abandonnés, et le peu qui reste de la marine marocaine pourrit dans la rivière.

Àkazar-Kebir ou Kasr-el-Kebir^ c'est-à-dire le grand château, s^élève sur la rive droite de l'Oued-Kous. Le surnom de grand lui a été donné par opposition à Âlcazar- Seghejc ovt petit château^ dont nous trouverons les ruines entre Ceuta et Tanger, et qui a été comme elle, sinon fondée , du moins agrandie et ornée au xu' siècle par Yacoubel-Mansour. Malgré ses mosquées nombreuses et ses toitures en tuiles , Alcazar présente un aspect misérable. Elle tire cejpendant une certaine importance de sa position sur le passage des caravanes qui vont du nord au sud. Dans la

la jonction du Tessaout et de l'Oum-er'Bia, on rencontre la roule de Maroc à Tedla, ville riche, entourée de hauts murs et réputée pour la fabrication des burnous.

Elle se compose de Tefsa et Fichtala , qile l'on peut prendre pour deux quarti«s.

Revenons au littoral.

Du fleuve, en allant vers le nord, on arrive k Ctua-Blatmi ou DoT'Béida des Arabes. Le mouillage est mauvais et la grève est bordée de brisants. La petite ville s'élève au milieu d'une grande plaine, et elle est entourée de jardins ; le rempart qui la protège et qui a une batterie sur la mer tombe en ruine. On en peut dire autant de la tour carrée qui date de l'ancienne ville, à laquelle a succédé Dar-^lda. Là, en efTet, s'élevait Ànfa, république de pirates que-les Portugais prirent en 1468, et détruisirent quelque. temps après s'y être installés. Moul6-Mohamm.ed (1747-1789) lui rendit une certaine vie sous son nouveau nom. Mais si elle est aujourd'hui l'un des ports principaux du Maroc, sinon quant à la population, du moins quant à l'importance des affaires, elle le doit à feu Abd-er-Rhaman, qui fit bâtir ses magasins de douane, concéda des terrains aux négociants et accorda des privilèges à son commerce. La population fixe est composée d'une centaine de familles musulmanes ou juives.

Fédata ou Feid-Allah [grâce de Dieu). Petite ville ceinte ^^ùe murailles, dans une vaste plaine, à faible distance de la ^^Ifr, sur rOued-el-Millah, Son port étroit, ouvert au nordr %l, est protégé contre l'Océan par une langue de terre, ^^ Ire laquelle les corsdj|^BM|ms avaient coutume de Hj^ Jer. Klle fait un i^^^^^^ftDlable de blé, d'orge ^^^ leiiits. Mohamini«'i^^^^^^T73. C'est une ruine; bandonnée 'ant d'être achevée,

parce que le gouvernement retira les privilèges qu'elle avait obtenus pour l'exportation.

MatiMuria , bâtie au xn* siècle par Yacoub-el-Mansoor, pour servir de refuge aux voyageurs dans une contrée semée d'embûches , étale ses débris à quelque distance au nordest de Fédala.

Avant d'arriver à Rabat, on trouve Jfmara, petite ville fondée par Abd-er-Rhaman , l'avant-demier chérif. Elle se rattache administrativement à Rabat.

Dans le bassin de l'Oum-er-Ria, outre les communications déjà indiquées de Safi , d'Azemmour, de Salé et de Tedla à Maroc, on peut noter celle d'Azemmour à Salé qui longe la mer sur un espace d'environ 45 lieues. Elle traverse des oùeds nombreux, mais de peu d'importance, depuis Fédàla à Salé, et elle est pratiquée parles négociants qui vont de Maroc à Fez , comme plus sûre que celle qui traverse les Chaoula.

(e) BASsm du Bou-Recreg et du Sebou. — A la rigueur on pourrait distinguer en trois bassins^ la région arrosée par le Bou-Regreg, l'Oued-Beht et le Sebou; car, à la partie supérieure de leur cours, ils sont séparés par des montagnes assez dessinées, qui leur envoient des afQuents sur l'une et l'autre rive. Mais il est à remarquer que les bassins du Bou-Regrég et de l'Oued-Beth sont fort rétrécis et sans importance à une certaine hauteur, tandis qu'ils se confondent avec celui du Sebou en approchant de l'Océan. Dans leur cours inférieur, les trois rivières ne sont séparées que par des plaines, des lacs et des marais. C'est dans l'un de ces derniers que l'Oued-Beth vient se perdre entre le Bou-Regreg et le Sebou. En considérant le développement du Sebou , l'épanouissement de ses affluents supérieurs , on voit qu'il peut donner son nom à un vaste bassin qui s'étend sur l'Atlantique de Salé à Larache, mais qui va s'élar-

gissant vers Test f -et n'est limité au delà, de Fez que par le bassin de la Mouloula.

L'importance du bassin de Sebou est de preniier ordre. n ouvre aux Européens les routes sur Fez, par le littoral et par Tasa. Le peu de vie politique qui anime encore le Maroc parait s'être réfugié dans son s^n. Les CKérifs ont là leur principale force et leur trésor. La position centrale et dominante ne doit pas s'écarter du point où s'élève Fez, car là convergeraient toutes les 'lignes d'opérations venant de l'Algérie, de la Méditerranée ou de l'Océan. Ce vaste bassin est limité au sud par un fort chaînon détaché du grand Atlas et dont le versant est peuplé par les Zaères, indomptable tribu qui vient semer le grain et faire paître ses troupeaux sur la rive gauche du Bou-Regreg et à quelques lieues de Salé. Le fleuve, la tribu, la montagne sont une triple barrière qui oblige l'empereur lui-même à passer par Salé quand il veut aller de Fez à Maroc.

Le Bou-Megreg ou Bou-Regrab (le père des ravines) se jette dans l'Atlantique entre Rabat et 5alé, situées de chaque côté de son embouchure , Salé sur la rive droite , Rabat sur la rive gauche. Il fajt un coude en amont, de telle sorte qu'il ressemble à un bassin fermé par les édifices de Rabat, les murailles de Salé et par la batterie de Chella, cachée au fond dans les jardins. A la marée basse, il y a devant Salé une grève sablonneuse ; une falaise escarpée devant Rabat. On ne passe point à gué, mais en barque d'un côté à l'autre du fleuve, qui est très-étroit au moment du reflux et dont la bouche est en partie obstruée par une barre. Les navires d'un fort tonnage n'y entrent donc pas , mais ils mouillent dans la rade, sur un fond de sable noir de seize à quarante brasses, du côté de Rabat, où ils ont encore à craindre les vents du sud-ouest ou d'hiver.

Salé ou Slâ esl entourée de murs et elle défend, par une redoute, Tenti^ de la rivière. Elle était, sous Moulè-Ismael (1672-1727) organisée en république, et armait, depuis le XV* siècle, des corsaires qui furent la terreur des me^ du Couchant. Elle ne payait aux Chérifs qu'un simple droit, en signe de vassalité. Mais la barre augmenta à Tembouchure du Bou-Regreg , la marine européenne progressa en face des grossières constructions navales des Salétins , les Ghénfs firent des traités avec les nations chrétiennes. Moulé - Mohammed détruisit l'organisation républicaine (1755), et la piraterie dut s'arrêter.

Salé ne vit pas toujours d'un bon œil sa sœur cadette, et la guerre troubla trop souvent leurs relations de voisinage.

Rabat ou Rbât , que Ton appelle quelquefois Slà-Djeàid ou le Nouveau-Salé , est une ville relativement moderne , fondée par Yacoub-el-Mansour, entourée de murailles et flanquée de tours carrées. Au-deçsus des minarets s'élève la tour d'Hassan, haute d'tme soixantaine de mètres et qui est semblable à celle de même nom à Maroc, et à la Giralda de Séville. Une casbah couronne Rabat ; il y a quelques batteries sur la mer, et des magasins à l'épreuve de la bombe. Dans la rue principale, outre les magasins et les ateliers du commerce et de l'industrie, on remarque deux vastes khans ou fondouks^ cours carrées, entourées de galeries et à deux étages.

Vue de la rivière , Rabat offre l'aspect d'une ville européenne , parce que les consuls qui résidaient autrefois dans cette ville ont placé là leurs habitations.

Les chantiers de construction de Rabat et de Salé, autrefois si actifs, sont aujourd'hui presque sans mouvement. Ce point de la côte garde néanmoins une grande importance, parce qu'il est le port de Fez et qu'il donne à la fois la clef

du nord et du midi de l'empire des Chérifs. Yacoub-el-Mansour Voulait y mettre, au xni* siècle, la capitale de ses États, et cet homme de génie ne faisait en cela que s'inspirer des traces de l'antiquité et des souvenirs de l'histoire. Au milieu de ses jardins de cotonniers et d'arbres fruitiers. Salé, fondée par les Carthaginois, garde les débris de son aqueduc romain. Les Goths y succédèrent aux Grecs. Dès le xni* siècle (1S63), les Castillans revendiquaient par les armes l'ancienne colonie wisigothe. En un mot, chaque domination s'est assise à l'embouchure du Bou-Regreg comme sur la meilleure positiçn de la côte.

On estime la population des deux villes à une quarantaine de mille habitants, dont la majeure partie appartient à Rabat.

A o6té de Rabat, au levant, dans la petite ville en ruine de CheUah , se voient plusieurs tombeaux de princes mérinides, dont l'accès n'est permis qu'aux croyants. Ei-Mansour y a sa sépulture dans une mosquée.

Le Sebou. — Du Bou-Regreg au Sebou, on remonte, sur le littoral, la grande forêt de la Mamoure, à Touest de laquelle s'étend un vaste marais formé par TOued-Beth, qui n'a pu trouver son écoulement jusqu'à la mer. Dans la saison pluvieuse, le marais, qui reçoit encore d'autres torrents, déverse jusqu'au Sebou le trop-plein de ses eaux. Les principaux affluents de ce fleuve sont, sur la rive droite : l'Oued- Ouargha, qui prend sa source au versant méridional du Rif; VOued'Leben, grossi AeVOuedrYenahoun et de VOuedel'Asfeur^ qui descendent du revers ouest du bassin de la Moulouîa. Sur sa gauche, le Sebou reçoit l'Oued-Rdoum, qui passe à peu de distance au nord de Méquinez ; au delà de Fez, il reçoit encore sur la môme rive plusieurs rivières envoyées par les revers nord-ouest du haut bassin de la

Mouloula. D roule un volume d'eau considérable; néanmoins il est guéable sur beaucoup de points. A la saison des pluies, on le passe en barque. H nourrit des poissons en abondance.

Son embouchure est obstruée par des sables qui, joints à la violence du courant, opposent un obstacle i rentrée des navires, tnème d'un faible tirant d'eau. Ces dunes s'accroissent tellement que le fleuve inonde souvent ses rives près de la côte, et, comme il mêle ses flots aux vagues de la mer, ces inondations produisent des salines naturelles qui compensent un peu les inconvénients d'un ensablement d'ailleurs désastreux.

La Mamwre ou Mehedia^ dite aus^ la NouveUe^Ma* tnoure, s'élève près de l'embouchure du Sebou, sur la rive gauche, un peu au, sud de l'ancienne Mamoure batte par Yacoub-el-Mansour, au xih^ siècle , pour défendre l'entrée du fleuve. La forteresse du prince mérinide avait été détruite, quand Don Manuel de Portugal, en 1513, envoya une expédition pour la reconstruire. Mais Mohammedi-Ouates, roi de Fez, l'empêcha d'acheyer cet ouvrage. Sous le chérif Moulè-Abd-el-Asiz , en 1614, les Espagnols s'en emparèrent; elle fut reprise, en 1681, par Moulè-Ismael. La Mamoure est un bourg d'environ 400 habitants, qui vivent surtout de la pèche. Une petite garnison et quelques canons n'augmentent guère son importance.

Le littoral de la province du Gharb , au nord du Sebou , offre des^ lacs d'eau douce, des forêts et des vallons favorables à la culture, à la chasse et à la pèche ; mais il n'y a pas de villes, et la tristesse de la solitude n'est diminuée que par la rencontre de quelques douars et la vue des blanches koubas semées à droite et à gauche sur le chemin.

Il faut donc remonter le bassin du Sebou, afin d'y voir

les grands centres de population qu'il renferme outre la Mamoure, Rabat et Salé.

Fez ou Fas. Cette ville est placée i petite distance du Sebou , sur FOued-Djouari , ou ruisseau des^ perles. Elle met à profit ses eaux, dont le cours la partage en deux : Fez ancienne et nouvelle Fez. Ses fontaines sont encore alimentées par d'autres sources. L'ancienne Fez a été créée l'an 793 de J.-C. (177 de l'hégire), par Edris-ben-Edris, sur la rive droite de la rivière. Le petit-fils de ce fondateur de la dynastie édrisite établit une autre ville sur la. rive gauche. Ces deux cités furent communément en lutte jusqu'à la fin du XI* siècle, où elles tombèrent au pouvoir de Youssouf-ben-Tachfin , fondateur de Maroc. La nouvelle Fez ou FM-Djedid a été . construite en 1276, i plus d'un kilomètre i l'ouest de l'ancienne, et aussi sur la rivière, par le mérinide Abou- Youssouf-Yacoub , le même qui fit bitir une citadelle i Méquinez. Il appela la nouvelle Fez Meàn^t-elrBéida ou la ville blanche. Dans la suite, cette capitale devint fameuse. Entre les mosquées, que Ton y comptait par centaines, un grand nombre étaient magni- Gque. Les études organisées en universités, les bibliothèques, les manufactures, sa population de plusieurs centaines de miUe habitants , lui avaient acquis un immense renom, qu'elle ne mérite plus depuis longtemps.

Son enceinte est une muraille épaisse, munie de tours, mais en mauvais état. Deux vieux châteaux s'élèvent à l'est et à Touest. Ses rues, étroites et sombres, sont bordées de maisons de briques, de pierre ou de terre, assez élevées, mais souvent délabrées. On passe çà et là sous des voûtes. Il y a beaucoup de bains, de fondouks et de caravansérails. f..es rues se ferment de manière à former, la nuit, des quartiers séparés. Les Juifs ont leur melah dans Fez'-Djedid.

Les deux principales mosquées sont El-Karomn , avec ses trois cents piliers de marbre et quelques débris de la grande bibliothèque où Ton a prétendu être les livres perdus de Tite-Live , et d'autres auteurs gr^ et latins ; la mosquée de Moulé^Edris^ la plus vénérée de toutes, parce qu'elle contient le tombeau du saint fondateur de Fez. Le palais impérial Bou^Djelaud , ou les Tanneries , a été bâti dans un faubourg de la ville neuve , vers 17^ , par Moulê-Abd-Allah. On remarque aussi un hôpital pour les aliénés et les incurables.

Fez est encore une ville industrieuse ; on y travaille la laine, le cuhr et la soie. L'Alcazar, comme la plupart des magasins orientaux, contient en marchandises des riches3esque son premier aspect ne laisserait pas soupçonner. On estime que le chiffre de la population le plus probable est d'environ 80,000 habitants.

Dans son état présent , cette ville n'est pas une place forte ; et, durant les révolutions passées, «Ile a succombé avec une excessive facilité. Néanmoins sa position ne permet pas d'en écarter le centre défensif du royaume dont elle est la capitale. C'est ce qui, un jour, sera compris du peuple civilisé qui en deviendra le maitre.

Safrou. A une journée au sud de Fez s'élève Safrou, entourée d'une enceinte fortifiée ; elle est sur l'Oued-.Guigou , au milieu d'une plaine vaste et fertile, et l'on trouve des mines de sel à peu de distance.

Méquinez ou Miknas, ainsi nommée de la tribu des Mikanasa qui l'ont fondée, occupe une position agréable, au milieu d'un pays de collines entre l'Oued-Rdoum et les affluents de l'Oued-Beth qui forment des flaques d'eau ou marécages vers le sud. Elle a une triple enceinte.de murailles hautes de 3 mètres sur 1 d'épaisseur, et elle est

année de fortes batteries. Elle doit son accroissement à Monlé-Ismael, qui, en 4674, jeta les fondements de la casbah et ceux du palais impérial, situé au sud-ouest de la ville (1). Les colonnes de marbre qui Tembellissent viennent en partie des ruines de Esar-Pharaoun , qui gisent au nord-nord-est , de. l'autre côté de TOued-Rdoum , et en partie de Livoume et de Murseillé. Dans sa vaste enceinte est le trésor impérial , circonstance qui contribue à en faire le séjour de prédilection des chérifs et à placer ainsi Méquinez au rang de Fez et de Maroc. La population , que Ton dit plus policée que celle des autres villes de l'empire, peut être d'une vingtaine de mille âmes, sans compter la garnison.

Sur le mont Zerboun, non loin de Ksar-Pharaoun, est Zaùuia-Moulê'Edris^ ainsi nommée parce qu'elle renferme le tombeau universellement vénéré d'Edris-ben- Abdallah, père du fondateur de Fez. Edris fixa sa résidence sur cette montagne , au milieu des ruines d'Oultli , qui hérita de son nom et qui garde encore le spécimen de ses antiques murailles d'appareil cyclopéen.

Au nord-ouest du bassin du Sebou , sur le penchant du mont Sarsar, est la petite ville à'Ouazzan^ qui renferme la célèbre zaoula de Moulé-Taieb, nommée encore Zaouia de Sidi-el-i4r&t , du nom de l'avant-demier chérif qui l'habita comme représentant une branché de la famille du Prophète et comme chef d'une des plus puissantes confréries de l'empire.

Teza ou Taza^ sur la route de Fez à Tlemcen, est une forteresse très-importante, parce qu'elle garde la commu-

(<) Ibn-Khaldoun. VEistoire des Berbères mentionne la construction

dune citadelle antérieure, en «îlC.

nication principale entre le bassin de la Mouloula et celui du Sebou, entre l'Algérie et le centre du royaume de Fez; de plus elle surveille le versant méridional du Bil. Cette ville d'environ 6,000 habitants, est assise sur un rocher, au sud duquel s'élèvent de hautes montagqes , mais elle domine d'ailleurs une contrée fertile et bien arrosée.

On signale^ dans le bassin du Sebou, les commandements suivants ^

— Rabat, avec un khaUfat à Temara, chargé de maintenir les turbulents Ouled-Zialda.

— &Ué.

— Mehdia.

— Dechra-ben-Aouda. Une partie de la province est gouvernée comme héréditairement par la famille de Ben- Aouda.

— Ouazzan, gouvernée d'une manière indépendante par le chef de la zaoula de Moulé-Taieb.

'— Méquinez : deux pachas, l'un pour la ville, l'autre pour la campagne.

— Fez : deux pachas , l'un pour la ville , l'autre pour la campagne.

— Safrou, résidence d'un caïd qui gouverne au sud de Fez les Beni-Youssi et les Tsegrouschen.

Les communications principales du bassin de Sebou scmt les suivantes :

— De Salé à Mehdia, 10 lieues ; de Mehdia à Larache, 30 lieqes. La route suit le bord de la mer et ne s'en écarte un peu qu'à la rencontre de lacs d'eau douce ou de terrains nuurécageux.

— De Salé à Méquinez, une trentaine de lieues; de Méquinez à Fez, 12 lieues environ. Mais on se rend de Salé à Fez sans passer par Méquinez , en suivant une route qui

-sise dirige plus an nord, de Salé i Sidi-Gaeddar, entre l'Oued- Rdoum et le Sebou; puis, de Sidi-Gueddar où elle* croise la route de Méquinez i Ksar-el-Kdkir, elle se rabat sur FWr^MÉIlQiyant la rive gauche du Sébou. Cette route, plus

la première, est d'environ SO lieues.

A Ouazzan, il y a environ 30 lieues, et un pm'^0iii de Fez i Alcazar-Kebir.

— De Fez à Taza, une trentaine de lieues, et iOO lieues environ de Fez à Tlemcen , par Taza et Oudjda.

f) Bassin de l'Oued *el-Kous. — Au nord -ouest du bassin du Sebou, la chaîne qui borde la Méditerranée vient s'épanouir sur le détroit et sur T Atlantique, en plusieurs ramifications. Elle forme divers petits bassins qui envoient i rOcéan des oueds peu considérables , à Texception pourtant de rOued-Kous, dont la source est au pied du Rif. Son parcours est de 40 i 50 lieues, et il a son embouchure i Larache, dont il forme le port. Le nom de TOued- Kous n'est qu'une abréviation de Loukkos, nom qu'on lui donne en Europe ; et Loukkos est une transformation du Uxos des anciens. Ce fleuve reçoit , comme principal affluent, rOued-Mkhacem, sur le bord duquel se livta, en lo78, la fameuse bataille dite improprement d'Alcazar, à cause du voisinage peu rapproché de cette* viUe,i ou des Trois Rois^ parce que Don Sébastien de Portugal , Moulé- Mohammed, son allié, et leur adversaire Moulé -Abd-el- Melek y perdirent la vie.

Le bassin de l'Oued- Kous, dans lequel nous comprenons le littoral depuis Larache jusqu'au flanc sud du cap Spartel, présente un sûl fécond, et il a une grande importance historique, n ouvre une entrée facile et rapprochée de l'Europe sur Fez et le centre du royaume , aussi a-t-il vu plus (1 une fois les armées espagnoles et portugaises.

On y signale les gouvemements de Larache, dont dépend Arziltt, et d'Alcazar-Kebir. Le pacha de Tanger y étend aussi son commanl^fikiit.

Laroche ou jKi-iinSHfe ville moderne, fondée mu loin de Tancienne Lixos ipmf^im tribu berbère des Bem-Aimii. Elle est sur la pente nord d'une colline ^ descend rapidement vers la mer et qui baigne son«||iihà rembouehure de rOued-Kous, sur la rive gauche. Le fleuve y forme un port assez sûr pour les navires marchands ; mais une barre en interdit l'entrée à ceux de plus de 200 tonneaux. Ils mouSilent au nord-ouest de la passe, où la rade est bonne d'anfl en septembre.

La ville a des fortification^ en mauvais état , du moins pour la partie construite par Moulé- en -Nacer, sous le règne de son frère Sa!d-el-Ouatas, à la fin du xv* siècle. Le fort bâti du côté de terre par les Espagnols , qui roccHpèrent soixante-dix-neuf ans (1610-1689), est mieux conservé, n y a un marché entouré de portiques à colonnettes de pierre. La population est d'environ 3500 habitants, (Bt il y règne quelque activité commerciale ; mais les chantiers de construction sont abandonnés, et le peu qui reste de la marine marocaine pourrit dans la rivière.

Akazar-Kebir ou Jïiwr-el-Jïettr, c'est-à-dire le grand château, s^élève sur la rive droite de l'Oued-Kous. Le surnom de grand lui a été donné par opposition à Alcazar- Seghejc our petit château ^ dont nous trouverons les ruines entre Ceuta et Tanger, et qui a été comme elle , sinon fondée , du moins agrandie et ornée au xu* siècle par Yacoubel-Mansour. Malgré ses mosquées nombreuses et ses toitures en tuiles , Alcazar présente un aspect misérable. Elle tire cejpendant une certaine importance de sa position sur le passage des caravanes qui vont du nord au sud. Dans la

saison des pluies, elle souffre des inondations, et son climat n'est pas réputé salubre. On lui accorde environ 5,000 luu> bitants. ^

ArxiUa ou Àssila est sur la route de Larache i Tangspi sur une plage nue, en âlce d'un mauvais mouiIIage-;ft a l'emboudiure d'un oued sans aucune importance» Qud||pfii son nom rappelle l'antique Zilia ou Zilis, et qu'elle ait été disputée plusieurs fois dans les guerres entre les Marocains et les Portugais, elle n'offre pas de sérieuses ressources au point de vue militaire. Autrefois les barques ^e pécheurs se réparaient dans son petit port; aujourd'hui âi populatton d'un millier d'habitants présente les apparences de la^* sère.

Au nord d'Arzilla, on passe l'Oued^l'oAlacha, et l'on arrive ensuite à l'Oued-el-Hachef, où se trouvent, sous le nom de Tahaddert, les vestiges du port romain Ad Mertwti.

Les principales communications du bassin de l'Oued* el-Kous sont les suivantes :

— De LArache à Arzilla, 10 lieues, et 12 d'Arzilla i Tanger.

— De Larache i Alcazar, là lieues, et une trentaine de lieues d'Alcazar à Fez.

— D'Alcazar à Tanger, une trentaine de lieues.

— D'Alcazar à Ouazzan, une dizaine de lieues ; mais on n'est pas obligé de passer par Alcazar pour aller d'Ouazzan à Tanger. On laisse Alcazar à gauche et on rejoint la route de cette ville à Tanger, à environ 18 lieues ou deux journées de marche, d'où il reste encore une douzaine de lieues à faire pour gagner Tanger.

— D'Alcazar à Tétouan , une trentaine de lieues par un chemin très-accidenté.

2. TEBsm K Détioit. — Nns mms dit que l'on peut coosîdciCT coaune im peCk tosttU dîsliBet da T«s^ de rOenn et do Tenant de la Meditcmnée, oelui qiéest fannè. SOT le littoral, par le prolongement du Djebd-Andjera depuis Ceota josqa an cap Spartd;s'fl a peudedéreloppenent tc^neraphiqoe. en manche fl est d'une importance de premier ordre, à cause de la communication entre

les deux mers et à cause du voisinage de l'Espagne. La baie de Tai^er, celles de la pointe Malabatte et de la pmnte d Akazar-Segber, lilot d'B-P^Q ou d'EM>>ral, & l'ouest de Outa, sont les points de la côte qui ont le phis d'importance^ maritime.

II serait superflu d'insister sur la multitude et la gravité des întènMs de toute naluiie qui se nttadient au détroit. K$iMis seoleoiefit que le peftcment de Tisthme de Suez, qui aura lieu puif^'il aat possible, doit augmenter l'importance ^rênèrale de b Mêditetranêe, et, par li même, celle de ses communications avec l'Océan.

Le cap Spartel ou Ras-Âckakkar^ qui forme l'extrémité nord-ouest du continent africain, présente une masse haute de plus de 300mètn?s. et composée généralement de grès que 1 i>n exploite conune pierre meulière. On y remarque do vastes cavernes déjà signalées chez les anciens, qui y plas^aient leiv Specus HercuK saeer. Entre le cap et Tanger, niais plus près de cette ville, le faible Oued-loud se jette dans I OctNin.

Titngfrou Tamija est une ^ille très-ancienne, peut-être la plus ancienne de cette partie de l'Afrique. Elle a succesai\*eiuent appartenu à tous les peuples qui ont subjugué tour A tour la contrée où elle s'élève. Tombée aux mains dea INMTtugais. à la prise d'Arzilla, en 1471 , elle fut cédée aux Anglais en 10GS> comme dot de Catherine de Portu-

gai, qui épousait leur roi Charles II. L'Angleterre commit la faute d'abandonner cette place en 1684, après avoir ruiné le môle et une partie des fortifications, faute trop bien radietée en 1704, lorsqu'elle s'empara de Gibraltar et se l'adjugea, pour la honte de l'Europe, au traité d'Utrecht. D'après les anciens plans,- (èri^ochers que l'on voit à fleur d'eau en avant de la porte de la Marine (Bab-el-Mersaj autrefois Porte -Sanwich) formaient comme un brise-lame en avant du môle, armé de deux batteries, l'une au musoir, l'autre à quelque distance sur sa gauche , de manière à répondre i la ligne d'embossage qui , en cas d'attaque , se développait naturellement sur le nord. La jetée qui fermait le port du côté de la baie, avait aussi une batterie à son musoir. Des ouvrages extérieurs protégeaient les abords de la place sur le plateau maintenant sans défense , et qui s'étend au sudouest de la casbah.

Pendant les deux siècles de l'occupation portugaise, Tanger avait eu le temps de s'embellir. Outre la cathédrale, on voyait, i la partie basse de la marine, plusieot^ églises et monastères : Saint^Dominique, le Saint-Esprit, Notre- Dame du Carmel, Saint-Roch, Saint-Jean; et dans la partie supérieure, au sud, un hôpital. D est difficile de rien reconnaître de ces monuments au sein de la ville actuelle.

Au fond de la baie, l'Oued-Halk, nommé- aussi TOued- Tandja, vient se jeter dans la mer par une embouchure tout encombrée par les sables. Il passe sous les débris d'un pont réputé d'origine romaine. On découvre, sur une col- Une de la rive droite, des vestiges de ruines antiques. Fautil en conclure que Tancienne Tingis avait là son emplacement ? Cette question demanderait de trop longs détails. L'opinion commune, qui se prononce pour l'affirmative, nous parait mal fondée.

Au pied de la colline dont on vient de parier, il y a quelques restes de fortifications où Ton pourrait installer une batterie, si la ville était menacée d'un débarquement.

Tanger, bâtie à l'extrémité nord-ouest de la baie qui porte son nom, s'assoit sur deux collines : l'une, au nord, porte la casbab; l'autre, au sud, est occupée par la ville. Une rue principale traverse la ville de bas en baut, de la porte de la Marine à la porte du Souk. Au delà de la porte du Souk, la colline s'élève encore, de manière que l'on arrive sur un plateau qui domine Tanger. De ce côté-là est le point le plus vulnérable de la place; la muraille qui domine le Souk serait promptement ouverte.

Tanger est aujourd'bui la résidence des consuls et chargés d'aflaires européens.

Ils occupent les principales maisons de la ville, et il^ ont des jardins dans le vobinage. Parmi les maisons consulawes, on remarquait celle de l'Espagne , qui empruntait au couronnement de sa terrasse en style renaissance un aspect monumental ; mais au début de la:guerre actuelle, cette habitation a été détruite par le fanatisme des Musulmans. Entre les jardins , on distingue celui de Suède , qui intéresserait un botaniste autant par la rareté que par la beauté des plantes et des arbres qu'il renferme.

Au midi de Tanger, il y a des dunes de sable, et des salines produites par les eaux de la mer mêlées i celles de l'Oued-Halk. La baie n'est pas sûre en biver, par les vents du nord et de l'ouest ; mais le port pourrait être rétabli sans de très-grandes dépenses.

Vue de la mer, la ville offre un aspect pittoresque. Audessus des terrains s'élèvent plusieurs minarets carrés, ornés de ces briques émaillées qui forment un des caractères de l'architecture mauresque.

La population est d'environ 10,000 habitants. Les Juifis n'y sont pas, comme dans les autres yilles, parqués à l'intérieur d'un melah. Ils se trouvent, ainsi que les Chrétiens, répandus parmi les Musulmans.

A l'est, la baie de Tanger se termine par la pointe Malabatte, dite aussi Jfau-el- jfenar ou fe Cap-du-Phare. Ce cap est formé par un prolongement du Djebel-Andjera, qui donne son nom au district compris entre Tanger et Tétuan.

 la pointe d'Âlcazar, on ne voit plus qu'un petit nombre de masures, là où Yacoub-el-Mansour éleva, au xii* siècle, Aleazar ou Esar-ts-Segher (le Petit-Chàteau). Ces constructions àiccédèrent au Ksor^Masmouda, d'une prigiae berbère plus ancienne. Comme ce prince passait fréquemment le détroit pour faire la guerre en Espagne, il jugeait plus commode d'amener ses troupes à Aleazar qu'à Çeuta. D'ailleurs c'est le point d'embarquement où le détroit^ le plus resserré. Il n'est séparé de l'Ilot de Tarifa que par 9 milles nautiques ou 17 kilomètres. Les Portugais se rendirent maîtres de la place en 1458, et l'abandonnèrent en 1540.

L'Ile à'El-Peregil ou d'JJI-Coral, près de Ceuta, n'est pas fortifiée, et n'est habitée que par des chèvres. Cependant les courants qui l'avoisinent sont favorables à la navigation, et les feux de ses batteries fermeraient le détroit. Elle offre l'avantage d'une source d'eau douce. Les Anglais l'occupèrent quelque temps pendant la guerre deTindépendatice*

Le versant du détroit est sous le gouvernement du pacha de Tanger. Quant à ses principales communications par terre, nous les avons précédemment indiquées, sauf celles de Tanger à Ceuta et de Tanger à Tétouan. On ne va guère de Tanger à Ceuta par le littoral ; du moins les sentiers berbères ne sont pas fréquentés par les Européens ; car, d'à-

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a) DESGiupnoi^p|NMi||E.^Le système de moHlagnes qui dessine ces différents bassins se compose du Hffii^Àn^iern^ entre Ceuta et Tétouan ; àlt^BIf, entre Tétouanetk Ifeulouia ; puis de chaînons détachés du grand Atlas au sud-est de Fez , et venant aboutir, par une direction nord-ouest, à la Méditerrapée. La Houloula descend, en effet, du grand Atlas au sud-est de Fez , et coule entre les rameaux qui viennent se confondre, sur sa gauche, avec 1q Rif; sur sa droite, avec les montagnes des Beni-Snassen. L'Isly naît sur le revers oriental du bassin de la Moulouîa et porte ses eaux à la Tafna, qui descend des montagnes des Béni* Snous, près de Sebdou, au sud de Tlemcen.

Quant à l'importance stratégique de ce versant de la Méditerranée, on l'appréciera en considérant ses diverses parties. Ceuta est une fosition maritime précieuse à l'entrée duAétrdît; mais, derrière elle, s'élève la barrière du Djebel- Andîera, au pied duquel sont des gorges profondes , taillées presque à pic, de sorte que, si Ton veut entreprendre de Ceuta des opérations par terre , il faut se porter à droite sur Tanger, ou à gauche sur Tétouan.

Le bassin de Tétouan offre une communication sur Fez, el sa baie, dont Nelson faisait cas , facilite l'arrivée au centre du royaume.

Le massif du Rif, peu connu et à peu près indépendant du Maroc, ne peut être attaqué par mer que difficilement. On ne voit guère qu'une baie de débarquement, près du cap Tres^Forcas. Mais de là, on est en face du massif dans toute sa longueur et toute son àpreté. La base à nos yeux la plus convenable, serait, pour une attaque par terre, un établissement aux environs de Tasa, sur le chaînon qui sépare la Moulouîa du Sebou. Les hauteurs présentent moins d'obstacles de ce côté, et l'on avancerait plus aisément sur le

oœar du ptys, ven iUMBroes de l'Oued^JRis. Ce serait, sur de plus grandes proportions , la marche suivie dans la récente expédition française du Maroc. Pour réduire les Beni- Snassen, on s'est porté de Nemours et de Kis sur le chaînon qui sépare la Mouloula de Tlsly, de manière à s'enqiarer, tLYm moins de di£Bcultés , de la position dominante d'Aln- TafoBralt.

L'Espagne possède , au pied du Djebel-Andjera , la forteresse de Ceuta et trois autres au pied du Rif, savoir : tajPegnon-de-Velez, le Pegnon-de-Alhucemas et Melilla. Au point de vue militaire, sauf ce que nous avons dit de Ceuta, ces forteresses, ou présidios , n'ont pas une grande valeur. Toutefois, s'il fallait diriger par mer une attaque contre le Rif, la base d'opérations la plus favorable serait, ce semble, au Pegnon-de-Yelez , point correspondant à celui que nous indicpiions vers Tazà pour une attaque par terre. L'opération par mer, insuffisante en elle-ihéme, viendrait du moins en ai4ç à celle-ci. L'Espagne possède, en outre, les lies Djafarin , à Touest de l'embouchure de la Mouloula. Entre les lies et le cap de l'Âgua, il y a un bon mouillage, le meilleur de toute la côte rifaine.

Le bassin de l'Isly ouvre une communication facile avec celui de la Houlouîa par Oudjda. La partie supérieure du bassin de la Mouloula, entourée par le grand Atlas^ est peu connue et ne semble p^ d'une importance considérable. La partie la plus importante est la moyenne : sur elle convergent les routes qui mènent aux oasis du sud , Figuig et le Touat -, puis les routes de la province d'Oran vers Fez , par Oudjda et Taza. La Moulouîa, dans son cours inférieur, est bordée sur ses deux rive^ par de hautes montagnes qu'habitent des tribus presque indépendantes. Les Beni-Snassen sont une des plus influentes et des plus nombreuses. La France au-

rait un intérêt majeur' à s'emparer de la rive droite du fleuve. Elle posséderait ainsi, entre les chaînes de TÂtlas et du Rif, une base plus approchée de Fez, dans un pays où la grande affaire est d'assurer ses Ugnes d'opérations. L'Âlgé* rie serait protégée , à l'ouest , par une frontière naturelle, celle que l'histoire dessine comme la Providence l'a faite, mais que le traité du 18 mars 1845 méconnaît. Les montagnes de la rive droite, plus puissantes que celles de la rive gauche , couvriraient très-bien nos possessions et en rendraient la défense facile du côte de l'ouest. On pouvait espérer que l'expédition de 1859 aurait pour résultat de nous donner ce boulevard du fleuve et de la chaîne ; elle aura du moins l'avantage de faire connaître et de préparer le terrain pour l'avenir. Les tribus qui ont reçu de nous une leçon se feront à l'idée de nous revoir.

6) Description particulière. — Ceuta ou Sehta^ selon la prononciation des Arabes, est une des plus anciennes villes du Magreb. Elle a été au moyen âge l'entrepôt d'un grand commerce entre le Levant, l'Afrique et l'Italie; un centre pour les sciences et les arts. Les Arabes y avaient introduit la fabrication du papier empruntée aux Tartares et la culture du coton ; elle était fameuse pour ses ouvrages de soie, de fil de fer et de laiton et ses pêcheries de corail. Elle conserva encore de l'éclat sous les Portugais qui s'en emparèrent en 1415; mais elle alla s'éclipsant du moment où elle resta sous la domination espagnole en 1640. Moulé^Ismael assiégea Ceuta ou plutôt la bloqua par terre de 1 694 à 1 721 . La position de cette ville à l'entrée du détroit en fait le plus important des présidios. Son infériorité vis-à-vis de Gibraltar vient du peu d'étendue et du peu de sûreté de sa baie. Le commerce y est faible. L'Espagne aurait peut-être sagement agi en déclarant le port franc, comme celui de Cadix

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Le pourtoor da reste ^ h presqp'ile a poor défimse des rochers escarpés et des batteries pbcffi^r de distaiice en distance. L'extrémité nord, nommée INoînte dWfirique, regarde la Pointe d'Europe qui termine le rocher de Gibraltar, i 23 IdkHnètres de l'autre côté du détroit. Le rocher de Gibraltar, nommée Calpe par les anciens* le promontoire de

Ceuta nommé Àbila et maintenant El-ÀehOy sont les deux Colonnes d'Hercule de la mythologie.

Or, le mont Acho, qui domine la presqu'île, est^^puroBijé par la citadelle de Ceuta. On remarque, à la basi|;^ c^ forteresse, des vestiges de construction romaine. Son enceinte, défendue par des tours carrées, a été munie de quatre bastions. A Test, sur la pente de la montagne, est la tour des Signaux, qui a vue sur le détroit et sur la sierra des Maures. Enfin au pied de l'Acbo, du côté du midi, on a fait une coupure qui le sépare de la ville proprement dite, nommée Almina. C'est là , entre la citadelle et la première forteresse, que se trouvent les maisons des habitants.

La place de Ceuta, même sur l'Acbo, est abondamment pourvue d'eau. Elle a de bonnes sources, des citernes et de grands réservoirs.

El'SerreUlo. En sortant de Ceuta pour s'avancer dans l'intérieur , on voit en face de soi la sierra Ballonès ou le Djebel Andjera, dont les plus hautes cimes atteignent environ 2400 pieds au-dessus de la mer. En avant de la porte, le terrain est uni et horizontal. On aperçoit à la surface des soupiraux qui donnent de l'air à des casemates ou Ton renferme des bœufs, pour l'approvisionnement de la place. Sur ce terrain se tient le marché où viennent les Maures. Au delà, on monte la colline, derrière laquelle étaient, avant la guerre, deux colonnes courtes indiquant la limite des possessions espagnoles. A quelques pas en face, s'élevait un gourbi, premier poste des Maures.

De ce point, on aperçoit çà et là les ruines d'anciennes murailles, muets témoins des luttes sanglantes qui se sont livrées sur cette langue de terre depuis deux mille ans. En marchant toujours au sud, sur un terrain de plus en plus accidenté, on laisse à gauche le marabout de Sidi-Embareck, et l'on arrive au Serrallo, à une heure environ de Ceuta. Je

pense qu^l-Semllo des Espagnols est le Casa-Blanca on Dar-Belda des Arabes, vieille maison en ruine, unie i une petite mosquée dont le minaret subsiste encore. C'était la résidence d'un caïd, et les montagnards y ont retenu prisonnier, en 1858, pendant un jour et une nuit, celui qui écrit ces lignes. Quelques arcs mauresques, lézardés, mais blanchis au lait de chaux, donnent à cette demeure un aspect monumental. Elle est entourée de gorges très-profondes, sauf du côté de Ceuta. Si l'on escalade la sierra Ballonès, on descend à Ândjera, petite ville située sur le versant méridional entre Tanger et Tétouan, à une trentaine de Idlomëtres dç Ceuta. On peut de là marcher sur Tanger, mais plus facilement sur Tétouan.

Pour se rendre de Ceuta ou de Dar-Belda à Tétouan par le littoral, un voyageur n'a qu'une journée de marche, d'une douzaine de lieues. Mais une armée ne saurait, bien entendu, se mouvoir si facilement, d'autant plus que pour sortir du pied de la sierra et parvenir au chemin de la plage, il faut d'abord gravir et descendre des sentiers presque à pic. Le littoral, coupé de gorges et terminé par des falaises abruptes, change d'aspect avant d'arriver au cap Negro. La sierra , un peu plus distante de la mer, y descend par des pentes douces et lui envoie plusieurs rivières qui rencontrent des barres à leur embouchure. Quelques mauvaises petites tours carrées et en ruine s'échelonnent sur ce sahel, sentinelles impuissantes à ralentir les pas d'une armée. Avançons.

La croupe du cap Negro s'abaisse et forme avec la montagne un défilé susceptible d'être défendu. Mais il n'y a pas de fortifications et une flotte menacerait d'un débarquement à revers. Une fois ce défilé franchi, s'ouvre une grande plaine étendue entre la mer , la rivière de Tétouan et les pentes du djebel qui se termine à Tétouan même.

Tétouan. — La citadelle de Tétouan est b&tie sur la déclivité du dernier anneau de la chaîne qui vient de Ceuta. Elle est dominée. La ville elle-même, assise en partie sur une grande plate-forme au bas de la citadelle, a des abords en pente rapide, à Test, du côté de la mer. La rivière coule au sud ; sur sa rive droite, s'élève le premier contre-fort du Rif, d'un aspect sauvage et d'une hauteur d'environ 3,000 pieds. A l'ouest, s'ouvre la vallée par laquelle on arrive de Tanger, après avoir traversé la rivière à quelque distance, sur un pont en bon état. En approchant de la ville, le terrain raboteux se couvre de jardins et l'on entend murmurer les eaux abondantes qui les arrosent. Bientôt Tétouan se découvre avec ses murailles blanches, élevées, pittoresques. En entrant on passe d'abord entre le niur d'enceinte et le mur de soutènement d'un grand jardin planté d'oliviers et qui a coûté des sueurs et «du sang aux esclaves chrétiens : c'est une dépendance de la maison du gouverneur. Puis s'ouvre une grande place carrée, imparfaitement nivelée, où se tiennent les marchés. Au fond, à gauche, le palais du pacha et là citadelle ; à droite , la porte du mellah; en face, les rues qui donnent accès dans la ville mauresque, où l'on remarque les bazars, les rues tortueuses, sombres, voûtées, protégées quelquefois contre le soleil par des treilles de vigne. Il y a une quarantaine de mosquées dont plusieurs grandes et bien entretenues. Dû reste, ici , comme partout en pays musulman, beaucoup de constructions délabrées. Le commerce et l'industrie des cuirs, des chaussures, des armes blanches et à feu, ont pourtant plus d'activité que dans la plupart des villes de l'empire. Tétouan le doit aux Maures d'Espagne qui vinrent s'y établir au XVI* siècle, et qui relevèrent les rui^ies faites par les Castiilaus une centaine d'années auparavant. Ses corsaires firent

longtemps du iqal aux ehrétiens, et Philippe n ne réussit qu'à paralyser momenifménient leura ettreprîaes en oansblant par des navires chargés de pkvres Tembouebufe de la rivière, où se retiraient les bâtiments de course (i564). La population ne doit être guère au-dessus de 30,000 habitants.

Tétouan est à 6 ou 7 kilomètres de la mer et séparée d'elle par une plaine d'alluvion et le pied de la montagne, planté de jardins. La rivière nommée Oued-Martil ou Martin, et encore Bou-Sega, est trop obstruée p«r les sables à son embouchure pour rendr^^idis services à la navigation, il y a deux petits ports, le poixlN^ro, garanti pur un fortin construit en i055 (1639), sous le pacha Mohammed Narsûs, et le port d'Emsa , protégé par une ccmstnictîcm analogue qui date de 1078 (1662). Ces deux forts ont été bombardés, le 26 novembre 1859, par des navires de l'escadre française mouillée dans la baie d'Âlgésiras, pour avoir tiré sur le Saint-Louis^ qui portait visiblement le pavillon français.

La rade est sûre par les vents d'ouest , mais par ceux de Test elle devient dangereuse:

Chechuan est une petite ville, voisine de Tétouan, située dans la montagne et renommée pour ses fruits, entre autres les pèches appelées Halilla.

Dans le Rif, nom qui a le même sens que Stikel en arabe et en latin jRtpa, dont il semble dérivé, on trouve un grand nombre de villages semblables à ceux de notre Kabylie et habités par la même race ; mais ils sont peu connus. Au bord de la mer et à 8 ou 10 lieues à Test de Tétouan, était Targa, fondée, dit-on, par les Goths, saccagée par les Espagnols en 1481 et en 1533. MouIê-Âbdallah, vers 1560, la fit relever; mais nous ne savons ce qu'elle est devenue.

Le Pegnon de Vêlez de Gomère, un des présides de l'Es-

pagne, n'ert qu'im îlot tortifié, en fiu» de Badin ou Belis, petite ¥iUe que Mannol d^iaticomme florissante et que les Espagnols ont aj^ée Vehz de Gamera (i) ; elle est aujourd'hui abandonnée. L'Ilot occupé par Pierre de Navarre en i528, rend maître de la ville. En iSSâ, il fut repris par les Maures, grâce à la trahison d'un soldat et i l'assassinat du gouverneur YiUalobos. Les Turcs s'y établirent en i554, quand le pacha d'Alger, Salajb-Rals, donna Fez à Moulé- Bou-Hassan, caïd de Yele%^ Mais depuis 1564 la victoire a rendu l'Ile à l'Espagne. Le port ne reçoit que de petits nàvires. La ville, bâtie en amphithéâtre sur recueil principal, n'a que deux rues. Elle est séparée du littoral par le détroit du Freddo^ large de iOO mètres, et se rattache, par un pont naturel, à l'autre écueil couronné par un petit fort (2). Les citernes ne suffismt pas à fournir la place d'eau douce et l'Espagne est obligée de lui en envoyer dans les sécheresses. * ' .

Le Pegrum de ÀUiucemas est un autre îlot qui fut donné ^ aux Espagnols par Moulê-Abdallah, chérif du Maroc (1557- 1373), pour empêcher les Turcs de s'y établir. Il doit son nom à la ville africaine voisine El-Mzemma, qui parait nulle aujourd'hui. Le rocher s'élève dans une anse où les navires de moyenne grandeur trouvent un mouillage, et il porte, sur un plan incliné de l'est à l'ouest, la ville irrégulièrement bâtie, fortifiée principalement par un château flanqué de tours. Elle n a pas assez de l'eau de pluie recueillie dans trois grandes citernes et elle en reçoit de TEspagne. Sa garnison est d'environ 200 hommes. L'Oued-

(4) De Belés les Esp'agnols font aisément Veîés. Gomera vient du nom d'une tribu ri faine.

(ï) Penon, en espagnol, signifie écueil^ rocher.

Ris se jette dans la baie d'Âlhucemas. De là au cap Tres- Forcas, il y a plusieurs rivières , dont la plus considérable est rOued-Kert. C'eH dans ces parages que les Rifiûns, surtout les GuéilÉi, gé IHveitt plus audacieusement i la piraterie. Les anses dé XSert, de Tramontan, de Ras-ben- Rifous et d'autres lèul^'ôfirfént des refuges.

Dans le sud delà montagne, entre Pegnon de Yelez et Pegnon de Alhucemas, Léon TAfricain marque, au xvi* siècle, une sorte de volcan en activité; car on ne peut guère entendre autrement ses paroles : « Yisitur in summitate hujus lAontis ceu antrum quoddam, quod perpetuos ejacu-

latur ignés adeo ut plerique etiam inferorum hiatum

esse opinentur(l). »

À Test du cap Tres-ForccU, appelé aussi Ras-ed-Dir, et du temps des Romains Rusadir, au fond de la baie formée par ce cap, s'élève Melilla, le plus important des présides espagnols après Ceuta. Les Arabes l'appellent MUla. Son nom vient, dit -on, de la grande quantité de miel qui se récolte dans le pays voisin. La place occupe une presqu'île reliée au continent par un isthme rocheux. Son enceinte consiste en grosses tours et en petits bastions. Au sud, le château domine l'anse qui sert de port et où n'entrent que de petits navires. L'isthme étroit est défendu daps tpute sa longueur par des retranchements. C'est d'abord un ouvrage à cornes, recouvert lui-môme par un autre ouvrage irrégulier, mais qui semble bien flanqué. Au delà se trouvent un fossé et un chemin couvert ]qm se [prolongent au midi , où ils entourent une lunette placée en face du château et protégeant le port. Le point d'attaque de Melilla nous semble le saillant gauche de l'ouvrage qui précède la corne de l'isthme.

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La ville renferme environ 2,000 habitants. Elle a de l'eau et quelques jardins. Prise en 1496 par le duc de Médina Sidonia, elle est restée à TEspagne, malgré les attaques plus ou moins sérieuses des Berbères. Les documents espagnols contemporains citent parmi les Kabyles ou tribus rifaines qui inquiètent Melilla, les Manouza, les Beni-Sicar, les Beni-BouUafon, les Beni-Bouifouron et les Beni-Zidell.

Au sud-est de Melilla et sur le littoral, il y a des salines et la sebkha de Garet.

On ne sait s'il &ut indiquer auprès de la Sebkha ou à Touest du cap Forças, l'emplacement de Ksaça, ville qui fut prise par les Espagnols à la même époque que Melilla, puis perdue par la trahison de trois soldats qui la livrèrent, en 1534, au caïd de Tezota, place du voisinage. Ksaça fut rasée peu après ; au moyen âge, elle commerçait avec les galères de Venise.

A SO kilomètres environ, au nord du cap Tres-Forcas, on voit l'îlot d'Àlboran, plateau allongé du sud-ouest au nordouest, long d'un mille sur un tiers de mille en largeur, élevé d'environ 50 mètres au-dessus de la mer, en face du détroit de Gibraltar. Sa constitution géologique trahit une origine volcanique, et sa stérilité unie à sa distance du continent la rend impropre à recevoir un établissement, sinon avec de grands sacrifices. Il parait pourtant que. l'Espagne est disposée à les faire.

Si nous révenons au littoral du Rif, nous apercevons les iles Zafarines, appelées par les Espagnols Chafarinas et par les Arabes Djafarin, Les Espagnols travaillent depuis plusieurs années à une solide installation dans ces îles. Elles sont au nombre de trois, alignées d'est en ouest. La plus occidentale, qui est la plus élevée, a 135 mètres de hauteur. Mais celle du centre possède les principaux éta-

blissements : outre de grandes constructions provisoires en bois, il y a un hôpital et quelques maisons en pierre. Une redoute année de six pièces de canon et de mortiers de fort calibre couronne le sommet de rUe.Lesfalaisespartout à pic portent plusieurs batteries. On va jeter les fondements d'une église. Les deux autres Ilots sont défendus chacun par un blokhaus. Celui de Test sert de quarantaine (i). Il n'y a pas de source aux Zafarines; on y conserve l'eau de pluie dans des citernes. Mais le canal, large d'environ deux milles, qui les sépare de la terre ferme, est facile à la navigation et conduit au Cabo del Àgua, où il y a une aiguade, comme l'indique son nom. Ce canal constitue un excellent mouillage qui peut être amélioré par quelques travaux d'art et recevoir toute une escadre durant la belle saison. Une forteresse espagnole au cap serait d'autant mieux placée que les inbus voisines ont à vendre du blé, de la laine et des peaux.

Dès 1833, MM. Bérard et Dortet de Tessan avaient bit connaître l'importance du mouillage des Zafarines, où alors la France pouvait et aurait dû s'établir, soit parce que les mauvais temps obligent les navire»» de Djemroa- Ghazouat à s'y réfugier, soit parce que les frontières de TÂIgérie s'étendront un jour forcément à la Mouloula, dont rembouchure est voisine des trois ilôts.

Dans le bassin de l'Isly, nous n'avons à mentionner particulièrement que la ville à^Oudjda. Elle est fortifiée, placée

(4) Il est question de réunir Tile Isabelle II à Ttle du Roi. Les nomi espagnols prévaudront sans doute contre ceux de Brongniart^ Buch et Ruckland, qui furent donnés aux trois rochers en 4830 par deux naliH ralistes. Les Zafarines étaient encore vacantes en 4847. Le Cavaignac, envoyé alors pour en prendre possession, les trouva pées depuis quelques jours par une garnison espagnole.

à une qiimzaine de lieues est-sud-est de Tlemcen , sur la route de Taza et de Fez. Elle garde aussi le Teniet-Djebaeur, où passe la route qui mène au sud , dans la région saharienne. Séjour ordinaire des malfaiteurs de la frontière, qui trouvent à y Tendre le fruit de leurs rapines, elle a été entre nos mains en 1844, et à notre discrétion en i859. La modération de la France Ta laissée au Maroc. À Oudjda, comBie i S^fii^^Ukàà^ qui se trouve à une lieue sud-oueât, on remarque^liWlielle végétation. L'on y vénère le tombeau du marabout'd' Andalousie, Sidi-Mohammed ben-Hellouk.

Les gouvernements dont nous avons pu constater l'existence de Tanger à Oudjda sont, indépendamment du pacbalik de Tanger, celui de Tétouan, qui réunit à la ville cinq tribus : El-Kmas , Beni-Hassan, Beni-Chid, Beni-Hozman, Fendaloua, Beni-Mabdan et Megro. U y a dans TAndjera un caïd , duquel dépendait le cbeik établi à Dar-Belda ou El- Serrallo, en face de Ceuta. Le Rif est un grand caldat, héréditaire dans la famille Abd-es-Sadok ; mais il ne se rattache guère a l'empire des Chérifs que par le lien et le tribut religieux. On a mentionné, chez les Beni-Snassen, le cbeik Hadj-Mimoun. Oudjda est gouvernée par un caïd.

Les communications principales du littoral avec les villes de l'intérieur ont été indiquées précédemment. Il ne restB plus à consigner ici que des distances maritimes. De Tanger à Cadix, 94 kilomètres ou 51 milles nautiques de 60 au defrré. De Tanger à Tarifa , 27 kilomètres, a Algésiras, 53, à Gibraltar, 57, à Malaga, 163, à Ceuta, 47, à Oran, 475. De Outa à Algésiras, 29 kilomètres; à Gibraltar, 27, à Malaga, 117, à Oran, 422, à la rivière de Tétouan, 33.

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