LE LITTORAL
Si maintenant nous suivons Iq. tfttoral i partir de la Moulouîa jusqu'à l'Oued-Dràa, nou^ trouvons :
Malua, Mulua, Mulucha, fleuve de la Moulouîa.
Àd'TreS'Insulas^ les lies Zafarines.
Melagonium^ promontoire Restinga, qui borne à l'est la baie de Meiilia.
Ryssadiufn, llfdlTla.
Rumdir, cap Tres-Forcas ou Ras-ed-Deir.
Sesdaria, pointe Tramontana, sur le versant ouest du cap Tres-Forcas.
TmtiioUmga, tille au sud de cette peinte.
Molocath^ Oued-Kert, si ce n'est la même que la Mahta.
Cannarum, cap Quilate, bornant à Test la baie d'Albucemas.
Tamuda, Oued-Ris et son affluent l'Oued-Nekour.
AdrSeahlmuloê, point nommé, par Graberg, Jforro-iVîioro, à Touest d'Aihucemas , ou les Six-Êcueils^ à l'est de Yelez.
Okastrum , peinte de Gebha ou de Baba , i Test de Pegnon-de-Velès.
Laud ou Thaluda , un des oueds qui coulent près de Badis. Graberg le nomme Tagassa^ marqué plus à Touest par M. Renou.
Parietma^ Badis, autrement Yelez-de-Gomera.
Acrath, forteresse; à l'embouchure de rOued-Mostassa, entre Yelez et la pointe des Pécheurs.
Promontorium Barbari, pointe Pescadores.
Aquila Minor, pointe Mazari; ou bien pointe de Stehah, au bordj Oustrak.
Aquila Major, cap de Tétouan, à Touest de la rivière.
Jagath, Tétouan ; ou Fagasa, un peu à l'ouest de la pointe des Pêcheurs.
Phœbi Extrema, le cap Nègre.
Heptairiphus, S^ptUfT^Fralres, sept sommets du Djebel- Aitdjera, qui aboutisseiit a la montagne des Singes, en ber^ bère Idraren-ZaiOÊUfm ^irabe Djebel-Chotiadi.
Fretum Gaditanum, détroit de Gibraltar.
Exilissa, Lissa ou Septa, Ceuta.
Abyla, le mont Acho, à Ceuta.
Valonis Ostia^ embouchure de l'oued de Ksar-es-Segher ou de la rivière du vieux Tanger.
Tingis ou Julia Tradwta, Twger.
ilmpelu5ta> village, Dar-Chakkar.
Ampeluiium, ci^fipirtôL.^
Ad Mercurios, ville; TMieddert.
Zilia, Oued-Alascha.
ZiUa, Zilis, Constantia Ziliê, colonie; Arzilla.
Lix, Lixus, (hied~el'K(ms ou Louccos.
Lixa, ville; Larache. Les ruines sont i 4 kilomètres.
Frigidis, Aln-et-Telfelt.
Subur^ oued Sebou.
Skms Emporicus, plage entre le Sebou et le Bou-Re-< greg, autrefois peut-être couverte par les eaux.
Sala, Salé.
Sala , oued Bou-Regn^.
Oppidum Nwmm, Rabat.
Duu$ ou Dytii, oued Gouir ou Dir, au sud de Fedala.
Poma, Fedala.
Thymaterium, Thyaterium, plus tard Rhusibis ou Rutubis, Azemmour.
Cusa, oued Oum-er-Bta.
Saguti, cap Blanc.
K«/>txo» To Tfîxoc, Saguti, ville; Tit.
Gytte^ Goz ou Cour, à Tembouchure de la Tensift.
Azama, Azana, la Tensift.
Soloen, pfeut-^tre le môme que Hermœum Promontorium^ Solis Mons et Exploratio ad Mercurium, cap Cantin.
Erythrœa, ilôt de Mogador; peut-être Cerne, Cyraunis.
Melitta ou Mysocaras, ville de Mogador.
Acra, Safi.
Diur ou Duir, oued el-Ghored.
HercuUs Promontorium et Portus, cap Sim ou Tegravelt.
Tamusiga, ville, au cap Tefelneh; ou peut-être Arambe,
Phuth, Phtuth, Tuth, oued qui a son embouchure à Tefelneh.
France et d'Espagne, ce qui doit jeter beaucoup de confusion dans les idées du peuple et ternir un peu Tédat du turban vert (1).
Sont réputés saints les fous et les idiots : persuasion qu a du nioins Tavantage de porter à secourir ces malheurem. Il est vrai que beaucoup de fourbes exploitent la créduUt^ publique en faisant toutes sortes d'eitravaganoes et en simulant rimbécillité. Un grand nombre d'imposteurs soni parvenus au brevet de saint et de thaumaturge en adoptani quelque genre de vie extraordinaire, en aflBcbant les dehon de la piété et de Taustérilé, oa en appelant des oompira pour établir une réputation qu'ils exploitaient en commun Les femmes ne sont pas exclues de la carrière aussi honoréi que lucrative de la sainteté; c'est pourquoi un ceftii nombre de koubas se trouvent sous Tinvocation de quelqm Dame ou Lella. On n'y regarde pas de trop près pou leur décerner le titre de saintes, non plus qu'aux hommes C'est ainsi que près de Safi on honore sur le chemii une lella, dont le mérite consiste à s'être dévouée au: passants. Le paganisme policé de l'antiquité ne faisait pa mieux.
Quand un saint meurt, on élève sur son tombeau un* cliapelle carrée, que l'on appelle du nom du saint et ei général du nom de kouba, parce qu'elle est couverte d'un petite coupole (2). Ces chapelles sont nombreuses, surtou dans le sud du Maroc, et ordinairement placées près d'un source à l'ombre d'un palmier. Fréquemment blandiies ai
(1) Il est des chérifs mendiaDts qui ne jouissent d'aucun crédit! qui descendent jusqu'à la condition de domestiques chez des chrétien! Specchio di Mm*occo,
(2) Il y a aussi des Kouba, monuments votifs ou commémoratifs qi ne renferment pas de sépultures.
hit de chaux, elles attirest de loin le regard et sont des godet pour les voyagwrs'^e ce pays, comme autrefois les docbers dans le n6tre. Les descendants du saint ont soumit nue étroite habitation contigue à sa kouba, et ils re- {omot im dons qu'on lui offre, comme ils ont hérité de sa ■Dtirté. Les dévots viennent en pèlerinage, isolés ou par MMyes, et en nombre proportionné à la réputation de celui èmtib réclament l'assistance. Leurs prières ont pour objit dUrtenir qndque avantage temporel, la fécondité des Innpeaax, les grftces du souverain, des choses qui nous mUenl très-bizarres ou qui sont dans la spécialité du •int, mais jamais la vertu. Nous ne pensons pas qu'il y ait duis tout le-'Mi^reb une âme qui ait la pensée d'invoquer JHhh, Mohammed ou un santon pour devenir meilleure.
Plusieurs tombeaux de saints éminents sont des asiles innotables pour les coupables qui s'y réfugient ; c'est un bien là où règne un despotisme barbare, et c'est un hommage rendu à la religion. D n'est pas de raison en faveur de l'intique droit d'asile, conservé durant des siècles par le christianisme, qui ne convienne à fortiori au Maroc. Mais ce dfCMt sacré n'est pas toujours une barrière suffisante derant les passions des souverains. L'accès des koubas est interdit à l'infidèle et quelquefois même le terrain qui les environne, à une grande distance.
Parmi les. tombeaux les plus vénérés, outre ceux de Moulè-Edris, à Fez, d'El-Mansour, àChellah, près Rabat, et ceux des patrons des confréries religieuses dont nous allons parler, on peut citer les tombeaux de Moulè-bou-Selam, près de Larache, et de Sidi-Âbd-es-Selam, sur une montagne voisine de Tétouan. Ce dernier est dominé par le Sakht eIrOualaden ou Rocher de la malédiction de la mère, dans lequel s'ouvre une crevasse étroite et sans fond. Le
Usadium, peut-être Solis Mons^ cap Guer.
Suriga, Santa-Cruz.
Una, oued Sous.
Agna, oued Assa ou Tesset.-
Sala, oued Noun.
Daradus, oued Dràa.
§ 3. — LMNTÉRIEUR.
Atlas Major ou Dyris , aujourd'hui Idraren - Drann , grand Atlas, qui aboutit au cap Guer.
Atlas Minor, chaîne plus septentrionale ; peut-être celle des Zaères.
Atlas mythologique :
Maximus Atlas
Axem humero torquet stellis ardentibus aptuin.
Diverses montagnes ont été identifiées à ce fabuleux personnage : le Djurjura entre autres. Au Maroc, ce serait le Miltzin ou Hentèta de Léon et Marmol.
Phacra ou Phocra, le Rif ou les monts Teldje, au sud de Taza.
Diur, autre chaîne ; peut-être celle qui , venant du sudoiiest) aboutit au cap Tres-Forcas.
Zalacus, monts Zalag, dans le haut bassin de la Moulouia, rive gauche.
Durdus, monts EUAbhari et chaîne du haut bassin de la Mouloula, rive droite.
Voici maintenant des noms dé villes et centres de population, où les ruines antiques sont souvent recouvertes par des ruines du moyen âge ou modernes.
Oppinum, Chechouan.
Tabemis, Dar-Âisana; sur la route de Tanger à Kasr-el- Kebir, au sud-est d'Arzilla.
Banasa ou YaUtUia, Basra, un peu au sud-ouest de Ouazzan.
Tcmwida, Tefelfelt, entre Basra et la Mamore.
Subur, Fenzara, sur le Sebou.
Silda ou Gilda, Méquinez; ou bien Aln-Garouach, au sud d'Ouazzan.
Gontiana, Djema-el-Hammam, eaux thermales au sud-est de Méquinez.
Aquilis Daticis, Halouan, sur le Sebou, au nord-ouest de Fez; ou Mergo, au nord-est d'Halouan.
Baba ou CoUmia Julia Campestris, Beni-Teude, au nord de Fez, sur le versant méridional du Rif . Marmol dit qu'elle avait, au moyen âge, 6,000 maisons. Il y signale de belles mines antiques. D'autres mettent Baba à Taoa.
PtUdana ou Vapisciana^ Dar-el-Ahmera(?), sur le Sebou , au nord-ouest de Fez ; ou bien Ouazzan , dont le nom n'est pas sans analogie avec Yopisciana.
Oppidum Novum, Alcazar-Kebir.
Ad Novar, El-Outed, sur le chemin d'Alcazar à Tanger. C'est une grande pierre debout, qu'on dirait druidique ; elle est entourée de ruines romaines.
Tremula, entre Ouazzan et Alcazar-Kebir.
Vobrix, Lamta, sur le mont Zalagh. Grâberg soupçonne les indigènes d'avoir fait du mot Atlas Lamta.
Volubilis, Tiulit ou Oualili, aujourd'hui Zaouïat-Moulé- Dris, au nord de Fez. Marmol donne à l'enceinte romaine en pierres de taille deux lieues de tour.
Fut, Futh, Phuth, Tit, et, selon Graberg, Fez ou Mers, faubourg de Fez.
Herpis, Macarmeda, ville ruinée, à unejournée àl'est de Fez .
prières, par certaines pratiques particulières de piété ou de mortification. Chacun d'eux a pour fondateur un saint marabout qui a reçu, par une révélation de Mdiomet luimême, la mission de former des disciples et les bases de la constitution de Tordre. Le but qu'on se propose en y entrant, c'est d'obtenir du ciel une protection spéciale et d'assurer son salut. Un chef spirituel ou khalifa gouverne les frères, par l'intermédiaire de mokhaddem ou cheiks qui le représentent et correspondent avec lui. Le khalifa déagne luimême son successeur. Les ordres ont des mosquées, des koubas et des zaoulas, fondées par eux en l'honneur de leur patron et entretenues par leurs dons et le revenu des terres qui en dépendent. Ils n'en ferment pas l'accès aux musulmans étrangers; mais ces derniers ne peuvent s'y acquitter des devoirs spéciaux de l'ordre, dont ils ne connaissent même pas les formules secrètes ou dzeker. Plusieurs de ces ordres ont des ramifications très-grandes, et possèdent des biens considérables. Ceux qui les composent sont ordinairement tholbas ou savants. Beaucoup se livrent à l'instruction. Tous sont dévoués aux intérêts et aux doctrines de la confrérie, et ils entretiennent dans leur cœur un zèle sans bornes, un fanatisme toujours ardent, par des pratiques multipliées, des prières incessantes, machinales si l'on veut, mais qui agissent sur le cerveau et sur les dispositions habituelles de la volonté(i). On conçoit, après cela, que le khalifa tient dans ses mains des fils puissants qu'il fait mouvoir à son gré,
(1) Les courtes formules de prière des khouan se répètent des centaines et môme des milliers de fois par Jour. Un manuscrit qui portait uniquement ces mots : Dieu eit miUricordieux, répétés SjOOO fois, a été recueilli parles Espagnols^ dans Taffaire du 9 décembre 4859. Ce manuscrit était sans doute â*un khouan.
et que l'influence politique des khouan, par exemple, en cas de guerre, peut être d'une extrême conséquence.
Les zaoulas, dont un grand nombre appartiennent aux oidres religieux, sont des établissements complexes, où la ne aocUe se concentre, comme au moyen âge chrétien, dans it Dmmuê Eccltiiœ et les monastères du premier rang(l]. Outre une chapelle sépulcrale, la zaoula complète possède une mosquée, une bibliothèque, un séminaire ou école qui réunit les lettres, les sciences, la théologie et le droit; un Geu d'asile, un hôpital pour les infirmes, un hospice pour les Tojageurs, une sorte d'office de publicité où l'on échange les WNiTelles et où l'on recueille les faits historiques. Cette institatioB a décliné comme la civilisation des Maures prise dans ion ensemble; mais la zaoula, même à son apogée, correspond à l'état d'une société encore naissante : car les éléments distincts qui la composent tendent à s'isoler pour se développer davantage et plus librement, à mesure que le ooq» social grandit et déploie dans tous les sens une activité toujours croissante. La zaoula est fondée matériellement sur les produits de biens immeubles ou habous^ et sur les aumônes ou zekkat de la charité publique.
Les principales confréries que nous connaissons au Maroc sontcdles de Moulê-Taleb, desDerkaoua, des Alssaoua, qui ont leur centre au Maroc même ; puis celles de Sidl-AbdeI-lUder,qpiia son centre à Bagdad, et desTedjini, qui a le sien en Algérie, au ksar d' Aln-Madhi .
(4) Au moyen ftge, piès de la cathédrale, se groupaient la maison de Véiéqat, rHAtelrDiouy les oiaîtODS canoniales, l'école du cloître, divers tribunaux, des archives, une bibliothèque. Ce faisceau n'a pas été détruit; il 8*e8t transformé, ses branches se sont divisées en grandissant. On peut comparer aussi les zaouïas les plus considérables au Xont-Cassiny à Citeaux , à Clunvy à Saint-Gall.