‹ Description et histoire du MarocChapitre 14 sur 50 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

mELiGion.

Nous n'avons point à faire one étude générale du mahométisme à propos du Maroc; mais il convient de réunir quelques notions plus particidîèrement rdathres à la religion dans ce pays.

§ 4*'.— IBÉE CÉNÉRALI.

L'empire des Chérifs est celui où le mahométisme règne de la manière la plus absolue, où il s'est laissé le moins entamer par l'influence de la civilisation chrétienne et des gouvernements européens, quelles que soient d'ailleurs les superstitions qui l'altèrent. Le pouvoir souverain s'y confond avec le sacerdoce suprême dans la personne du chérif, qui règne comme descendant de Mahomet. La religion est la base, la raison de toute loi et de toutes les institutions sociales. La loi n'est que l'expression littérale ou développée du Coran, divine et par conséquent immuable comme lui, non -seulement quant au dogme, mais même quant à la

discipline. Ces principes sont la clef de Thistoire du Maroc et l'explication dernière de la triste situation où il est tombé.

On sait que le mahométisme se partage entre quatre rites orthodoxes, divisés seulement sur quelques points de pratique. Ces rites, suivant une ingénieuse comparaison des Magrebins, boivent tous au même ruisseau, mais dans des coupes différentes. Hs tirent leur nom de celui des illustres docteurs dont ils professent les opinions en matière de jurisprudence et de liturgie. Le rite malékite domine en Barbarie, et il règne exclusivement au Maroc. Le rite hanéfite est répandu en Turquie, le cbaféite en Arabie et en Perse, le banbalite en Arabie.

Malek, l'interprète sacré du Coran, le fidèle écho de la tradition primitive, est mort à Médine, son pays natal, en 179 de l'hégire, 795 de notre ère. A côté de lui se placent, dans la vénération des Marocains, El-Bokhari, patron de la garde impériale, et Sidi-Khelil. Mohammed -el- Bokhari, né à BoUiara et mort à Kariank, près Samarcande, en 236 (870) , est l'auteur du Djami-el-Sahi , ou Recueil exact, dans lequel il consigna seize mille traditions, sentences ou paroles de Mahomet, traditions d'autant plus auliientiques aux yeux des musulmans que leur insertion fut toujours précédée d'une ablution au puits de Zemzem. Sidi- Khelil, enfin, surnommé Dia-^d-Din, Téclat de la religion, est le jurisconsulte dont la parole fait loi devant tous les tribunaux malékites du Magreb. 11 est mort en 776

Nos renseignements ne nous permettent pas de dire si le ouabisine a fait des adeptes au Maroc, comme parmi les BerljÎTes de Test (1) ; mais si ([uelque chose altère la foi des

li; Lcâ Ouabiles ou NVahabites^ fondés en 4730, par le chcik Mc-

tre société refroidie à l'excès par le positivisme^ aux scènes qui se passent à Ouazzan. Quel prestige ooirfiiKrable à celui que Sidi-el-Arbi exerçait sur les foules ! Cet homme, d'une obésité monstrueuse, était porté par huit mides dociles, dans une litière couverte d'un ombrello qui devenait la nuit tente de campagne. Or, il n'était pas rare que huit ou dix mille personnes se précipitassent à sa rencontre. Quand on ne pouvait baiser sa robe ou la litière, on baisait la corde des mules. Des mains du chérif partaient de longscordons qui se déroulaient à travers les rangs pressés de la multitude, et chacun, après avoir imprimé ses lèvres sur cet objet béni, déposait son offrande au chouari (panier) des mules, conduites par des collecteurs attitrés. Cmx-là seuls qui pouvaient offrir au moins une centaine de piastres aspiraient au bonheur de baiser la main sacro-sainte du chérif, et c'était presque une folie d'ambitionner la baraka ou rimpositîon des mains pour la bénédiction patriarcale , tant une pareille faveur est inappréciable !

A n'envisager que les phénomènes extérieurs par lesquels se manifeste la vivacité du sentiment religieux. Ton trouverait plus d'un rapprochement à faire entre ces scènes-là et d'autres dont l'histoire de l'Église catholique a recueilli le souvenir ; de même, il y a souvent de l'analogie entre- les faits miraculeux de l'histoire des saints et ceux qui entrent dans les fabuleuses légendes des santons arabes. Ainsi encore entre les miracles de Moïse et les prestiges des magiciens de Pharaon ; entre les rites de la liturgie, les observances disciplinaires du catholicisme et ceux du mahométisme. Le diable est le singe de Dieu, comme le dit saint Augustin. Mais l'observation, la crilique, la raison ne nous laissent pas confondre la fable avec l'histoire, lapparence avec la réalité, les signes et les pratiques extérieures avec les doc-

successives sur lesquelles repose le Coran, par les miracles attribués a Mahomet, par Tadmission de la vérité du mosalsme et du christianisme comme formes transitoires de la révélation dans le passé, par la prodigieuse multitude de miracles énormes que les musulmans de tous les temps et de tous les lieux attribuent à leiurs santons, par la soif de surnaturel qu'ils témoignent en recherchant, dans l'intervention extraordinaire de la divinité ou des esprits, la raison des phénomènes naturels les moins mystérieux, dont ils ne connaissent ou n'admettent pas l'explication scientifique.

Encore si les superstitions avaient au Maroc un caractère inoffensif! Mais elles vont quelquefois jusqu'aux sacrifices humains (i).

Malgré leur intolérance, les Marocains, par une contradiction au moins apparente, honorent en certains cas les saints personnages des autres religions, ou demandent à ceux qu'ils nomment infidèles le secours de leurs prières. A Fez, ils rendent une sorte de culte à la mémoire de la jeune Sol Achouel, juive de Tanger, qui mourut de notre temps dans des supplices atroces plutôt que d'abjurer la loi de Moïse, ou de renouveler une abjuration qu'elle avait faite, en cédant aux séductions de l'amour (2). Dans la montagne

(O Dans une des dernières révoltes^ dit M. Hay^ actuellement consul d'Angleterre au Maroc^ une belle jeune fiUe^ offerte en sacrifice propiliatoire^ fut égorgée en présence du sultan, devant sa tente. Heureusement qu^aujourd'hui ces odieux sacrifices deviennent fort rares; mais les rebelles, repentants ou frappés de terreur, immolent encore des chevaux et des bœufs pour apaiser la colère du sultan et se le rendre projice. Drummond-Hay, Western Barbary, its wild tribes and savaye 'iniinah, Londres, 4844.

(î) Nous pensons que cette grande Ame appartient à l'Église du thrisl, de Moïse et des patriarches, et non point à la synagogue tal-

«f Aflknm* i quriqne dîslaiice de Fez, Cbénier indique la guitare J'on juif que les Berbères et les Juifs invoquent «fsleawat. Le< femmes stériles y vont en pèlerinage pour dbtftfnirihi ciel Ans en£ints 2,. Ihis on croit que le santon nvaîc dus le pays longtemps avant rétablissement de lUamisme X. Tn grand nombre d'auteurs déjà anciens ^at parle ausëî dn cotte des Maures de la côte atlantique piHtr sùnt Augustin : on a confondo levéque dHippone avw un moine augustna des Canaries.

Parmi les anciens missionnaires espagnols, parmi ceux nnhue «(uî oat leur sêpolture à Tanger, il en est dont la vie siinte inspirail aox Maures une vénération profonde; Ie< Maures le témoignaient publiquement i ces bommes jk(H»toliques en Ie«r baisant b main (4).

i% ne counait point asset les Berbères marocains pour uppreder le$ vi«sli^ que le christianisme a pu laisser dans

:;iuô*.»(iif : car Im nkb;ai arùent otteieUement aalorisé Vapostasifl «it^ r*eurv i^^ur «:«iwr U ais>rt. Lt lien du nippllce de la martyre ett «or V -*^* V'^^v ^70 Vil it pr^té^ par une enceinte qui en empêche la prola- ••a::oci« «a qv^ tvoieifiiemeîits sont exacts.

^.•' l^^ .VrAV^5 ce sc'^L*. pi5 embanas$c8 pour expliquer comment iU vVR'v.t^r.; »ur l^rsvr.t'.-ts «i» Juifs : « Dieu se plaît, disent-ils, à écouler : hArv.u*:\:c %U' luv» ph^:v$: mois celles des Juifs le dégoûtent tellement ^■: !l M' hite ^:o les c^auoer pour ne plus les entendre, s

,4' le rwf^ci ^uo lo« Arabes et les Kabylei professent d*aillean P'ur los tturAlvn:;^ en ^^uèral , c'est-à-dire pour les hommes liés ou v\'usA;r\*$ à 0;cu, i>t foudô sur le Coran et ses commentaires autorisés. 0.o(vn«{Aut i^'.usicur» commentateun ont eu soin d*écartcr du cœur des iTovAuts t^nito s\mpA:hio nn'llo pour les marabouts et les maraboutes du chrii'liAniMne. lis onsoi^nenl bien qu"on doit les épargner, môme d,iu9 U ^uorro : mai:» t^n les è^>ai>rne , « non pas à cause de kur

leurs usages et leurs mœurs. Avant l'islamisme, ils ont eu de l'Église catholiq[ue une certaine connaissance, bien qu'elle n'ait pas jeté chez eux de fortes racines; mais durant tout le cours du moyen âge, comme on le verra, il y a eu des populations indigènes chrétiennes à l'intérieur du Maroc, sans parler des marchands européens ni des milices composées de Roums auxiliaires ou stipendiés. Nous ne sommes donc que médiocrement surpris de retrouver le signe de la croix dans le tatouage bleu qui orne souvent le front et le col des femmes berbères au Maroc, comme en Kabylie ou au Sahara. On signale encore les invocations des femmes durant les accouchements laborieux : « Oh ! Mariah ! Mariah ! viens, accours sans tarder, c'est une femme qui pleure. » Les processions de la grande poupée habillée, qqe les Berlières appellent Mala et que l'on promène autour des champs, à l'époque où germe le blé, paraissent dériver du paganisme plutôt que du christianisme, attendu que les processions catholiques où Ton porte des statues ne datent que du moyen âge et n'ont rien de commun avec les courses que les Berbères font faire à la Mata. Peulrètre y a-tr^, comme en Kabylie, des processions plus calmes et dont les analogies avec celles du christianisme seraient j^us remarquables.

qoalité demoines^ car ils sont plus profondément plongés dans Finfidélité que les autres, mais parce qu'ils sont retirés de la société de leurs oordigionnaires, parce qu'ils vivent reclus et comme des femmes. » Sidi Kkelil, trad. Perron, II, S49.

§ 1. UU SAUTCTÉ ; CBÉVS R SâRTORS.

Il est une face de la religion musulmane qu'il ftuit c sager, si Ton veut comprendre quelcpie chose à rhistoirc la vie habituelle des Marocains : c'est la doctrine qui a ra{i à la sainteté, ou qui en règle les conditions dans les in( dus. La sainteté est considérée comme une chose physiqi héréditaire, qui réside dans le sang et se transmet avec aussi bien que tous les privilèges dont Dieu et les bon l'ont enrichie. Dieu donne au saint le pouvoir de faire te sortes de miracles et i ses prières l'efficacité. Les bon reconnaissent le saint pour une personne sacrée, inviol et dont les actes doivent généralement échapper à t censure. Il y a donc des familles de saints, qui tiennen titre de quelqu'un de leurs ancêtres. On distingue, < toutes, les Gheurfa ou les familles de diériCs qui descen de Mahomet lui-même.

La dynastie régnante est du nombre, elle a du moins < prétention, ainsi qu'il sera dit en son lieu. Mais on doit marquer que les chérifs sont innombrables, surtout au roc. Le titre est revendiqué à tous les degrés de pan Or, entre les ancêtres de l'empereur actuel, Sidi-Mot med, par exemple, il en est qui ont eu, de leurs millie femmes, des enfants mâles par centaines. Chacun de ce fants est devenu la souche de nouvelles familles Che Les chérifs placés sur le trône se conciliaient volontiers famille influente en épousant une de ses filles. Dev mère, cette fille était renvoyée à ses parents, au moye divorce et avec un petit chérif qui leur faisait beau

d'honneur (1). On pense bien que ces saints ne travaillent pas pour vivre; ils sont à la charge de la nation, des provinces et des villes dans lesquelles ils se fixent ou qu'ils traversent en menant une vie errante. Leur nombre est trop grand pour qu'ils puissent avoir tous une importance politique, liais du jour où il leur plalt de se livrer à des prédications fiuiatiques, le turban vert, qu'ils portent par privil^, leur donne des chances d'être écoutés. Le Tafilet spécialement est peuplé de chérifs, proches parents de la branche riante et appartenant à celle que représentait MoulA-SoIiman, auquel Abd-pr-Rhaman succéda en 1822.

Les chériis se croient un droit particulier d'insolence envers les juiCs et les chrétiens. Il ne nous est pas possible d'exprimer décemment les services qu'ils requièrent assez souvent du premier juif qu'ils rencontrent, dans les provinces de l'intérieur. En 1820, l'un d'eux se passa la fantaisie d'étendre par terre d'un coup de bâton le consul de France M. Sourdeau. Moulè-SoIiman pria un peu ironiquement le consul de ne pas faire trop attention à cette action d'un fou et de se rappeler la parole de Jésus, fils de Marie : « Si l'on vous souflQette sur une joue , présentez l'autre. » M. Jager-Schmidt, un des successeurs de M. Sourdeau, força les autorités marocaines, en 1855, à mettre à mort un autre chérif, assassin de M. Paul Rey, négociant français. Un chérif, un saint dont les veines sont remplies du sang du Prophète, un homme sacré et inviolable puni du dernier supplice pour s'être donné la satisfaction de tuer un chien de chrétien ! ce fait, croyons-nous, n'avait pas de précédent au Maroc. Depuis lors, plusieurs chérifs ont reçu la bastonnade, sur les injonctions des Chargés d'affaires de

(1) Eet'ue des Deiix-Monrles, 45 décembre 4859.

France et d'Espagne, ce qui doit jeter beaucoup de confusion (jjf^ns les idées du peuple et ternir un peu réckt du turban vert (1).

SQiit;^ éputés saints les fous et les idiots : persuasion qui a du 4i|pft Tavantage de porter à secourir ces maUieuroux. Il est ytid que beaucoup de fourbes exploitent la crédufité publique en faisant, toutes sortes d'ejftntvagaaoea et en simulant rimbécillité. Un grand nombre d'imposteurs sont parvenus au brevet de saint et de thaumaturge en adytaot quelque genre de vie extraordinaire, en affichant les déhon; de la piété et de Faustérité, oû en appelant 4eB compiles pour établir .upe réputation qu'ils exploitaient en conmiim. Les femmea,]ie sont pas exclues de la carrière aussi honoi;^ que lucrative de la sainteté; c'est pourquoi un cei|||| nombre de koubas se trouvent sous l'invocation de quelque Dame ou Lella. On n'y regarde pas de trop près pour leur décerner le titre de saintes, non plus qu'aux hooames. C'est ainsi que près de Safi on honore sur le chemin une lella, dont le mérite consiste à s'être dévouée aux passants. Le paganisme policé de l'antiquité ne faisait pas mieux.

Quand un saint meurt, on élève sur son tombeau une chapelle carrée, que Ton appelle du nom du saint et en général du nom de kouba, parce qu'elle est couverte d'une petite coupole (2). Ces chapelles sont nombreuses, surtout dans le sud du Maroc, et ordinairement placées près d'oiil source à l'ombre d'un palmier. Fréquemment blanchies au

(1) Il est des cbérifs mendiants qui ne jouissent d*aucun crédit et qui detcendeni jusqu^à la condition de domestiques chez des chrétiens. Speochio di Mai^occo.

(2) Il y a aussi des Kouba, monuments votifs ou comraémoratifs qui ne renferment pas de sépultures.

lait de chaux, elles attirent de loin le regard et sont des guides pour les voyageurs de ce pays, comme autrefois les clochers dans le n6tre. Les descendants du saint ont souvent une étroite habitation contigue à sa kouba, et ils reçoivent les dons qu'on lui offre, comme ils ont hérité de sa sainteté. Les dévots viennent en pèlerinage, isolés ou par troupes, et en nombre proportionné à la réputation de celui dont ils réclament l'assistance. Leurs prières ont pour objet d'obtenir quelque avantage temporel, la fécondité des troupeaux, les grâces du souverain, des choses qui nous semblent très-bizarres ou qui sont dans la spécialité du saint, mais jamais la vertu. Nous ne pensons pas qu'il y ait dans tout le Magreb une âme qui ait la pensée d'invoquer Allah, Mohammed ou un santon pour devenir meilleure.

Plusieurs tombeaux de saints éminents sont des asiles inviolables pour les coupables qui s'y réfugient ; c'est un bien là où règne un despotisme barbare, et c'est un hommage rendu à la religion. Il n'est pas de raison en faveur de Tantique droit d'asile, conservé durant des siècles par le christianisme, qui ne convienne à fortiori au Maroc. Mais ce droit sacré n'est pas toujours une barrière suffisante devant les passions des souverains. L'accès des koubas est interdit à rinfidèle et quelquefois même le terrain qui les environne, à une grande distance.

Parmi les tombeaux les plus vénérés, outre ceux de Moulè-Edris, à Fez, d'El-Mansour, àChellah, près Rabat, et ceux des patrons des confréries religieuses dont nous allons parler, on peut citer les tombeaux de Moulé-bou-Selam, I»rês de Larache, et de Sidi-Abd-es-Selam, sur une monla;rne voisine de Tétouan. Ce dernier est dominé par le Sakht tl'Oualaden ou Rocher de la malédiction de la mère, dans lequel s'ouvre une crevasse étroite et sans fond. Le

p*^?rai qui leut se débirnsser d'une haine qui le tour-

■(•te eonlre sa famille, se glisse au-dessus du gouffre dans

i«we la lonçueur de cette crevasse, le dos appuyé d'un

«Me cl W |>ieds de l'autre. La crevasse se resserre sur celui

vm a 4e Muivaises dispositions, et il faut les prières myslé-

nw»*s A» Bem-Abd-es-Selam pour le d^^ager. n y a là

niR ^»F taUr lon^ » marbre blanc que l'on s'eflbrce de

rakTtt- i \m 3nu pw obtenir les bénédictions du ciel. En-

in. :w"ii\ ■*■** °°^ cavCTPc d'un accès difficile un bas-relief

BU: jLMU.'Oiif un boomie et une femme nus. L'un des per-

« wb! >n disque à la main. Devant eux, un serpent

i «nu noie drwM U l*le. Celte sculpture antique passe

joat ua« petrtikitioo de pèlerins que la puissance d'Abd-

. viam a frappé*- C« «l^"''' Pavent donner une idée

1 !, superrtitio. V^ P^" ""' pèlerinages.

On JWKiiie a«c respect les paroles prophétiques des

iWiities-unes sont très-répandues et leur accom-

'*" *"*" T^t attendu avec une ferme confiance. Nous ne

''''*^"**!!«ios que 1» prophétie du Moulè-Saà ou du Maître

'""f^^M^ce l'arrivée d'un restaurateur de l'isla-

je I "'^j pQy,jri l'a mise dans la bouche de Maho-

aàsiof- ,-nes : ■ Un homme tiendra après moi; son

"** ^ "*jy.Ma au mien; celui de son père sera sem-

nam *»* ^^^ ^jç^ gi le nom de sa mère semblable

**- A. C^n^- " "^ ressemblera par le caractère,

*•*■• ^ t^ts du visage; il remplira la terre de

**^ ïi , Les ambitieux qui veulent jouer le rôle

doivent donc s'appeler Mohammed-ben-

^fe*^ *dii« des noms de Mahomet et de son père.

'"^^éttit en 1839 l'instigateur de la guerre à

aoshw,

se prévalait effectivement de ces

^jrt^ieqai

les concerne. D'autres prophé-

ties fixent rarrivée duMoulè-Saà précisémentinotre époque. Dqà même le mom^it serait passé, d'après ces paroles de Ben-el-Benna-el-Tlemceni : « Dans la soixante-dixième année du treizième siècle (i854), mi homme nommé Mohammed-bm-Âbdallah sortira du pays de Sous-el-Acsa. Il aura avec lui 1600 tentes; il entrera dans la ville de Maroc et ira de la à Fez. H s'avancera ensuite sur Tlemcen et ira jusqu^à Qran, qu'il détruira. De li il marchera sur le pays de la diaux, qui est Alger ; il campera dans la Metidja et y restera quatre mois; ensuite il détruira Alger, ira i Tunis, y restera quarante ans, et mourra (1). »

§ 3. — LIS KHODAlf; GONFRiRIES EBUGIKCSES; ZAOCIA.

La connaissance intime que les Français ont acquise des Ardbes et des Kabyles d'Algérie, a révélé, dans le Magreb, l'existence de confréries religieuses que l'on peut comparer, sous divers rapports, aux confréries catholiques, aux hermamdades espagnoles, aux ordres monastiques (2). Les confrères se nomment khouan, du pluriel de fc/iou, frère. Ces ordres, tous basés sur le mahométisme pur, se distinguent l'un de l'autre par le dzeker ou formule de prière à réciter sur les grains de chapelet, par le nombre et la variété des

(4) Richard^ Etude sur rinmrrection du Dahra^ p. 91.

(2) On peut consulter Les Khouan, par M. de Neveu. Paris^ 4845. Études sur l'insurrection du Dahr a, par M. Richard^ Alger^ 4846; et Les Kkouan ou divers articles publiés dans VAhhbar^ au commencement de 4S59^ par M. Brossclard. Nous devons avertir toutefois que plusieurs des rapprochements établis^ dans les Ettides de M. Richard^ entre le catholicisme et le mahométisme ne sont pas fondés et que nous serions tenté de les prendre pour de pures plaisanteries,

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