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prières, par certaines pratiques particulières de piété ou de mortification. Chacun d'eux a pour fondateur un saint ma* rabout qm a reçu, par une révélation de Mahomet luimême, la mission de former des disciples et les bases de la constitution de Tordre. Le but qu'on se propose en y entrant, c'est d'obtenir du ciel une protection spéciale et d'assurer son salut. Un chef spirituel ou khalifa gouvenie les frères, par l'intermédiaire de mokliaddem ou chdks qui le représentent et correspondent avec lui. Le khalifa désigne luimême son successeur. Les ordres ont d,es mosquées, des koubas et des zaoulas, fondées par eux en l'honneur de Imir patron et entretenues par leurs dons et le revenu des terres qui en dépendent. Us n'en ferment pas l'accès aux musulmans étrangers; mais ces derniers ne peuvent s'y acquitter des devoirs spéciaux de l'ordre, dont ils ne connaissent même pas les formules secrètes ou dzeker. Plusieurs de ces ordres ont des ramifications très-grandes, et possèdent des biens considérables. Ceux qui les composent sont ordinairement tholbas ou savants. Beaucoup se livrent à l'instruction. Tous sont dévoués aux intérêts et aux doctrines de la eonfrérie, et ils entretiennent dans leur cœur un zèle sans bornes, un fanatisme toujours ardent, par des pratiques multipliées, des prières incessantes, machinales si l'on veut, mais qui agissent sur le cerveau et sur les dispositions habituelles de la volonté(i). On conçoit, après cela, que le khalifa tient dans ses mains des fils puissants qu'il fait mouvoir i son gré,
(*) Les courtes formules de prière des khouan se répètent des centaines et môme des milliers de fois par Jour. Un manuscrit qui portait uniquement ces mots : Dieu eit miêéricordieux, répétés 6,000 fois, a été recueilli parles Espagnols^ dans Taffaire du 9 décembre 4859. Ce manuscrit était sans doute d*un khouan.
et que Tinfluence politique des khouan, par exemple, en cas de guerre, peut être d'une extrême conséquence.
Les zaoulas, dont un grand nombre appartiennent aux ordres religieux, sont des établissements complexes, où la vie sociale se concentre, comme au moyen âge chrétien, dans le Demui Eeclesiœ et les monastères du premier rang(l). Outre une chapelle sépulcrale, la zaoula complète possède une mosquée, une bibliothèque, un séminaire ou école qui réunit les lettres, les sciences, la théologie et le droit -, un lieu d'asile, un hôpital pour les infirmes, un hospice pour les voyageurs, une sorte d'office de publicité où Ton échange les noavelles et où l'on recueille les faits historiques. Cette institution a décliné comme la civilisation des Maures prise dans son ensemble; mais la zaoula, même à son apogée, correspond à l'état d'une société encore naissante : car les éléments distincts qui la composent tendent à s'isoler pour se développer davantage et plus librement, à mesure que le corps social grandit et déploie dans tous les sens une activité toujours croissante. La zaoula est fondée matériellement sur les produits de biens immeubles ou habous^ et sur les aumônes ou zekkat de la charité publique.
Les principales confréries que nous connaissons au Maroc sont celles de Moulê-Taleb, des Derkaoua, des Â1ssaoua,qui ont leur centre au Maroc même; puis celles de Sidi-AbdeI-Kader,quia son centre a Bagdad, et dcsTedjini, qui a le sien en Algérie, au ksar d'Aîn-Madlii.
(4) Au moyen âge^ près de la cathédrale^ se groupaient la maison de révoque, rUôtel-Dicu^ les maisons canoniales, l'école du cloître, divers tribunaux^ des archives, une hibliothôque. Ce faisceau n'a pas été détruit; il 8*est transformé, ses branches se sont divisées en grandissant. On peut comparer aussi les zaouïas les plus considérables au Mont-Cassin^ à Citeaux , à Cluny^ à Saint-Gall.
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trines profondément différentes dont elles sont l'expression. La religion catholique ne repousse ni ne détruit la nature elle la règle, Télève et la perfectionne. Toutes les analogies que nous découvrons entre le cathob'cisme et les autres religions viennent de cette double source : ou bien elles sont un plagiat du diable, ou elles résultent de ce que la vraie religion répond aux tendances naturelles et aux indestructibles instincts de Thumanité, sauf à en empêcher la corruption et la déviation.
Le fils de Sidi-el-Arbi n'a qu'un enfant mâle, malingre et scrofuleux. La mère de ce triste rejeton ne consent pas à le présenter au thebib ou médecin chrétien de Tanger. Peutêtre ne convient-il pas d'invoquer un tel secours pour celui que le Prophète doit garder comme la prunelle de son œil. C'est une aSiûre de conscience.
Les détails qu'on vient de lire sur le chérif d'Ouazzan justifient l'opinion commune que l'on a sur ses trésors. On les croit inmienses et ils seraient, à l'occasion, entre les mains du chérif, un puissant moyen d'action. Il peut disposer en un clin d'œil d'une nombreuse cavalerie, et le noyau qui sortirait d'Ouazzan ferait boule de neige dans l'empire. Il possède des munitions d'artillerie et deux pièces de campagne qui se transportent à dos de mule et reçoivent une livre de balles. On assure qu'il désire visiter la France. Il serait d'une bonne politique de l'amener à la réalisation de ce dessein. Hadj -Mohammed a usé en faveur de Sidi-Mohammed du principal privilège dont jouit le khalifa des khouan (le Moulè-Taleb : il lui appartient, nous l'avons dit, de reconnaître par une sorte d'investiture les chérifs qui arrivent au trùne et de dérimer moralement les difficultés qui éclatent presque toujours dans cette circonstance. .
i. Co?fFRÉRiE DES Derkaoua. — La conlréric des Derkaoua
vient en importance immédiatement après celle de Moulè- Taleb. Trè^-nombreux au Maroc, ils le sont encore en Algérie, surtout dans la province d'Oran. Moulé-Soliman (1795-1822) leur était affilié. Il est probable que d'autres membres de cette famille, qui revendique aujourd'hui des droits à l'empilif .ont pris les mêmes engagements. Le kbalifa ou grand maître de l'ordre est élu par les cheiks, comme ceux-ci par les frères, réunis en fondouks dans les districts électoraux.
Leur nom viendrait de Derka^ aujourd'hui Abd-es-Selam, bâtie sur une montagne au bord du Sebou, à trois jours de Fez et qui aurait servi de retraite à leur fondateur. On le fait dériver aussi de rekâa ou lambeau, parce qu'ils affectent un extérieur pauvre et revêtent des haiUons, au moins comme vêtements les plus apparents. On l'interprète enfin par derka^ qui signifie voiler, à cause du secret gardé par les firères sur les affaires de la congrégation.
On a dit que les élections sont fréquentes ou annuelles, d'après une autre opinion, les charges seraient conférées a vie. Le dignitaire qui mérite une destitution doit s'attendre i\ être assassiné par ordre du grand maître. II ne semble pas que le khalifa ait un centre permanent dans l'empire. Lt^s fi*t^n\H marchent ordinairement avec un bâton ferré a la umin ot portent au cou un gros chapelet. Ils aiment la morlillration ol la solitude. Ils professent ne reconnaître d'auliH^ autorité (|U0 celle de Dieu ni d'autre puissance tempoh^llo quo collo dont le but exclusif est la propagation de rinlauh K iH^ dernier titre, ik peuvent accepter la domiimlioiidtHli chérifs; mais leur principe est trop absolu pour ^^M IMlnliHi iMllmtnor souvent dans des luttes politiques. Us le tf^^VÉit^lU ail point de no nyiter que mentalement la seconde V| fi» \à foruuilo de foi : « Dieu est Dieu et Mahomet est
son prophète, » parce que Dieu seul a droit à dea hommages publics.
Les Dericaoua ont au service de leur &natiflne des dépôts d'armes cachés au Maroc et en Algérie : aussi ont-ils pris une part importante i plusieurs guerres et soulevé souvent des résistances aux Turcs en Algérie comme aux chérifs dans le Maroc (1). Ils paraissent n'avoir pas de relations suivies de Tune à l'autre de ces contrées, quoicpi'ils aient sans doute une même origine.
Leur histoire, du reste, est peu connue. On leur donne pour fondateur un Sidi Âli-el-Djemal, qui vivait, il y a plus d'un siècle, ou un grand marabout, nommé Moulè-Ed-Dris. Ib dirent ensuite pour chef Sidi-el-Arbi-el-Derkaoui, qui fat inhumé au Maroc dans le vUlage BourBerihj des Beni- Zenoual.
3. Confrérie des Aissaoua. — La confrérie des Alssaoua emprunte ce nom i son fondateur Sidi-Mohammed ben- Aissa, qui vivait sous le règne de Moulè-Ismael. Ben-Alssa était un pauvre de Méquinez, impuissant à procurer à sa famille de quoi subsister, mais plein de confiance en Dieu. Or, il arriva, pendant qu'il était en prière à la mosquée, qu'un inconnu apporta des aliments à sa maison , et renouvela ces provisions de jour en jour en surabondance. La femme d'Alssa, puisant de Teau pour des ablutions qui devaient précéder une solennelle action de grâces, retira de la citerne le seau rempli de sulianis d'or, et, la nuit suivante, Aîssa eut une vision où Dieu lui prescrivit d'établir une confrérie et lui en dicta la règle. Il eut bientôt acquis
(fj Outre les auteurs cités, voir De la domination turque dans r ancienne régence d Alger, par M. Walsin-Esterhazy^ pp. 204^ SS4. Paris, 1840.
eeDt disciples, et, pour les éprouver, il leur dit, le jour de la fête Ald-el-Kebir, où Ton immole des moutons, qu'il aHait les offrir eux-mêmes en sacrifice. Trente-huit lui restèrent fidèles et se déclarèrent prêts à subir la mort. Bientôt, en effet, ils virent couler de la maison de Sidi-Alssa dans la rue un ruisseau de sang; c'était sans nul doute celui de leurs frères entrés les premiers pour subir la mort. Tous y entrèrent successivement, et même un juif, frappé de la grâce, se convertit et demanda la mort. Moulé -Ismaêl apprit ce qui se passait et , comme il était jaloux de l'influence d'Alssa, fl aeriièta d'envoyer ses gardes le prendre, pour le punir de MK d'assassinats. Mais les gardes trouvèrent les quarante Alssaoua bien portants et occupés dans la cour de la maison i dépecer quarante moutons, les seules victimes dont le sang eût été répandu. Néanmoins Sidi-Alssa fut chassé de Méquinez et il alla s'établir à quelques lieues, à l'endroit désert nommé Hameria. Il n'eut qu'à frapper un olivier pour en faire sortir une soiu*ce abondante. Comme Moulê^IsmaMiivoulait l'exiler plus loin, il proposa au sultan de lui acheterMéquinez et ses environs. Ismaêl fixa le prix et vint à Hameria pour confondre et punir la présomption du marabout. Mais Sidi-ÂIssa secoua l'olivier sous lequel on s'était réuni et il en tomba une pluie de pièces d'or. Moulê- Ismaêl et ses courtisans furent tout heureux que le saint homme leur pardonnât et cassât lui-même le marché, a la condition que chaque année, à partir du 12 de Mouloud, les habitants de Méquinez seraient sept jours sans sortir de leurs maisons, excepté toutefois les Alssaoua. Le traité fut signé, et il subsiste; mais il ne gêne personne, attendu que tous les habitants ont embrassé la règle de l'ordre.
Sidi-Alssa, dont la légende tantôt gracieuse et tantôt grotesque formerait un volume, mourut à Hameria et il fut en-
terré dans la mosquée qu'il y avait fait construire. Ses disciples, nombreux au Maroc, sont aussi répandus en Algérie et dans la régence de Tunis. Os ne paraissent pas avoir joué un rôle politique comme les khouan d'autres confréries. Mais ils sont diarmeurs de serpents, sorciers, hafatter là guérir les morsures ou les piqûres venimeuses qui sont Éhns effet sur eux , au dire des musulmans. Ds mènent en laisse des lions aiBiquels Sidi-Alssa a enlevé leur férocité. Hs absorbent impunément les poisons de toute espèce : c'est là une récompense de la foi témoignée un jour à Sidi-Alssa par des disciples qui l'impatientaient en voyage à force de se plaindre de la faim; « Mangez du poison, » leur dit-il; et eux, prenant i la lettre la parole du maître , se rassasièrent de serpents et de scorpions, et ils n'en furent point incommodés.
Dans leurs fêtes, qui ont le privilège d'exciter vivement la curiosité des Européens, les Alssaoua se livrent à des danses et à des contorsions frénétiques , graduellement excités par le son des timbales, de la flûte en roseau et du tambourin. On dirait de ces scènes où les derviches orientaux arrivent à la catalepsie. Lorsque la fureur religieuse est à son paroxysme, les frères se mettent des charbons ardents sur la peau; ils se* font, avec des couteaux, des entailles aux bras et aux joues; ils dévorent des viandes crues; mâchent du bois, du fer; avalent de la terre et des pierres, et ils ne paraissent pas en souffrir. Cependant, si la plupart des Alssaoua que nous avons observés étaient d'une organisation naturellement robuste, ils étaient en même temps décharnés et épuisés par leurs exercices violents et des habitudes meurtrières.
C'est principalement sur les marchés, en présence de la foule, que les Aïssaoua, charmeurs de serpents, opèrent leurs
prodiges... Les spectateurs forment un cercle au inilieu duquel sont les enchanteurs et les paniers de roseau, envel(^pés de peaux de chèvres, qui renferment les i^Ules. On commence par invoquer Sidi-Alssa; les assistants suivent la prière en imitant les gestes desfirères; puis la musique se fiut entendre,etrun des Alssaoua, plongeant la main dans un panier, exhibe un gros serpent qu'il tient au milieu du corps; il Tirrite, lui présente son bras, son front, sa langue. Le sang de TAlssaoua coule sous les morsures répétées du reptile, et la foule frémit de terreur et d'admiration. Enfin les piécettes de billon pleuvent aux pieds des jongleurs.
M. Drummond-Hay dit qu'il a vu des Alssaoua faire ces exercices avec les serpents les plus venimeux : la haje ou buika^ dont la colère gonfle le col ; le céraste ou fe/foA, non moins redoutable. Quant à nous, il nous a été impossible de rien constater de semblable, même à force d'argent. Les serpents des Alssaoua n'étaientque des couleuvres, d'une espèce fort commune au bord des chots de l'Algérie, et dont nous avons vu les Arabes étrangers à l'ordre se faire maintes fois des ceintures ou des turbans, en nouant sur leur front ou sur l'estomac la tète du reptile avec sa queue. D est possible, du reste, que les démons se mêlent quelquefois, et dans une mesure que déterminent les théologiens, à ces fêtes d'Aïssaoua, d'un aspect vraiment diabolique. Mais il nous semble difficile de surprendre cette intervention avec certitude dans tel cas particulier.
Les danseuses aissaoua honorent spécialwent Lella Khamsia, qui donna, sous Moulê-Ismaêl, un gtànd exemple de foi. Ce prince avait préparé un repas où les poisons les plus actifs devaient donner la mort aux khouan. Ceux-ci prennent la fuite. Lella Khamsia leur reproche cette pusillanimité et les ramène; elle se présente au sultan d'un air de
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mépris et dévore les mets saturés de subtils venins. Les frères rimitent à Tinstant même, et tous digèrent avec une entière impunité.
4. CoNFRâUE DE Su>i âbd-el-Kader.— : Sidi Âbd-el-Kader el Djilali est un marabout de Bagdad, honoré par tous les musulmans et qui a de nombreuses koubas en Algérie, surtout dans la province d'Oran. Il compte aussi des khouan au Maroc, et là, comme dans tout le Magreb, les mendiants, dont un seul porte plus de guenilles que tous les gueux de Callot, les aveugles, les estropiés nous demandent l'aumône au nom de t;e marabout : « Tathini a laùiiedjh Sidi-Abd-el- KàdeTj Donnez-moi, par la face de Sidi Abd-el-Kader! » Hadj Abd-el-Kader ben Mahi-ed-Din fit le pèlerinage de Bagdad en 1828; il y eut une vision de Sidi Abd-el-Kader el Djilali, et reçut la mission qu'on lui reconnut en 1832, quand les chefs et les marabouts de la plaine d'Eghris le proclamèrent sultan.
5. CoNFRÉRUS DB Su>i Ahmbd-Tedjini. — La confrérie de Sidi Ahmed-Tedjini fut instituée au siècle dernier par ce marabout, dans le ksar d'Aln-Madhi , à la source de l'Oued- Djeddi et à Test du Djebel - Ahmour. L'influence de Sidi- Ahmed sur ses khouan porta ombrage aux Turcs d'Alger, qui vinrent mettre le siège devant Aln-Madhi ; mais les assiégés remportèrent sur eux une victoire que les khouan attribuèrent à la miraculeuse puissance du marabout; et la paix fut conclue avec les Turcs. Sidi-Ahmed, s étant plus tard retiré à Fez, y mourut en 1796, la première année du règne de Moulè-Soliman. Une belle kouba enrichie de lampes, de drapeaux, de voiles de soie, comme on en voit dans les principaux sanctuaires, protège son tombeau. La présence de Sidi-Ahmed à Fez avait d'abord excité la défiance du sultan et des gens de loi. Plusieurs
d'oitre ces derniers furent diargés de Gûre une visite ÉQ marabout et de découvrir le fond de ses pensées. Mais, â son aspect vénérable, ils ne purent s'empêcher de lui rendre de pîeux hommages, et le sultan lui-même se fit ensuite un devoir de l'honorer; il loi concéda des biens et bâtit sous son nom une mosquée.
Sidi -Ahmed eut pour successeur, comme khalifa de ses khouan , Sidi-Hadj-Ali de Temacin, qu'il avait désigné de son vivant. Hadj-Ali, mort en 4844, fut remplacé par Sidi Mohammed-Segher, fils d'Âhmed-Tedjini, et qui, après avoir perdu son père, était revenu de Fez à Aln-Madhi, sa patrie. Abd-el-Kader lui fit la guerre en 4838, pour lui enlever le ksar et en faire sa place d'armes et son refuge. Il pénétra dans Aln-Madhi, après huit mois de siège, et s'y installa, au mépris de la capitulation d'après laquelle il devait évacuer la ville au bout de cinq jours. L'émir s'aliéna ainsi les khouan de Tedjini, et il eut lieu de s'en repentir, en voyant, dans la suite, leurs dispositions favorables aux Français (4).
Sidi-Mohammed-Segher «Et tnort en 4853. D tie laissait pas d'enfant mâle; mais plusiemsde ses femmes étaient enceintes, et nous ne sommes pas en mesure de savoir, pour le moment, à qui le khalifat de l'ordre a été dévolu (2).
(4) M. Daumas, Le Sahara algérien, p. 32.
(2) Étant curé à Laghouat, eo 4853^ je visitai la zaouïa d*Aïn- Madhi. Mohammed-Segher venait de mourir. On me conduisit à son tombeau^ qui est à rentrée de la principale mosquée. Les tapis, les drapeaux^ les lampes, les étoffes de soie, les œufs d^autruche, une horloge à poids en forment la décoration. Je visitai aussi Tintérieur de la xaouïa, les chambres occupées peu auparavant par le défunt, sa bibliothèque, célèbre dans le Sahara, et qui se composait d'environ 410 manuscrits*
Les confirères sont noHibreux en ÂM, au Maroc» en Tunisie et dans le Sahara algérien. Os ooMptaient parmi eux l'avant - dernier bey de Tunis, qui a donné à la zaoula d'Aïn Ihdhi des preuves de sa piété et de sa muni* ficence.
A la prière du matin, ils disent cent fois de suite : « Dieu pardonne. » Puis cent fois : « 0 Dieu ! la prière sur notre seigneur Mohammed, qui a ouvert ce qui était fermé, qui a mis le sceau i ce qui a précédé, faisant triompher le droit par le droit. Il conduit dans une voie droite et- élevée. Sa puissance et son pouvoir magnifiques sont basés sur le droit. » Ensuite, cent fois la formule de foi : « 11 n y a de Dieu que Dieu; Mahomet est le prophète de Dieu. » k trois heures après midi, on dit trente fois la première invocation, cinquante fois la deuxième, cent fois la troisième. La prière du soir est la même que celle du matin.
Les gens d'Aln-lfeidhi sont tous khouan , et ils s'imposent certaines mortifications , comme de ne pas fumer : nous ne savons si c'est une prohibition absolue dans la confrérie.
ConcLUSiON. — Il existe encore d'autres khouan au Maroc; mais nous croyons avoir cité les confréries principales. On comprend de quelle importance il peut être pour une puissance conquérante d'en connaître l'existence, les chefs, les centres, les ressources de toute espèce, pour les surveiller, les dominer, les désorganiser, les opposer l'une à l'autre suivant les circonstances. Il n'est pas douteux qu'elles ne donnent à l'islamisme africain une grande force de résistance. Elles servent de liens à des peuplades qui, sans leur secours, ne pourraient pas se coaliser aisément pour agir avec ensemble. Du fond des zaouïas, les courriers partent avec le mot d'ordre et le propagent avec une étonnante ra-
pidité. n trouve partout des hommes prêts i le recevoir et à lui obéir jusqu'à la mort.
Les Africains ont-ils emprunté au christianisme l'organisation de ces confréries? De quelles corporations, de quels ordres religieux, militaires ou autres, se sont-ils inspirés? Questions insolubles, tant qu'on ne possédera pas sur les associations des khouan une plus grande somme de lumière historique. En tout cas, il y a d'immenses différences entre les corporations pieuses des deux religions, non-seulement sous le rapport moral, nous n'avons pas besoin de le dire, mais encore au point de vue de l'oi^nisation, et il est certain que les ordres et les confréries catholiques ont une origine antérieure à celle qu'on peut assigner aux khouan musulmans.
§ 4. — PBESCRIPTIONS aKLKlBDSBS DU PÈLEBINAGB; DU lUUUD DAMS SES EAPPOETS AYBG LE DIOIT DES GENS.
La religion mahométane, ou l'ùlam, se divise en deux parties : Viman ou la foi, et Ved-din ou la pratique de la religion.
La foi est implicitement renfermée dans la formule : « Dieu est Dieu, et Mahomet, son prophète. » Elle se développe par les six dogmes: — delà croyance en Dieu, aux anges, aux écritures, aux prophètes, à la résurrection et au jugwnent dernier, ou décret absolu de Dieu, prédéterminant au Men ou au mal. — La pratique ou la discipline embrasse quatre points : — la prière et les ablutions ou purifications préparatoires, l'aumône, le jeûne, le pèlerinage de la Mekke.
n n'est pas de notre dessein d'entrer dans des questions qui regardent le mahométisme en général (1). Aussi, Ton
(4) On peut consulter Harracci , Frodromus ad refutaiionem Àko-
ne touchera ici (jue deux points dans leur rapport particulier avec le Maroc : le pèlerinage de la Hddce , et la loi -du djehad, qui appartient au code politico-religieux plutôt qu'à la règle de la vie privée.
Quoiq[iie l'obligation d'accomplir une fois dans sa vie le pèlerinage de la Mekke soit imposée à tout musulman de condition libre et en âge de voyager, quoique ce pèlerinage de précepte divin et ceux même de surérogation doivent être préférera toute expédition de guerre qui n'a pas pour but le salut de la chose publique^ il est certain que la caravane des pèlerins du Maroc a diminué en nombre depuis notre établissement en Algérie. La rigueur de la loi trouve des tempéraments dans le pèlerinage par procuration et dans le chapitre assez élastique des impossibilités morales qui entraînent une dispense.
Les pèlerins qui, à leur retour, prennent le dtre vénéré de Hadj^ formaient autrefois deux puissantes. caravanes, dont l'une se dirigeait vers l'Egypte, parle Tell, en traversant les régences, et dont l'autre arrivait à Tripoli par le Djérid. Cette dimiière existe encore, assure-t-on; mais nous n'avoua fttaisoft^gard de renseignements précis. La première, qui étaitia plus importante, est aujourd'hui désorganisée, par suite de nos conquêtes d'Afrique. Elle partait de Fez tous les deux ou trois ans, et ordinairement sous la conduite d'un prince de la famille impériale. Elle entrait en Alg^e par Tlemcen et suivait sa route par Médéa, Blida et GMstantine. Mais dans le trajet, elle se ramifiait sur Oran et Alger, pour acheter des provisions, vendre
rani et Refutatio Akorani, Reland^ la Religion des Mahométans,».. fttec des éclaircissemerUs, etc. Sale, Introd. à la lecture du Coran trad . Solvet. Perron, Traité de jurisprudence musulmane , elc.
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et même qu'on le doit, s'il refuse d^embrasser Tislam ou de se smmiettre au tribut. L'obligation existe'Au moment que les croyants ont des chances de succès, et dabs aucun cas il ne peut y avoir entre eux et les infidëleâ une véritable paix, mais seulement une trêve. C'est en vertu de cette législation divine qu'ont eu lieu les pritHtives conquêtes des musulmans, et ensuite les agressiotô de lètit part contre les chrétiens, sur terffa'^u sur mer. II est vitti %e le d^ehad ou prosélytisme armé %é se produit plus, de nos jours, qu'en vue de conserver les terres conquises et de défendi^e l'islam menacé dans des guerres provoquées par des causes politiques, n est vrai encore queles modernes traités d'alliance et de commerce conclus entï^le Maroc et les puissances eiu'opéennes dérogent aux dispositions théologiques de la loi. Hais la théorie, le principe du djehad subsiste radicalement, et le Maroc est virtuellement en guerre avec tous les États chrétiens. S'il ne les attiii{ue pas, c'est uniquement par impuissance, n en résulte à nos yeux un droit corrélatif pour les nations chrétiennes : c'est qu'elles n'ont pas besoin d'un casus belli accidentel, pour faire la guerre au MaiM. La pohtique basée sur le moderne droit des gens Texigé, mais non pas la justice, non pas la conscience. Cela est vrai surtout du Maroc, parce que cet empire est le plus fanatique des empires musulmans et que son gouvernement se tient le plus en dehors du droit chrétien, qui ne reconnaît pas le djehad musulman et qui n'en a point établi au profit de TÉvanpile.
C'est eflectivement une grave erreur de croire que jamais l'Église ait commandé ou approuvé l'emploi de la force contre les nations ou les individus, uniquement en vue de les convertir, de les punir d'une erreur religieuse et d'étendre son propre règne. Elle n'a autorisé le bras séculier à frap-
per les indiyidus pour infidâité que par le motif de défendre Tunité chrétienne et nationale politiquement constituée; elle n'a prêché et encouragé de croisade que dans les cas où il s'agissait de repousser l'agression ou de reprendre aux musulmans le territoire violenunent et injustement enlevé par eux à la famille chrétienne, dont les membres étaient solidaires et confédérés avec autant de droit que les enfimts de l'islam. C'est ce que la cour de Rome répondit, en 1437, au roi de Portugal, Edouard P% lorsqu'il lui soumit ses scrupules au moment d'entreprendre sa malheureuse expédition contreTanger : « On ne peut légitimement déclarer la guerre à un peuple pour le seul fait de fausse religion; car les éléments, la terre, l'eau^ etc., ont été créés pour les hommes en général, sans distinction de croyance; mais il est permis de reprendre les terres conquises sur les chrétiens et de combattre des agresseurs. » Donc, à notre avis et en vertu de principes supérieurs aux conventions de la diplomatie moderne, l'ancienne Hispania transfretana peut être légitimement revendiquée par la famille chrétienne dont les droits sont imprescriptibles. Ds se lient à ceux de l'Église, qui ne reconnaît pas en droit la destruction des titres des anciennes églises particulières et confère, par exemple, le titre d'évêque de Maroc, m partibus infide- Ittim, en attendant que le siège soit de fait rétabli.
Voilà pourquoi nous voyons les papes , dans tous les temps, se mêler aux luttes de l'Espagne et du Portugal contre le Maroc, afin d'y soutenir la grande pensée des croisades qu'ils ont eu la gloire de conserver jusqu'au moment où le protestantisme obtint la destruction de l'unité européenne, par le traité de Westphalie, en 1648.
notre opinion, il est encore des raisons de droit naî motiveraient la destruction légitime de certains
gouvernements de l'islam par les forces européennes. Quand un peuple en est arrivé à l'état où se trouve celui du Maroc et lorsqu'il est impuissant à se lever luHnéme sous le joug qui le tient contre terre, n'est-il pas à notre égard comme un idiot ou un mineur tombé entre les mains de brigands et qu*on a le droit de sauver malgré lui ? Quand un peuple ou un gouvernement s'enferme dans un isolement systématique, retient inutilement ensevelis, dans le sein de son territoire, des biens pour lui superflus, mais nécessaires aux autres fractions de la race humaine qui en sollicitent l'échange, ne se met-il pas dans le cas d'être contraint par la force à donner ce qu'il refuse à la justice et à l'humanité? Ainsi fait le Maroc. Les musulmans ontgard^^ presque inculte, rendu presque irrémédiablement stérile, surtout par la destruction des forêts, une notable portion du globe comprise entre la Perse et le Maroc, entre les Balkans, le Liban et l'Atlas, n est un certain degré de barbarie dont les coU'séquences atteignent les peuples civilisés au point de justifier leur intervention armée sur le territoire des barbares et même une conquête de ce territoire.
Pour en revenir au djehad musulman , si la levée en masse rendue obligatoire par sa proclamation excepte les femmes, les enfants, les vieillards, les infirmes, les esclaves, lorsqu'il s'agit d'une guerre agressive ou de prosélytisme, elle appelle toute force et commande tout sacrifice en cas (l'une invasion de la terre sacrée de l'islam par les infidèles; nul n'est dispensé d'y contribuer de sa personne et de ses biens; à l'impossible seul, on ne se croit pas tenu. Toutefois les femmes ne seront pas emmenées en campagne, à moins qu'elles n'y soient en sécurité. Si les musulmans armés sont au moins dix mille, il leur est défendu de fuir l'ennemi, a moins que ce ne soit par tactique, l'ennemi
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Cest ■■fiiyiimim fw IVm oo^âlm les juSs comme en posswt4oo Je h npBgkin Ae Moise. Ib n'en conserrent ye des habeuix congelant nrlont ducs des pratiques parement csLtêfietires. Lenr relieion est beaucoup moins constituée par l'Ancien Testament que par le Talmud, ooo^ation souvent ignoble, ridicule ou atroce de supeffétalions tradîtioDoelles. dnes à la baine et à l'isnorance des rabbins. Un y trouTe aussi des pages poétiques et d'un grand style, calquées sur les livresde l'Ancien Testament. Tout ce qui regarde l'organisatioa des communautés juives, la foi, la morale, la liturgie, est réglé par le Talmud, dont les rabbins font l'application.
Les mellahs juifs du Haroc sont subdivisés par s}iuigogues. Elles sont petites, nombreuses et fréquentées avec exactitude. Le petit nombre de juifs, plus ou moins esprits forts, les marchands juifs étrangers qui en Europe n'y mettent pas le pied, se garderaient de donner ici le scandale de Tabstention. Les chrétiens y pénètrent sans difficulté, et nous y avons vu, à côté de cérémonies grotesques, des rites graves et d'un s>inboUsme élevé. Le culte se célètie dans les maisons, d'une manière patriarcale et
il. II, S5S.
sous des formes (juelquefois touchantes ; mais tl est impossible d'enteodie sans crispation de nerfs les prières déclamées par lies Jai& avec une voix plus désagréable que celle d aucun animal de la création.
D'après les anciens livres de la doctrine , les golms , c'est-à-dire tous les honunes qui n'ont pas le bonheur d'être juifs, sont considérés comme les Philistins et les gentils qui entouraient autrefois le peuple de Dieu, et tous les anathèmes et les malédictions portés contre ces derniers retombent sur les chrétiens et les musulmans. On pourrait donc en conscience les voler dans le commerce ou autrement, les exploiter par l'usure (1)^ en dilatant le sens de ces paroles du Deutéronome : A peregrino et advenâ exiges ; civem et propinquum repetendi non habebis debitum : « Vous exigerez la dette du voyageur et de l'étranger, mais non de vos concitoyens. » On peut faire aux goïms tout le mal que Ton voudra, dans la limite des intérêts personnels et de ceux du peuple de Dieu (S). Il s'ensuit qu'il y a chez les juifs du Maroc, comme en général chez ceux dont la croyance ne s'est pas modiûée au contact de la civilisation, deux morales différentes, l'une basée sur la charité et la solidarité envers les coreligionnaires, l'autre sur la haine envers les étrangers. Heureusement, il est peu d'hommes dont la naturese dépraveautant que leTalmud le permet; et déplus, les goims sont généralement protégés par les circonstances ou leur défiance personnelle.
i\) Vis-à-vis des Européens^ on ne dissimule pas le taux usurairc de 25 ou 30 pour 400 ; mais il va beaucoup plus haut dans les affaires oceulles.
ti) Cela explique, au moins autant que la charité mutuelle des juifs, les sacrifices qu'ils s'imposent parfois en Afrique pour sauver, si possi-
Les juifs Tenlevèrent à prix d'or du cimetière des musa mans ; et ceux-ci ayant voulu le reprendre au cîmetièred juifs, une pierre, tombée on ne sait d'où, se trouva po« sur la sépulture et y pesa d'un tel^oids qu'il fut itnpÔBsb de l'arracher.
Les Maures de la même ville forcèrent un autre vieti juif de demander au ciel la pluie qu'il refusût depuis fdt sieurs années à la terre aride et frappée de stérilité. En"^ les santons de Mahomet s'épuisaient en' invocations acoîMi pagnées du pieux tintamarre des hautbois et des tambour ils n'avaient rien obtenu. Le vieux juif pria^ la pluie tombi et il mourut le lendemain. Voilà la légende très-peu don de la synagogue marocaine au nord de l'empire.
Il nous reste à parler du christianisme ; mais qu'en din si ce n'est qu'en dehors des présidios espagnols, il n'a qu'un ombre d'existence ? La mission catholique, ainsi que noi l'avons rapporté(l), n'a plus qu'une seule chapelle à Tangei autrefois, elle avait des établissements dans les ports prin cipaux, puis à Maroc, à Fez et à Méquinez. Vers la fin d xviu^ siècle, les missionnaires furent internés à Larache ( à Tanger -, en 1822, ils furent contraints d'abandonner Li rache. Cette mission appartient aux franciscains d'Andi loUsie, connus sous le nom de diéguistes ; elle est sous I protection du gouvernement espagnol et relève directemei de la sacrée Congrégation de la Propagande. Le consuli de France donne 600 francs par an pour l'entretenir, et h autres consulats catholiques, sans doute, y contribuer aussi pour leur part. Le titre de préfet apostolique du Ma roc appartient à Tun des religieux missionnaires, qui résid à Séville ; il est représenté par le vice-préfet, chargé d
àessernr la chapelle de Tanger. Cette mission est de fait ikolimient détruite au Maroc par la guerre avec les EspagMb; elle se relèvera, nous l'espérons, quelle que soit fimm de cette guerre, et prendra un caractère plus digne de FEspigne, des puissances catholiques, de Tordre de saint Fnncob et de l'Église elle-qième.
H. Dmmmond-Hay, consul d'Angleterre à Tanger, est m même temps ministre protestant et agent des sociétés ttfiques. Nous ne pensons pas qu'il ait pour assesseur le Mf, colporteur protestant, qui répandit naguère au mellah fcîétouan, mais en vain, des bibles falsiûées, dues à l'inépoisible simplicité de la propagande de Londres.
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Si l'amour de la vérité nous oblige à parler ainsi du talmudisme, la justice, la reconnaissance même demandent que nous rendions hommage à l'esprit hospitalier de certaines maisons juives marocaines, où l'on est reçu avec bienveillance, peut-être avec un peu trop de curiosité; mais ceci n'est qu'un manque d'éducation facile à concevoir. Les juifs du Maroc savent d'ailleurs que s'ils sont protégés contre le retour des persécutions sanglantes dont ils furent souvent victimes, sous le règne des Chérifs, c'est par l'intérêt que leur portent les Européens et les puissances chrétiennes.
Indépendamment des superstitions nées du Talmud, les juifs et surtout les juives en ont emprunté beaucoup d'autres aux musulmans, et, sous ce rapport, la tête d'une vieille femmejuive est aussi bien meubléequecelle des vieilles mauresques. Les observances cérémonielles multipliées à l'infini sont généralement observées avec rigueur. Les consuls et tous les résidants européens qui ont des juifs à leur service ou des relations d'affaires avec ce peuple, sont extrêmement gênés par des prescriptions et des prohibitions de toute espèce, sans parler du repos judaïque du sabbat et des fêtes, interprété contre tout bon sens. La confession des fautes extérieures aux rabbins est en usage, et ils imposent des jeûnes sévères pour les infractions les plus insignifiantes et les plus involontaires. On reconnaît facilement les pharisiens dont Notre-Seigneur adit:« Ils inventent des fardeaux pesants, insupportables, et les mettent sur les épaules des
ble, d*une flétrissure judiciaire, ceux d'entre eux qui comparaissent de* van t les tribunaux. Beau clerk, Joumey /o ^farocco, p. Î81, ci le un exemple qui n'est pas unique .
autres ; quant à eux, ils ne les touchent même pas du doigt (i). »
Ces observations générales ne regardent pas assez exclusivement les juifs marocains pour nous arrêter davantage. D serait trop long, d'autre part, d'exposer les détails qu'ellescomportent.Voicipourtantun usage religieux signalé au Maroc par le capitaine Beauclerk et dont nous ne voyons pas de traces en d'autres pays : « Chaque année, les juifs choisissent parmi eux une jeune vierge et renferment pour quelques heures dans un coffre de bois, où elle attend la venue de l'Esprit divin. Ils espèrent qu'elle sera ensuite mire du Messie, objet de leurs constants désirs (2). »
Du point de vue chrétien, toutes les coutumes étranges, tous les usages insupportables des juifs sont autant de barrières qui les séparent des peuples et maintiennent jusqu'à la fin des temps leur nationalité, suivant les divines prophéties.
Chose digne de remarque : les juifs ne parlent plus de prophéties ni de miracles au sein de leur religion. Que ne recherchent-ils pourquoi la source de ces faits surnaturels est maintenant tarie? Il ne m'a été donné de recueillir qu'une ou deux vagues légendes dépourvues d'authenticité et même de bon sens. On cite un juif deTétouan qui, ayant embrassé l'islamisme, s'empoisonna en signe de repentir.
(4) Alliganl onera gravia et importabilia, et imponunl ia humeros homiDum; digito autem suo noliint ea movere.
ii) DiiriDg ihis lime, ajoute le capitaine, she is carefuUy walched for fear Ihat her lively imagination might tcmpt her to salisfy llic hoî-es of Ihe Jewish tribc at ihe expenw of her réputation. Jouimcy to
Les juifs Tenlevèrent à prix d'or du cimetière des musulmans ; et ceux-ci ayant voulu le reprendre au cimetière des juifs, une pierre, tombée on ne sait d'où, se trouva posée sur la sépulture et y pesa d'un tel )poids qu'il fut impossible de l'arracher.
Les Maures de la même ville forcèrent un autre vieux juif de demander au ciel la pluie qu'il refusait depuis plusieurs années à la terre aride et frappée de stérilité. En vain les santons de Mahomet s'épuisaient en invocations accompagnées du pieux tintamarre des hautbois et des tambours, ils n'avaient rien obtenu. Le vieux juif pria^ la pluie tomba, et il mourut le lendemain. Voilà la légende très-peu dorée de la synagogue marocaine au nord de l'empire.
n nous reste à parler du christianisme ; mais qu'en dire, si ce n'est qu'endehors des présidios espagnols, il n'a qu'une ombre d'existence ? La mission catholique, ainsi que nous l'avons rapporté(l), n'a plus qu'une seule chapelle à Tanger; autrefois, elle avait des établissements dans les ports principaux, puis à Maroc, à Fez et à Méquinez. Vers la fln du xvui*' siècle, les missionnaires furent internés à Larache et à Tanger ; en 1822, ils furent contraints d'abandonner Larache. Cette mission appartient aux franciscains d'Ândalotisie, connus sous le nom de diéguistes ; elle est sous la protection du gouvernement espagnol et relève directement de la sacrée Congrégation de la Propagande. Le consulat de France donne 600 francs par an pour l'entretenir, et les autres consulats catholiques, sans doute, y contribuent aussi pour leur part. Le titre de préfet apostolique du Maroc appartient à l'un des religieux missionnaires, qui réside à Séville ; il est représenté par le vice-préfet, chargé de
desservir la chapelle de Tanger. Cette mission est de fait absolument détruite au Maroc par la guerre avec les Espagnols ; elle se relèvera, nous Tespérons, quelle que soit rissue de cette guerre, et prendra un caractère plus digne de TEspagne, des puissances catholiques, de l'ordre de saint François et de l'Église elle-ipême.
M. Dnimmond-Hay, consul d'Angleterre à Tanger, est en même temps ministre protestant et agent des sociétés bibliques. Nous ne pensons pas qu'il ait pour assesseur le Juif, colporteur protestant, qui répandit naguère au mellah de Tétouan, mais en vain, des bibles falsifiées, dues à l'inépuisable simplicité de la propagande de Londres.