CHAPITRE XI
PROBUITS HATUIIELS.
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n est certain que le Maroc est un pays favorisé de la nature et l'un des mieux partagés du monde pour les produits des trois règnes. Mais ses richesses demeurent en grande partie inconnues, inutiles et enfouies. L'ignorance et Tin* dolence des habitants et plus encore rimbécillité d'un gôu* Tcmement qui craint de voir ses sujets arriver au bien-être et attirer le commerce européen, telles sont les principales causes qui empêchent l'exploitation et le développement des trésors d'un pays que Dieu créa si riche et que les hommes rendent si pauvre.
§ 4«'. — BÈGNE nVÉRAL.
C'est un peu par présomption que Ton croit le Maroc ep possession d'immenses richesses minéralogiques *: mats cette présomption a pour bases des indices qui ne manquent pas de gravité.
L'or se trouve sur plusieurs points, disséminé, en pail-
lettesouen grains, uni au quartz, aa s|mi&
Il étincelle au Sous dans le lit des rméfcsv cC r<
présence i Idaultity dans rOued-^ioaa, et Boa loîa it Tm-
makert.
L'Oued-Noon a des mines d'ai^ent^ et 1» ^dm et Ârtmeamez en recèlent aosa dans b entre Tedla et Tafilet, non loin des nmcs it roiiifai^ dont les murs étaient de pièces de k» fiées avec du plitre (1). On assure que M. Tingénieiir aagiai^ "? * reconnu, près de Tétouan, du plomb aigeiitifae et de Targent non loin de Tanger.
Les gisements de cuirre sont nombreux et abondants an Kbaouan, i TnekfU qui est Toisîne d'Uaultit^ aa notd de Taroudant et dans j^usîeurs autres endroits du Soos, dans le Djebri-Emsfioua, an kranl de Maroc.
En 1846, raTant-demîer sultan, Abd-er-Babman, avait concède au sîeor Bou-Derba, Algérien maintenant fixé i Tètouan^ une mine de cuirre décoorerte non km de cette ville. L exploitation fut entreprise^ mais assez mal dir^ée. Bou-Derba comprit qu'il serait de son intérêts comme de Imtérèt général, de céder son privilège à une compagnie, et il résolut de traiter avec une compagnie firançaise. Mais il avait compté sans le sultan qui aima mieux racheter 40,000 irancs |le privilège de Bou-Derba etabandonner la mine que de laisser pénétrer au Maroc Tindustrie de flrançais.
Dans le Sous, on exploite une mine des plus fécondes et qpâ foomit a T^npire presque toute sa vaisselle de cuivre. On t ^s<^l^ d'embarquer de ce minerai comme lest, avec refcpoir que les autorités marocaines fermeraient les yeux
(I) MânMi»l>li^ IV, ch. 4 1 9, p. 306.
sur ce commerce déguisé; mais on se trompait : le lest dé minerai de cuivre fut prohibé.
Le fer est extrêmement commun dans l'Atlas. On le trouve surtout mêlé à l'argile et réniforme. H se rencontre encore à Tétat natif, en gros morceaux et eh branches, particulièrement dans la province d'Abda où s'élève le Djebel'Hadid ou montagne de fer. On n'exploite le fer que dans des contrées presque indépendantes. Un riche Maure de Tanger, Mohammed Mustapha Ducaly, qui a visité Paris et Londres en, 1845, avait demandé la concession des mines de fer de Ziaîda, reconnues excellentes par M. Riley. Il offrait de céder le quart du produit. Mais ces mines, situées entre Rabat. et Casablanca, auraient pu exciter la convoitise des Européens. La demande fut rejetée et Ziatda demeure inexploité. .
L'antimoine et la galène antimoniale, nommée par les Arabes elrkoheul, sont une dés richesses minéràlegiques de l'empire. Juives et Mauresques abusent de la poudre d'antimoine, comme au temps de Jézabel, pour corrompre le regard (1) .On sait, du reste, que cet élément de la toilette orientale subsiste dans tout l'Orient depuis la haute antiquité. L'antimoine abonde dans les montagnes de Tedla. Mustapha Ducaly avait obtenu d'en exploiter une mine située au Djebel-And-^ jera, près de Ceuta. L'entreprise échoua deux fois avec
(4) Jezabel depinxit oculos suos stibio et ornavit caput suum et respexit per feoestram. Rois, IV, ch. 9. — Les femmes, et même beaucoup d'hommes» se teignent le bord des paupières et les cils avec le kobeul» qui est' aussi un médicament tonique. Un petit bÀton^ nommé miroued, de bois poli ou d*ivoire» sert à passer entre les paupières closes la substance grasse et noirâtre^ composée de poudre d'antimoine délayée dans Teau ou quelque matière visqueuse, comme Teau de rose ou une huile aromatique.
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