‹ Description et histoire du MarocChapitre 28 sur 50 · POIDS ET MESURES; LIEUX DE VENTE; COMMUNKLITIONS · texte numérisé non relu

POIDS ET MESURES; LIEUX DE VENTE; COMMUNKLITIONS

Poms. — Le cantar ou quintal commun du Magreb est

i\) SiJicchio di Marocco, p. 92.

de 100 livres du pays, qui égalent H2 livres anglaises, 45,346 kilogrammes, ou 145 livres de Livoume. À Mogador, il s'élève à 118 livres anglaises, 47,775 kilogrammes ou 153,66 livres de Livoume. On distingue de plus le caniàv dit kintar-el-rAroub, qui est des trois quarts du quintal et pèse 75 livres; puis le grand cantar qui pèse à Safi 125 livres et 150 à Rs^at. La livre se divise aussi en grande livre de 28 onces et en petite de 16 (1).

Mesures. — Le mou^d ou almqud^ en usage pour mesurer les grains dans les ports du Maroc, contient 14,287 litres; il égale à peu près la miim de Gènes et dépare un peu le cinqùiètne du sac de Livoume. Quat<;e almouds font un sahh. L'almoud se divise par moitié et par quart. On se sert encore de la fanègue d'Espagne et de ses divisions. Elle vaut à Madrid 56,3510 litres et aux Canaries 62,6110. La houla est la mesure de capacité pour l'huile, elle égale 15,156 millimètres cubes. La mesjire de longueur est le dftraa ou co^udée, qui correspond à peu près à 5,51 décimètres.

Lieux de vente. — Les marchands et ouvriers voués à la même branche d'industrie et de commerce habitent ordinairement la même rue dans les villes du Maroc. Cette division est celle que l'on suivait aussi en Europe et qui est conservée encore chez plusieurs peuples chrétiens, comme dans tout l'Orient.

Les boutiques et magasins ressemblent à ceux de l'Algérie et du Levant : espèces d'échoppes fort étroites, précédées d'un mur à hauteur d'appui, que le marchand escalade et sur lequel ou près duquel il s assied, les jambes croisées, fumant sa pipe; il accueille avec beaucoup de calme et

(4) Graberg, p. 465.

— MSd'indifférence le client qui vient acheter sa marchandise. Outre les boutiques partagées parrueset quartiers, ilyaaussi les fondouks, gràndsl)azars où Ton réunit diverses branches de commerce. Ordinairement ces édifices sont à deux étages etde forme carrée ; les magasins s'ouvrent à Tintérieur sous des galeries propices à la circulation des acheteurs. La vente à la criée dans les rues est aussi eh usage. Indépendamment des marchés de la ville, on doit remarquer ceux qui se tiennent dans lès campagnes et quelquefois en des endroits où il n'y a pas d'hâtants. Auxjours démarché, Ton s'y rassemble de toutes pSts, et souvent vous seriez étonné de voir une si grande multitude réunie comme par enchantement là où règne habituellement lé silence du désert. Ces points, nommés souk, sont en général d'une réelle importance politique et stratégique. Us sont sur les confins de plusieurs tribus ou de fractions de tribus. Des chemins nombreux y aboutissent, n y a de Teau à proximité. Parfois on y trouve des ruines d'anciebnes villes, sur remplacement des(][uelles on a continué de se réunir après leur destruction et dont le nom même estoublié. Il est donc utile de se rendre maître des souks dans le cas d'une conquête : c'est un moyen de jeter une perturbation profonde dans le pays, de dissoudre ses relations, si on empêthe l'accès de ces lieux, et c'est uri moyen de le dominer quand on le réorganise après la conquête.

Communications. — Le cours des fleuves du Maroc n'est pas assez connu pour que Ton puisse dire jusqu'à quel point ils offrent des ressources à la navigation. Plusieurs sont navigablesdurant une partie de l'année et dans quelques parties de leur cours ; mais l'avenir seul donnera sur cette question les renseignements nécessaires. Quatre de cca fleuves sont comparésauChélif pour leur développement: l'Oued-Draa, la

ho

Tensift, le Ziz et la Mouloula. Mais le Ziz pourrait bien ressembler à notre Oued-Djeddi, marqué sur les cartes d'un trait si noir et qui Test plutôt sur le terrain par des sableis humides que par des eaux courantes. La Mouloula garde peu d'eau pendant Tété, ce qui lui vaut le surnom àeSahr-belama ou rivière sans eau. D'après les récits des voyageurs, les oueds les plus considérables ont des passages guéables à certains moments. Il est à craindre que la navigation n'y soit empêchée par les courants torrentueux et violents à la saison des pluies, par les rochers dont leur lit est semé, comme par le manque d'eau durant les sécheresses. M. Renou dit, en parlant du lac Ed-Debaîa, traversé par l'Oued- Draaau moment où son cours tourne à l'ouest : « Oh conçoit combien doit difTérer du Sahara le pays de Guezoula, qui présente à son extrémité méridionale un laô d'eau douce aussi grand que le lac Ed-Debaîa , qui renferme des poissons et sur lequel les habitants navigueïit (1). Mais il. parait <}ue ce lac est formé accidentellement par les inondations du fleuve et qu'on y laboure après la retraite des eaux. Pline indique àla vérité plusieurs fleuves navigables en Tin- ' gitane, le Subur^ le Laud^ le Tamuda^ la Malvana (2). Mais en admettant qu'ils le fussent réellement au premier siècle, il ne s'ensuivrait pas qu'ils le sont aujourd'hui. Car tout

* (4) Description du Maroc, p. 380. Les cours d'eau saharienè, même très petits, ne sont pas toujours prives de poissons. Il y en a dans rOued«Mzi, qui arrose Toasis de Laghouat et se perd au pied de ses palmiers.

(S) Fluraen Tamuda navigabile^ quondam et oppidum. Flumen Laud et ipsum navigiorum capax... Malvana fluvius navigabilis... At in ora à Liio quinquagenta M amnis subur^ praeter Benasam coloniam defluens, magnificuB et navigabilis. Pline, Hist, nat.^ liv. V, eh. 4 et *. Ed. Panckouke, p. 5 et 45. Shaw, t. H, p. 49 et 53> aux notes.

porte à croire que la somme et la régularité des eaux couvrantes oiit diminué dans ces contrées. C'est la conséquence naturelle de la destruction graduelle des forêts que Ton brûle continuellement et qui sont remplacées tout au plus par des broussailles. Ce déboisement explique aussi la disparition des éléphants dont Pline attestait la présence et qui ne peuvent vivre là où manquent les grandes eaux et la haute végétation (1).

Les communications par terre rencontrent les mêmes difficultés que dans le reste de TAfrique septentrionale où la civilisation européenne n'a pas encore pénétré, difficultés aggravées par le caractère montagneux du pays. Si ce n'est aux abords de quelques villes, on ne, prend aucun soin des chemins et l'on ne Construit pas de ponts sur les rivières. Encore le pavage ou l'empierrement des chemins est-il exécuté alors sur une si petite échelle qu'il est à peine digne d'être mentionné. On a vu qu'il existe un certain nombre de pontsradeaux, flottants sur des outres. Mais, en général, on passe les rivières à gué, et si par hasard elles se trouvent enflées par. un orage, on attend patiemment sur le bord que la crue disparaisse. Les chemins, tracés uniquement par le passage des hommes et des animaux, vont aussi directement au but que les escarpements et la nature du terrain le permettent. Souvent ce ne sont que d'étroits sentiers où il faut soutenir les mules chargées, parfois même enlever le cliarçement qui s'accroche à droite et à gauche aux broussailles ou aux aspérités des roches étranglant le pas-

(I) Ipsa provincia (Autololum) ab oriente moDtuosa fort Clcphantos. In Abyla quoque monte et quos Seplem Fratres a simili aliitudiue appellant... Oppidum Sala... jam solitudinibus vicinum clephantorumque gregibus infcstimi, mullo taraen Autololum gcnte, per quam iler est ad moatem Afticss vel fabulosissimum Atlantem.

sage. D ne yîent pas à la pensée du gouyernement qu'il serait peut-être bon de créer des routes ou d'améliorer les chemins. Cependant il est aisé de comprendre qu'un tel état de choses favorise les mouvements insurrectionnels et en rend la répression lente etdifficile. Sans doute, en cas d'invasion, une armée étrangère rencontre les mêmes obstacles; mais cette considération, si rarement applicable, n'est pour rien dans une négligence qui a d'ailleurs pour résultat certain d'affaiblir l'unité politique intérieure et d'arrêter le développement commercial de l'empire.

Il y a diverses manières de voyager. On voyage par kafla, cafila des Espagnols ou caravane marchande, et par nedja^ caravane de la tribu en mouvement. La nedja au Maroc n'effectue que des mouvements assez restreints dans les terres de parcours qui appartiennent aux tribus bédouines. Elle descend dans les plaines aux approches de Thiver et retourne à la montagne au printemps, quand le soleil commence à dessécher la plaine et les pâturages. En dehors dç ce va-étvient, elle n'exécute que des mouvements secondaires accidentellement déterminés par des hostilités entre les tribus, par le souffle prolongé de vents insalubres, par la multiplication excessive des insectes qui rendent insupjportable le séjour de la tente ou du gourbi et forcent le douar à se débarrasser d'eux par l'émigration , par le changement de place. Lorsqu'on parle de tribu nomade, au Maroc comme en Algérie, on ne doit donc pas entendre une peuplade toujours en marche, sans but déterminé ou voyageant à de grandes distances.

La kafla, ou caravane marchande, s'entend des grandes caravanes qui exécutent de lointains voyages, et des troupes de marchands qui s'associent pour aller d'une ville à une autre et aux marchés du voisinage. Nous ne voulons décrire

ni la grande canmme ni la tribu en mouvement; d'autres ont dit Toi^^anisation et la marche de ces associations voyageuses, les incidents qui rompent la monotonie de la route, les périls, la poésie dq^ traversées du désert. Il est facile aux Algériens qui ont suivi les convois de ravitaillement dans le sud ou les tribus errantes du Zab, des Ouled-Nalls, des Hameian ou des Ouled-Sidi -Cheikh, d'imaginer le caractère de la nuirche et du campement dans les circonstances ordinaires. Quand une fois on l'a vue, on ji'oublie jamais cette procession, tantôt silencieuse et tantôt bruyante; troublée par la chute ou la fuite dés chameaux ombrageux, animée par le cavalier qui improvise une fantasia , par la gazelle qui détale à l'approche du bruit ou par le lièvre que blesse le bâton adroitement lancé du chamelier; bercée par un chant rêveur, rhythmé au pas du cheval et mille fois répété; endormie sous l'influence d'un soleil de plomb; resserrée et embarrassée dans les ténia des montagnes, développée dans les plaines et s'avançant de loin comme une vague lente et majestueuse, selon l'expression de TÉcriture : Inundatio camelorum operiet te. (Isale, 60.)

Les petites troupes de marchands qui vont d'une ville à une autre, les jours de marché, se forment spontanément. On se trouve réuni sur la place publique ou sur le souk, au point de départ, le matin, avant l'ouverture des portes de la ville, ou au milieu du jour, après le marché. On s'enquiert de ceux qui doivent faire la même route et Ton s'unit à eux, de manière que la sécurité commune se trouve garantie par le nombre des voyageurs. Les Bédouins d'une même tribu, les Berbères d'une même kaftïtoou village, les juifs du même mellah marchent ainsi ensemble ou par groupes, à peu de distance l'un de l'autre, et s'adjoignent volontiers les voyageurs qui ont à suivre la même direction»

Le voyageur chrétien au Maroc pourrait peut-être s'entendre avec les juifs et pénétrer ainsi à Tintérieur sous leur costumé et dans leur compagnie. Nous ne savons toutefois s'il ne rencontrerait pas d'obstacle dans l'opposition ou la désapprobation des consuls et la crainte que les juifs éprouveraient de se compromettre par cette dissimulation. Toujours est-il que le chrétien voit d'incroyables barrières lui fermer le passage, pour peu qu'il veuille avancer vers le centre de Tempire. Le traité anglais de 1856-57 garantit aux sujets de la Grande-Bretagne la faculté de voyager où ils voudront, faculté implicitement renfermée dans la liberté accordée aux marchands de s'établir également où il leur plaira (I) ; mais ces permissions sont en réalité illusoires, parce que le gouvernement marocain laisse au voyageur chrétien le soin de pourvoir à sa propre sécurité. Celui-ci doit donc payer une escorte qui lui impose une dépense exorbitante (2). Cette escorte n'offrant d'ailleurs qu'une incomplète garantie contre les accidents qui peuvent survenir en route, soit par la faute du voyageur, soit par le fana-

(^) His Sherifian Majesly engages Ihat they shall bave a free and undoubled right to Iravel and to réside in the lerritories and dominions of Hissaid Majcsty. fArt.4 du traité général.) Alljbrilish subjecls and nierchants who may wish to réside in any part of the dominions of the sultan of Morocco shall hâve perfcct security for Iheir own per- SQus and propcrty. (Art. 5.) C'est un progrès sur le traité français de 4767, auquel nous en sommes restés; car il n'est queslion de résidence pour les consuls français que dans les ports de l'empire. (Art. 14 de ce traité . )

(2) Il est d'usage de donner vingt francs à un soldat d'escorte pour le voyage de Tanger à Tétouan. Les frais de cette journée de marche s'élèvent aisément à une cinquantaine de francs. Le court voyage à Fez depuis Tanger demande six ou huit cents francs, pour peu que ron séjourne dans cette capitale.

— Mutisme des Maures, les consuls détournent plutôt leurs nationaux de s'engager à ^'intérieur ^'ils ne les y invitent. Ils craignent de s'attirer des ennuis, d'accroître leur responsabilité; et peut-être aussi quelques-uns préfèrent-ils laisser ensevelis dans le mystère le pays et les affaires dont ils ont la clef. ]Le touriste au Maroc se contente donc le plus souvent d'aller de Tanger à Tétouan, de Tanger a Arzilla, àLarache, à Alcasar-Kebir. On dit que l'on peut aller aisément de Mogador à Maroc. Quoi qu'il en soit, l'état de choses actuel est insupportable. En bonne justice, le gouvernement marocain est obligé de maintenir la sécurité des routes ou de pourvoir, à ses frais , à la protection individuelle des étrangers. Il faudrait donc que les dépenses d'escorte et de protection fussent A la charge des pachas. Autrement, la liberté stipulée dans les conventions est un mensonge, et le gouvernement marocain ne se sent nullement porté à en faire une vérité. C'est à lui et non à nous que revient l'obligation de payer son incurie ou son impuissance à exécuter ses engagements.

Les communications par lettres entre les provinces ont lieu au moyen de courriers ou facteurs, rekkàs^ qui parcourent à pied dé dix à quinze lieues par jour et reprennent la marche après quelques heures de sommeil sur la terre nue. On dit qu au Maroc, comme en Algérie, pour ne pas dormir trop longtemps , ils s'attachent quehjuefois au pied un bout de corde auquel ils mettent le feu. La chaleur les réveille au moment qu'ils ont fixé par la longueur de la corde.

Les passages les plus dangereux des chemins de l'empire sont gardés dans beaucoup de provinces par des gens d'armes nommés nzeils ; les cavaliers et les piétons ne payent rien en passant; mais chaque bête de somme chargée doit au poste un blanquillo ou un demi-blanquillo, selon que le

fea est réputé plus oa mcmis redoatable et selon l'éloignément des douars.

Les provinces pourvues de ces gardes sont re^K)nsables des crimes qui se commettent sur leur territoire. Lé droit de péage perçu par les nzells sert à leur entretien, et le reste forme une caisse pour les amendes et les restitutions. Si la caisse ne suffit pas, la province est obligée de s'imposer.

On imaginerait difficilement le plaisir et le sentiment de sécurité que le voyageur éprouve en arrivant à un poste de nzeîls. Nous chevauchons dans un défilé profond et sombre. La nuit descend sur les solitudes qui nous environnent de toutes parts. L'àme s'inquiète vaguement, je ne sais de quoi. Le bruit du serpent qui se glisse dans Therbe, un lointain rugissement de bète féroce, la chute d'une feuille augmente son trouble. Haletante, elle désire la présence de Thomme et la redoute. Là-bas, au fond de cette goi^e, quels sont ces hommes en groupe sous un olivier ? sont-ce des brigands? Les fusils qui brillent, les burnous cales, les barbes incultes, les figures qui ne disent rien de bon le feraient croire au premier instant. Rassurons-nous ; car nos guides embrassent ces nzeîls et l'on échange des selamalecs et des ouachalecs d'une tendresse inexprimable. Étendus sur la natte d'alfa , au pied du tronc noueux et sous les pâles rameaux de l'antique olivier, nous savourons les fruits que nous offrent ces bonnes gens. Il nous faudra passer la nuit là, car on ne voyage pas après le coucher du soleil : le brigand d'Afrique est comme la bête sauvage : il rôde et fait ses coups la nuit : Fada est nox ; in ipsâ pertransibunt omnts bestiœ sylvœ, (Psaume 103.)

Avant la guerre actuelle, et d'après les conventions entre le Maroc et l'Espagne, un Européen ne pouvait se rendre de l'intérieur de l'empire aux présidios, sans une autorisation

formelle du sultan. C'est une des luisons pour lesquelles on connaissait assez peu le théâtre où Tarmée espagnole opère à cette heure (1).

(I) Je n*ai obtenaqu*ayeç pelne^ eii 4838, de Moharomed-el-Rhetib» ministre des affaires étrangères du Maroc , un l^isser-passer de Tétouan pour Ceuta; encore les montagnards du Djebel-Andjera tinrent-ils peu de compte de cette permission. Je fus arrêté et gardé à vue jusqu'à ce que le caïd de la montagne eût reçu le courrier que je lui expédiai et donné Tordre de me laisser en liberté.

•CIE3ICCS CT AMTSl

Fuier de iHat des sôences et des arts diez on peuple, c'est loucher un des côtés prindpuix de la civilisation. Si en cottsîdêFnit le Maroc sous le rapport du gouvemeineDt Ton T recomialt les traits de la barbarie, à travers les restes d'une organisation qui ne manqua pas toujours de puissance ni de grandeur, la décadence n'apparaît pas moins profonde, quand on recherche le degré de culture des esprits, dans le même empire. Nous craignons que les arabomanes n'aient singulièrement exagère le progrès des lumières, sous le règne du coran. dans l'ouest de l'Afrique. Retranchez ce que les Maures doivent aux Juifs, aux Grecs et aux Wisigoths , que leur restera-t-il ? Sauf quelques esprits d'élite, la population à aucune époque ne s'élève sensiblement au-dessus du niveau de ce que l'on appelle la barbarie ^1). Le cercle

(I } Noos ne parions pas ici de TOrient, des écoles d'Egypte et de Bagdad. Des traTaux récents, et entre autres ceux de MM. Sédillot, attribuent aux Arabes de grands progrès dans plusieurs branches de

des hommes instruite va maiatënant se resserrant de plus en plus, et rinstraction JÏjdsi (pïime ail&ire de mémoire et de tradition, frappée d'une irrémédiable Stérilité.

Éliminons d'abord les montagnards Berbères et les Bé<^ douins, dont un petit nombre seulement apprennent à life et à écrire, et suivons la série des études parcourue plutôt par les Maures et les habitants des Villes. Les écoles élémen* taires où Pon enseigne à lire et à écrire se noniment de là messid ou mektib, et encore djema, quand elles sont attenantes à une mosquée. Ofi en trouve un assez grand nombre, même dans les campagnes. D y eh a quelques-unes pour leiJ petites filles. Les garçons viennent à l'école vers l'âge de six ans. L'éducation y est gratuite ou du moins les pauvres ne la payent pas, et les riches donnent de une à deux mouzouna ou de 7 à 15 centimes par semaine : elle vaut ce qu'elle coûte : « Des versets du coran sont écrits sur de petites planches où l'on apprend à lire aux enfants. On leur yt répéter la même leçon jusqu'à satiété : il faut non-seu<* lement qu'ils les lisent couramment, mais qu'ils les retiennent par cœur. Quand ils les savent on les leur fait copier. Qu'on se figure un troupeau de bambins nus ou couverts de guenilles, assis pêle-mêle dans una salle obscure et fétide , on vieux magister en robe sale et eh turban froissé accroupi sur une table comme le grand Mogol sur son trône, tenant pour scq)tre une formidable verge, et passant ses doigts décharnés dans une barbe hérissée, verdàtre, et l'on aura l'idée des aménités scolastiques du Maroq. Les malla science, et ils s'appuycnt sur un appareil d'érudition imposant. Nous ipnorons si le contrôle des savants confirmera définitivement leurs conclusions. Mais l'appréciation générale que nous venons d'énoncer sera expliquée et motivée dans Tbistoire du Maroc.

heureux captifs entassés dans cet antre répètent en chœur jusqu'à extinction les versets du Uvre saint. A chaque faute le pédagogue lés reprend avec dureté, si même il ne fait intervenir la férule (1). » Ajoutons à ce tableau d'une couleur un peu forcée qile le3 enfants lisent en chantant et en se balançant d'avant en arrière : c'est sans doute afin d'éviter le sommeil. La longue baguette du maître avertit celui qui cesse de se bercer et de psalmodier. H n'est pas rare de rencontrer au Maroc des jeunes gens qui ont appris le coran tout entier par cœur. Il ne s'ensuit pas qu'ils sachent lire couramment; ils n'ont fait qu'apprendre Fun après l'autre lès fragments écrits par le maître sur la planchette. C'est en copiant ces fragments sur l'enduit blanc de la planchette que l'élève finit par savoir écrire. Il s'exerce ensuite sur le papier. A la première vue, les manuscrits magrebinssemblenttrès beaux, et l'on estémerveillé de voir une écriture si r^ulière et si belle, tracée sans le secours, d'un pupitre, sur la main gauche ou sur le genou, avecle calamy qui n'est qu'une paille, un petit roseau ou une ^pinède palmier. Mais l'arabisant ^'aperçoit bientôt d'une confusion fréquente de lettres, de points et d'accents, imperfections orthographiques qui, jointes à la rareté des livres et à la corruption de la langue, achèvent de ruiner ioute science et de rendre presque impossible l'acquisition des connaissances autrefois communes dans les hautes écoles du Maroc.

Au sortir du me$$iby l'étudiant peut entrer à l'école supérieure Qu mder$a^ établie dans leszaouîaet près des mosquées principales. Panpi ces écoles on distingue celle de Fez, la plus complètement organisée en forme d'université. C'est la maison de la science, Dar-el-Àlem^ par excellence. Là on

(1) Didier, Ptùmenade au Mttrocy p. 95.

suit les leçons de professeurs rétribués et qui enseignent la grammttre, la théologie, la logi(}ue, la rhétorique, la poésie, Tarithmétique, la géométrie, Tastrologie et la médecine. Suivant le degré de science qu'on y acquiert, on devient ihaleby /kt'A, diem, comme qui dirait savant, juriste, docteur (!)•

Bien qu'on enseigne l'arabe coranique ou pur dans les classes de- grammaire, les livres et la langue arabe du Hagreben diffèrent sensiblement. Cette dernière aurait besoin d'ètré connue en Europe par un dictionnaire particulier,, qui est encore à faire. Outre les altérations qu'elle a subies en elle-même, elle s'est mélangée d'une quantité de mots berbères, espagnols et portugais; c'est le plus défiguré de tous les dialectes arabes.

La théologie se confond avec la jurisprudence. Elle embrasse l'étude du Coran et de ses commentateurs les plus autorisés, Halek, Sidi el-Bokhari, Sidi-Khelil, Ebn-Razi, Hohammed-ebn-Ârdpun. La logique, la physique sont, dit-on, celles d'Aristote. C'est très-bien pour la logique ; mais nous ne pensons pas qu'elle exerce une grande iqfluence sur l'esprit des savants magrebins, et la justice nous oblige de dire ({ue jamais nous n'en avons rencontré un seul qui parût soupçonner la vdeur d'un syllogisme. Le* sens logique est précisément ce qui nous semble leur manquer davantage. Du meilleur raisonnement ils accordent tout, excepté la conséquence. Pour les mathématiques ils possèdent des traductions d'Euclide, où ils puisent des notions de géométrie. L'algèbre parait leur être à peu près inconnue. Ils se servent du traité d'arithmétique d*Ali-ebn-Mohammed ebn-

(4) Alem, docteur, au pluriel àlema ou ulema^ docteurs de la loi. ThaUbf pluriel tholba. Fkih, pluriel fkaha.

Alî-el-Corchi, plus connu sous le nom d'El-Calsadi, et pour les éléments d'^istronomie du livre intitulé Ketalh^lrMokm ou Livre des métonymies, par Âbd-AUah-Hohammed^n- Sald, originaire du Sous. L'almageste de Ptolémée, les ^travaux d'Âboul -Hassan de Maroc, ne sont sans doute pas ignorés des savants, d'autant plus que le chérif régnant s'est spécialement occupé d'astronomie. Mais il est sûr que l'astrologie fleurit mieux encore. Les tireurs , d'horoscope, les devins et sorciers de toute espèce, nécromants, professeurs de science occulte pullulent, surtout dans le midi de l'empire. Des milliers de tholbas enseignent l'art de trouver les trésors, de pronostiquer les événementsparl'aspect du ciel, mais on doute qu'un seul soit à même de calculer les éclipses (1). La médecine, au pays d*Averrhoès, est presque réduite à un empirisme de vieilles femmes et de charlatans qui tuent le malade ou le sauvent par hasard. Elle ne pouvait d'ailleurs se sout^ir sans l'anatomie , qui est interdite par des motifs religieuse. L'usage des simples et de quelques drogues est pratiqué sansdiscemement, comme la saignée et les vomitifs. On attribue de l'efficacité àdes moyens sans rapport avec le but qu'on se propose ; dans bien des cas de maladie, on se rase la tète. La chirurgie ne peut exister là où il n'y a point d'anatomie ; cependant le tebib ou médecin va quelquefois jusqu'à faire l'opération de la pierre avec un simple rasoir et un crochet de fer le plus grossier. La cautérisation transcur-

(4) Les musulmans^ dit M. Perron, croient à la possibilité actuelle d'obtenir de Tor par la réaction de certaines substances les unes sur les autres. Les Magrebins passent, en Egypte, pour les plus habiles de tous les musulmans à faire de Tor, à évoquer les esprits et les génies, à guérir les maladies par des moyens secrets et merveilleux, à prédire Tavenir par les procédés inspirateurs de la magie, de la sorcellerie, de la divination, de la chiromancie. (Notes à Sidi-Khelil, III, 583.)

rente est le grand remède pour les blessures,* au Maroc comme en Algérie. Elle obtient des résultats souvent incroyables. Nous l'avons vu sur des blessés arabes que les médecins français voulaient absolument amputer et que la scarification au couteau rougi au féii guérissait. On met aussi sur les plaies et les blessures du beurre frais et on les enveloppe avec de la terre glaise. Les maladies les plus communes sont les fièvres intermittentes que Ton combat par la chair desséché^ de serpents et de caméléon, la syphilis qui a pour antidote la salsepareille, les ophthalmies, Télépliantiasis,. la teigne, Thydrocèle. Les Berbères montagnards connaissent de temps immémorial Tinoculation de la petite vérole et la pratiquent ;. mais elle est repoussée ailleurs au nom de la religion. Par suite des mœurs communes et des mariages prématurés, les Marocains comme les Algériens font grand usage de plantes réputées aphrodisiaques et il suifit de leur dire qu'un de nos aliments possède une vertu contraire pour qu'ils s'en abstiennent.

Mais la principale branche de la m^ecine, celle que Malek lui-même place au-dessus des autres, c'est l'emploi des versets du coran pour talismans. Des médecins vagabonds et les marabouts en font un grand commerce. Us connaissent les formules qui guérissent de telle maladie ou qui préservent de tel danger. Us les vendent tracées sur de petits morceaux de papier que l'on porte au cou dans des sachets semblables a nos scapulaires, ou bien on les écrit au fond du vase qui contient le liquide dont elles assurent lefTicacité. Les traductions d'Hippocrate, de Dioscoride et de Galien ne soutiennent pas cette concurrence.

Peut-être une connaissance approfondie des pratiques traditionnelles, superstitieuses et même entachées de fourberie usitées au Maroc serait-elle de quelque utilité pour la

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tcienee. Réoemmenl, m propos des Bonrriles déoôufeites rehtÎTes â rbrpnotisme. M. le docteur Miguérex bisaii connaître deux expériences au moyen desquelles les magiciens marocains obtiennent la catalepsie artiflcielle :

« 1* Sur une table recouverte d*une nappe blanche Ton place une bouteille ordinaire remplie d'eau, derrière laquelle brûle une petite lampe; une personne s'assied alon i quelques pas de distance sur une diaise, et l'on dirige ses regards sur le point lumineux placé devant elle; au bout de quelques minutes elle éprouve une lourdeur dans les paupières, puis peu à peu elles s'abaissent , le sommeil arrive; pendant qu'il survient une accélération dans les battements du cœur. Pour donner à ces phénomènes un parfum de sa^ naturel, I opérateur fait brûler, derrière la table, du benjoin, et pendant que ces \*apeurs se répandent dans II chambre, la personne soumise à lexpérience est plongée dans un état complet d'anesthésie.

» â^ D'autres fois le marabout décrit sur la paume de la main un cercle avec une matière colorante noire : le centre est également marqué par un point noir. En fixant attentivement le cercle , les yeux papillotent et se brouillent, comme Ton dit communément, et bientôt à la fatigue succède un véritable sommeil T. » •

En 1858, à Tanger, le docteur Castcx, médecin militaire, attaché au consulat de Tanger, se trouva dans Timpuissance de remédier à un renversement de matrice, pour lequel on appela ensuite un charlatan du pays. Il fit suspendre la malade par les pieds, la tète en bas, et loi^ne se replaça de lui-même. La malade, il est vrai, succomba quelque temps après; mais il est possible que la violence du moyen

(4) Akhbar,Jh déc. 1859.

héroïque tardivement employé pour la guérir, n'ait pas causé là mort.

En fait dé poètes, il n'y a plus que des rapsodes, occupés sur les places publiques à stupéfier le vulgaire par le récit de miracles ébouriffants et d'exploits controuvés. L'histoire se réduit à quelques chroniques marocaines, sans aucune relation avec l'histoire générale, et la géographie n est l'objet d'aucune étude. Bien peu de Marocains savent les noms des nations et des^capitales de l'Europe. Les négociants eux-mêmes ignorent les sources principales du commercé européen, et les noms de Gibraltar, Londres, Marseille, Gènes et Livoume résument à peu près tout ce qu'ils savent des grands marchés de la chrétienté.

n est possible que l'ignorance dans laquelle les Marocains sont ensevelis grandisse à leurs yeux les tholbas qui ont ({uelque teinture des lettres. Nous croyons volontiers qu'il se rencontre dans telle ou telle mdersa un homiiie d'un esprit sabtil, d'une mémoire étonnante, mais un savant, c'est autre chose. Et si d'aventure il s'élevait au-dessus de la foule une intelligence puissante, spontanée, synthétique, elle se briserait contre des dogmes absurdes, contre une législation déclarée par ses docteurs mêmes incompatible avec l'idée de progrès. En tout cas, elle n'exercerait aucune influence autour d'elle, sur ces âmes inertes, abruties qui, loin d'entrevoir seulement l'utilité de l'imprimerie, n'ont pas même souci de la conservation des manuscrits. Les livres deviennent de plus en plus rares. Nous ne pensons pas qu'il y ait au Maroc de vestiges importants de ses bibliothèques autrefois si vantées.

En 1540, Clénard vit encore de beaux restes des anciennes académies de Fez ; et Erpenius, en 1613, apprenait, de témoins oculaires , qu'une bibliothèque de cette capitale

renfermait à cette époque trente-deux mille volumes. Dp les chercherait vainement aujourd'hui. En 1760, le sultan . Sidi-Mohammed fit distribuer aux cadis de l'empire les Imei de la mosquée Ek-Karoubin^ où Ton disait, être les livres perdus de Tite-Live et d'autres auteurs grecs et latins. Li i peu qui restait, si on excepte quelques volumes à l'ussgs ^ dès jurisconsultes, fut dispersé sous Moulè-Soliman, peu après son élévation au trône. Badia y JLeblicb, autm* ment dit Ali-Bey el-Abassi, constatait, au commencemeot de ce siècle, que ces dépôts scientifiques sontàpeuprii .: vides et ces foyers intellectuels éteints.

Il n'y a pas d'espoir que la science se relève sous Tit-^ fluence des Marocains qui ont voyagé en Europe. AunÊ^^à

habent et non audient , oculos habent et non tidebunt; compterait bien peu d'exceptions. Au dernier siècle, AhnedL =-~ ebn el-Mobedi el-Ghazal, de Fez, écrivit son voyage à Ml— ^ drid, et Sidi Mohammed ebn-Othman, ceux qu'il fità Vienno •: et à Naples. Mais les observations dé ces deux ambassadeuv ^ restent sans conclusions pratiques. Sur trois mille Marocaiitfi qui sortent chaque année de leur pays, quatre ou cinq ceni^ vont en Europe et les autres à la Mekke, d'où ils reviennest plus brutes et plus fanatiques qu'auparavant. Ceux qui, par suite de leurs affaires, demeurent quelques années enEurope, n'en rapportent que des vices, comme l'ivrognerie, et ne se distinguent que pair moins d'honnêteté dans les relations commerciales. Sans doute, ils s'étonnent au spectacle ds nos chemins de fer, de nos usines à vapeur, de nos grandes fabriques, et de tout ce qui fait éclater le côté matériel de notre civilisation; mais, pour emprunter une comparaison 4e Luther, ils regardent tout cela comme une vache rçgarde une porte neuve (sic), sans penser, sans comprendre, sans conclure. Ont-ils appris une langue européenne, rentrés

dans leur pays, ils n'oùt garde de la parler et se h&tent de l'oublier. T\s sont donc loin de profiter de ces voyages pour donner de bons conseils à leur gouvernement: Du reste, Us ne voyagent pas dans un but de progrès : ils s'en tiennent aux affaires. Qu'ils essayent de préconiser la civilisation chrétienne, sous n'importe quel aspect, ils se compromettent et passent pour impies. Le mieux est donc de garder le silence et de retomber dans Tapathie de leurs compatriotes, qui parlent peu et n'en pensent pas plus.

Il y a d'autant moins espérance d'échanger des idées avec les Marocains qulls étendent communément à tous les livres la défense légale-de nous communiquer le Corafi, quelqu'une de ses parties et les ouvrages de science islamique, tandis que d'autre part un livre chrétien est à leurs yeux une coupe de poison (1). Toute discussion sur le sujet de la religion est un crime. - - ■ ^

Un mot seulement sur les écoles rabbiniques de Maroc, Fez et Tétouan. On s'y applique à l'étude exclusive du Thalmud, qui n!est pas meilleure que celle du Coran. Mais nous aimons à croire qu'on ne l'enseigne pas dans toute sa pureté. Ce serait compromettre les intérêts des juifs.

Maimonides, au commentaire de la Mishna de Sanhédrin, chap. X , ajoute aux treize articles du symbole des rabbins cette éloquente conclusion : « Si quelqu'un est assez pervers pour nier un de ces articles de foi, il est hors de la communion d'Israël, et c'est un précepte, une bonne œuvre, umitzva, de le détester et de l'exterminer. » Est-on assez savant, quand on sait cela ?

(I) La prohibition de nous laisser voir le Coran est telle qu'une armée oiusulmaoe ne doit pas en apporter d'exemplaire à la guerre^ dans la craiDte qu'il ne tombe entre nos mains.

Les écoles rabbiniques du Maroc envoient des rabbins i j Gibri^ltar, en Portugal, à la Terre-Sainte. Car; il se fait «n- - i ûuellement une émigration dé familles juives, selon que k | gouvernement marocain veut bien leur permettre de sortir | du royaume. Des rabbins s^'en vont avec elles, et importent | dans les synagogues d'Europe, d'Angleterre et surtout de ^ Portugal, ces belles copies du Pentateuque (sepher) que les i^ calligraphes expédient d'ailleurs par les voies ordiniùres àm ^ commerce. . u

Les chrétiens n'avaient qu'une seule école à Tanger ; en- ^ core elle était parement espagnole et établie sur «Tes bases ^ beaucoup plus étroites que les écoles fondées dans les villes ^ musulmanes des régences et du Levant, sous la direction l^ de reli^eux français (1). l

Deux choses tarissent dans leur source au Maroc les in- ^^ spirations de l'art, c'est d'abord la loi religieuse qui prohibs . la représentation de l'homme par le dessin, la peinture etJi jT sculpture, aussi bien que lès arts d'imitation, comme la cho» ^ régraphie et l'art dramatique ; c'est ensuite l'antipathie des . Maures pour les relations sociales, antipathie qui sépare lei deux sexes et isole les familles dans le foyer domestique. •

Quelle carrière reste-t-il au génie des arts ? Quel stimu- ^ lant lui fera prendre son essor? La musique elle-même est comme entachée d'un sensualisme coupable dans l'appré* dation des musulmans et à cause de cela bannie des mos^ quées. L'architecture seule conserve des ailes qui depuis des siècles demeurent ployées (2).

(4) Le concours de l*OEuvre des Écoles d*Oricnt est acquis à l'école de Tanger^ si elle se rétablit avec des vues plus larges. Déjà le b'ulfetin de TCEuvre meq lionne une première allocation que la guerre actuelle a empêchée d'arriver à son but. Bulletin n* 6, juillet 1859.

(3) Les danses ignobles des bayadères sont goûtées au Maroc, eomme

La musique consiste en des mélodies qui se rapportent plutôt à la tonalité antique ou gr^orienne qu'aux modes majeur et mineur des modernes! Il nous parait aussi que Ton emploie parfois des intervalles moindres que le demiton. Les cantilènes ordinairement monotones ont souvent on cachet de douce rêverie, comme certains chants d'Église, et plusieurs sont d'origine espagnole. On ne peut pas dire que la musique au Maroô mérite d'être décorée du titre d^art. Elle y est sans vie ou sans progrès, et jamais elle n'a connu les ressources de l'harmonie. Hôst, qui a fixé spécialement son attention sur ce point, a publié des airs marocains et décrit quatorze instruments de musique en usage chez les Berbères, les Arabes, les Maures, les Noirs et les Juifs (1). Nous y avons vu le violon, la guitare, mais dans des mains inhabiles. Les pâtres de la montagne se fabri- (pient des guitares grossières à trois cordes, ou même k deux cordes montées sur un simple roseau.

L'architecture civile, les maisons privées au Maroc ont une telle ressemblance avec cellei^ de l'Algérie et des régences, qu'il serait inutile d'en faire la description: Tout le monde connaît ce& murs en pisé, blanchis au lait de chaux, ces toits en terrasse, ces longues chambres, disposées autour du pa(to ou de la cour carrée qui forme le centre de la maison. C'est oeuvre de maçon plus que d'architecte ; et nous croyons que les somptueuses demeures où les colon-

<i^s tous les pays musulmans; mais la danse est réputée une fatigue dégradante. On sait le mot d'un Arabe d'Algérie à la vue d'un bal qui mettait en ^ueur danseurs et danseuses : n Je ne comprends pas les Français; pourquoi ne font-ils pas faire cela par leurs domestiques? » (0 Nachrichten von Morokos und Fez, in-4^ Copenhague, 4781 ; traduction de l'ouvrage danois : E/feretningen om Marokosoch Fes, in-4* Copenhague, 1779.

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Mriiiir fi lins m wSSêswb^, -dif laiiie «f «i nat 10- ^ nramuip^. El» x 1 jhbk^ «k «k «3e im principe éfr v9» ? -îK SI r.iiiCKi ôe^unnïfi!^ mnoiBS^fC allimtagede ienr srior» sritaxaia-^aL -sfe âne I«âK ffèewiedooleile Ikrile tBiK î ^ns&iir». &k ébt x a |pK^ afeat co la force de 'Tct 3«aç». «Tc- fL «Bf a Rfrte <le leur cirili-

L'*mwr^ r^maÔL 1 ^eo^ ssaîi&nK' 9V J'aatres barbares qii^ W Arû<« : aaê^ <9!s ^orMnsc <» aA?ftaat la n^iîgîon de^ v%!:<i^T3f. yt f»:&: «w^^^s iJ9« bas: ^fw les Romains eux^^ waHTaf^ ; Iç* ncfocsaccf a:: o»aaiw font npsiês barbire*^ Li offi knr cowjT>He a a rRKoatrf ^fue b barbarie : et ils I^ iW>enf>fYit fie KMi^nnQ. «jibim} ikoot epuîsê la sève ëtran^^ g*T^ empronteie au s->l chreôen. Grave leçon, surtout si or^ roppo*^ a la marrbe de notre dWlisalion. A quelque^ époques do n>oyen âçe. an x* siècle par exemple, les peu^ pies catholiques étaient tombés bien bas : mais la cause du mal n'était pas interne, elle élaût tout extérieure ; Ie5 guerres, les invasions des Normands, des Hongrois, des Sarrasins, semblaient ruiner pour toujours les progrès déjà

réalisés ; il n'en était rien : les peuples catholiques avaient par leur foi même la vie en eux ; ce germe de vie n'était pas atteint y on le vit refleurir après l'orage. Mais le Maroc.n'a pas cette espérance ; le Coran a déposé dans son sein le .germe de mort, et puisque la cause resté, l'effet doit se produire infailliblemei^t.

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