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Mohammed, fils d'Édris II, mourut on 836, et eut m fils AU pour successeur. Celui-ci régna treize aosi 6t f reiùfiàcé par Yahia, sous lequel Fez prit des accroiasemai et s'embellit; on remarque, en 859, la construction de grande mosquée du quartier des Cairouanides , fondée p une femme riche et pieuse. Ce monument fat agiu et complété par des travaux accessoires dans les tem suivants.
Yahla laissa le trône à son fils du même nom que k Mais ce nouveau souverain, outrageant Thonnéur de s sujets par sa conduite immorale, fut renversé par m édieute. Ali ebn-Omar, dont nous venons de voir la iamS régner sur le Rif, réussit à s'établir à Fez, et il retint I puissance dans les mains des Édrisides. Une nouvelle réb€ lion l»lui enleva; mais son héritage fut recueilli par Yaht fils d'El-Kassem, fils d'Edris II, qui eut pour sùccesaei Yahla ebn-Ëdris-ebn*Ûmar, neveu d'Ali et souverain i Rif.
Sou^ le règne de ce prince, reconnu de tout le Magrd Tautorité des Édrisides était à son apogée, mais tout pri de son déclin. Car, vers Tan 919, les khalifes fatémite établis depuis peu en Ifrikia, firent marcher contre Fez Me sala ebn-Habbous, chef des Miknaça et seigneur de Tebef Yahta se reconnut vassal des Fatémites, et vit la part orientale de ses états donnée à Moussa ebn-1-Afia, seignei miknacien de Tessoul et de Masa. Il succomba dans ses di sensions avec ce rival, et alla mourir à El-Mehdta, capital des Fatémites, tandis que Fez était gouvernée par Rlkai au nom de Messala.
La famille d'Edris fit de vains efforts pour se rétablir
de la dominacion de los Arabes^ part. I> ch. SS^p. 4S6. Paris, hM
Fez. El-Hacen-el-Hadjam ne la ravit i Rlhan que pour la perdre bientôt et laisser Moussa ebn-'l-Afia maître du Biar greb. Toutefois son frère Kennoun conserva une partie d« Rif , Ceuia et Tanger ; les fils de ce dernier, Aboul-Aich*
Ahmed et El-Hassan, disparaissent dans la lutte entre les Patéfflites et les Oméiades.
§ !. — UTbam wt (héiaiibs iu hagbeb^ BEm-imiii, Bim-ziti,
BOn-IHASMDll.
Quoique les dynasties des Paternités, des Oméiades d'Espa* gne et des Zirides n'aient pas eu leur siège dans le Magreb-* el-Acsa, eUes y ont étendu leur empire, de telle sorte que l'on ne peut se dispenser de marquer ici les principaux faits it cette domination étrangère.
On se rappelle que dans les premiers temps de Tislamisme, de grandes divisions éclatèrent au sujet de la loi qui (levait présider à la transmission du khalifat. Ceux qui prétendirent le garder exclusivement, par la loi de rhérédité, i la descendance d'Ali, furent appelés chiites ou sectaires. Ils ne reconnurent pas la cession faite par El-Hacen, fils d'Ali, an fondateur des Oméiades, et ils continuèrent à vénérer, comme khalifes ou imam, les descendants d'El-Hacen et d'iU. Mais le douzième de ces descendants, ayant mystérieusement disparu , les chiites , ou du moins une partie d'entre eux se persuadèrent qu'il reparaîtrait un jour et rétablirait le mahométisme dans ses véritables règles par toute la terre. Cet imam, appelé l'imam attendu , el-Man^ ^a<ifr, ne revenant pas, une opinion se forma d'après laquelle 3 De devait pas vonjr lui-même, mais être remplacé par un autre descendant d'Ali, qui accomplirait la grande mission, sous le titre d'el-Mehdi, ou le dirigé. Dans les montagnes
de ITTrikia et du Magreb central cette opinioii S^étaH répandue, et l'on attendait le Mehdi à la fin du m^^siècle de l'hégire, suivant ces paroles du Prophète : * I/àn 300 le soleil se lèvera du côté de l'occident (i). »
Or, un ambitieux nommé Abou-Abd-AHah /ayant fiut connaissance à ta Mekke avec des Berbères de la tribu des Kctama, qui habitaient du côté de Constantine, les initiaiox doctrines des chiites, et il les enthousiasma par ses discours. Au moment de prendre congé d'eux , en Egypte, il céda a l'invitation de les suivre dans leur pays. Bientôt il y rassembla une foule de partisans et inquiéta les Aghlébites, qui loi déclarèrent la guerre. La fortune ayant favorisé ses armes, il appela d'Orient Obeid-Allah, que les chiites regardaient alors comme imam légitime, le mehdi, descendant d*Ali- Obeid-AIlah ne put rejoindre Abou-Abd-Allah, à cause de la surveillance exercée par raghlebiteZiadet'AlIahn,et il se retira chez les Beni-Midrar de Sidjelmessa, où il fut reconnu et jeté en prison comme nous l'avons raconté (2). Mais les succès d*Abou-Abd- Allah , maître du pays et des places fortes de Sélif à Cairouan, lui permirent de marcher vers Sidjelmessa. « Aussitôt qu'il se fut mis en campagne, une agitation exth>nie se répandit par tout le Magreb; les Zenata s'étant empressés dabandonner le pays qu'il devrait traverser et d'offrir leur soumission. Eliça ebn-Medrar, souverain de Sidjelmessa, auquel il envoya une députation dans l'espoir de ramener à un accommodement, en fit mourir tous les membres et sortit de sa ville pour li>Ter bataille. Quand les deux armées se trouvèrent en présence, celle d'Eliça recula dans
(4) La tradition que nous avons rapportée sur le Moulô-Saà^ p. 90, se rattache à celles qui concexneni le Mehdi. (1) Page tu.
; grand désordre, et il prit lui-m^po^ la fuite, soiti (lit nombre d'amis. Le lendemain, les habitants allé-- -devant du Chii (surnom d'Âbou-Âbd- Allah), et Taopèrent jusqu'à la prison où le Mehdi et son fils étaient lés. Les en ayant fait sortir, il prêta bonunage au 3t les fit monter à cheval; puis il marcha à pied de- IX, ainsi que tous les chefs de tribu, et les conduisit 1 camp, en versant des larmes de joie. « Le voici, s'é- 3, le voici votre Seigneur! » Eliça tomba entre les les personnes envoyées à sa poursuite, et fut mis à ur Tordre du chiite. Après avoir passé quarante jours messa, les vainqueurs reprirent le chemin derifrikia, » »nt un gouverneur à la ville (909 — 297) (1). ange révolution opérée par l'aventurier Abou-Abdlu profit d'Obeid-Allah le Mehdi, établit ainsi la puis- [es khalifes dits Fatémites, ou descendants d'Ali et de
leur berceau fut en quelque sorte la prison de Sida, où ils furent acclamés pour la première fois. On îlles destinées prodigieuses les attendaient. Le troisuccesseur du Mehdi, EUMoez-Màd-l'ed-Din-IUah, conquérir l'Egypte (972-362), y transporter le siège puissance en quittant El-Mehdta, la ville fondée par it connue des chrétiens sous le nom d'Africa, prendre vallée du Nil la place des khalifes de Bagdad, que sa :é conserva jusqu'au temps où elle fut renversée par lubites (1171-566). On voit donc que les Faiémites . à se développer dans l'est; aussi leur action dans eb extrême n'offre, pour leur histoire, qu'un intérêt lire.
avons rapporté comment, sous le règ;ne du Mehdi,
D-Rhaldoun^ trad. de Slane^ II, 5Î0.
MesMila, seigneur de Tehert, fut envoyé contre les Édmidés de Fez, dont il ébranla pour jamais la puissance (919- 307) (1). Il marcha ensuite contre Sidjelmessa, cjuî avait secoué le joug des Paternités, pour reconnaître de nouveau les Beni-Midrar. Mais il succomba dans une rencontre avec Mohammed ebn-Khazer, de la tribu des Maghraoua.
Âboul-Kacem, fils d'Obéid-AUah le Mehdi, vint en personne réparer dans Touest les échecs de ses troupes, pénétti dans le Rif, où les princes édrisides s'étaient retirés, et î obtint la soumission du pays (927-315). Peu après, uni nouvelle expédition fut dirigée contre Moussa ebn-Abi-1 Afia, gouverneur de Fez, qui, trahissant la cause du Mehdi s'était déclaré pour les Oméiades d'Espagne. Moussa, batti à Messoun, à l'est de Tasa, chercha un refuge au désert mais il reprit Fez, après la mort du Mehdi, en 934-323. L khalife Aboul-Kacem, ayant succédé à celui-ci, envoy contre Moussa son lieutenant Meissour, qui, aidé de Tédri side Kennoun, seigneur du Rif, rétablit l'autorité fatémit et laissa à ce dernier le gouvernement du Magreb.
Sous le khalife Ismaël-el-Mansour, petit-fils du Mehdi la puissance fatémite, mise auparavant à deux doigts de s perte par la révolte d'Abou-Yezid, surnommé l'Hqmme l'âne (2), fut solidement rétablie, et son successeur, El Moez-Mâd, se trouva en mesure d'agir sur le Magreb-el Acsa, soustrait à son obéissance (958 — 347).
Il envoya son secrétaire Djouher le Sicilien contre le cIm
(4) Page29«.
(2) Abou-Yezid, khareidjite de la tribu des Beni-ïfren, ennemi di Alides, par suile même de son hérésie, après avoir soulevé les Bcrbir de l'csl, saccagé Cairouan, assiégé el-Mchdîa, fut battu par El-Mansou pris^ mis en cage, puis empaillé et promené dans les rues de cette de nière capitale (947—335).
éesBeni-Ifrcn, Tala ebn-Mohammed, qui avait fondé Ifgan,
sur le bord da désert au sud de Tlemcen, détrait Qran, en-
leré Tehert et fait alliance arec Abd-er-Rhaman-en-Nacer,
roméiade d'Espagne, dont il obtint le gouvernement de
Fez pour son cousin Mohammed ebn-el-Kheir-ebn-Moham-
med. Celui-ci ayant passé en Espagne, pour prendre part à
la guerre contre les chrétiens, laissa le commandement à
son lieutenant Ahmed ebn-Âbi-Bekr, quf bâtit le minaret
delà grande mosquée des Cairouanides (955-6 — 344).
Djouber avait donc à réduire sous la puissance des Paternités Yala ebn-Mohammed. C'est en vain qu'il en reçut la promesse de déserter la cause des Oméiades pour servir fidèlement celle des Fatétnites. U le fit assassiner, dévasta Ugan, dissolvant ainsi la confédération des Beni-Ifren, et il donna le commandement du pays des Ghomara et du Rif à l'édriside El-Hacen ebn-Kennoun , chef des Beni-Mohammed, dont la résidence fut à Basra, près d'Âlcazar-Kébir (959^348).
Ebn-Kennoun fut bientôt dépossédé par les troupes de l'oméiade El-Hakem-el-Monstancer, malgré une première victoire remportée en 961-2 — 350. Les Édrisides perdirent alors leurs états et furent amenés en E^agne l'an 975- S— 365 (1). Les Oméiades organisèren le gouvernement du Magreb en subordonnant à un gouverneur général les princes africains, auxquels ils laissaient une certaine indépendance et conféraient des pelisses d'honneur ou burnous d'investiture, comme Tout fait aussi les Romains et les Français en Afrique. Les fonctionnaires et les troupes oméiades résidaient à Ceuta, puis à Fez. Les Fatémites essayèrent vainement de reprendre le Magreb en envoyant
(4) Cf. outre Ebn-Khaldoun, Ckmde, II, ch. 94, et Dombay, 1, 91.
des troupes sous la conduite de leur lieutenant Bologguln ebo-Ziri, Tan 979^369. Ce guerrier prit Sidjelmessa, qu'un chef de tribu maghraoua, Khasroun ebn-Felfoul, dévoué aux Oméiades, av^t enlevé depuis trois ans aux princes médrarites, il refoula une fraction des Maghraouiens au delà de la Mouloula; mais, arrivé à Tétouan, il manqua de confiance dans ses forces et rebroussa chemin.
Hacen ebn-Kannoun fut encore moins heureux. Ce prince des Édrisides, qui avait été conduit en Espagne, s'était ensuite rendu en Egypte (1), oi!i le fatémite El-Asiz-Nizar lui doqna l'avis de tenter la conquête des états enlevés à sa famille, et lui promit les secours de son lieutenant Bologguln. Ebn-Kennoun remporta d'abord des succès; et même, après une brillante victoire, il enferma dans Ceuta les troupes andalouses. El-Mansour, qui était khalife de fait, tandis qu'Hecham, fils d'El-Hakem, ne Tétait que de nom, envoya contre Ebn-Kennoun, son général Abd-el-Melek, et bientôt Tédriside vaincu se rendit prisonnier, à la condition qu'il aurait la vie sauve; mais le khalife ne ratifia pas les engagements d'Abd-el-Melek, et le prince fut décapité aux environs de Tarifa (986— 375) (2).
Les Oméiades ne réussirent pas aussi bien à prévenir les troubles intérieurs résultant de la rivalité des princes afri-cains, que l'on peut considérer comme leurs feudataires. L'un d'eux , Tifrénide Yeddou ebn-Yala, réfugié dans le
(4) Il en avait obtenu la permission du khalife El-Hakem, selon Conde; il fut banni de Cordoue^ selon Dombay. El-Hakem lui avait enlevé ses trésors^ entre lesquels on remarquait un morceau d'ambre admirable par sa grosseur.
(2) Ebn-Khaldoun^ Conde, Dombay^ dont les récits ne diffèrent pai essentiellement.
Magrdb-el-Acsa, après Fassassinat de son père par Djouher le Sicilien, se montra peu docile envers le khalife d'Espagne, qui lui opposa le maghraôuen Ziri ebn-Atla, pour le maintenir dans le devoir. U en résulta une lutte entre les Magfaraoua et les Beni-Ifren, lutte durant laquelle Fez fut prise et reprise par lo» uns et par les autres.
Le ebef des Benî<»Ifren, Yeddou, établit une petite dynastie qui eut pour siège principal Chella, près de Salé ^993-383), et qui subsista jusqu'à l'époque où les Almora- Yides firent la conquête du Magreb (1056-1069). Ces nouveaux maîtres détruiront les principautés berbères dont les ritalités ensanglantaient le pays.
Ziri ebn-Atta, chef de la tribu maghraoua des Beni-Ziri, s'aSnmchit jnresque enlièrementde la suzeraineté d'Hecham, oa plutôt d'E14lansour ebn-Âbi-Amer, khalife de fait, à Cordoue. n fitt appelé dans cette ville où l'on méditait de le retenir;maisil obtint d'être renvoyé en Afrique (l).nfondade son côté, à Fez, une dynastie qui dura également j usqu'à l'arrivée des Almoravides. En 994-384, il créa Oudjda, comme boulevard entre les deux Magrebs. Dépendant en droit des Oméiades, il finit par encourir la colère du vizir El-Mansour, en critiquant l'empire tyrannique que ce ministreexerçait sur le khalife Hecham 11. Le vizir envoya contre lui une armée sous la conduite d'Ouadeh , qui partit de Cordoue, entouré de plusieurs princes africains venus dans cette capitale, en relations perpétuelles avec l'Afrique. Ce général débarque à Tanger, surprend le camp de Ziri près d'Arzilla, et reçoit bientôt des renforts commandés par El-Modaffer, fils du
(4) Il avait apporté d'Afriqu^à Cordoue, comme présents au khalife^ des oiseaux qui disaient des paroles arabes et maures^ des chameaux , des chevaux , des panthères^ deux grands lions enfermés dans des cages^ etc.
TÎiir. C^l^Modaffer continua ses victoires, rejeta Ziri dm déstrt, «itra dans Fez et remit le Magreb sous la dép dance du khalife de Cordoue, depuis le détroit jusqu'à £ jelmessa. El*Moez, fils de Ziri, fut cependant rétabli i F en 1006^396, après avoir offert de l'or et des garant d'obéissance aux Oraéiades. Sidjelmessa demeura un oo mandement séparé, confié à Oui^oudin, fils de Kbasn ebn4<'elfoul. En 1016-7—407, Moez tenta de s'en empai mais il essuya une défaite désastreuse.
Nous ne voulons pas suivre dans ses détails les péripél de la rivalité qui arma les Beni-Ziri et les Beni-Ifrea les i contre les autres. Les Ifrénides paraissent plutôt agresaev et cela se conçoit, car Fez était digne de convoitise. Ce c nous savons des Beni-Ziri révèle une civilisation plus av4 eée, due peut-être à des relations plus étroites avec l'Eq gne, si florissante au temps du khalife El-Hakem. Soui règne de Donnas, chef des Beni-Ziri, cette capitale m des accroissements; les faubourgs furent entourés de mu on vit s'élever des bains , des palais, des caravansérails les richesses du commerce afiluer de toutes parts. Les po6 et les savants ajoutaient à cette splendeur et Fez était brillant reflet de Cordoue (1043-1059-435-451). Les fils Donnas, EH-Fotouh et Adjica, se brouillèrent malheureui ment et occupèrent, Tun le quartier des Cairouanidi l'autre celui des Andalous; ils bâtirent des murs de sépai tion , que Talmoravide Youssouf ebn-Tachfin devait n verser dix ans plus tard.
On a déjà dit que la principauté de Sidjelmessa était past des Beni-Medrar à Khasrdun ebn-Felfoul en 976-7 — 663 ( que Bologgutn, trois ans plus tard , en fit la conquête po les Fatémites et enfin que cette ville revint à Ouano
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