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dln eba^iOiàsroim, fempie Ël-Modaffier replaça k Maglwb sosi l'empire ^es Oméiades (1). Les Bèili^Khasroua ètBuStpent leur autorité en dehors du Tafilet, sur le Driai 4hm ie bassin de la MoUlonla et au nord de ridraren^Diran ju0f u'à JSêfrou. Mais lesÂlmoravides Lemtouna détruisirent la pui^ sance démette famille. Sîdjelmessa succomba en 10S4-5K— ^146 et Sàfrou en 1063— 455.
§ 3. — anÉneis au migbeb, ayant le atoiB des AUORAnDEs.
Nous ayons mentionné le massacre des chrétiens a Geuta Van 707 — 88-80, et l'on a vu aussi, à diverses reprises, particulièrement à la construction de Fez, des tribus chrétiennes obligées par la violence à embrasser Tislamisme. L'Évangile avait donc pénétré au cœur du Magreb-el- Acsa, sinon dans les régions méridionales que leur éloi^ gnement fermait encore à sa lumière. Il est probable que Ton ne connaîtra jamais les souffrances de ces chrétientés noyées dans le sang, en cotnbattant pro aris et focis, dès le début de l'invasion musulmane, ou résistant après la conquête et , succombant à la longue, par défaut de ^apport avec le centre deTÉglise de Jésus-Christ. On ne s'attend pas sans doute à ce que les sauvages sectateurs de Mahomet aient dressé pour notre usage le martyrologe de leurs victimes. Ds conviennent pourtant que le glaive çut beaucoup à faire. Ebn-Khaldoun dit que les Berbères duMagreb eurent « l'habitude d'apostasier, » jusque après la conquête de l'Espagne. Ebn-Abi-Yesid confirme le fait : « Les Berbères apostasjèrent jusqu'à douze fois, tant en Ifrikia qu'en Magreb ; chaque
(4) Pa^e 300.
fois ils soutinrent une guerre contre les musulmans* et ils n'adoptèrent définitivement Tislamisme que sous Moussa ebn-Noeeir. »
Diego de Torrès, en 1550, traversait T Atlas en valant de Maroc vers le nord; il rencontra dans les montagnes des peuplades qui n'avaient point oublié leur ancieime condition religieuse : « Ils se vantent, dit-il, d'être deso^idus des chrétiens qu'il y avait sur cette montagne, quand 1^ Maures s'en rendirent maîtres et assurent qu'ils y vécurent chrétiens plus de cent ans, mais qu'ayant perdu toute espérance de secours, parce que les Maures avaient conquis toute l'Espagne, et une partie de la France et de l'Italie, ils forent contraints de se rendre aux vainqueurs et d'embrasser leur religion. Ils sont blancs et parlent un langage qu'ils nomment tamacète, qui ne se peut écrire. Quant au mariage, ils ne prennent d'ordinaire qu'une femme; ils boivent du vin et lui donnent un bouillon pour s'accommoder au Coran. La nuit que j'arrivai en ces quartiers, je logeai chez cide Mahamet, un des principaux et des plus riches des montagnes, qui recevait les chrétiens qui passaient par là. 11 me recueilUt fort bien et passa avec moi une partie de la nuit à me raconter que parmi eux ils avaient une cloche dans une grotte et certains livres du temps des chrétiens, pour marque qu'ils descendaient d'eux. La clef de ce lieu, qui se donnait aux principaux, était en sa puissance (1). »
L'influence chrétienne empêcha donc que la loi musulmane ne fût reçue d'abord dans toute sa pureté, ou plutôt dans son intégrité. Les schismes et les hérésies la mutilaient d'ailleurs. Ne vit-on pas, en 927, au terrien Diego de Torrès, Uist. desChérifs, p. 45Ï. Trad. du duc d'Angoulêmc.
toire de Tanger, à Masmouda^es-Sahel, un audacieux novateur, Abou-Mohammed-Hamln el-Moktari , massacr pour avoir donné aux Berbères un Coran en leur langue^ changé les lois du jeûne, permis de manger la viaAde de truie? (1).
Les rapports entre l'Espagne et le Magreb africain sous les Oméiades ont dû conduire des chrétiens de la péninsule au delà du détroit. En 759. des fugitifs du royaume de Valence, se réfugiant en Lusîtanie, tombèrent entre les mains d'un maure originaire de Fez ^ que Mariana nomme Allibonaces, et qui les traîna comme esclaves en Afrique (2).
La grande transportation des Andalous de Cordoue A Fez, en 808, devait comprendre un certain nombre de chrétiens; et probablement aussi Témigralion considérable déteraiinée par la famine dont l'Espagne eut à souffrir en 846, sous le khalife Âbd-er-Rhaman II, persécuteur du christianisme (3).
Le moine Félix , martyrisé en 853 , par Mohammed P', fils d'Abd-er- Rhaman II, était originaire d'Afrique par sa famille, mais natif de Complut ou Alcala de Henarès (4). Ce fait atteste les communications entre les Églises des deux côtés du détroit. L'histoire rapporte qu'à la fin du même siècle les évéques d'Afrique étaient divisés, comme trop sou-
(4) Abou-Obaïd, Descript. de l'Afrique, trad. Quatremëre^ t. Xll des Ifotices et Extraits, p. 548.
(2) Mariana, liv. VI, n» 45.
(3) Muchas gentes do Espana huyendo del hambre se pasaron a Africa, que alli en Almagheb y toda lierra de Fez se vendia el wisque 6 C4rga de irigo per t^s adirhanoes. » (Conde^ part. Il, ch. 46^ p. 44S.) Le dirhem représente à peu près 60 centimes.
(4) Saint Euloge, Memor, sanct,, lib. III, c. S.
mort, pêr un schisn» dont la jogement fut porté «a tribunal du pape Formose; mais on ne saurait dire s'ils avaient sous leur juridiction quelques chrétientés du Magreb*el- Acsa (i). Cela est rigoureusement possible. Au siècle siûvaut, TIemcen, au témoignage d'El-Bekri, n'était pas encore dépourvue d'églises entretenues par les chrétiens (2), et Mobammed-el-Cairoani nous montre ces derniers abrités par la tolérance de la puissante dynastie des Fatémi- Ub (3).
Du reste, les monuments historiques nous font défaut, s'il s'a^t d'apprécier la condition et l'étendue des chrétientés qui pouvaient encore subsister dans le Magreb extrême. On ne découvre nulle intervention directe de l'Europe ou de la papauté en leur faveur. Les seuls navires européens que l'ofi aperçoive alors sur les côtes ' occidentales de l'Afrique, i l'exception de ceux des musulmans d'Espagne , sont des barques normandes, montées par des pirates encore païens. Non-seulement ils ravagèrent le littoral de la Méditerranée , où les Aghlébites firent élever une suite de tours qui signalaient leur approche , depuis Ceuta jusqu'à l'Egypte (4) , mais ils descendirent dans l'Océan , au sud du détroit, et ils brûlèrent Arzilla en 229 de l'hégire, de Jésus- Christ 843-844 (5).
La piraterie africaine se développait à la même époque et ramenait, sans nul doute, au Magreb, des esclaves chréliens. n est remarquable qu'elle incommodait en Espagne les mu-
(I) Flodoara, dans WPatrologie de Migne, t. CXXXV, p. «67. (S) M. Tabbé Barges. Aperçu hist» sur l'Église d'Afrique,^.
(3) Uist, de l'j4frique, liv. IV. Trad. de M. Pelhssier.
(4) Journal asiatique, IV« série^ tome XX, p. 99.
(5) Bekri.
sulmans eux-mêmes, au point qu'Abd-er-Rhaman III fut obligé de leur donner la chasse (1).
Nous suivrons, sous les futures dynasties, la destinée des chrétiens au Magreb-el-Âcsa, où ils apparaîtront dans une situation mieux dessinée.
(4) cFué avisado de los walies de las costas del Mediterraneo que los Africanos y aun los Alafattsjâ^^Scuihaga y Masamuda se habian dado a infestar con piraterias las costas de Espagna y las de sus islas. » (Conde^ part. I^ ch. 70, p. 48S . Gonde, d^s soti ouvrage, d'ailleurs prédeux, ii*a pas su distinguer la race berbère de la race arabe.