CHAPITRE IX
XES CH£RIFS FlLELl ou HAGEIVI.
Succession des cherifs Fileli, tiommés ainsi, parce qu'ils sont originaires du Tafllet, mais appelés encore Haceni, parce qu'ils prétendent descendre de Mahomet par Hacen, second fils d'Ali et de Fatma :
Ali vient de lambo. à Tafilet. . . . . .
Moulê-Cherif, fils d'Ali, roi de Talilct . . Sidi Mohammed^ fils de Moule Cherif. . . Moulé Hechid ou Archi^ frère de Mohammed. Moulé Ismael Es-Semîn, frère de Mohammed. Moule Ahmed Ed-Dehebi, fils dlsmaël.
Moulô Abd- Allah, frère de Ahmed. .
Sidi Mohammed, fils d*Abd-Aiiah. .
Moulé Yezid el-Mehdi, fils de Mohammed. Moulô Hescham, frère de Yezidi . .
Moulé Soliman, frère de Yezid. . .
Moulé Abd-er-Rhaman, neveu de Soliman .
Sidi Mohammed, filsd'Abd-cr-Rhaman..
Btptt.
Mil
n trouverait difficilement dans Thistoire ime dynastie infâme et chargée de crimes que celle dont jaous alsuivre les destinées. La décadence du Magreb-el-Âcsa inue au \vn! siècle. Si .quelque lumière a brillé au Maiurant cette période^ Téclat n'en est pas çi^core venu u'à nous. En citant seulement Makkari, nous sommes é d'ajouter que la persécution Tavait chassé du Magreb id il se rendit à la Mekke. Établi au Caire, il vint à Daen 1628. Ahmed ebn-Mohammed El-Makkajri, né à neen, avait achevé ses études et travaillé longtemps à n mourut au Caire, en 1641, laissant comme son plus 1 titre de gloire une' Histoire des dynasties musulmanes pagne et la Biographie de Lizan ed-Din ebn al-Khat- 1). Espérons qu'un jour la civilisation arrachera aux bres qui enveloppent le royaume des cherifs quelques luments historiques modernes, bien pauvres san$ doute, ( propres à jeter, pourtant, de la clarté sur les révoms intérieures. Désormais^ . elles ne sont retracées que la plume inhabile de voyageurs et d'écrivains étrangers, récits obscurs, en lambeaux, laissent dans l'ombre les ennes divisions par familles et par tribus, dont faction
I M. de Gayaogos a public cet ouvfdge en retranchant des parties ^importaient pas à 1-histoire d*E$pagqe : The history of tke Monedan dynasties in Spain by Ahmed ibn-Mohammed al-Makkari, laied by Pascual de Gayangos. London , 4 843^ 2 vol. in-4*. La cation du texte complet de Makkari a été entreprise par MM. Dozy fde^ Dugat à Paris , Wright à Oxford , Rrehl à Dresde^. Ces orien-r et se sont partagé le travail^ et la ^^ partie, publiée par 'right^ a paru à Leyde^ 4855^ in-4«. Voir dans la collection, des An* dt philosophie chrétienne y les différents rapports de M. Joies fv las progrès des études orientales. Nous y avons puisé pour ce egaide ici auteurs magrcbiqs.
propre a bien pu, il est vrai, s'e&acer et Torigine tomber dans l'oubli.
§ 4«'. — MOULÉ ISMAKL Ç-SBMDI (II7S-I7S7).
Pm DE Moulé tlscitiD. — Immédiatement après la conquête de Maroc, en 1668=1078—9, Moulé Rechid eut encore à subjuguer la tribu des Chabani, montagnards descendants des milliers de prisonniers de guerre espagnols qu'autrefois Yacoub ol-Mansour avait employés à la construction de Maroc et de Rabat. Son neveu Ahmed les vainquit et lui n'eut qu'à recevoir leur soumission. Il marcha en* suite au cap d'Aguer avec 75,000 hommes armés de sabres, de massues et de flèches, etde là, contre le Sous. Il s'empara dllekh, abandoBnéepar le marabout Sidi AIi. Le (hii( le poursuivit jusqu'aux confins du désert ; mais alors, il . se trouva eh face d'une nombreuse armée de noirs, qui refusèrent de livrer le fugitif, et il jugea prudent de rebrous» ser chemin. Beaucoup de noirs le suivirent, cédant à ses démonstrations amicales. Tranquille possesseur d'un vaste empire, il inaugura un gouvernement de terreur, qui assurait la sécurité publique contre tout danger, excepté contre ses propres excès. Il faisait volontiers le métier de bourreau. A la prise de Fez, pour obUger des femmes à lui donner Targent qu'elles possédaient, il les fit approcher d'un cofl're à l'ouverture duquel leurs mamelles furent placées; puis il monta sur le couvercle et arracha ainsi les aveux qu'il désirait. Un caïd lui dit un jour : « J'ai vu un sac de noix perdu sur le cliemin. » — « Comment as-tu su que c'étaient des noix, demanda le cherif ? » — « Je les ai touchées du bout du pied. ■ — « Eh bien! que l'on coupe le
îd du caïd; » li faisait lever lés impôts par des troupes, i punissaient toute résistance par le pillage. Il épargnait ; pauvres, mais il dépouillait volontiers les riches. On lui ît la construction de plusieurs châteaux dans les proices, entre autres, d*un petit fort carré et isolé à Rabat, s neveux ourdirent au Tafilet une conjuration contre ; le gouverneur de Fez, un renégat, dans lequel il avait s sa confiance, trahit le secret. Les conjurés furent *arèsy envoyés à la forteresse de Tasa, et enfin punis dé )rt. En 1671=108S, tandis que Rechid voyageait et issait dans le Rif, son neyeu Meherès, gouverneur de iTOC, résolut de se déclarer iiidépendant. Un caïd qu'il lit. mis du complot et chargé de préparer un refuge à B, en cas d'insuccès, avertit au contraire les gouverneurs s ports de mer de fermer Tentrée au rebelle, dont il fit [inaitre en même temps les plans à Tempeteur.. Meherès, rti de Marocf^ ne trouva plus aucun asile ; on lui barra la lie des presidios, et il tomba Jàu^ liiains de Rechid, qui ula au Tafilet. Peu après, à Toccasion d'une fête, Temreur s'enivra, monta néanmoins à cheval pour une fandà. et fut jeté à la. renverse ; la tête porta côptre un inger. Il en mourut le 27 mars i 772 = fin de dsoul ia; 1082(1).
ÀvÉïiœiiENT DE Moulé Ismael. Il combat sox neveu Ahmed. A la nouvelle de la mort de Rechid, l'empire se divisa. il frère. Moulé Ismael es-Semin ou le Gras, gouverneur Méquine2, où il vivait dans l'indolence, marcha vers Fez y entra non sans quelque résistance. Il dut même tirer Dire la vieille ville des coups de canon chargés avec les
i) Chenier, III ^ 360. Francisco de San-Juao del Puerto, liv. V^
débris des chaînes des esclaves, à défaut de projectiles cqhvenable3. Un enclave de Malaga, Fernando del' Pino était son principal conseiller. Le chenf ordonna d'abattre le mur qui séparait la ville haute pu la neuve du vieux Fez. Moulé- Arrani, frère dlsmael, n'espérant plus y entrer, se rendit à Tafilet où il fut proclamé, et son neveu Ahmed partit pour Maroc, dont le caïd Kara lui avait assuré l'obéissance, ^oulé Ismael, aspirant à rétablir l'unité de l'empire, marcha d'abord contre Ahmed; la rencontre eut lieu à l'est du Doukkala,>au pied du Djebel-Khader, sur la rive gauche de la rivîère des Noirs. La victoire ouvrit les pçrtes de Maroc à Ismael i[ui, n'y trouvant plus son neveu, tua Karra d'un coup de sabre. Ahmed, blessé d'une balle à la cuisse, s'était enfui dans la montagne ; il gagna péniblement Tafilet. De là il repassa dans le nord, vers Tasa, qui le reconnut pour empereur, ain^i que l'ancienne Fez . Le puissant parti d'Ahmed se fo^ tifiait à la faveur du mécontentement des troupes mal payées par Ismael et habituées aux largesses de Rechid. Il fut en-
core appu}^ par le caïd Gailand, que nous avons vu se rêfiigier à Alger et qui revint avec des Turcs souleverle Gharb. Ismael avait marché sur Tasa ; il se retourna contre Gailand, le.tua du côté d'Alcazar Kebir et fit promener sa tête au bout d'une lance. Le vieux Fez se soumit par le conseil du marabout Sidi Abd-el-Kader el-Fasi, qui passait pour connaître l'avenir, et Ismael jura sur le corps de son frère rapporté de Maroc à Fez, d'épargner les habitants; mais il prit aussi ses garanties en les désarmant.
Guerres daihs le sud. Prise de Maroc. — Au commencement de 1674 — fin de 1084, Ismael était en présence de l'armée d'Ahmed, non loin de Fez. Les désertions obligèrent Ahmed à se retirer. Il se rendit dans le Dràa, et son oncle vint à Maroc jiour pacifier le pays et lever des im-
p6ts. Une cruelle guerre lit plier les indomptables Chabani de l'Atlas, les tribus du Hafaa et du Chaouia, qui fermaient par des abatis d'arbres les passages de leurs valléeà. Le cherif, revenu à Fez, imposa aux habitants une contribution de 33 quintaux d'argent, dont l'un représentait environ 10^000 francs en monnaie réelle^ et 6,600 francs comme monnaie de convention.
Ahmed, retiré au Dràa, n'avait pas renoncé à rentrer en lice. Appelé par Taroudant et des montagnards de l'Atlas,, il prépara son entrée dans Maroc par les intrigues de sa mère et de son épouse, qui étaient dans cette capitale. Une nuit, les habitants furent tout surpris d'entendre les moueziins chanter la prière au nom d'Ahmed, du haut des minarets; et, croyant ce prince dans leurs murs, ils ne firent aucun mouvement. Ahmed y entra sans coup férir (167S= 1066). Ismaêl se hâta d'envoyer de Salé, contre lui, son général MessaoudGerari (Djilali), qui fut surpris dans une embuscade et rejeté sur la rive droite de la rivière des Noirs. Ismaêl se mit en campagne; mais son armée souffrit beaucoup, au milieu des provinces épuisées de resisources, et il faillit périr victime d'un complot. Ahmed s'était retiré i' Maroc, par crainte, de trahison ; il laissa son oncle cherdber yainément un appui chez les Berbères de l'Atlas et au eip d'Aguer, où ses cruautés l'avaient mis en horreur. Enfin, une bataille se livre à une étape de Maroc; Ismaêl est défait, mais il revient sur les vainqueurs, qui s'abandonnent i la joie au lieu de le poursuivre; et, vainqueur à son tour, 9 force Ahmed à se renfermer dans Maroc. Le siège de cette capitale, tropvaste pour être entièrementinvestie, tratnaiten longueur; Ismaêl avait tenté inutilement de s'emparer de son neveu partrahisondansune entrevue et échoué dans une escalade par ^rprise ; en vain se procurait-il des ressources en
massacrant, pour confisquer leurs biens, les dieikhs te provinces qui, i l'exemple de Sidi Seinegh, gouverneur de Tedla, s'unissaient à lui; ses approvisionnenielits étaioit incertains, et de vigoureuses sorties lui enlevaient se» pria*» cipaux offîeiei^s (i677— 1088). Son frère, Moulé Arraai, ni de Tafllet, vint à pix^s réconcilier l'oncle et. le neveu, qd fut reconnu souverain du Dréa. Mais Ismaôl, irrité de troo* ver à Maroc le trésor et les magasins vides^ arrêta son frère, envoya un corps d'armée au Tafilet^^et livra la ville au pliage, malgré la foi jurée.
GiJEiùiEGONTR]& Mohammed el-Hadj. — Un soolèvemeat des populations, entre Méquinez et l'Oum-er-^Bia, spéciale* ment chez les Chaouia, le rappelle aussitôt dans le nord. \k fils du caïd Ebn Abou-Bekr, Mohammed elr-Hadj ebn- Abdalkh, revenu de la Mekke et de Constantinople, et appuyé du divan d'Alger, se trouvait à la tète de 60,000 honmes, réunis avec une facilité qui accusait le caractère odieuK du cherif. Mais il ne put tenir <u)ntre l'artillerie et la discipline de l'armée d'Ismad. Dix mille tètes coupées et envoyées à Fez et à Maroc répandirent au loin la terreur.
Le CHERiF À Méquinez. — Retiré à Méquinez , Ismaêl s'occupa d'achever de grands travaux et d'orner le palais où on lui apportait de toutes parts de riches présents. U repos de ce scélérat fit le tourment des esclaves chrétiens, voués aux travaux les plus pénibles ; cependant il ne les faisait pas mourir et les traitait moins durement que beaucoup de ses sujets. Son insatiable luxure peuplait le harem de milliers de captives, et sa cruauté se repaissait du sang humain qu'il se plaisait à répandre lui-même par pur caprice et sous les prétextes les plus futiles. « Chiens ùb Maures, disait-il a ses ofliciers, faites comme les chanwaux de mon empire, qui me servent sans me rien demander. >
;)l s'ajouta celui de la peste.
! an 1678=1088-9, elle sévit nicva quatre millions d'ha-
— Le cherif épargné alla
pur dans les montagnes du
Iterbères se refusèrent à lui
:ile un soulèvement excité au
rani, dépouillé de ce royaume,
I Atlas, rencontrant soumis*
f^s de la part des tribus ber-
suUait de leur position topo-
n chameau, vieille tradition
l'alliance, et le cherif menaçait
en pâture au\ chrétiens, don^
il une idéç monstrueuse. L'ar-
, perdit des milliers d'hommes ;
lurent abandonnés aux monta-
i ère -garde.
oiRS ou BoKHARi. — Arrivé de
I un coup de pistolet cassa le bras
Kileli, qu'il fit ensuite traîner,
i?uf, pour le punir d'exactions et
< en son absence. II réorganisa son
tire, dont tout le devoir consistait
us absolu et le plus aveugle aux
■an. n maria ces Nègres, leur as-
ira au maniement des armes et les
le SidiBokhari (1679=1 090). Cette
lue jusqu'à nos jours; mais son im-
aème a toutes les époques (1).
MouiA Ahmed au Soubah septentriokal. — Moulé Aiimed, neveu de Moulé Ismaêl et son vassal au royaume de Prâa (1), dominait sur le Sous en 1680==d09i , par suite de son mariage avec la fille d'un cheikh de cette contrée. D entreprit, avec le secours des Arabes du désert, la conquête du Soudan , qui depuis Ahmed el-Mansour (2) s'était affranchi à la faveur des guerres du Magreb. Les armes à feu assurèrent la victoire au cherif ; il prit Tagouret, Tune des capitales du pays, et fit la paix avec le fils du roi de Soudan, à la condition que iO,000 esclaves nègres lui seraimit livrés à la frontière du Dràa. Il ramena cinquante chameaux chargés de richesses, et surtout de poudre d'or. Moulé Ismaél reçut une part de ces dépouilles. ' Méqudœz. — Le cherif s'occupait de construire, d'abattre iet de reconstruire, sans plans arrêtés, en même temps qu'A créait la garde noire. Le sang et les sueurs des esclaves et des Maures ont servi, dit un des missionnaires de ce temps, a délayer le ciment, et leur corps est entré en plus d'un endroit dans les matériaux de la construction. On distingue, parmi ces ouvrages, le grand palais et la casbah, où logeait la nombreuse famille du cherif qui, en 1703, ne comptait pas moins de 4,000 femmes, 52S garçons et 342 filles. A cette casbah ornée de tuiles vertes mais d'une architecture d'ailleurs médiocre , se rattachaient quatre • mosquées, des galeries peintes, pour la promenade des femmes, d'immenses jardins avec des pièces d'eau. Notons encore l'alcazar, moins grand que celui de Fez, mais où l'on vendait également les plus riches tissus d'Europe; le khamiz, marché hebdomadaire, réuni à la ville par une rue
(\) PagetU.
(S) Page iTS.
décorée de fontaines ; le parc d'oliviers, symétriquement plantés, ceint d'un mur d'un périmètre de huit lieues, bien arrosé, garni de vignes et d'autres plantes.
Intérêts européens. Évacuation de Tanger. — Que de*venaient les intérêts européens au Maroc? Les Anglais, établis a Tanger, cherchent; à nouer de bonnes relations avec le cherif ; mais il se défie et ne permet à leur ambassadeur de venir à Méquinez que par Salé. L'ambassadeur ne Voulut pas subir cette humiliation. Moulé Ismaêl, qui défendait d'abord d'inquiéter Tanger (1), layit d'un mauvais œil, et les caïds des environs, principalement celui d'Alcazar, Amar Hadou, la tinrent en alertes perpétuelles. Pendant la peste dont nous avons parlé, Amar prit des ouvrages avancés, un canon, que le cherif reçut comme un glorieux trophée (1678y. L'année suivante, Ismaêl remporta lui-même un succès semblable, mais perdit ensuite 4,000 hommes. En 1680, il renouvela l'attaque, mais rencontra une héroïque défense, qui emporta du reste une grande partie de la garnison. Le gouverneur s'était vu' forcé de faire sauter le fort Charly, pour se concentrer à la casbah. L'Angleterre se fatiguait de cet^ situation ; Charles n n'obtint pas les subsides nécessaires à l'entretien de la place, et on l'évacua en 1684.
En vain, les Portugais demandèrent qu'elle leur fût rendue, au moins dans l'intérêt général de la chrétienté contre b piraterie. L'Angleterre, avec l'égolsme qui la caractérise, la livra aux Maures, après avoir fait sauter le môle et presque toutes les fortifications (2). Elle commettait une double bute; mais bientôt elle le comprendra, en ce qui concerne
(0 Belati&n curieuse des États du roi de Fez et de Maroc, par M. le ^•y(^ y a fait un s^our de mngt<inq ans^ p. 3. Paris, 468S. (2) H. Thomassy, Le Maroc et ses rarav^y p. 430.
ses ii^téréUi et se dédommagera en s'insiallant à GibvalUr. I^ écrits sw Tanger avaient pourtant éclairé U questioiif et leur nombre montre assfii:^ que la çlairvajaaoi^ ax4;irâe neifu^t ç^. tout ilait en AèM^ (!}•
L'Espagne perdit la Namouire w 1^1- Cette plK^^ mA gardée capitula, lorsque sea^ ouvi^ages extéiieufa ewent été piîs de vive force. Le eherif y trouva omt piëcea d'aftUleria* Laniche succomba en 1689, après d^ux aw, d'aubreii diseaA cinq mois de siège,, et la garnison prisonnière iut rendue i. raison de dix Maures pour un chrétien. Melilla, défendue par D. Francisco Moreno, résista » en 1687^ à deaatUr ques dirigées par des ingénieurs que. la France en guem avec TEspagne avait mis au service des Maures, dont Isa teiïtàtives échouèrent de nouveau en 1696. Mais Ceuta éUit le point qu'Lsmaêl avait le plus à cœur de ravir mx ducé/f tiens. En 1694-1105-6, il ordonne au caïd de. Této^ian, du Kif et du Crharb, Ali ebn-AhdaUab, d'assiéger cette villepar terre, à défaut d'une flotte qui la pût bloquev par mer. U gouverneur, manpiis de Valparaiso, demaoda des setcoa» en Espagne, tint la garnison sur pied, arma même les prôtrès les plus âgés. A la revue de ses forces, il comptait 600
(t) L. Addison, A discourse touching Tangety ocb thèse ncads: 4"lhe service Tanger bas already rended to the crown; î* what service it may render if is improved; 3» Ihe mischief it may do us if passed by aoy other powerfiil prince ; 4' some gênerai observatioos touching trade in a letter to a person of quality. London, èôSÛ, in-12. A discourse conceming Tanger. Londres, 4681, in-4**; Londres, 4685. Addison, père du célèbre J. Addison, était chapelain de la garnison de Tanger; il a écrit encore : West Barbary xvith a short narra-' tive of the révolutions of the kingdoms of jFez. and Maroc. Oiford, 4 67 1, in-8'. Beaucoup d'autres écrits furent publiés sur l'occupat^^D anglaise de Tanger.
fantassins^ 80 cavaliers, 60 artilleurs; lUd ecclésiastiques, qudqoes oÎTils et quelques dêstertados. Le siège commencé en octobre 1694z=il 06 durera - yingt-siic ans et coûtera 100,000 hommes à Moulé Ismaêl. Nous n'en smvrons pas les incidents : qu'il suffise de dire que les Espagnols attribuèrent souvent leur salut à une protection particulière de Nuestra Senora de Afirica. Une fois, en 1695, les assiégeants s'étaient; rendus maîtres, par. surprise, d'une partie des fortifications.' La cloche d'alarme leur inspira une terreur panique (1).
La France atteignait alors un degré de puissance qu'ellet n'égala jamais, méflo^e sous le premier empire; car elle àvaii la prépondérance sur mer comme sur le continent. Ne por^ tant pas ombrage au dierif, puisqu'elle n'occupait aucun point de son territoise, elle trouyait un accès facile aux négociations commerciales, et sarait punir les pirates qui les entravaient. En 1680, le chef d'escadre Rousselet de Chà^ teau -Renaud bloque Salé; il recommence le blocus l'année sniyante, et le bakem de Tétouan El-Hadj Temin est alors envoyé en France sur l'escadre pour conclure vin traité qui fut signé à Saint-Germain, le S9 janvier 1683. Temin eult le plus grand sueeés dans les bals à Brest, Vannes, Nantes, Angers, Blois et à la cour. Par ses flatteries fines à la fois et. hyperboliques,, comme les Arabes savent les improviser, il sut plaire au grand roi et réveiller soa goût blasé sur les louanges. D intitula son recucâl de notes sur Paris, le Livre des Miracks.
Louis STV, à son tour, envoya comme ambassadeur au Maioc, le comte de Saint-Amand qui, le 2 octobre 1682,
(}) Je tire ces notés d'un manuscrit sur Ceuta^ que je ddi^ à la bien- ^eillaace de M. Diego de Palacio, prêtre de la cathédrale de celle ville. ^'^ puisé plusieurs fois à la même source.
arrivait i Tétouan sur le Vaillant de soixante canons, commandé par de Beaulieu, et le 30 i Salé: Saint-Amand se rendit au camp du cherif , écarta les discussions religieuses qu'il provoquait, échangeii des compliments où Ton semblait rivaliser d'exagération, et offrit les présents de Louis XIV : deuxfusilsouyragés^ deux grosses peùdules, objets du goût constant des rois africains , deux douzaines de montres^ douze pièces de brocard d'or et douze de drap d'Âligle terre. Au retour, un Maure blessa quelqu'un des gens de Saint-Amand. Bingaya (Ebn-Yahia), fils du cberif, abattit trois tètes dans la foule, sans s'informer s'il frappait le coupable; il eût continué, si l'ambassadeur eût voulu; car il lui demanda un billet à décharge, dans la crainte que son père ne s'irritât du trop petit nombre des victimes (1). Ismael n'avait rien voulu ratifier au sujet du cotnmerce ni des esclaves, et, quoique les ports du Maroc fussent ouverts à nos navires, toutes les relations restaient précaires, à cause de la piraterie qui n'avait pas de frein. En 1601, lé cberif disposé à de nouvelles négociations, ne les voulut pis entamer avec Estelle, simple marchand accrédité au Maroc, et Louis XIV lui envoya Pidou de Saint-Olon comme ambassadeur, en 1693. Pidou échoua, pour n'avoir pas su comprendre la condition religieuse du cberif, auquel il demandait une alliance mutuelle contre les Algériens, et qu'il ne traitait pas sur le pied d'égalité avec le sultan de Constantinople. Enfin, il ne se prêtait pas aux vues d'Ismaêl, qui désirait avoir en aide la flotte française pour le siège de Ceuta. Il ne fit donc rien pour le commerce ni pour le rachat des esclaves.
Le commerce français reste dans une condition précaire,
(•) Petig de la Cmix, Relat. univ.,i, I, p. 459,
favorisé parle juif Maymoran puissant à la cour^ contrarié parBen-Achc ouEbn'-Aissa, amiral à. Salé partisan, des Aillais qui lui ont rendu la liberté sans rançon. Celui-ci fit passer le consul français Estelle pour un espion, et peu s'en fallut que le cherif n'agtt en conséquence. Quand la paix de Ryswyk, signée en 1697, eut manifestement élevé Louis XIV au-dessus de ses adversaires. Moulé Ismaêl rechercha sérieusement son alliance, et, en décembre 1688, envoya en France Ebn-Âlssa. Cet ambas^deur excita le plus vif intérêt à la cour et Ton admh^ partout son caractère et son intelligence. Le Mercure galant recueillit les phrases piquantes par lesquelles il exprimait sa pensée sur les merveilles de la civilisation française. Du reste, il ne conclut rien, parce'que les commissaires royaux ne puretit lui faire admettre le rachat des esclaves de part et d'autre à prix d'argent. Le dherif eût voulu l'échange pour • ne rien débourser; la France exigeait une rançon, pour que le cherif^ peu soucieux des galériens marocains, les laissât sur les galères françaises, où ils rendaient de grands services : ces navires, allant contre le vent, étaient les bateaux i vapeur de l'époque. Revenu à Méquinez avec des lettres de Cassini pour les astronomes de Fez et de Maroc, Ebn-Alssa demanda officieusement en mariage pour le cherif la princesse de Conti, fille de Louis XIV et de mademoiselle de La Vallière. La cour s'en amusa beaucoup, et les poètes firent des vers sur ce sujet (1) ; mais, pour ne pas blesser le cherif, on
(0 ^* B. Rousseau composa les suivants :
Votre beaoté, grande princesse .
Porte les traits dont elle blesse Jasqaes aui pins sauvages lieax ; L*AfHqae avec vous capitale, Et les conquêtes de vos yeux Vont plus loin qae celles d*HercaIe.
— 5iS —
r^mlii que la différenee des mœurs et.de Im rdigîon s'opposait à une telle union. Le commerce français coDlimu dans les conditions du passé. On estime qu'a Salé seulement il feisait environ 300,000 firancs.de bénéfice annuel. Il i» portait surtout des tissus divenr, et il exportait des lainety des cuirs, de la cire, du cuivre, des dattes, des amandes, des plumes d'autruche, des ducats d'or pour le commerce da liCva^t, la galène pulvérisée ou l'alquifou. Rou^i et les villes de l'ouest vendaient par an pour plus de 200,000 livrai de toHe ea Afrique, 4 Salé, à Tét(>iian, Safi et Sainte* Çro«:(l).
ExnfeiitiON DB TLSMCKff En 1700, Moulé Isnad^e»-
tireprit la conquête de Tlemcen, soit avec l'intention d^eor trer dans les vues de Louis XIV, soit par un siqiple mouv»* ment d'ambition-ou pour reprendre un état que les souverains du Magreb extrême ont toujours convoité, lorsqu'il venaient à le perdre (2). Il s'avança jusque vers le territoiri des fieni-Amer, au delà de Tlemcen ; mais il fut battu aa ZenbôudJHel-Aousat, forêt qui' a d^uis gardé son nom, sa raénK>ire du désastre qu'il y éprouva. Les I>ouairs et lesAbii Garabas et Cheragas, dont se composait son armée, s'engagèrent en partie sous les ordres du bey Must<^>ha Bou-Cbelarbem, l'Homme à la moustache.
(4) Thomassy, Le Maroc et ses caravanes, ch. 4, où les négoclatioBS précédentes sont exposées fort au long. Nous avons de Pidou de Sainte Olon : Estât présent de l'empire de Maroc. Paris , 1694. in-12, reproduit sous le titre de : Relation de Vernpire de MaroCy où Von voit la sittiation du pays, les mœurs, coûtâmes , gouvernements , religion et politique des habitants. Paris, 4695. La Haye, 1698, in-IS.
(2) Nous suivons la date marquée par M. Thomassy, d*après ooe étude des pièces du ministère des affaires étrangères. M. Walsin Esterbazy, qui a suivi les traditions de la province d'Oran, met le fait en 1707— 1 136. La date varie encore dans d*autres auteurs.
Les Ahglus a QiBRuua. Décadent w L'mrLUBNCB I1IAIIÇA19E. -*% EaTabseiiee du eherif» son ûklMtoulè AfftÉ, gouverneur de Méquiuez, oUigea Eto-Alasa^ par b bastonr** nade et en lui serrant les toinf>es avec un oinrelede feu garni de pointes, à.l|Ai donnes unepairtie de ses trésora plus ou moins bieaacquis.La disgràee>4e cet ancieii ambaasadeurv ami de la Franoe depuis qu'il rayait visité^ rinduenee ao^ qoise ensuite par un misérable renégat protasta«t, Pillet, igji trabit sa patrie.au profit de l'Angleterre» Timpeissibililé où était la France d'épouser la cajose dlsmaël contreCeuta^ rétablissement des Anglais à Gibraltar firent aux, Fntfiç^ift une position désavantageuse au coaufpencemenCduxmi^ siècle. La peste de Provence,, en ITSKh viendra encore aggca** ver la positioadenotre commerce. Les Anglaissurprimt Gi-> bidtar gardée par quelqpiesL soldats, en 1704, pendant la guerra de la succession d'Espagne ; iU ne la tenaient, di-^ sai^t*ils, que pour L'archiduc d^ Autriche; mais en^l713^uit tnité d'Utrecht, abusant de son rôle 4'arbitre de l'Europe^ l'Angleterre se fit céder la propriété absolue de ceU^ def de. la Méditerranée. Gibraltar a tracé la yoiede k» politique iDgiaise. Elle fournit dès ce BU>ment des munitions pour le si^ de Ceuta». Déjà elle avait trahi un caractère^ qui lui fait peu d'honneur, en adressant, lors de la prise de Gibraltar, au DDarquia de Gironella, gouverneur de Ceuta, un message qui. lui proposait de trahir son pays et de livrer la place confiée il son honneur et a son dévouement, Il fit aux Anglais la réponse qu'ils méritaient, et redoubla de soins pour la garde ie la ville. Prôtres et ^naines ne dépesaient pas plus les armes que les soldas.
En 1665, l'Angleterre avait obtenu le renouvellement de ({uelques privilèges obtenus dès 1585; mais ils ne furent concédés en forme de traité qu'en 1721, sous George P'.
Une convention en 15 articles fut signée à Fez le 23 janvier, (in de Rabi I^ 1133, par Charles Stewart et Albomazar. Moulé Ismaêl dédare qu'un navirç anglais arrivé dans un port de Maroc avec une cargaison impossible à véridre dans ce port, la peut transporter dans xxh autre sans payer de nouveaux droits^ Les Anglais auront un cimetière à eoz la où ils sont établis, et ils peuvent librement voyager par terre.L'empereur seul jugera le cas d'une dispute entn un Anglais et un musulman. Tout Espagnol de Gibraltar ôa de Mahon, voyageant avec passe-port sous pavillon anglais, ne sera ni arrêté ni molesté (1).
La Hollande s'efforçait de marcher de pair avec t'Anf^eterre et la France; L'an 1684=1095, les stipulations qu'db avait faites avec Salé, en 1651, furent étendues à tout le Maroc, et confirmées le 18 Juillet 1692=dzoul cada 1103. Elles prouvent que la politique hollandaise ne le cédait ei^ habileté à aucune autre ; nulle puissance n'avait encore obtenu d'égal succès. Les Hollandais ne payeront de droits que pour les marchandises vendues , et ne payeront rien pour l'importation des armes et munitions de guerre, qoe les lois européennes interdisaient. Les Hollandais, tantdirétiens que juifs, sont admis à commercer au Maroc. Les bitiments de cette nation ne seront ni visités ni molestés en mer; et pour Texamen des papiers à bord, il sera fait pir deux hommes seulement, conduits dans une simple dialoupe. Les ennemis des Hollandais ne pourront vendre au Maroc les prises faites sur eux. Le Maroc n'exercera aucun droit de naufrage sur les navires de cette nation ; elle ne sera pas inquiétée par les croisières des corsaires maro-
(\) Les Anglais avaienl pris Mahoa, en 4708. Voir la coUecUoodes rdiiés d'Hauterive.
sains. A Vairivée d'un bâtiment de guerre hollandais, les oiailres d'esclaves seront prévenus; si un esclave ensuite se sauve à bord, et que le capitaine du bâtiment prétende qu'il n'y est pas, on s'en tiendra à sa parole ; si cependant on ^ sûr du contraire, on priera le consul hollandais d'obtenir des États généraux une indemnité pour le maître de l'esclave. Désormais, nul Hollandais, chrétien ou juif, ne s»a réduit en esclavage; pour ceux qui se trouvent dans cette condition, les États ont droit de les racheter quand ils voudront, sans qu'on puisse s'y refuser, et à un taux raisonnable, pour la fixation duquel l'empereur mterviendra au besoin. Le Maroc ne prétendra rien sur la succession des Hollandais morts en Afrique, même ab intestat. Le consul de Hollande sera le juge de ses nationaux pour les affaires civiles et criminelles. Le Hollandais qui aura offensé un Maure, sera soumis à la législation qui régit les Maures eux-mêmes. S'il se trouve sur un vaisseau ennemi à titre de passager, il ne lui sera fait aucun mal, en cas de capture du bâ*^ timeat.
DiVISIOlf DANS LA JPAMÏLLR DU CHERIP. -^ Au chagriu qUO
Moulé Ismaêl éprouva par suite de sa malheureuse expédition contre les Turcs, se joignirent des peines domestiques liès-graves. La négresse Lelîa Sidana, une de ses femmes, ébingla par jalousie une autre femme géorgienne d'une grande beauté, achetée à Alger et dont le cherif avait eu Moulé Mohammed.Celui-ci, envoyé au royaume de Sous près de Moulé Cherif, successeur d'Ahmed, se révolta contre son père, qui avait consenti à l'assassinat de sa mère injustement accusée d'infidélité. Il s'empara de Maroc, mais fut ensuite battu par Moulé Sidan, fils de Sidana; réfugié à Taroudant, il fut surpris et arrêté hors de la ville par des Bokhari qui, n'osant verser le sang d'un cherif, s'emparèrent
lie Im en toupMt les jambes de son ehetal; Moulé UêêêA yini au-derant du prisonnier tnir TOued-Belit. Là il loi ft eeoper la main et le pied dmit. Dans cette ciiMitttanoe, • Ismael décapita un boucher, qui âyait refusé d'être lebovitAui d'un dierif, et il tua d'un coup de iiisil celui <pii ci "< rempUt la fonction. Son ftb mutflé eut encorie laloree ft lui reprodier cette contradiction. Mobammed raoiené i Itequinez, mourut peu après et on lui éleva un toinbM . somptueux (i706=:1135). Moniè Sîdan âchent de réduire -les rebelles par la prise de Taroodant, où il commit defe ^ cruautés dignes de son père. Les tribus qui redoutaient a 1 visite^ se transportaient dans les montagnes ; tes habitante de Santa-Cruz révacuèrehl, sauf une TÎeille femme et tti juif aveugle que ses soldats égorgèrent. U refusa de rentMi Méquinez, malgré les instances de sa mère, et Moule^famali simula en vain une maladie pour l'y ramener. U y eut mène quelque soulèvement dans la ville, parce qu'on crut le ché* fif mort, surtout quand on vit Sidana sortir du palab, mie lance à la main, pour rétablir Tordre. Ismael se montnet l'on feignit une grande joie. 11 ne put se débarrasser de Sidan que par Tintrigue et le fit étouffer par ses femmes pendant qu'il était noyé dans Teau-de-vie. Le cadavre fat npporté à Méquinez, où son tombeau sert d'asile aux crimtneis. U n'est pas besoin de dire que tous ces scélérats sont vénérés comme des saints, la sainteté pour les musulmans étant physique ethéréditaire. Le juif qui fournissait l'eau-devie i Sidan, les huit femmes qui l'étouffèrent entre deux matelas furent égorgés par ordre de Moulé Ismaèi, auqnel pourtant elles avaient obéi , et Sidana obligea trois d'entre elles a manger leurs propres mamelles avant de subir b strangulation.
Abd-el-Melek, frère de Sidan, reçut alors le gouverne-
ment du Sous (i 721 =4133-4). Il ne tarda pas à se conduire en souverain indépendant et refusa aussi de revenir a MéquineK, malgré la promesse d'y être proclamé empereur. Le vieux cherif, impuissant à conduire une armée, se résigna, mais choisit pour héritier Moulé- Ahmed ed-Dehbi, au pré^ judice de ses fils aines Abd-el«Melek et Ahd-Âllah.
Levée du siège de Cbuta. — En 17S0=:1 132*3, Philippe V avait expédié des renforts à Ceuta pour que l'on prît l'ofiTensive contre les Maures , mais la garnison fut ravagée par des maladies nées d'aliments corrompus. L'année suivante, il força les Africains a lever le blocus commencé depuis 26 ans et dirigé longtemps par le caïd Ali ebn-Abd- AUob. Ce blocus avait ainsi duré parce qu'il ne coûtait rien au cherif, qui renouvelait seulement un détachement de la garde noire; les contingents des provinces y venaient passer ^in mois à tour de rôle et les juifs fournissaient chaque T^dredi une contribution de poudre que Ton dépensait avec beaucoup de fracas inutile. Le marquis de Lèves, envoyé avec une escadre et une armée, attaqua l'ennemi au centre, tandis que ses vaisseaux dirigeaient des feux sur les flancs. D les chassa de leurs retranchements et les poursuivit quatre heures dans les gorges profondes du pied de la Sierra Ballonès. Quatre drapeaux, vingt-sept pièces d'artillerie et des munitions furent les trophées de sa victoire (1).
La PRÉFECTURE APOSTOLIQUE ET LES RÉDEMPTIONS SOUS LE
lÈCME DE Moulé Ismael. — Malgré l'état de guerre avec rEspagne,la préfecture apostolique de Maroc et de Fez subsistait entre les mains des diéguistes espagnols. Cela semble extraordinaire; mais ne voit-on pas de mùme les relations
'h) Calderon^ Ma/tual del ofkial en Marruecos , etc., p. t^, Madrid, 1841, iQ-S*.
entre le Maroc et des peu-
• .i*. tA^r^waaesïi ne peut parvenir à traiter avec
..- . a«É*Kr . uie politique régulière chez des bar-
- — UMCMÉA. j./-siitat que les nations civilisées n'ont
: .«^^c ^.^^iu. X iberté des transactions particuh'ères
.a».^ ,— Tîrr? -.-aiT? gouvernements.
r -.^nâciM' -îï-tfai paisibles dans les régions de rinlé-
*^ ^* ^cwff «a» i»«- fb^ ^Tis, et jusque du côté de Tedla {!;.
r ivenemcnt de Moulé Ismaël avait (ait