L .^k> expulsés, mais renvoyés de Maroc à
. t ^rt-n vov'vntrases esclaves. Hs quittèrent Maroc
.z.^moM -rs- -jTE'-s >ur les sépultures de leurs frères;
^-> ^mBUkiii ^3: moins cruel, parce qu'ils laissèrent le
.«M & .c^viMTTiazids catholiques arméniens qui assis-
-.in-:w-ie cette capitale (1672=1183} (2). Le
^w.' ?iHa-.-Au^stin était alors préfet apostolique.
i c^ù e'^ m^mes institutions religieuses qu'à Ma-
, ^c> st!Lr^*ss^ement dans des écuries royales, ila
.4ji«. k ^««w des esclaves, les Pères agrandirent la ^^M,^ ,•= - .tïTr.»?rsojour, et la dédièrent, le 8 décembre. ^-. . -^ .« a f%rissima Concepcion^ son ancien vocable. i4T*i* -•:> iu.\îhaires d'Espagne ; un missionnaire fut . ri^s.aa. un autre à Méquinez^où il vivait dans le «M .«> ,>ciaves. En 1677=1087-8, tous les diê- ;à %K* c f-renl renvoyés à Ceuta, parce qu'il plut ^.««kAOri ie }^Si»^ tolérer que des religieux rédempteurs. % voivfa: los demandé de prendre la place des frè-
a »• >CkVii A un«>s Armcnios catholicos , mercaderes libres, >^ ."£ f lîA , como lo hizleroD^ y hastah oy baa assiV JTiitii}'! historial, elc.> p. G48.
res mineurs, mais seulement de se fixer, comme eux, au Maroc, et de partager leurs travaux. Vers i681, l'autorisa* tion de séjourner plus longtemps dans le pays leur fut reti* rée, et les chrétiens se trouvèrent enoorejprivés des secours spirituels.
La propagande, vivement préoccupée de cette situation, envoya au Maroc, en i684=i095, le P. Geronimo Castel Vetrana, qui était alors préfet apostolique de la mission franciscaine de Tripoli de Barbarie. Ce religieux parlait bien l'arabe; il pénétra, sans sauf - conduit, avec trois compagnons, jusqu'à Taroudant, où se trouvait le cherif, et gagna ses bonnes grâces en prophétisant au hasard le succès de ses armes. Il' rétablit à Fez la mission diéguiste, à laquelle on envoya bientôt d'Espagne quatre religieux (1686).
Us s'installèrent dans l'immense matamore de Méquinez, formée par U arches d'un pont long de 155 vares et large de sept à huit, et précédée d'un patio d'où l'on remontait a la surface du sol par un escalier. Les chambres communiquaient par une porte ouverte dans les piles du pont, et l'eau Dépassait que sous l'arche du milieu. Les esclaves étaient là divisés par nations et dormaient dans des hamacs. Une des salles servait de chapelle. De Méquinez, centre de la mission, des Pères furent envoyés dans les principales villes de l'empire.
Moulé Ismaêl commença vers Tan i688 à devenir cruel envers les chrétiens, mais moins qu'il ne Tétait envers les Maures et ceux de sa famille. Pierre de Alarcon, grenadin employé aux écuries royales, fut décapité pour la foi. Le cherif se ruait à coups de sabre et de lance sur les ouvriers esclaves^ lorsqu'il était mécontent de leur travail, et les nègres de sa race agissaient de môme par ses ordres.
En 1688 et 89, une iipidémie sévit, qui emporta plomun missionnaires et presque tous les esclaves français, nouveaux venus et peu habitués au pain d'orge gité. Le Si novembre, après la prise de Larache, 1,700 chrétiens traînés en captivité portèrent à 3,000 le nombre des esclaves i Méquinez. On en logea dans les bastions de la ville, et d'autres furent envoyés chez les calds des provinces. Les missionnaires organisèrent de nouvelles chapelles et infirmeries. Rien ne peut donner une idée de leur dévouement. Le che« rif fait travailler les esclaves i son parc d'oliviers. Plusieurs de ces malheureux étant morts à la peine, il fait déterrer leurs cadavres , et les esclaves aidés des missionnaires eo portent au loin les morceaux putréfiés. Un crime est-il commis, on accuse les chrétiens, on rend leç franciscains responsables ; on les traîne par la barbe devant le cherif, et ils n'écbàppent cent fois à la mort que par miracle. Cependant les missionnaires ne se découragent pas. L'Espagne leur fournit des fonds considérables. La mission est mise sous la protection du cardinal Porto-Carrero et de ses successeurs au siège de Tolède.
Porto-Carrero dressa un règlement pour assurer le bon emploi des subsides fournis par le roi. Il y aura, outre le préfet ou vice-préfet, douze religieux répartis au Maroc. Environ 700 piastres fortes seront consacrées au culte, mille aux infirmeries, et, chaque année, le compte-rendu de leur emploi sera présenté au roi, avec une statistique des esclaves espagnols. Au commencement de Tannée 1693, la grande matamore du pont de Méquinez fut évacuée et détruite par ordre du cherif, ce qui entraîna une perte matérielle considérable pour la mission. Les Pères achetèrent des masures où ils élevèrent ensuite le couvent, qui fut celui de la mission durant le xvni* siècle, et ils y établirent de suite ub
hôpital de 80 lits. On y voyait des chambres particulières pour les prêtres esclaves et pour ceux d'une condition telle que le cherif les dispensait du travail ; il y avait aussi un bariir et Ton y creusa un puits. Les esclaves, d'abord logés dans des cabanes de la huerta, furent renfermés ensuite dans le quartier des Vieilles Tanneries, où ils vécurent séparés par nations ayant chacune sa chapelle, excepté les Anglais. Hais réglise principale était l'e^agnole. Le culte s'y célébrait avec une certaine pompe : la musique, Tencens, les derges, la musique vocale et instrumentale, les enfants de chœur costumés en anges, les feux d'artiOce rappelaient les fttes d'Espagne. Rome, en i603, voulut élever la préfecture apostolique du Maroc à la dignité d'évèché ; mai3 on y renonça, sur l'observation que l'évèque serait sans doute réduit souvent en esclavage, par l'appât d'une forte rançon : une humble condition donnait aux missionnaires une Uen plus grande sécurité. L'espace nous manque pour tiommer les martyrs et les confesseurs de la foi, qui furent tués souvent de la propre main du cherif; et, néanmoins, il accordait de grands privilèges aux missionnaires. En 169B, liberté de voyager librement dans tout le royaume; en 1699, défense aux corsaires de les réduire en esclavage; affirandnatement des droits d'entrée au Maroc, pour le bagage dei religieux; en 1704, droit concédé aux Pères de rendre la justice aux chrétiens libres ou esclaves : quiconque ne leur obéira pas est voué à la colère de saint André, que les Maures croyaient être parent de la famille d'Edris. Les religieux déclinèrent la charge de juge, qui aurait pu leur susciter de graves embarras, et firent désigner à leur place des dirétiens intelligents. De son côté, le Saint-Siège rewuvdait aux missionnaires des privilèges étendus, surtout idfUiTement à l'absolution des censures et des cas réser-
vés, à la dispense des vœux, hormis ceux de religiou, et des empêchements de mariage (1).
En dehors des travaux de la préfecture apostolique, sous le règne de Moulé Ismaêl, on remarque ceux des rédemp* teurs. Eh i677, les trinitaires établissent des hôpitaux à Fei et àTétouan: au moyen des offrandes de D. Pedro d'Aragon et avec l'approbation d'Innocent XI. L'hospice de Té* touàn fut dédié à l'Annonciation, et l'hôpital à Notre-Dame des Affligés ; à Fez, la fondation fut placée sous le titre de Jésus-Marie. Les trinitaires rachètent cette année o»tt trente-sept captifs et^ en 1680, prennent possession du couvent royal de Ceuta (S). Le P.Monel,du couvent delaMerd deNoyon, et trois de ses confirères firent une rédemption au Maroc en 1681 . Ils vinrent par Ceuta à TétouÀn, où un marchand français, Boyer, leur prêta son concours. Le 22 février, ilssont à Méquinez, et offrent au cherif un miroir bordé de bronze doré, orné de son chiffre en arabe et quatre caisses debellefalence. Lesesdavespayentunblanquillo chacun pour la permission de visiter les religieux, et leur offrent une boateille de vin pour la messe. Le vin était alors proscrit. Od pendait par les pieds, avec une outre de cette liqueur au col, le marchand convaincu d'en avoir importé. Moulé Ismaèl ne voulut donner que quarante-cinq esclaves français pour 10,000 piastres, bien qu'il eût cédé depuis peu les Espagnols pour 130 piastres par tête; il prétendit que ceux-ci ne coûtaient rien à prendre, puisque c'étaient des échappés de presidios. Les Pères, ayant fait d'autres rachats à Méquinez, où ils laissaient cent vingt Français captifs, à Alcazar et i
(4) Mission kistorial de Marruecos, paâsim.
(5) Alexandro de ia Madre de Di09, Chronica de los DekaU/os de k S. Trimdad. Alcala de Henaràs, 4706.
Téloiia&9 bxnat injostement retenus et rançonnés par le ctfd Hamar dans cette dernière ville. Us empruntaient for* dément 1S,000 livres à un juif à 4 p. O/q par lune, quand un maidiaiid grec de Chio^ admirant tant de charité, leur prêta une somme remboursable à Marseille et à un taux modéré (1).
En 1704, 1706 et 1712, plusieurs trinitaires français^ avec le titre de commissaires pour la rédemption des captifs dans les états du Maroc, firent trois voyages dont le P. Busnot, Tun d'eux, a publié une instructive relation. Ils reneontrèrent de grandes diflScultés pour traiter avec le cherif, qui Tciilait trois esclaves maures contre un Français , tandis ^e Louis XIV exigeait le |Med d'égalité. Les Pères, dans me rédemption, payent douze esclaves 4,000 piastres, dont one Tint 4 livres lOsols (3).
A cette époque, un des fils du cherif, sorti du Maroc pendant les guerres civiles, était passé en Espagne et de là en France oà il sollicitait la générosité de Louis XIV (3). Son nom, Pedro de lesus, prouve qu'il avait embrassé l'Évangile, à l'exemple d'autres cherifsquenous avons signaléspréoédemment.
(I) Desmay. Belatiùn nouvelle et pœrtioiliére du voyage des BB. PP. d$ la Heny, aux royaumes de Fez et de Maroc, pour la réimption du eaptifi chrétiens, négociée en 4684^ avec Moulé IsmaéL teify 4 sas, iD-4S. Du nombre de ces captifs élait Mouette , dont Ici irebtnres ont été publiées,
(S) Sons eè titre : Histoire du régne de Mouley Ismaél, roy de Maroe^ Fez^ Tùfilet, Souz, etc., de la révolte et fin tragique de pIu-> nears de ses enfants, etc. Rouen, 1714, in-4î. Description de Bléqiiinet et de Ceuta. Récits intéressants sur les esclaycs et les martyrs de es temps an Maroc. Voir encore Tabteau hUt. et chronol. des Rédemptûms, Paris, 4785^ in-4*.
(3) Tbomassy, p. SOI.
En 1724, led trinitatres français, Jean de la Paye, de li maison de Yerberie, DenisMackar, de celle d'Huy, Henri le Roy, de Bourmont, Augustin d'Arcisas, de Montpellier passèrent à Tétouan par Ceuta. Hè trouyërent l'agent français Meuve i Tétouan ; car le consulat de Salé avait été siip* primé malheureusement par le rappel du consul De la Madeleine, et à la suite des fautes du protestant Pillet qui, attirant Sur les Français des vexations intolérables, les avait obligés à quitter le pays. Pillet, qui fut ensuite renégat, s'unit aoi employés juifs pour rançonner les trinitaires. Ces religieux parvinrent en octobre à Méquinez, où les esclaves françan étaient au nombre de cent trente. Dix pères et deux frères lais franciscains composaient la mission. Moulé Ismaèl, quoique féroce, avait autrefois di^ensé les esclavesde porter la chaîne; il dispensait aussi les moines, les prêtres et la captifs mariés de travailler i son service, et il ne voulait pas de captive chrétienne mariée dans son harem. Les femmes, les négresses du palais ne lui cédaient pas en cruauté. EUei s'amusaient quelquefois à brûler les parties du corps les plus sensibles aux captives qui refusaient d'apostasier. Les Pèfes citent line Portugaise qu'elles traitèrent de la sorte et firent mourir en la forçant d'avaler du plonib fondu. Le 27 ocl. MU, Tesclave Bertrand Massion mourut, après trente-dnq ans de souffrances et de tortures endurées pour la foi. Les coups de couteau, le cercle à pointes de fer graduellement resserré autour de la tète, un saut de 30 pieds de hauteur qu'il fut contraint de faire avec trente autres esclaves, et mille autres tourments n'avaient pu vaincre sa vertu (!)•
(1) Relation en forme de jtmmal du voiage pour la rédemptio'* des captifs atix roiaumes de Maroc et d> Alger, pendant les ann^ 4723. i7S4 et 47î5, par les Pères Jeao de la Paye, etc. Paris. 47t(« in-iS.
S t. — IMMDLt AUID BMHOBII (17)7— l1tt=l1St— 1141).
Moulé Ismaêl mourut à 81 ans, le 23 mars i727=:Chaban ban li39, d'un abcès dans le bas-ventre, après avoir eu de ses 8,0Û0 femmes environ 900 garçons et 300 filles, si l'on ajoute foi aux registres des juifs obligés de payer un impôt i la naissance de chaque enfant du cherif. On dit que sa mort fut tenue secrète durant deux mois pour que son fils Ahmed ed-Dehebi, son héritier désigné, eût le temps de s'assurer la succession au trône. Selon d'autres, il gagna de suite la garde noire, par une distribution de 220,000 ducats, et son frère Âbd-Allah en lui pardonnant généreusement une tentative de révolte (1). Le Doukkala révolté fut promptement soumis. Mais le mécontentement ne tarda pas à se produire contre le cherif. Ed-Dehebi ou le Doré avait un trésor d'une centaine de millions. Avare et crapuleux, il dépouille de leurs bijoux les femmes de son père et passe ses journées noyé dans le vin. S'il diminue les impôts en n'exigeant que Tachour, il ne protège en rien les provinces contre la rapacité des gouverneurs. Le sentiment public lui préfère son frère Âbd«el-Melek ; mais la terreur inspirée par la garde noire comprime quelque temps une explosion qui éclata enfin à Fez, où le gouverneur fut massacré, i Tétouan, oh la fuite du caïd livra la cité aux horreurs d'une guerre civile qui ruina son magnifique palais, dans le Sous et aux environs de Maroc. Moulé Abd-el-
(4) Braîtbwaite^ The history of the revolutiom in the empire of Harrocco, upon the death of MvUey Ishmael. London^ 4739, iD-8% et la Bêlation de ce qui s'est passé dans le royaume de Maroc, depuis 4727 jusqu'en 4737. Paris, 1742, in-42. (Cette relation anonyme est dalUinnlt)
Melek prit Maroc, mais il compromit sa politiqae en dédirant qu'il dissoudrait la garde noire s'il arrivait à l'empire. Cette perspective anima le courage des Bokhari, cpii le battirent et le chassèrent de Maroc. Fez fut ramenée à la soumission; Tétouan, érigée en une sorte de république sous k direction du forgeron Palz, fut disputée entre le padia Abdel-Melek Bou-Sefra et Ahmed, l'ancien pacha, qui la reprit i la tête des Rifains et y rétablit Tordre. Mais Ahmed, pour n'être pas troublé dans sa perpétuelle ivresse, eût consenti à partager ses états avec Abd-el-Melek, si rarroée ne l'en eût empêché. Du reste, un jour qu'on l'avait ramené mort-ivre d'une mosquée où il avait vomi tout son vin, sa déchéance fut proclamée à l'excitation de ses femmes révoltées de ses brutalités. C'était le 22 mars i728. Le iO avril Abd-el-Melek, appelé au pouvoir, entre à Méquinez où son fils commandait en l'attendant. Il exile au Tafilet son frère Ahmed, auquel il voulait d'abord faire crever les yeux. Sa hauteur et sa dureté blessèrent les Bokhari qui redoutaient ses anciennes menaces. Au bout de trois mois, ils regrettèrent d'avoir rejeté Moulé Ahmed et le rappelèrent du Tafilet. 11 se trouva de suite à la tète de 80,000 hommes. Abdel-Melek, assiégé dans Méquinez, s'enfuit à Fez, après un assaut qui livra la ville à l'ennemi et aux excès de toute espèce. Les principaux adversaires d'Ahmed furent cloués vivants aux portes de la ville; 35,000 hommes périrent; les églises de la mission furent saccagées et les missionnaires tués ou blessés. Le renégat Pillet eut la tête cassée et son cadavre fut pendu par les pieds au port de Salé. Fez après trois mois de blocus capitula, et Abd-el-Melek envoyé captif à Méquinez y fut étranglé. Peu de jours après, en mars 1729 =chaban IMi, Ahmed Dehebi succomba a une hydropisie. Ce cherif continuait dignement les traditions de son odieuse
ille. n tuait un esclave coupable d'avoir trop serré $• tabac dans sa pipe et faisait arracha toutes les dents à une de ses femmes pour le moindre déplaisir. Le pouvoir restait i la discrétion de la garde noire,* dont Vomnipotence capricieuse rappelle singulièrement à cette époque celle des janissaires d'Alger et des mamelouks égyptiens.
Tandis que le Maroc était en révolution et divisé entre les deux cherifs, John Russel, consul général d'Angleterre au Maroc, retenu à Tétouan,^ eut beaucoup de peine à négocier un traité qui fut signé le i 4 janvier 17S8=riill. Ce traité complète celui de 1721 : les Marocains maures ou juifs sont autorisés* a séjourner un mois à Gibraltar et à Mahon, quand ils y viennent pour le commerce. Les sujets anglais au Maroc relèvent du consul et non du cadi. Les domestiques maures ou juifs des sujets anglais sont exempts de toute taxe. Tout Anglais pris sur un bâtiment ennemi doit être envoyé à Gibraltar. L'Angleterre approvisionnera sa flotte et Gibraltar dans les ports du Maroc, au prix des marchés et sans payer de droits à la douane. Russel obtint Tannée suivante des articles additionnels signés le .10 juillet *. En cas de différend avec un Marocain, T Anglais comparaîtra devant le consul de sa nation et le gouverneur de la place. Les sujets de Hanovre doivent être respectés par les corsaires comme les Anglais eux-mêmes (1).
Soit avarice, soit compassion, Ahmed avait envoyé en Europe deux esclaves de chacune des cations chrétiennes pour inviter les princes à racheter leurs sujets captifs. Les esclaves Gauthier et Marenne, présentes au, cardinal de
(1) Collection Hautcrivc. Brailhwaîte, compagnon de Russel, a écril une relation de son voyage que nous avons citée et qui reçut bon accueil en Europe. Une traduction parut en 4731 à Amsterdam sous le litre : Histoire des révolutions de l'empire de Maroc, etc. ln-1 î.
fleary, le S8 octobre 17S7, eurent ordre de icjotaidie qui* ire Pères de U Merci en route pour Cadix, sous k eondnte du P* Béguin. Ces rédempteur» avaient pour 3S,000 limi de présents i offrir au cherif . Rançonnés et traversés pir k ▼il roiégat Pillet , nommé Abd-el-Adi , ils négoeièrait i Méquinez avec Abd*el-Melek qui, sans considérmtion pour son prédécesseur, faillit les renvoyer gratifiés seulement de deux porcs-épics; il voulut bien y substituer deux esclaves. Un délégué de Portugal avec des Pères de la Merci de la même nation fut plus heureux, parce qu'il troon Ahmed au pouvoir le 15 décembre 1728 : il racheta sii jésuites à 1 ,000 piastres par tète et 122 autres esclaves â raison de 475 piastres. Les trinitaires de Portugal et de Castille firent de laborieuses rédemptions dans des circonstances analogues (1).
§ s. — WOmÈ Ai»-AIlâl (f7)f— 17S7=:114l*li71).
Série des RÉvoLunoifs intérusl'res. — A la mort de Moulé Ahmed, le trône fut disputé entre son fils Moulé Boufers ou Abou-Farès et Moulé Adb-Allah, frère d'Ahmed, et né, dit-on, de Tesclave anglaise Lella Yaneta ou Khoneta. Celui-ci avait pour lui les Bokbari, gagnés par les largesses de Lella Coneta sa mère; celui-là un marabout en vénération. Abd- Allah défit et prit son rival dans le Sous, et il coupa de sa main la tête au marabout.
Après six mois de siège, il s'empara de Fez qui tenait pour Abou-Farès, il en renversa les murs et l'eût entièrement rasée, si le souvenir du fondateur Édris ne l'en eût
(1) Je les ai vues coastatées sur des tableaux conaeirés «u couTeol en Trinitaires da la Vit Condotti à Rome.
tpécM. Les peuples scandalisés de son impiété slndignè* reDiaussi de ses cruautés. Les Berbères de Tedla se réToltent ; il perd> en combattant contre eux, la moitié d'une armée de 2S,000 hommes^ composée de milices et de gens sans afeo; il se tenge de sa défisite; en égorgeant à plaisir ses sujets de Méquinez. Durant l'été de 1730, il reparaît à la tète des Noirs dans les montagnes de Tedla, et il essuie en route une perte considérable par l'incendie de soii camp. Ibis 300,000 ducats ou 3 millions distribués aux Bokhari préviennent leur inconstance^ Cette troupa assure enfin la victoire du cherif sur les rebelles. L'an 1731, il envoya au Dara une armée dont le chef ne ramena que la dixième partie. Abd-Allah condamna à mort tous ces braves, et il aida lui-même les bourreaux à couper les tètes. ^Interrompant l'année suivante ses travaux de fortification à Méquinez, il se porte contre les montagnards des environs de Tétouan, qui l'écrasent dans un défilé et lui prennent ses bagages. En 1733, il conduit au Tafilet une expédition malheureuse; mais il s'en prend comme d'ordinaire à-ses oificiers^ ({ui payaient souvent de leur vie ses fautes personnelles. Il n'accordait aucune attention aux sages conseils de sa mère, et il n'eut pour elle aucun égard lorsqu'elle revint du pèlerinage ie la Mekke, où elle s'était un peu reposée du spectacle des crimes de son fils.
Abd-Allah redoutait néanmoins la puissance des Bokhari, et il résolut de les affaiblir, en égorgeant le chef du corps et les principaux officiers. Mais son dessein leur fut dévoilé, et ils le déposèrent, le 27 septembre 1734, au profit de Moulé Ali, son frère. En vain Abd-Allah repentant leur envoyat-il 300,000 ducats; il dut se réfugier à Méquinez et puis dans les montagnes, avec une troupe de cavaliers. Il aurait pu rétablir sa fortune, peut-être, en exploitant la haine des
contre le^ Koirs: maïs fl indigmit ses piitims lu ms^ llf■^mue^ fTi Uiani ceux qui se permetUient k momdn ygiP'j^i'iiaiiar. Le soulèvemeiit contre lui derint génôiL
llnutt Ai. ani»PH^ du Tafilet par les Noirs, arrifecD ocuum ^T!î? z. Mt^ainez. leur disLribiie ce qui reste au tnsrr ^. ei nui*f.. leur promet ïmpnidenimeDt 1,300,0006vTTs ?'ou* amener loui le pays à son obéissance, il enroie tf rjit' nt^ linûiari rontir Maroc avec 30,000 hommes. La ^1k «ïi;: iiTsss e: pilitH* : les Beni-Hassan des environs de Stié, nu I Krmf >e5 pone^ sont razziés. Moulé Ali, iDcqalik a: Tjytv f-^ srnmnes promises à la Garde, est déposé pir su^i c»f^ nii'-uriit^ de la mère d'Abd-AIlah, qui faitappeer > r:»fri: m prouietiani trente ducats à chaque nègre. \:. :*.^inii»v'f^nifii: aliruti par le hachich, dont Tusage n'est x«> >.rT.L»f làL Mar:ir a 1 époque antérieure, se retire misé' n.'.'irz^r: :u.:> le? montacnes voisines de TIemcen. AMa.il: r^ -Uk . iu.i!^ à Tasa. fut de nouveau déposé paries \.-.^ evl:: 3f rfprfiïdre le gouvernement, parce qu'8 Tr.^.i.. i -.c.^ 5r promesses d'argent, se faire livrer leur : >.: >: r. I' •..kkf".:. e; sans doute affaiblir leur puissance. I - 1 »-:: V „ . M.-.hamined ould el-Arriha, Ois delà reine \r.:i Tr.L.> . r f.i:: r*a> arrive du Tafilet, qu'un parti h- • : r2j.!T i V. -t A:«i-A'ilah ramenait à ce dernier Ut majo- -... v: '.L iiir.:?. Sflim. refueié dans un sanctuaire, en s:r::: îr.>-:":r:-f i un drap sacré, sous Tégide duquel il se re-. :: a Tirâ. t7v> de son ennemi qu'il croyait apaise; r:a > ". i-r.re AS:- Allah le fait découvrir, lui enfonce une iar.-r* ^ans 'a p:i:riTie. massacre sa suite et étrangle ses or. fan '5 .
r.M5r arr«>;or lirriiation des Bokhtiri, il renouvela ses promesse? et vint à Mequinez comme pour les remplir; mais ses trésors prétendus étaient un mensonge, et il ne put
donner qu'un à-compte en vendant ce qu'il avait de pré^ deux. Tandis qu'il assiège Hf ohammed, , que Fez a reçu en souverain, il est sommé par les Noirs à bout de patience d'acquitter sa dette envers eux ; ne pouvant les satisfaire, il s'mfuit encore dans les montagnes, et Mohammed est reconnu des Bokhari, du moment que Fez s'engage à donner l'argent promis par son rival.
Après diverses expéditions dirigées en vain contre les Berr bires, chez lesquels Abd-Allah s'était réfugié , Mohammed, en 1738, fut déposé par les Noirs, parce que Fez ne les pay^t pas selon sa parole, et que la douceur extrême de son caractère ne leur laissait pas espérer le gain du pillage ni d'exactions, n vécut sans ambition à la campagne, près de Méquinez.
Son frère, Moulé Zin Lahabdin, choisi à sa place, ne régna qu'un instant. Les Bokhari proclamèrent pour la quatrième fois Moulé Âbd-Allah, qui avait réussi à soulever le sud en sa faveur. Mais, fidèle à sonaqcienne politique, il tend des pièges à la garde qu'il redoute, et il est encore rejeté, en 1740, pour son frère Moulé Moustadi, dont la mère avait des relations avec le chef des Noirs. L'empire se trouva divisé. Moustadi fut soutenu par les provinces des Beni-Hassan et du Gharb; mais il ne s'appuya pas assez sur les Bokhari. Âbd- Allah gagna de nouveau cette garde et les belliqueux Oudala, et il renferma son adversaire daiis Arzilla. Ahmed ebn Ali, pacha de Tanger, fut tué dans une rencontre, et Abd-Alldi prit cette ville, d'où Mohanuned, fils du gouverneur, s'enfuit à Gibraltar. Moustadi, sorti d'Arzilla pour ravager les environs de Fez, est ensuite battu par Abd-Allah, près d'Alcazar et se réfugie à Salé, Rabat le repousse et il Tassiége en vain plus d'un an. Découragé, il part pour Tedla ; mais les BeiMres, amis de son rival, le chargent de chaînes, et il
n'est sauvé que par les Oundighia qui le placent eeus l'in-» violable protection de Sidi el*Mati. Le santoa le reconduit i Salé. Mpustadi, désespérant de s'y soutenir, reyint à Arzilla, et ne songea plus qu'à faire le commerce avec les Européens.
Moulé Abd-Allab, maître de l'empire pour la sixième fois, vers 1742, parvint enfin a réduire la puissance des Bokhari en les chargeant de lever les impôts. Les Berbères, en effet, luttaient contre eux, pour échapperaux exactions, et le cherif envoyait des troupes qui faisaient cause commune avec les premiers. La garde se trouva bientôt affaiblie et l'on put jouir enfin de la paix. Le cherif la conscdida eo résidant altemativemept à Méquinèz et i Maroc ; et il construisit à Fez-Neuve le palais Abiba, où il mourut le IS novembre i757 r=; fin de Safar 1171.
RiPPBRDA. — Sous le règne d'Abd-Âllah, l'ambitimix baron de Rippèrda, disgracié en Espagne et tour i tour protestant et catholique, s'enfuit du château de Ségovie où il était ea* fermé comme traître et il vint à la Haye. Là il rencontre k caïd Pérès, ambassadeur de Maroc, se concerte avec lui et va offrir a Moulé Abd-AUah ses services contre les Espagnols (1732). Coiffé du turban et devenu le khalifat Osman, il a d'abord quelques avantages sur les chrétiens ; mais il est finalement battudevantCeutaetdépouillé de ses dignités par le cherif. En 1734, il reçoit Tordi'e de quitter Maroc et se retire à Tétouan où il finit tristement ses jours en novembre 1737. Selon le témoignage de Chenier appuyé sur celui de gens qui avaient connu Ripperda en Afrique, cet aventu* rier ne fut point renégat et la cour de Méquinèz ne prêta qu'une oreille distraite à ses projets. 11 sollicitait le Maroc de s'allier aux Tunisiens pour soutenir un autre aventurier. Théodore de Neuhof, qui parvint en 1636,^ à se faire proclamer roi par les Corses, en promettant de les affranchir ija-
18 du joug des Génois. On dit que Ripperda avait formé ilan d*une religion nouvelle, où il combinait le Coran avec
deux Testaments et flattait beaucoup les juifs nomux au Maroc (1).
kHoiERCXKT atoEMPTioNS,-*^ Malgré les agitations du règne Jbd-Allab, les rapports du Maroc avec les EuropéeQs ne eut pas dissous. Les Anglais affermirent leur prépoudé<* €0, après une rupture (1733) que la politique faisait ilement regretter à Gibraltar et à Tanger. Cette rupture it été causée par Âbd-Allah, qui Qt brûler un envoyé du laul anglais de Salé, chargé de lui adresser des récliama* la. L'ambassadeur apglais racheta les esclaves au prix 3!!0 piastres l'un, payables en poudre à canon et platines ftisili, tandis que les Portugais payaient pour leurs cap-
066 piastres, les Espagnols 1000 et les Fiançais 600. Les pas de la Merci des provinces de Paris et de Guyenne icluèrent une importante rédemption avec le secours de f^ marchand français de Salé. Mous ne savons du re^te e prix des esclaves peut être considéré, selon l'opinion de Tbomassy, comme le thermomètre du crédit de chaque asance au Maroc. Cette règle doit avoir au moins de nbreuses exceptions ; car toutes les relations montrent 5 le caprice des cherifs a souvent autant de part que les culs réfléchis à Tissue des n^ociations des rédempteurs. [^15 décembre 1734, John Léonard Sollicoffre signa ir l'Ânglçterre un court traijté qui modifiait les précéits. Les sujets anglais ne jouiraient plus que six mois du vHége d'être épargnés sur les vaisseaux ennemis. Les glais et les Marocains se rendraient réciproquement leurs
I) Ooire les biographies diverses de Ripperda, on peut voir Calde- , Uamual dil officiai en Mamiecos, p. '!97.
esclaves réfugiés sur le territoire ou sur les navires alliés.
Le marseillais Nadal, justement jaloux de la supériorité des Anglais, qui envoyaient par an cent navires à Salé et qui traitaient avec toutes les villes maritimes -en révolte, avait proposé à Louis XY, en 1732, une croisière de trois ans par des frégates à voiles et à rames, pour ruiner les Salétins. Mais on ne jugea pas à propos «de réaliser son plan. On voit seulement, durant le règne de Mohammed ould Arriba, en 1737, Tescadre du marquis d'Antin appuyer une rédemption conduite par le P. de La Gaze de la Merci. Soixantequinze esclaves français furent rachetés à Méquinez pour 41,000 piastres mexicaines, sans parler d'autres sommes volées par les agents du cherif. L'année suivante une société charitable de Marseille, instituée en faveur des esclaves, racheta treize Provençaux à Tanger (1).
Le cherif chrétien AmiED ebn-Nacer. — Parmi lescherib victimes des triomphes de Moulé Abd -Allah, on remarque Moulé Achmet Benassar, petit-fils d'Ismaël, qui réfugié i Ceuta, puis en Espagne et à Rome, écrivit à Louis XV, en 1733, pour solliciter la faveur de Tavoir pour parrain à son haptênie (2).
Sidi-Mohammed associé a l'empire. Traités. — Vers 1750=1163-1, Abd-Allah semble avoir associé son fils Mohammed à Tempire. Leur action commune favorisa les intérêts commerciaux et la tranquillité publique, d'autant plus que Mohammed était fils sans rival, son unique frère, le nègre Ahmed , é tan t raor t en d éfendan t Raba t con t re Moustadi.
(4) Belation de la captivité et du rachat de treize esclaves marseil>lais..., dédiée à MM. les Directeurs de la Rédemption génèrak des pauvres esclaves de Marseille et son territoire, par un des treia «claves. Marseille, nss, iii-4\
[î) Thomassy, p. JU.
Toutefois la peste. Mffontt àt Tsu^ et à AjtAr en 1751. exerçi de grands maces. ^ne ks Utrocûts anient predîts en voyant la qoanlilê de ome lûtBbw dorant Hûrer. En 17aO et 1731, TAngb» William Petticrev â^na a Fez. pour son gourenieiDenL deux tiaîles en coofimation des conventions plus andennes. L'artide IV du premier dèdare inviolables le domidle ei les propriêiês des Anglais, sauf Tautorisation de rempeieor. La Hollande renouvela aussi, en 1752, le traite de I6ft4. Si un de ses navires se rencontre dans les ports du Maroc avec un navire eimemi. ces bâtiments n'en pourront sortir qu'à un int^valle d'au moins qoarante heures. L'empereur sera seul juge du Hollandais qui aurait causé la mort d un musulman. La H(dlande peut établir des consuls dans tous les ports du Maroc; le culte réformé sera parfaitement libre et public à l'intérieur des maisons consulaires. « D sera permis aux Hollandais d'avoir un endroit décent pour y enterrer leurs morts^ à l'égard desquels il ne pourra être commis aucunes plaisanteries ou indécences. > Le traité sera affiché en arabe dans tous les ports. Tétouan, Salé, SaC et Sainte-Croix virent le commerce flemir et les navires des nations plus ou moins en état de guerre avec le Maroc y étaient eux-mêmes reçus et respectés.
G)mme gouverneur de Safi, port alors le plus commerçant de l'empire, Mohammed avait acquis, dans ses relations avec les Européens, des lumières pour radministration d'un royaume; il visita les bassins de la Tensifl et de TOum-er- Bia, obligea Moulé Moustadi , qui pouvait l'inquiéter, à se retirer d'ÂrzilIe à Fez où il mourut et, dans Tintérèt de sa puissance, il entreprit d'enlever à Rabat et Salé le gouvern(3incnt républicain dont elles jouissaient depuis le règne
de Moulé Ismaêl.
- Mi -
esclÊTes rtfagiés sur le terri* ^ ^^^^ 0,^ ^^,^,,i^ Le marseillaiB Nadal, ^ ^- ,^ ^^^^j,j^ . ^^ ^^^^^ ,^
des Anglais, qui entr • ^^ ^^.^ j,^^ 1733=dsoulqui imitaient av4K- ^;J„^ f^^ ^^ ^^.^^^^^^ . ,^ p^^,^, avaitproposé à I ^^, , j^^ f^^^^^ ^^ Sidi-Moliammed; par es rega r r/^^p^^^^ gQus i^g yeux du cherif (jui n'a- Ifaisoti ne'i' ^.^ii^îces rendus à Moustadi. Rabat, plus
seniemen yy^i de se défendre, ne pouvait guère conm 1737 yjfl^gilQ ^ soumit et dut payer une forte rantion r ^/ ^^^£ j^g confédérés, fut dépouillé d'une grande
^£Ilc se soumit et dut payer une forte ran-
î^' ^O5onfréfre,quî le trahissait durantle siège, nommé
yjji rîlle. Trois maisons de commerce, deux fran-
r^aflie anglaise, ne furent point épargnées. Les né-
^(j payèrent chacun 10,000 piastres fortes, en objets
^^bien au-dessous de leur valeur. Les religieux die-
^(es, réduits en esclavage, se rachetèrent par de grands
^^ces. Le cherif passa ensuite dans le noni, et dépouilla
il^ ses biens le caïd de Tétouan, Lucas, coupable d'am-
Aftion.
PoLiTiQtti: ANGLAISE. — Lcs Anglais ne manquaient pas de trahir le cherif, en secondant tous les gouverneurs qui, s'arrogeant plus ou moins d'indépendance, avaient besoin d'eux et de leurs marchandises pour se soutenir. Moustadi, les gouverneurs de Salé, de Tanger, de Tétouan recelaient dans ce cas l'assistance de Gibraltar. Et Sidi-Moliammed écrivait en 17S6 : « Nous avons éprouvé que le voisinage de Gibraltar nous a toujours été nuisible; enfin, que les Anglais, qui se disaient nos amis, nous ont fait plus de mal que les Espagnols et les Portugais, nos ennemis jurés. » Mais ce qu'il y a de plus curieux, c'est que l'Angleterre persuada aux Marocains, que le gouverneur de Gibraltar agissait contre la volonté de son roi impuissant à Tarr^-
ter [i ) . Celte défaite, assurément dépourvue de toute chance de succès en Europe, put réussir dans un pays oh le lien politique est as^ez faible pour qu'il y ait constamment des gouverneurs de province en opposition avec le souverain^ Mais nous n'avons pas le courage d'admirer cett6 politique digne des eherifs et aussi habile qu'immorale. Që'ôd se f^làoè au point de vue des musulmans pour la pratique des affaires avec eux ) c'est bien; mais seulement dans les cad où cela n'implique ni crime ni bassesse : obstacles qui, on le toit^ ne gênent point legouvemement anglais.
Mort d'Abd-Allàh. — Moulé Ab-Allah, mort en i7OTs=is 1171, ne valait pas mieux que ses prédécesseurs. Il s'adonnait à la débattdfae coiitre nature et se jouait, comme* eux^ de la vie Aè^ hommes^ Pour quelques actions où l'on entrevoit un sentiment de justice et d'humanité, il en commit une foule qdi f6S|)iretit la soif du sang et l'oubli de tout principe. Où estitne qu'à éérlaines époques il fit mourir environ 2,000 de se^ sujets par semaine, et souvent d'une manière épouvantable : il imagina, par exemple, de faire coudre vivant un de seâ officiers dans un bœuf éveniré et décapité, en laissant sortir la tête du patient par le cou de l'aniiiial. Ce fut bientôt deut cadavres, dont la putréfactioR et les vers se confondirent en un seul bloc qui n'a de nom dans aucune langue. Abd-^Allah tuait les santons aussi bien que ses antres sujets. tJn jour, il y en eut un assez osé pour se présenter de la par( du Prophète. « T'a-t-il dit comment je te recevrais, demande le cherif ? » — « Oui, il m'a dit que vous seriez touché de mes paroles. » — « Il t'a trompé, répliqtle Abd-Allah ; » et il l'étend d'un coup de fusil, puis défend d'enterrer le cadavre (2).
(4) Thomassy^ p. 234.
(2) Chéoicr^ III, p. 46i.
§ 4. — SlDl MOHAMMED <17S7— 1790=4 160-I204:.,
Moulé Edris. — Seul maître de Tempire à la mort de son père, Sidi-Mohammed commença ou plutôt continua un règne habilement préparé. Il avait pout conseiller son cousin Moulé Edris, qui lui rendit d'utiles services par son habileté à traiter surtout les affaires européennes. Edris abusait pourtant de sa position pour s'enrichir; aussi fut-il plusieurs fois dépouillé de ses biens au profit de l'État, et son héritage confisqué, lorsqu'il mourut en 1772=H85-6, des suites de ses débauches et de l'abus du hachich.
Divers traités. — Selon ses conseils, Sidi-Mbhammed conclut dans les premières années de son règne plusieurs traités destinés à faire fleurir le commerce. Trompé par un juif, le gouvernement de Danemark s'était cru autorisé à élever un comptoir fortifié à Santa-Cruz. Il envoya des navires avec des matériaux, comme il eût fait sur quelque point de la côte au sud du Maroc (1 75o) . Le chérif blessé réduisit en esclavage Tambassadeuret sa suite et les négociations ne furent reprises qu'en 1757, après qu'on eut dissipé le malentendu. Frédéric y autorisa la création d'une compagnie royale d'Afrique, qui obtint du Maroc, auprix annuel de 50,000 piastres fortes, le commerce exclusif de Safi et Salé. Mais une gestion défectueuse, le peu de convenance réciproque des produits marocains et danois qui rendait la compagnie tributaire de l'industrie des nations intermédiaires, enfin la création de Mogador el les privilèges accordés à Larache obligèrent cette compagnie à liquider et Christian VU à la supprimer. Le Danemark paya seulement chaque année 25,000 piastres; fortes pour la continuation de la paix.
L'Angleterro renouvela ses traités en 1760, 28 juillet
L'article Vil de la nouvelle convention stipule que ses consuls pourront être établis dans les ports ou places qu'elle choisira, et conséquemment à Tintérieur même du pays. L'art. XVI assure Tapprovisionnement de Gibraltar. Les Anglais avaient eu à se plaindre du droit d'épave exercé jen 1758 contre le Lichfield^ dont l'équipage fut retenu en esclavage. En 1765=1177-8, l'Écossais George Glas tenta de fonder un comptoir anglais ^u cap de Guer , mais le gouverneur des Canaries l'arrêta, et les Maures massacrèrent les compagnons dç l'aventurier.
La Suède traita en 1763=rll67-7 sous Adolphe -Frédéric. Elle paya ce traité par des présents en canons et en bois de construction ; puis . pi^r une redevance annuelle de 20,000 piastres fortes, qu'elle fut obligée ' d'acquitter en numéraire jusqu'à 1771=1184-5. Gustave III secoua ce joug; mais on convint que tous les deux ans un envoyé suédois apporterait des présents au cherif (1773).
Venise en 1765=1178-9 conclut la paix; elle ajoute à
ses présents l'engagement d'une redevance d'environ 100,000 livres. Encore le cherif renvoya-t-il le consul, en 1780, parce que Alger recevait de la république un tribut supérieur, et qu'elle n'avait pas voulu le satisfaire sur ce point. Venise céda l'année suivante.
Gênes n'avait pas de traité avec le Maroc. Cependant, vers 1769, un des sénateurs, à la suite de négociations avec le juif Benamor ou Ben-Ahmar, délégué du cherif, forma une compagnie commerciale dont l'éclat fut éphémère.
Sidi-Mohammed , en Î767, fit des avances à l'Espagne, qui se montra reconnaissante et le laissa en quelque sorte disposer des arsenaux espagnols, pour la restauration de sa marine. Mais il abusait de sa bonne foi, car, en 1774, il
rompit avec elle en ^égeant Melilla (1). Le commerce de oéréales at de denrées alimentaires subsiste néanmoins entré le Maroc et l'Andalousie, pour la nécessité commune; les deux pays sont ici tributaires l'un de l'autre, suivant la différtm^^ des récoltes de cbaque càté du détroit.
l)«s PRÉSBNTS B7 RimcvANCBS. -^ On voit que sous le nom de présents, les puissances européennes eurent en général la faiblesse de payer une sorte de tribut aux oherifs, comme aux autres puissances barbaresques. C'est une honte dans l'histoire des gouvernements modernes, qui, à notre avis, sont infinimopt moins sensibles que ceux du moyen i^p 9Ur pe qu'on peut, appeler le porqt d'boqf^euri À mesure quQ le ipaii^biavé|isme s'e$t introduit dans la diplomhti^^ Iq §entîmeT)t de l'honneur s'est aQisubli. Plusienit de^ gouvernements tributaires, disons le mot, pomme |> Suède, Vwi^) le Danemark, n'avaient que peu QU foài de commerce fivec le Marpç, et ils achetaient simplement II iberté de la navigation, ou 1q droit pour leurs sujets de n'être pas réduits en esclavage (g] I '
La Frs^ne^ ^y^i^ beaucoup perdu depuis la suppr^iop du
(4) Non» n'avons pas le texte des traités de 4707» 4780 et HW, entre TEspagne et le Maroc.
(5) ^r^it-ce exagérer que d'appliquer ici ces paroles de Salvieo sur Ifi décadence de rcmpire romaiti : a Ad quid devenimus ! Et pro hoc gratias Barbaris âgimus a quibus nos ipsos pretio comparamusTQui^ potest esse nobis vel abjectius vcl miserius? Et vivere nos post ista credimus, quibus vita sic constat! Insuper^ etiam ridiculos ipsi do6 facimus 2 Aurum quod pendimus munera vocamus, Dicimus doDuo esse quod pretium est, et quidem pretium conditionis durissim* ac miserrims. Omnes quippe captivi, cum scmel redempti fuerint libertalc potiuntur. Nos semper redimimur et nunqnam Hberi sumus. w JkQ^ bem, Deif lib. V^ n* 4«
consulat dç Salé, en 1718. Les négociants français,, établie à Safi et h Salé^ avaient ruiné le çréçlit de leurs nationaux par des manœuvres déloyales et compromis, les intérêts qu'on leur confiait. Nos provinces du Midi, surtout, iusistaient près du gouvernement sur la nécessité de fonder àe$ établissements fixes et de les remettre à des hommes probes et intelligents, pour Texporlation des laines, des gommes, de la cire, des peaux ; pour l'exportation des drap3 et autres objets, que nos rivaux achetaient en France ou contredisaient, et qu'ils vendaient à 25 et même 40 p. 100 de bénéfice.
Sidi-^Mohammed gavait que les relations avec la France seraient des plus avantageuses à son pays, et il envoya un négociateur au duc de Choiseul. Celui-ci chargea le Français Salva de poursuivre à Maroc les débats préliminaires d'un traité. Afin que le cherif n'oubliât pas la puissance de la France, une escadre, sous le commandement de Du Chaffaut, bombarda Salé, Rabat et Lirache, dont les corsaires avaient grièvement offensé notre pavillon. Mais les chaloupes, qui essayèrent ensuite de brûler dès navires dans rOued-Kous, furent laissées à sec par le reflux, et elles soutinrent un combat où les 450 hommes qui les montaient perdirent la vie, excepté 84 blessés réduits en esclavage. Malgré cet échec et les menées des Anglais , le comte de Breugnon, ambassadeur extraordinaire, vint à Maroc, par Safi en 1767 ; il y fut reçu en grand appareil, et il signa le 28 mai de cette année := dsoul hidja 1180, un traité qui a servi de base, jusqu'à présent, aux relations de la France avec le Maroc,
Les cadeaux ofierts dans cette circonstance, armes, tissus, bijouterie n'étaient pas choisis tous avec une connaissance suQisante des idées musulmanes. On donna du velours
vert, couleur jréservée aux cherifs, à des employés juifs, comme on avait autrefois scandalisé Moulé Ismaél en lui offrant des étoffSss à personnages^ réprouvées par le Coran. Les intrigues de l'Angleterre spécialement empêchèrent Sidi- Mohammed de reconnaître à Louis XY les hauts titres qui n'avaient pas été refusés à Louis XIV ; mais le traité accordait à la* France, outre la liberté de commerce par terre et par mer, la préséance pour ses consuls sur les autres consuis chrétiens.
Les premiers articles stipulent la liberté de la navigation, les formes de la visite des passe-ports en mer, le droit d'approvisionnement dans les ports des deux nations. L'Art. Y autorise le commerce dans tout l'empire et dispense des droits les marchandises non vendues. Il accorde à la France le traitement de la nation la plus favorisée. VI. Les navires français poursuivis par l'ennemi seront protégés dans les ports du Maroc, et les navires marocains ne croiseront pas à moins de trente milles des côtes de France. MI. Un esclave français échappé d'un bâtiment ennemi sera libre s'il arrive à terre au Maroc. Les prises françaises n'y seront pas mises ^n vente. Le Français passager sur navire ennemi sera respecté en cas de capture. Ces avantages seront réciproques. Vin. Les vaisseaux n'emporteront que ce qu'ils voudront. IX. Le Maroc ne viendra d'aucune manière en aide aux régences contre la France et réciproquement. X. La France ne sera forcée de fournir aucun objet pour l'usage de la guerre. XL Elle établira autant de consuls qu'elle voudra pour la représenter dans les ports. Les consuls pourront avoir une chapelle publique dans leur maison. Tous leurs employés seront libres d'impositions et charges personnelles. Les consuls ne payeront aucun droit pour les provisions et objets à leur usage. Ils auront la préséance sur ceux des
autres nations. XII. L'empereur ou le gouveraeur, «on replantant, et non le cadi, sera s^eul juge des différends entre un Maure et un Français. XIII. Le consul ser.a présent au jugement et pourra défendre Taccusé frajiçais; maisil ne sera pas responsable si ce dernier s'échappe. XIV. Il ne répondra pour les débiteurs français que s'il a donné sa caution par écrit. Il lui appartient et non pas à la justice du pays de veiller à la succession des Français décédés au Maroc. XV. En cas de naufrage, les habitants du littoral doivent en toute chose assistance gratuite aux naufragés, sauf le salaire des journaliers, et la douane ne réclamera rien que pour les marchandises vendues. XVI. Les vaisseaux de guerre seront salués à leur entrée dans les ports^ et il ne sera perçu aucun droit sur les acquisitions des officiers pour leur usage ou le service du navire. Ces droits sont réciproque^. . XVII. De même, aucun esclave réfugié à bord d'un vaisseau français n'y sera recherché, du moment que le consul aura prévenu le gouvernement de l'arrivée du vaisseau. Ce droit est récipro- ({ue. XX. Au cas de rupture du traité, six mois sont accordés aux Français pour se retirer avec leur famille et leurs bietis^
M. de Breugnon laissa Chénier comme consul géiftral à Safi. Le cherif voulait favoriser Mogador en y fixant notre consulat. Mais Chénier usant de sa liberté choisit Salé, qu'il regardait alors avec raison comme la position préférable. Il rendit d'importants services à notre commerce, et l'exportation des laines et des huiles prit de l'activité (1).
Exportation des céréales. — Le cherif avait faitpreuve de sagesse, l'an 1766=1179-80, en provoquant de la part des jurisconsultes et théologiens marocains une décision qui adoucissait la prohibition religieuse de vendre des cé-
(4) Cf. Tbomassyi pour les affaires de France.
réaies aux infidèles. On jugea que oe commerce était légif time, quarid il avait pour but de procurer & Tislam des tr^ mes, ou de l'argent pour en acheter. L'exportation de Torge et du blé vida les silos et matamores à cette époque, puis de^ 1771 à 1773, mais elle fournit au cherif de U poudre, de l'artillerie et grossit son trésor.
Fondation de Mogador et de Fedala. -^ Cesrèssour* ces lui permirent d'entreprendredes travaux publics et aussi l'aiTranchissement de son territoire. Il fondait Mogador, de 1760 à 1770, et Fedala oni773. Il y attirait la popuIati(Hi par des privilèges et la diminution des droits douaniers (1). Litrache et Rabat furent dotées de marchés et d'autres édi» flces, et leurs fortifications restaurées.
Siège de Mazagan. Évacuation. — A la suite des premières exportations de céréales, le cherif se sentit asseï fort pcnir attaquer Mazagan, la seule place encore occupée par le Portugal au Maroc. Il Tassiégea au commencement dp 1769=1182-3; avec 30,000 hommes, 36 canons et 11 mortiers. La garnison, d'un millier d'hommes, se défendait bien, malgré les bombes qui détruisaient la ville; mais elle capitula, cédant aux ordres mêmes du gouvernemerit portugais, déterminé depuis quelque temps a évacuer une place peu utile et d'un entretien dispendieux. Elle s'embarqua sur une escadre arrivée durant le siège.
L'artillerie devait être enlevée par le Portugal et la ville abandonnée avec ses fortifications. Mais Mohammed n'annt pas suivi scrupuleusement les termes de la capitulation, on fit sauter les murailles dont les débris tuèrent heîiucoup
(I) Pages 37 et 41.
de Maures, gens qui ne sont jamais en retard pour le pillage. Les habitants de Mazagan furent transportés en Amérique, à l'embouchure du fleuve des Amazones où ils formé* rentla colpnie de SaintnJean de Macapa. Le Portugat sentit le besoin de ^rantir ensuite la liberté de ses nayires contre les corsaires et il lit en {77S un traité qui eut pour cqnséT quence, en 1777, rétablissement de poasuls portugais au Maroc, '^
Troubles. — Un marabout du Sous, perturbateur d'uno espèce aujourd'hui bien connue, fanatisa quelques milliers de partisans et leur persuada qu'il était, appelé d'Allah pour régner en place du cherif. En 1772 ils revinrent à Maroc, armés de simples bâtons auxquels le marabout avait promis une transformation miraculeuse en fusils, tandis que lesfusils des adversaires se métamorphoseraient en bâtons. Cette troupe imbécile fut dispersée à coups de sabre, et le santon, qui joua son rôle jusqu'à la fin, mis à mort comme rebelle.
Siège i^e MeliLla. — Encouragé par le succès de ses armes et par le gain de Texportation des céréales, Sidi-Mohammed mit le siège devant Mehlta, sous la direction, dit-on, d'ingénieurs anglais. Il prétendait ne pas briser en cela la paiit de 1767 avec l'Espagne et rester ami sur mer en guerroyant sur terre : cette bizarre idée s'explique jusqu'à un certain point si l'on observe que les guerres au Maroc laissaient subsister les relations commerciales avec les peuples ennemis et circuler les voyageurs. Charles III, sans admettre le système du cherif, n'usa pas de représailles, et, les hostilités commencées , il mit en liberté des esclaves musulmans pour remplir sa parole donnée. Des renforts furent envoyées à Melilla, que le général Sherlok défendit avec succès. Il fit beaucoup de mal aux Maures
par rartillerie de la place et de l'escadre. Mohammed se retira , après avoir dépensé 30 millions pour l'entretien et l'encourage/nent de ses 30,000 hommes et pour le transport du matériel de siège dans un pays peu riche et presque impraticable. Redoutant l'irritation de l'Espagne, qui tenait alors les ports du Maroc en état de blocus et qui armait pour la célèbre expédition d'O'Reflly contre Alger, Mohammed s'effoi^ d'obtenir un traité qui ne lui fut accordé qu'en 1780.
Guerre avec la Hollande. — Le cherif, humilié de ce que les Hollandais lui faisaient de moins riches présents qu'a Alger, leur déclara la guerre en 1774. Ils envoyèrent des forces pour proléger leur commerce, et contre-balancerent quelques pertes, en causant le naufrage de plusieurs navires marocains aux barres de l'Oued-Kous et du Sebou. La paix fut signée le 29 juin 1777 = djoumada 1 1191, par le cherif et le capitaine Henri de Kinsbergen, délégué du contre-amiral Pichot, commandant l'escadre. C'était le renouvellement du traité de 1752.
GuADEL. Garde noire licenciée. — Mohammed avait commencé en 1776 = 1190, à construire sous le nom de Guadel, près de Rabat et Salé, une ville où il logea -1,000 familles de soldats noirs. Elle avait ses jardins et ses monuments et occupait un emplacement revendiqué comme appartenant à l'État. Les habitants qui en étaient en possession immémoriale reconnurent là une vengeance du cherif dont ils n'étaient pas aimés. Au bout de cinq ans, Guadel n'était qu'une ruine affreuse, et les anciens propriétaire5, libres de reprendre leurs biens, ne pouvaient ni en retrouver la limite ni recouvrer les titres qui établissaient leurs droits. Ce bouleversement fut peut-être une conséquence de la révolution qui amena le licenciement des soldats noirs.
Malgré les nouveaux impôts, la brèche faite aux finances par le siège de Meliila ne permit pas de payer, exactement la solde de ces troupes. En octobre 1 778 -H 92, elles se révoltèrent dans Méquinez, et appelèrent au pouvoir Moulé Ali, fils aîné de Sidi -Mohammed. Ali repoussa cette usui^ation, et son frère Yesid, proclamé à sa place, avertit Sidi- Mohammedde la violence morale qu'il subissait lui-même. Le cherif arriva de Maroc par Rabat, dont il s'assura la fidélité , à Méquinez où Tordre se trouvait parfaitement rétabli. Fez rentra aussi dans le devoir, en se bornant à. des récriminations respectueuses contre l'excès des impôts. Yezid, pour plus de sûreté, fut envoyé à la Mekke, où son père était allé aussi en pèlerinage pendant sa jeunesse.
Ce soulèvement aurait pu être fatal a Sidi-Mobàm-r med, si Moulé-Yesid se fût porté rapidement sur Babat, Larache et Tanger, oùletrésor était imprudemmentdispersé. Il provoqua le licenciement ou plutôt la rcductiout du corps lies noirs composé dé trente ou trente-cinq mille cavaliers, qui d'ailleurs coûtaient plus de 4 millions par an au trésor appauvri.En viiin le chérif, en 177ï^ 1191, avait fait annoncer que les navires seraient admis dans ses ports sous tous les pavillons, le commerce,^ manquant probablement de Confiance, restait stationnaîre. Les sauterelles, en 1 778 et les deux années suivantes, ravagèrent tellement les campagnes que les arbres fruitiers ne conservaient même plus leur écorce et que les bestiaux et les hommes mouraient de faim. On vit les femmes et les enfants se disputer les grains d'orge dans la fiente des chameaux. Des brigands affamés infestèrent tous les chemins. Cette terrible situation, trop peu adoucie par les importations d'Espagne, qui laissaient encore le blé à 120 livres le setier ou les douze boisseaux, au port de Sale, détermina Mohammed à diminuer la garde de
iQoilié. Il la divisa par détachements, 'dont plusieurs furent envoyés séparément dans les provinces, en 1780. Des troupçs plus nombreuses expédiées à leur stiite les désarntiaient et on leur assignait des terres à cultiver. Les 100,000 Bokharis réunis sous Moulè-Ismailsé rédoisirefit de la sorte à une quinzaine de mille.
Affaihb des Ragusains. — En 1779=1193, les corsaires marocains capturèrent un navire de Raguse dont la cargaison^ d'une valeur de plus de cent mille livres, appartenait à des Maltais. L'équipage ragusàin fui rétéhu èni esclavage, les Maltais libérés et la cargaison confisquée, au mépris des engagements pris par Mohammed de vivre en paix avec toat le niondte. L -intervention de la Pbrte, qui se prétefidait suzeraine de la république de Raguse n'aboutit qu'à tme réparation tardive et incomplète.
Cotl> DE MAIN DES TosCans. — Lés Salétius, contomiefs de ces hftpudentes violations du droit des gens, avaient pris versiamême époquedeux bàtimentsde Livourhedontils vendirent l'équipage à Tanger. Durant l'été de 1782-1198, la frégate toscane Etruria^ commandée par le célèbre Actoo, plus tard premier ministre de Naples, parut devant Tanger et réclama une entière réparation. Sa demande étant rejetée avec dédain, il alla enlever hardiment, durant la nuit, à Haffat-el-Beïda ou la Plage blanche, entre Arzilla et Larache, 17 personnes dans un douar endormi.. Parmi elles étaient des femmes, des enfants et un cherif. Acton se pré* senta de nouveau devant Tanger. On se hâta, cette fois, d'expédier au sultan un courrier dont le retour ne se fit ptt attendre, et qui rapporta l'ordre de restituer les navires et leur équipage (1). Cette année même, Sidi-Mobammed envoya
(4) Graeber, Spccckio di Marocco, p. 320.
en Toscane un ambassadeur, qui se rendit enôuite à Vienne et fît la paix avec ces deux pays, dont les relations commerciales étaient, du reste, peu importantes au Mavoc. Le traité accordée Joseph II (22 mai 1784=:djoumada 111198), le mettait sur le même pied que les autres souverainsd'Europe.
Voyage au Tafilet. — Le règne de Sidi-Mohammed découle dans un calme inaccoutumé. Il le faut attribuer surtout 8 la modération de son caractère, si on le compare aux précédents cherifs; au dévouement et à la douceur d'ÀlJ, son fils aine, gouverneur de Fez, mort en 1783; au soin qu'il prend de paraître sur les points opposés de l'empire* En 1778, il réprima, non sans peine, une insurrection dans la province montagneuse et indépendante de Glava (1). En 1783=1197, il visita le Tafllet, où le grand nombre des cherifs excitait des divisions et une fermentation perpétuelle; entouré de forces respectables, il leva des impôts sur des tribus indociles du Grand Atlas.
TiurrÉ AVEC les États-Unis.— Le 21 juin 1786=1200, les Ëtats-Unis d'Amérique, créés depuis dix ans à peiné et déjà consolidés par des traités avec les puissances' chrétiennes, profitant des pacifiques dispositions du cherif, conclurent la paix avec lui par les soins de Thomas Barcley, envoyé plénipotentiaire et consul. Sidi Eltaherfllsd'Adelhacq Fenniche signe pour le Maroc. Le consul pourra s'établir au port marocain qu'il choisira. En cas de guerre, on échangera les prisonniers et on ne les réduira pas en esclavage. S'il en reste d'un côté après l'échange, ils seront rachetés pour 100 piastres par homme. Les navires qui feraient naufrage
(t) Le Moniteur du S3 ocl. 4819 parle de cette expédition ; mais les noms sont si estropiés, croyoDS-nous^ qu'il est difficile de s'y rccon-
sur les côtes de FOued-Noun seront secourus, et l'on fournira aux naufragés aide et protection pour retourner dans leur patrie.
Relations avec la France. — Sidi-Mohammed entretint d'amicales rela^tions avec Louis XVI, et lui envoya le caïd TaherFenisch, enl778, pouf lui proposer d'échangerdésormais les esclaves tête pour tête, de racheter ceux qui resteraient au taux uniforme de lOOpi^treset de laisser toujours la liberté aux septuagénaires et aus femmes. Mais il ne consentit pas à donner au roi de France le titre de sultanat préféra renoncer à le recevoir lui-même.
Il chassa un jour de sa présence le consul Chénier, sans pourtant se montrer hostile; car il traita humainement des naufragés français en 1784, comme il Tavait déjà fait auparavant (1). La prépondérance française à la suite de la guerre d'Amérique fut aussi évidente au Maroc que dans les régences et àConstantinople. Toutefois les Anglab obtinrent, en 1783, par les négociations de sir Robert Curtis, la franchise entière pour Tachât de provisions alimentaires jusqu'au 28 mars 1784. A partir du mois suivant, ils ne devaient payer encore que des droits restreints, sauf au port de Mogador, où ils étaient dans la raùme condition que les autres marchands chrétiens (2).
(\) De La Borde. Relation de plusieurs voyages à la côte (f Afrique, à Maroc, etc., tirée des journaux de M. Saugnier. Paris, 4789, in-S». De Chénier a publié en 3 vol. in-8% Paris^ «787, Recheixhes- historiques sur les Maures et histoire de l'empire de Maroc. Quelque défectueux que soit ce livre, il est loiiLd'étre sans mérite , si l'on considère que l'on n*a pas d'ouvrage d'ensemble sur le Maroc. Il nous a servi spécialement pour l'histoire des cherifs. Thomassy, Le M'Jroc, etc., ch. 4 0.
(2) For every ox , 4 cobbs; for a shcep, 7 ounccs; for a doieu fowls, C ounccs. And ail other articles lo pay thc samc duties as fur-
Smi-^MoHAMMBD EKf-ÂLi ▲ Tlemceit. En 1754=il95, Tlemcen fut agitée par le marabout Sidi-Mohammed ebn- Ali^ descendant des Édricides du Maroc. Sa famille, après la chute de cette dynastie cherifienne, s'était installée près d'Aln^l-Hout, point obscur de la province de Tlemcen. Sidi- Mohammed ,^ débitant de djedouels et autres talismans, prêcha la guerre avec succès contre les Turcs. Il était de la secte marocaine des Derkaoua (i). Hadj-Khelil, bey de Mascara, marcha contre lui, mais fut trouvé mort dans sa tente i la suite d'un affreux orage. I^s Turcs, attribuant tout à la surnaturelle puissance du cherif, lui ofirirent leurs hommages et de l'argent Le saint homme retourna alors plus vénéré que jamais dans son asile inviolable d'Aln^l-Hout, où les Français ont rencontré sa famille.
SiDi -Mohammed et les Turcs. — Le cherif régnant au Maroc imposa silence, au contraire, à tout sentiment de rivalité envers les Turcs, qu'il savait menacés en Europe par Catherine U/maltresse de la Crimée. Il projetait de s'imposer au besoin de grands sacrifices pour les soutenir, et il usa de l'intermédiaire du consul français pour faire parvenir à la Porte 80,000 piastres fortes. La Porte les rer çut comme un hommage de vassalité, ce qui était de nature à refroidir Mohammed, si les événements eussent continué à réclamer son concours. En 1789, il refusa, malgré les instances de l'Angleterre, d'assister les Turcs d'Alger dnu^ la guerre dont ils nous menaçaient. Privilège de l'Espagne et de la Hollande. — Les
merly; except at the port of Mogftclor wherc the Eoglish are lo pay ibe sames duties for provisions or refreshments , as the merchants of Christian Dation. Art. 6, additionnel «u traité de 4760. (4) Page 97.
Ân^âis exploitaient le eberif de leur mirait, tuais ils se montraient peu reconnaissants. Bfohainmed fut blessé ^e voir le port de Gibraltar fermé à une frégate qvd avait be« soin de réparation, tandis que les Espagnols lui ouvraient Cadix. Le caïd Idriser, le 30 ocU^re 1789 (moharrem 1904), fit savoir aux consuls que le eberif accordait à TEqpagne le commerce exclusif à Dar Belda, l'exportation du bétail et du sel franche de tout droit sur ce point, la libre importa* tion de la poix, des planches et du chanvre ; la libre expo]> tation d'autresobjets de gréement pour ses navires, et Tap* provisionnement de bouche par Dar Bélda et Soueira pour les. Canaries. Les Hollandais obtinrent aussi, en 1786, im ordre qui leur concéda le commerce exclusif et un établis^ sèment dans le port de Larache. Le blé même pouvait ètne exporté par leurs navires (1).
Coup d'oeiL sua le 'Règnb de Smi-MoBAMiffin. — L'ea* semble du règne de Sidi-Mohammed place i nos yeux oe eberif au-dessus de ceux de sa nice, et dénote un sérieox rapprochement entre le Magreb et l'Europe, une sennUe diminution du fanatisme musulman. Le zèle de Mohammed pour l'islam est d'ailleurs démontré par le soin qu'il mit à faciliter le pèlerinage de la Mekke, à fonder de pieux établissements, à racheter les esclaves musulmans, même étrangers au Maroc , à s'opposer a la traite des noirs que les Anglais surtout faisaient très-activement et qui amenait des négriers au port de Santa*Cruz. Sans abolir absolument lesclavage des chrétiens , qu'une marine d'une vingtaine de navires armés de 18 à 50 pièces de canons lui permettait d'entretenir, il porta une grave atteinte a cette institution et n'en fit plus un rouage
(4) Martens VI, collection Hauterive.
da système éconômiciilt;. Notls disons dyètème, èàl- Môhtfnimed parait s'être préoccupé de combitiaisons de ce genre plus qu'on ne Tavait fait avant lui. Lesl nombreul traité9 qu'il conclut le témoignent. Ses idées ne râlaient pas tou* jours ses intentions, et il lui aniVa de porter de graréft donunliges au commerce alors même qu'il le voulait fécofader. Ce fut le résultat de privilèges acôordé^ i Certains portS) surtout à Soueira, au préjtldKe des autres (i). L'élévation pl^ogrèssive et la mobilité du tarif des douahes, le monopole de certaines branches de commerce réservé ilu cberif, transformant en facteurs les négociants marocains et ne bissant pas plilb de liberté à l'acheteilr étranger que d'initiative au vendeur indigène, voilà autant d'erreuts qui nuisirent au développement des affaires et de Isl fortune publique»
Rkiégats. -^ La supériorité de Mohammed s'e^tplique en partie par le secours des renégats ou même des Euro-** péens fidèles i leur religion àùtd il fit son entourage. La Suède et le Danemark lui fouitiissaient spécialement àéi architectes et des ouvriers en bâtiments : le Français Cordut, le Triestin Cyriaque Pêtrobelli, le Toscan Pietro Muti de Pietrasanta, le Génois de Tabarca Francesco Chiappe forent du nombre de ses principaux ministres, sans abjurer leur foi, et les deux derniers continuèrent leurs fondions sous Moulé Yezid. Huit cents renégats espagnols et portugais étaient distribués dans les places de Fempire, et Boisselin, fils d'un chapelier parisien, commandait à Mogador
(4) Quoique Salé eût conservé quelques traces de son organisation républicaine après sa réunion à Tempire, elle n'eut plus la môme actitité. La création de Blogador lui fut encore plus funeste. En 4784, son
^ Albatelaat', habite négociant^ tUt élu bey par les Tunisiens^ et se
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- V . iiT II' ^aint a>ile. Si..ii-Moî:.iti;p,^. ; t'\p-diî . ..\ .1 la Ii-Ifduiioarmfv. èi l..ii-î:.t''n>' se mi;
.> rvjc.iiKhv. Mais il tnniha ir.aîa.ir- ev. ...r-
. ...Il'* >a litifiv fn arrivant a Rabaî. ir
. . .il.an h20l, à l'à^f d en\irun 80 ar.?. l!
l:> luHis rapports de Mohanimed r.^tv
- . :i:vl> du coniineroe iirovoqutTen: •it's
..;>aii .Maroe et mirent la plume a la n.ain
. . . •;:.-.it^ rcj.rodiiit par (Vof AïJ!ell ; ./^'t'.V'* > k" . •. . iTdP. in-S*»; nous en avor.- la tridccu;' , ..: .,.:.>>:. Nûrnberg, 1798, in-S*».
de quelques résidants, désireux de faire connaître les ressources et le caractère de ce pays. Sans parler des observations du jeune deSuffren, commandant de la frégate F C/hûm lors de l'ambassade de Breugnon, mentionnons les études marines faites par ordre du ror Louis XV, en 1771 et 1770 (1). Vers 1770, le savant Velasquez de Velasco, prisonnier d'État au Pegnon d'Alhucemas, travaillait à des Mémoires historiques sur la Barbarie, et à une Description da royaume de Maroc qui sont restés manuscrits. Ravn, Brisaon, Saugnier, esclaves chez les Mouselmas et à TOued- Noun, écrivent l'histoire de leur captivité (2). Gomme Chénier, Georges Hôst, agent de la compagnie danoise d'Âfriqoe et consul à Mogador (3), François de Dombay, envoyé de l'Autriche à Maroc en 1783 (4), le médecin anglais
(t) Thomassy, p. 259. Ces études furent publiées en 477S, par de Vardno et de Borda.
{%) Ravo, son voyage et sa captivité, en vers danois. Copenhague, 4754. Hisêoire du naufrage et de la captivité de M. de Brisson, avec la toeripUoD des déserts d'Afrique, depuis le Sénégal jusqu'à Maroc. tSenàfa et Paris, nS9, in-S"*. Pour Saugnier, voir de La Borde, ouvrage dté ^ 560.
(3) Hott, Efferitmngen cm Marokos och Fez. C'^penhague, 4779, m^\ Ces notices ont été recueillies de 4760 à 4768. Sussrailch les a indnitei toas le titre ^ Nachriten von Marokos utid Fes, im Land iêlbit gêêttmmelt in de lahren 4760 bis t768. Copenhague, 4784, io-V. Host a laissé aussi une histoire de Moharomed-ebn-Abd-AUah. Gopediagoe, 4791, in-8*.
(4) Cet orientaliste a laissé, outre la traduction du Cartes fp. 458), ooe histoire des Cherifs : Geschichte der Scherifen, oder der Konige det ieizt regterenden Hauses su Marocco. Agram, 4801, in-So. GramwmtiealingwB Maura-Arabkœ. Vienne, 1800, in-i». Ehn-Medini Mauri ftêÊom tenUntiœ quœdam arabicœ. Vfeono, 4805, in-S», arabe-latin. Une DeieripHon dei monnaies qui ont cours au Maroc. Vienne, 4803, in- 5*1 en allemand.
furent guère justifiées par sa conduite. Pour obtenir sans retard des gouvernements européens de plus -riches cadeaux, il convoque à Tétouan les consuls en résidence à Tanger et leur annonce, le 20 avril, qu'il déclare la guerre à leurs gouyemements, sauf TAngleterre et Raguse, et qu'ils ont quatre mois pour sortir du Maroc. Lés jours jsuivants, il se désiste, mais à coqdition que chaque nation lui enverra une ambassade pour traiter de la paix, c'est-à-dire pour lui offrir des présents. L'Espagne et le Portugal le faisaient fréquemment, la Suède, le Danemark et Venise s'en acquittaient chaque année. Lie consul de France, fixé à Salé, se contenta de féliciter Moulé Yezid sur son avènement. Le cherif laissa la France au rang qu'elle avait conquis sous le règne de son père ; en 1791 , il ordonna de saluer le pavillon tricolore et' écrivit à Louis XYI une lettre amicale oii il rappelle les services qu'il a reçus à Tunis d'un navire français, lors de son pèlerinage à la Mekke. Le gouvernement français avait lui-même chargé discrètement ce navire de se mettre à la disposition du prince. Notre, consul Du Rocher, venu en France pour être renvoyé comme ambassadeur, selon le désir du cherif, prévit la chute de ce dernier et il attendit, afin de ne pas faire de présents inutiles. La Hollande, en 1791, obtint aussi la confirmation de ses traités antérieurs (1 ) .
Pillage des juiveries. — Pour se concilier l'affection de ses sujets musulmans, payer les Bokhari et se procurer de l'argent dont il avait soif comme tous les cherifs, Moulé Yezid trouva simple et facile de livrer les juiveries au pillage. Celles de Tétouan, de Larache, d'Alcazar, de Fez, etc., furent dévastées; une multitude de juifs tombèrent dans la
(4) Thomassy, p. 337, et Marlcns, U V.
44 esdaves", Christophe Pays de la Merci, doctear ine^ 27 ; un autre est racheté aux frais des deux aux frais de la confrérie du Rachat de Marseille ; I cour de Vienne, et la dépense totale s'élève a livres environ, ou 92,000 écus romains, chaque ifttant à peu près 5,000 livres de France (1). Les loni effectué,. en 1766, une autre rédemption de b (2). Le 20 janvier 1790, le gouverneur de Mo* MXiça que le cherif voulait racheter tous les esétions d'Alger, en offrant au déy 500 piastres lAte, afin de les échanger ensuite contre les esisolmans des nations d'Europe. Sidi-Mohammed I pas mieux prouver son désir de mettre fin à la tutioB de l'esclavage et au déplorable Métier des