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Membrane choroïde du nerf optique

8. Vestiges des vaisseaux de la rétine , qui percent le centre

du nerf optique.

6. 8. 3. Nerf optique, plus petit d'environ la moitié de son diamètre que dans le reste de sa longueur, comme on le voit fig. 2, /; fig. 4? e; fig. 6, c; et pl. i3, au trait, vers 6.

Figure 4-

Cette figure fait voir intacte, par sa face postérieure, la rétine ou la membrane nerveuse du globe gauche d'un adulte. La rétine est placée de façon que son vrai centre répond exactement à celui de la figure ; aussi présente-t-elle une forme demi-sphérique qui est bien celle qu'elle a naturellement.

Il ne faut pas une grande dextérité pour préparer ainsi le globe, pourvu qu'il soit frais; car, la sclérotique et la choroïde une fois enlevées avec précaution sous l'eau, la rétine se montre entièrement unie , et sans aucuns plis ou rides. Plus le globe est frais , et mieux cette préparation réussit. Alors on aperçoit très-distinctement, dans le véritable centre de la rétine, le petit trou entièrement rond avec sa bordure jaune, que deux rameaux assez gros de vaisseaux sanguins ceignent d'une élégante couronne.

a. Rétine étendue uniformément sur le corps vitré. Cette

rétine est d'une dimension et dans une situation telles, qu'elle peut être adaptée à l'oeil de la fig. 1 , et que son centre correspond au centre de la lentille , dans la même ligne droite , c'est-à-dire dans l'axe du globe.

b. Trou central de la rétine.

DESCRIPTION FIGURÉE DE i/OEIL HUMAIN. 63

c. Frange jaune qui entoure la marge du trou central, un peu plus foncée vers le centre, et pâlissant peu-àpeu vers la circonférence.

cl. e.f. Point où le nerf optique coupé perce la sclérotique.

J'en ai donné le contour d'après les mesures les plus exactes. C'est une chose étonnante que le nerf optique, dans tout son trajet, depuis le cerveau jusques au globe, se trouve presque du double plus gros que dans ce point. Comparez à ce sujet les fig. 2 et 6 de cette planche , la fig. 1 , pl. io, la 2e, pl. 5, et la 2 e de la pl. i3.

Dans la fig. 2 de cette planche, le même point paraît beaucoup plus petit, tant parce qu'il l'est en effet, que parce que l'éloignement le ferait paraître tel, quand même il serait réellement plus grand. e. Ce point noir central désigne les orifices des vaisseaux coupés transversalement. On voit clairement par cette figure que cette artère et cette veine ont été nommées improprement centrales. L'artère à laquelle on aurait pu donner ce nom devrait passer par le centre même de la rétine dans c. b.; mais celle que l'on nomme vulgairement ainsi, est distante de deux lignes du vrai centre de la rétine.

g. h. i. Trois rameaux principaux de vaisseaux remplis de leur sang; h. i. deux de ces rameaux qui entourent le trou central en forme de couronne; h. rameau coronal supérieur; i. rameau coronal inférieur. Entre h. et ». on voit quelques filets de ces rameaux se porter vers le trou central. Pour rendre la distribution de ces vaisseaux, il a fallu un soin prodigieux. Comparez h. i. dans la fig. 2 qui présente de face cette couronne prise d'un autre sujet.

DESCRIPTION FIGURÉE DE l'œ I L HUMAIN.

Figure 5.

Vue de la rétine et du corps vitré dans lequel est logée la lentille avec sa capsule. Le rapport de cette fig. 5 avec la quatrième est le même que celui de la seconde avec la première. Elle offre la marge antérieure, les limites ou la terminaison de la rétine, l'espace qui existe entre la rétine et la capsule de la lentille, la face antérieure de la lentille enfermée dans sa capsule , et le trou central de la rétine vu à travers l'humeur vitrée et la lentille.

a. b. a. b. a. b. La rétine; b. b. b. marge antérieure ou limites de la rétine. J'ose assurer que la rétine se termine véritablement là , qu'elle ne s'étend pas jusqu'à la capsule de la lentille, et qu'elle passe encore moins par-dessus; et je l'affirme avec d'autant plus de certitude , que c'est ainsi que je l'ai vue très -souvent sur des corps humains, et que je l'ai fait voir à des élèves trèsexercés. Cela est tellement visible dans les yeux frais, qu'il n'y a pas moyen d'en douter. Mais, si avant l'examen , les yeux ont passé quelque temps dans l'esprit -de -vin , la région c. b. devient opaque à sa surface, et d'une couleur blafarde, de façon qu'on la prendrait pour une continuation de la rétine. Un incident m'a prouvé plus clairement encore cette terminaison de la rétine : il arriva que dans le globe représenté fig. 5, qui avait été suspendu pendant quelque temps dans l'esprit -de -vin, le bord de la rétine se retira de lui-même du corps vitré. Cette séparation non-seulement se fait toujours à ce bord, mais cette extrémité détachée de la rétine est si unie, et si déliée, que l'art pourrait à peine l'imiter.

c. b. c. b. Couronne ciliaire formée autour de la lentille par la

DESCRIPTION FIGURÉE DE l'oEI L HUMAIN. 65

tunique hyaloïde du corps vitré. Lorsque l'ordre naturel est conservé dans tous ses rapports, cette couronne cadre tellement avec le corps ciliaire de la choroïde, enduit d'une couleur noire, que les sillons de l'un répondent aux éminences de l'autre: car les plis du corps ciliaire sont placés et fixés dans la couronne de ce nom. Ordinairement, après la séparation de la choroïde du corps vitré, il reste sur cette couronne un peu de ce mucus noirâtre qui appartient proprement à l'iris. Plus le globe est récent, moins il en reste; dans un globe très -frais, une très -petite quantité se trouve répandue au bord seul. C'est ce qu'on voit aussi dans notre figure.

c. e. e. c. d. La lentille attachée au corps vitré avec sa capsule. d. Trou central de la rétine , vu à travers le corps vitré et la lentille.

e. e. Vaisseaux sanguins de la rétine vus à travers le corps vitré et la rétine: si la ramification de ces vaisseaux, la même que dans la fig. 4 , paraît ici un peu différente, • cela vient de la réfraction de la lumière dans le corps vitré et la lentille, à travers lesquels ils sont aperçus. Personne avant moi n'a donné, à ma connaissance, deux semblables figures de la rétine.

Figure 6.

Face externe de la rétine. Par sa face opposée ou interne cette membrane est adhérente au corps vitré. J'ai eu pour modèle le globe gauche d'un sujet différent de celui dont je me suis servi pour les fig. 4 et 5. La figure 6. a beaucoup de rapport avec la fig. 2., pl. i3.

J'ai donné cette figure, soit pour faire voir très -distinctement le bord extrême ou les limites antérieures de la rétine , soit pour

66 DESCRIPTION FIGURÉE DE l'oe I L HUMAIN.

montrer la situation du trou central, la distribution des vaisseaux sanguins jusques au bord extrême de la rétine, différente de celle qu'on voit dans les fig. 2. , 4- et 5. , enfin le rétrécissement du nerf optique un peu avant son épanouissement.

a. a. b. La rétine ou la tunique médullaire du globe; a. a. son bord antérieur ou sa terminaison.

b. Trou central de la rétine, entouré d'un bord jaune. h. i. Deux rameaux principaux des vaisseaux du centre de la rétine encore pleins de leur sang, qui entourent le trou central, en manière de couronne; h. le supérieur de ces rameaux dans sa situation naturelle; i. l'inférieur. On les voit dans la même situation vers h. i. de la fig. 2. et de la L\.

c. d. Le nerf optique dépouillé de sa gaîne ; c. partie la plus effilée de ce nerf, un peu avant son épanouissement. efg- Couronne ciliaire du corps vitré, que l'on ne trouve jamais recouverte par la rétine.

e.f. Distance du corps ciliaire à la lentille. g. Reste de la couleur noire.

/. /. La lentille adhérente au corps vitré dans sa capsule.

^.partie de la lentille qui dépasse la couronne ciliaire. /. Partie de la lentille vue à travers la couronne ciliaire.

Planche 10.

Figure 1.

Choroïde du globe gauche d'un adulte, avec les vaisseaux injectés, vue en grande partie du côté interne, c'est-à-dire du côté tourné vers les narines. C'est à dessein qu'on a ainsi placé le modèle, afin de faire voir une partie de l'iris, ce côté étant le plus

court du globe, comme le prouve la fig. 3., pl. 9. r. u. 2; on l'a présenté ainsi , pour que l'anneau gangliforme de la choroïde fût mieux marqué que dans la figure 2, qui offre le côté opposé ou le plus long du globe.

Plus l'injection des vaisseaux de la totalité du globe est facile , et plus elle réussit fréquemment et complètement chez les enfants, plus ce succès est difficile, rare, et imparfait chez les adultes. La raison de cette différence est, sans doute, que les vaisseaux du globe des adultes, ordinairement pleins d'un sang épais après la mort , n'admettent pas aisément le cinabre ou quelque autre préparation. Le sujet qui a fourni le modèle étant mort par l'effet d'une hémorrhagie lente, on a pu remplir d'un cinabre délié, les veines elles-mêmes par la voie des artères.

Cette figure montre l'anneau gangliforme , ou le ganglion annulaire de la choroïde et les tourbillons des veines. En la comparant avec la 3e, on discernera assez bien la différence entre les veines de cette figure et les veines de celle-ci, suffisamment remplies d'une certaine substance, et modérément gonflées par leur propre sang. Ce globe est posé de manière à laisser voir la connexion mutuelle des deux tourbillons veineux ; tandis que la fig. 2 montre un seul de ces tourbillons au centre. La face antérieure de cette choroïde se voit dans la fig. 3. La fig. ire a donc avec la 3e les mêmes rapports qui existent entre la fig. 6 et la fig. 5 de la planche 9.

De la comparaison de cette figure avec celle de Zinn, déjà mille fois copiée, il résulte évidemment, i° que la première, quoique de grandeur naturelle, offre cependant un plus grand nombre de vaisseaux que celle de Zinn triplée de volume; 20 que la forme des tourbillons veineux ne diffère pas moins; 3° que la figure de l'iris, publiée par Zinn, n'a pas l'exactitude de sa description, puisqu'on y voit l'iris convexe et presque dépourvue de vais-

seaux ; 4° que l'iris est trop grande par rapport au reste de la choroïde, parce que, dans la figure de Zinn, le diamètre de la base de l'iris excède celui du reste de la choroïde; ce qui n'est pas; 5° que, sans égard pour le rapport naturel qui existe entre le diamètre de la choroïde et celui du nerf optique, ce dernier est trop gros ; car ici on le représente comme étant la quatrième partie du diamètre de la choroïde , tandis que dans la nature , il n'en est réellement que la sixième; 6° la sclérotique étant plus épaisse postérieurement qu'antérieurement , sa coupe ne peut pas présenter l'apparence que lui donne Zinn au-dessus de b.

a. b. Nerf optique; b. partie la plus effilée du nerf optique un peu avant son épanouissement.

c. cl. e.f. Reste de la sclérotique, pour qu'on puisse mieux distinguer le trajet des nerfs et des artères , et leur distance de la choroïde.

g. — q. Choroïde; g. h. i. m. anneau gangliforme de la choroïde qui, séparé antérieurement de l'iris par un sillon assez délié (i), disparait peu-à-peu (A', p.) par derrière , vers le nerf optique.

m. Artère ciliaire interne longue, dont les filets se rendent

dans l'anneau gangliforme et dans l'iris. n. Veine ciliaire interne longue, dont les petites racines partent des dernières artères de l'iris et de son anneau.

o. Nerf ciliaire interne long , qui se partage en fibrilles autour de l'anneau gangliforme.

p.p. Les artères les plus longues et les plus courtes de la choroïde.

q. q. Les nerfs ciliaires, dont le nombre, la grandeur, tant absolue que relative , la situation et la distribution , représentent la nature même.

DESCRIPTION FIGURÉE DE l'oEIL HUMAIN. G9

r. Petit tronc de la veine du tourbillon supérieur. Un tourbillon semblable se voit par l'intérieur, fig. 2 , pl. 1 3. s. Petit tronc de la veine du tourbillon inférieur. On voit un semblable tourbillon du côté interne, fig. 2, pl. i3. t. Semblable petit tronc veineux.

g. h. Marge qui sépare l'iris du reste de la choroïde, et s'affaisse en forme de sillon. Comparez le point entre 5 et i dans la fig. 1 au trait, pl. 11. La figure 3 présente la face antérieure de cette iris.

Figure 2.

Face inférieure de la choroïde d'un adulte. Les veines sont remplies de leur sang. Cette figure représente la forme du globe, vu par sa face inférieure, et tout le tourbillon veineux vu de face, tandis que dans la fig. ire,on a représenté la corrélation des deux tourbillons.

La comparaison de cette figure avec la fig. 1 donne la différence qui existe entre les vaisseaux remplis de leur propre sang , et les vaisseaux injectés. Je me suis attaché , avec le plus grand soin, à rendre exactement les nerfs ciliaires, et la marge de l'iris dans le rapport qu'elle a avec le reste de la choroïde.

a. b. Nerf optique; b. partie effilée du nerf optique, peu avant; son entrée dans la sclérotique.

e. d. e.f. La sclérotique; e.f. coupe de la sclérotique destinée à

faire connaître son épaisseur.

f — -g. La choroïde ; g. h. k. anneau gangliforme de la choroïde, formé en grande partie, comme on le voit ici, des nerfs qui s'y rendent de toutes parts.

g. h. i. Iris; g. h. Bord de l'iris, qui paraît ici presque droit. m. Tourbillon de veines, inférieur.

n. p. Nerfs ciliaires; n. partie de ces nerfs qui, n'ayant pas de

filets, se trouve entre la choroïde et la sclérotique; p. partie de ces nerfs qui transmet des rameaux, des filets et des fibrilles dans l'anneau gangliforme, et, par cet anneau , dans l'iris. Sur l'origine et le trajet des nerfs ciliaires jusqu'au globe, voj. la pl. 6.

Figure 3.

Face antérieure de la choroïde et de l'iris du globe gauche, dont la fig. i donne la face latérale qui regarde les narines. Cette figure offre le nombre et la disposition des nerfs qui se distribuent à l'anneau gangliforme et ensuite à l'iris. a. b. c. Tunique choroïde; b. c. anneau gangliforme de la choroïde; a. son côté interne; o son côté supérieur; i. son côté externe; u. Son côté inférieur. Cette situation de la choroïde rend plus aisée la comparaison qu'on en peut faire avec les fig. i et 2.

cl. — g. Iris; d. h. bord un peu déprimé qui sépare l'iris du reste de la choroïde.

d. e. Anneau de l'iris le plus grand ou externe; e.f. anneau le plus petit ou interne; g. la pupille. L'iris du côté nasal est ordinairement plus étroite d,f. que du côté opposé g. h. Cette différence a été rendue plus sensible, à dessein, dans la figure au trait. Je l'ai vue encore bien plus prononcée dans des yeux vivants.

n. n. Nerfs ciliaires, divisés en rameaux, un peu avant l'anneau gangliforme : leurs filets , filaments et fibrilles se dispersent dans cet anneau , de la même manière que le cinquième nerf du cerveau se^ disperse dans son ganglion représenté fig. 1 , 2, 3. pl. 6. Cet anneau de la choroïde doit être regardé comme un ganglion, parce qu'il est formé par les nerfs ciliaires et par des vaisseaux sanguins entremêlés.

DESCRIPTION FIGURÉE. DE LUE I L HUMAIS, 7 l

r. Artère ciliaire externe longue.

s. Artère ciliaire interne longue.

Le peintre et le graveur ont, à mon avis, imité avec le plus grand succès , et la vérité la plus parfaite , la forme aplatie, délicate, et déliée, de ces petits nerfs ciliaires, ainsi que leur diverse grosseur et leur distribution.

Figure 4-

Face postérieure du segment antérieur de la choroïde que l'on a coupée perpendiculairement, aprè's l'avoir tirée de l'œil gauche d'un sujet mort récemment. Cette figure , quoique dessinée d'après le modèle provenant d'un autre sujet, peut être regardée, sous certains rapports, comme la continuation de la fig. r. pl. g. La face antérieure de l'iris est brune. Entre autres choses, il est bon de remarquer la singulière épaisseur des plis du corps ciliaire, qui sont, pour ainsi dire, plus entassés, plus frisés, mais moins nombreux que dans les yeux bleus ou gris. En général, j'ai vu que les yeux noirs avaient presque toujours les tuniques plus épaisses , et une structure plus forte.

La couleur noire qui couvre la face interne de l'iris et de la choroïde a été conservée avec soin dans le modèle.

a. La pupille.

b. c. d. e. L'iris enduite de son épaisse substance noire. Elle est ordinairement plus large dans son côté externe d. e. , plus étroite dans l'interne b. c. C'est à dessein qu'on a rendu cette différence plus sensible dans la figure au trait, qu'elle ne l'était dans le modèle. f. g. Le corps ciliaire formé de cinquante-sept petits plis trèsrelevés, et comme un peu gonflés;/^ extrémité antérieure des plis qui s'étend sur le bord de l'iris, et se perd dans l'humeur vitrée; c'est ce que l'on voit plus

clairement dans la double fig. 3 au trait, pl. 9, et dans la pl. i3; g. extrémité postérieure des plis, qui s'efface insensiblement, et disparaît dans la circonférence. h. g. Point où la choroïde commence ordinairement à prendre une teinte moins noire.

Figure 5.

Face antérieure du segment antérieur de la choroïde , de l'iris, et de la membrane pupillaire, d'un fœtus de sept mois. Les artères et les veines du globe dont ces parties ont été tirées, avaient été injectées avec une préparation de cinabre.

i. Artère ciliaire interne longue.

a. Artère ciliaire externe longue.

b. Iris.

c. Membrane pupillaire avec ses vaisseaux injectés.

On voit fig. 3, pl. 12, un semblable segment grossi au moyen du microscope.

Figure 6.

Segment antérieur de la conjonctive et de la cornée du globe gauche d'un fœtus de six mois, du double de son véritable diamètre. Les vaisseaux ont été remplis parfaitement du cinabre le plus délié.

Cette figure fait voir, non -seulement la grande abondance des vaisseaux de la conjonctive à cet âge, mais encore la manière particulière dont leurs rameaux jouent autour de la cornée.

a. i. o. u. La conjonctive; a. son côté externe; i. son côté interne; o. Côté supérieur; u. côté inférieur.

e. La cornée.

On voit le grand nombre de petits troncs artériels qui se portent de toutes parts à la conjonctive, et qui se

DESCRIPTION FIGURÉE DE l'ûEIL HUMAIN. ;3

divisent et se sous-divisent en rameaux et filets joints entre eux par de fréquentes anastomoses. Leurs prolongements, ordinairement cylindriques, et d'une égale grosseur, forment enfin de petits arcs, tantôt conligus et tantôt entrelacés. Dans l'état sain , je n'ai jamais vu se diriger vers la cornée un seul rameau rouge de ce tissu si serré.

Ces vaisseaux, adroitement remplis de cinabre dans des foetus avant-terme , font paraître le bord de la cornée comme entouré d'un cercle rouge. On retrouve le même effet chez les adultes , quand , au commencement d'une ophtalmie, le globe est plus affecté auprès de la cornée que vers les paupières, en sorte qu'à l'aide de la loupe, on discerne clairement les arcs de ces vaisseaux remplis de sang ; la cornée paraît alors entourée d'une bordure tirant légèrement sur le couleur de rose, effet qui se remarque quelquefois dans les yeux des nouveaux- nés.

Les vaisseaux qui se lient en arcades sont si déliés, qu'il a fallu les doubler de volume, à l'aide de la loupe, pour pouvoir les rendre distinctement. J'ai dù ce succès à l'adresse et à la patience des artistes.

Figure 7.

Figure de la lentille de l'œil d'un nouveau -né. Sa partie postérieure arrondie, séparée de l'antérieure par une ligne ponctuée, a une forme à-peu-près demi-sphérique, ce qui donne l'apparence d'un globe à la lentille entière.

Figure 8.

Lentille d'un enfant qui avait à peine six ans, vue de côté. Il

est clair qu'elle diffère de la précédente, car la lentille s'est accrue en rond ou en long, sans acquérir d'épaisseur.

Figure g.

Représentation de la lentille d'un adulte. La différence entre le segment sphérique antérieur et le postérieur, dont la lentille est formée, paraît moins marquée que dans les lentilles précédentes. La fig. 5, pl. 9 montre la face antérieure d'une lentille semblable, et la fig. i , pl. 9 sa face postérieure. J'ai dessiné avec soin sa véritable situation par rapport au reste du globe, dans la fig. 3, pl. 9, et dans la figure 1 , planche i3.

A raison de la diversité d'âge , il y a de grandes différences entre les trois lentilles représentées par les fig. 7, 8, et 9: i° plus l'homme est jeune, moins la lentille a de contour, ou plus elle est courte, si on la regarde de côté; plus il avance en âge, plus le contour est grand, ou plus la lentille est longue. Aussi voit-on qu'à dater de la naissance., la lentille ne croît plus en épaisseur, mais en contour; 20 plus l'homme est jeune, plus la lentille, en général, est convexe, ou sphérique; plus il avance en âge , plus elle prend la forme lenticulaire ; 3° plus l'homme est jeune , plus il y a disproportion entre les deux parties dont elle est formée, plus la partie postérieure est grande comparativement à l'antérieure, ou plus petite est la sphère dont cette partie postérieure forme un segment.

Je m'étonne comment l'industrieux Zinn ne s'est point aperçu que l'artiste auquel il avait confié l'exécution de sa dernière planche y a placé trois lentilles semblables, d'une dimension énorme. L'épaisseur ou le petit diamètre de la lentille d'un adulte (pour ne parler que de celle-là) est de trois grandes lignes, mesure de Paris. Ce volume démesuré ne saurait convenir à l'oeil humain dans l'état sain. Certes, je n'ai jamais vu ni lu que, dans un homme sain, la lentille eût deux lignes d'épaisseur, encore

DESCRIPTION FIGURÉE I) E l'ûEIL HUMAIN. 76

moins trois, et il est impossible de concevoir qu'un œil sain puisse se prêter k une lentille de trois lignes; car le plus grand diamètre de l'intérieur du globe, étant au plus de neuf ou dix lignes, il faudrait que la lentille à elle seule en occupât le tiers . ce qui est complètement démenti par l'observation.

On ne conçoit pas davantage comment, dans l'extraction de la cataracte , une lentille de cette dimension pourrait facilement sortir par la cornée , ou même par la pupille.

On trouve la même inexactitude dans les arcs dont l'artiste de Zinn a composé sa lentille. Le diamètre de la sphère du segment antérieur n'est pas même de cinq lignes dans la planche, tandis que Zinn lui-même avance, dans le chapitre V, que le diamètre de cette sphère est de sept lignes et demie. Le diamètre de la sphère du segment postérieur, qui est de quatre à cinq lignes et demie, en a à peine quatre. Cette figure est si simple, qu'il eût été facile de la corriger : Zinn l'aurait corrigée lui-même, s'il eût vécu plus long-temps, et cependant non- seulement on l'a copiée, mais les copistes en ont encore exagéré les défauts.

Figure 10.

Lentille mise dans l'esprit -de -vin et partagée en deux parties. Une semblable lentille, devenue opaque, paraît feuilletée comme un oignon ; on la dirait composée de petites lames ou de couches appliquées les unes sur les autres.

Figure 1 1 .

Lentille devenue opaque dans l'esprit -de -vin ; la face postérieure que l'on voit ici a formé des éclats qui décrivent quatre portions de cercle inégales, et plusieurs autres plus petites. On peut distinguer quatre fentes ou gerçures extrêmement fines dans chacun des segments.

Figure 12.

Lentille qui avait perdu sa transparence dans l'esprit -de -vin, partagée en huit segments qui se sont entrouverts en lames ou courbes concentriques par l'effet d'une macération soignée.

a. Trois lames d'un seul segment. La figure suivante offrira la division ultérieure de ces lames.

Figure i3.

a. Ces trois mêmes lames [voyez figure 12, a.) qui, par l'effet de la macération bien ménagée, commencent enfin à se séparer en fibres et en p. Fibrilles ou filets auprès de leurs bords libres pppp.

Quoique la lentille, préparée ainsi après la mort, s'ouvre en portions de cercle, en lames concentriques, et en fibres, il ne s'ensuit pas que la lentille fraîche ou vivante soit ainsi composée de fibres, de lames, et de portions de cercle.

Il y a dans le corps humain des liqueurs qui , en se coagulant, présentent une semblable substance fibreuse. On en voit un exemple dans le tissu radié et fibreux du calcul urinaire ou du calcul de la vésicule du fiel, divisé par la scie. Je garde du sang que j'ai trouvé dans la veine cave, auprès du coeur d'un embryon conservé dans l'esprit-de-vin, et qui, desséché, a pris une forme radiée et fibreuse.

Ainsi donc, après la mort, la lentille change de la même manière que ce sang qui, en se coagulant, s'est transformé en une substance radiée et fibreuse; et de même qu'il ne faut point prononcer que le sang eut cette nature fibreuse avant d'être coagulé, et mis dans l'esprit-de-vin, de même on ne peut convenir qu'elle

appartienne à une lentille vivante , avant d'avoir été épaissie et conservée dans cette liqueur.

En effet, ce n'est point la seule différence qui existe entre la lentille saine et vivante et la lentille conservée dans l'esprit -de -vin. Elles diffèrent tellement entre elles, sous plusieurs autres rapports, qu'elles paraissent être de nature entièrement opposée.

Pendant la vie , la lentille saine est parfaitement transparente , sans couleur, visqueuse, glutineuse, molle comme de la gomme en liquéfaction.

Conservée dans l'esprit-de-vin, la lentille devient toutà-fait opaque; elle prend une couleur laiteuse, ou paraît radiée comme une opale ; elle est sèche, roide, duriuscule , fragile.

Je me suis permis cette digression pour montrer, par un nouvel exemple, combien il faut de circonspection pour ne pas transporter à la nature vivante ce qui n'appartient qu'au sujet mort. En un mot, de même que la lentille saine n'est pendant la vie, ni opaque, ni laiteuse, ni roide, ni duriuscule, de même elle ne paraît point, pendant la vie, composée de fibres. Car ce qui lui donne ces qualités , lui donne aussi le caractère fibreux.

Explication des Planches 9 et 10, coloriées.

Plusieurs considérations m'ont déterminé à donner, en forme de supplément, une répétition des planches 9 et 10.

En effet, quelques parties ont besoin d'être distinguées par des couleurs, sans lesquelles elles ne pourraient pas être parfaitement saisies; par exemple, le bord jaune du trou central de la rétine.

Ensuite il m'a paru important de donner ces mêmes planches coloriées, i° parce que peu d'anatomistes trouveront , comme

78 DESCKIPTION FIGURÉE DE l'ûEIL HUMAIN.

moi , au milieu des malheurs de la guerre , des occasions aussi fréquentes d'observer ces parties sans altération sur des sujets très - récents ; i° parce qu'il sera très -avantageux aux amateurs d'anthropologie , d'en connaître en même temps les formes et les couleurs.

Or, comme ni la planche ombrée, ni la planche au simple trait, n'auraient facilement souffert les couleurs, il m'a fallu en faire graver une nouvelle.

J'ai profité de l'occasion pour donner quelques suppléments , et éclaircir les contraires par les contraires. Ainsi la fig. 3, pl. 9, ombrée, représente, à dessein, le globe partagé horizontalement, tel qu'on le trouve après la dissection la plus exacte et la plus heureuse, c'est-à-dire la lentille un peu baissée , l'iris convexe, et le bourrelet , par lequel elle tient à la sclérotique , prodigieusement renflé. J'ai préféré cette situation des parties, quoiqu'elle s'éloigne de celle qui a lieu pendant la vie, pour faire voir, par des exemples , combien les parties du corps humain souffrent de la préparation, même de la meilleure, et de quelle sévérité de jugement on a besoin pour exécuter des figures anatomiques.

Les médecins qui se livrent au traitement des maladies des yeux, ne trouveront point superflues des figures coloriées qui éclaircissent des matières aussi importantes pour eux. Ceux qui n'approuveront pas ces additions peuvent consulter les pl. 9, 10 et i3 , au trait.

Au reste, la figure coloriée rend très -fidèlement l'épaisseur de la sclérotique, évaluée d'après une estimation moyenne. C'eût été m'écarter, sans raison, de mon plan, que de représenter au naturel les fig. 1 et 3 de la pl. 9, de la même manière que la fig 2 de la même planche ; car je me suis proposé de rendre , par ces figures, les rugosités de la rétine, et notamment les rides et les plis qui voilent le trou central, et que l'on a crus, sans fondement, exister pendant la vie.

Enfin ces planches répétées m'ont servi à désigner une variété

DESCRIPTION FIGURÉE DE l'oE IL HUMAIN. 79

de l'iris {yoy. pl. 9, fig. 1 ; pl. 10, fig. 2 et Cette variété se rencontre rarement aussi prononcée; mais, lorsqu'elle existe, elle explique admirablement la structure et la fonction de l'iris , savoir que son côté interne est plus étroit que son côté externe. Cette différence se voit rarement aussi-bien qu'ici ; cependant je l'ai aperçue encore plus marquée dans des hommes vivants.

Explication des Planches 11 et 12.

Ces planches suivent naturellement la 9e et la 10e, et en paraissent la continuation, attendu qu'elles montrent les parties les plus déliées du globe , parties qui ne peuvent être observées à l'œil nu.

Je me suis attaché, en les publiant, à présenter, dans une dimension suffisante , les réseaux les plus déliés des vaisseaux , tels qu'ils se trouvent dans les diverses parties du globe de l'œil, et à faire voir en quoi ils se ressemblent, et en quoi ils diffèrent.

Ainsi, ces deux planches donnent la situation, la direction, le nombre, le volume, la forme, l'entrelacement, et les anastomoses des vaisseaux sanguins de l'iris, de la choroïde, de la rétine, de la membrane pupillaire, et de la capsule de la lentille cristalline.

Les petits espaces entourés d'un trait, placés à côté de sis figures, indiquent la véritable grandeur de la partie représentée.

Je donne à ces figures différents degrés de grandeur; savoir: aux fig. 1 et 2 , pl. 1 ï , et aux fig. 1 et 2, pl. 12, vingt-cinq fois leur diamètre naturel ; à la quatrième , planche 1 1 , et à la troisième, planche 12, quatre fois; à la troisième, planche 11, deux fois seulement. .

Ne voulant qu'être clair, je me suis borné à employer une lentille assez forte pour représenter les dernières fibrilles des vaisseaux.

On a pu facilement reconnaître et rendre fidèlement les der-

80 DESCRIPTION FIGUREE DE L'OEIL HUMA.IPÎ.

niers filets visibles de vaisseaux sanguins de la lentille et de la membrane pupillaire, en se contentant de quadrupler leur grosseur; mais, pour les vaisseaux de la rétine, une augmentation de vingt-cinq fois leur volume naturel a suffi à peine, comme on le voit fig. 2, pl. 12.

Toutes les figures de ces deux planches ont été dessinées sur des pièces dont j'ai si bien rempli les vaisseaux sanguins de cinabre broyé avec de la colle de poisson, que non-seulement la composition poussée dans les artères est revenue par les veines, mais encore que l'on trouverait à peine de la place pour un nouveau vaisseau dans ce tissu formé de vaisseaux innombrables. En examinant la fig. 1 , pl. 1 1 , et la fig. 1 , pl. 12 , on concevra à peine que des vaisseaux puissent se mêler et s'entrelacer dans un réseau aussi serré.

Au reste chaque figure a été dessinée sur des modèles frais ou humides, et non pas sur des pièces préparées], desséchées, ridées, et vernies.

Je garde avec soin dans l'esprit- de -vin les modèles qui ont servi pour ces figures, et j'ai soumis les unes et les autres, pour en faire la comparaison , à des gens qui sont bons juges dans ces matières.

Il est constant que les vaisseaux sanguins, bien remplis de cinabre, se voient plus distinctement et en plus grand nombre dans les membranes du corps humain desséchées et vernies, soit parce que le parenchyme se ride et attire à lui les vaisseaux voisins , soit parce que l'huile ou la résine du vernis rend la membrane transparente , de manière à faire ressortir les vaisseaux les plus profonds.

Mais plus on gagne en netteté , quand on reproduit par ces procédés les vaisseaux de ces membranes, moins on peut connaître avec exactitude ce qu'elles sont véritablemeut pendant la vie, à raison de l'altération que subissent leur situation, leur

DESCRIPTION FIGURÉE DE i/OE I L HUMAIN. 8l

direction et leur forme. Je me suis donc singulièrement félicité du succès que j'ai obtenu en injectant ces vaisseaux ; car il est arrivé qu'en comparant mes modèles avec ceux de Lieberkùhnius, j'ai trouvé dans les miens, frais et humides, une bien plus grande quantité de vaisseaux que dans les siens, desséchés et vernis. On pourra s'en convaincre, en comparant mes figures avec celles de Zinn, exécutées par l'habile Kaltenhofer, sur les excellents modèles de Lieberkùhnius.

Il résultera de cette comparaison, que j'ai donné dans ma première figure, en une seule pièce, cette portion de la choroïde que Zinn a donnée en trois parties séparées dans ses première, seconde et troisième planches.

Il ne sera pas moins évident que mes figures sont très-différentes de celles de Zinn, dans la manière de rendre chacune des parties de ce réseau vasculeux.

Zinn, planche 3, figure 3, donne à l'iris des vaisseaux, nonseulement beaucoup moins nombreux, mais encore d'une forme différente de celle que présentent les miens.

Dans les petits plis des procès ciliaires, Zinn, planche 2, figure 3, b. cl. , représente des petits vaisseaux plus nombreux et plus déliés que les miens; mais je puis affirmer que, dans cinquante yeux et plus assez bien injectés , je n'ai jamais trouvé de vaisseaux, ni si nombreux, ni si fins, et que ce réseau paraît une pure invention de Kaltenhofer.

Dans le reste de la choroïde (voyez pl. 1, fig. 2, qui répond à ma fig. 1, pl. n, aux lieux désignés par les lettres x. j. z. 1 ), Zinn a donné un réseau vasculeux trop simple et presque trop régulier.

Je ne saurais donc assez louer l'habileté infatigable de l'artiste qui s'est efforcé de satisfaire à mes désirs, au risque d'y perdre la vue; car, sa constance a été telle, que, durant plusieurs semaines, il a employé des jours entiers à dessiner la

82 DESCRIPTION FIGURÉE DE l'oe I L HUMAIN.

figure i de la planche 1 1 , et la figure i de la planche 12. Imitateur scrupuleux de la nature, il n'a pas imaginé une seule ligne de ce réseau, et lorsque, par une trop grande contention , il sentait ses forces épuisées , elles se ranimaient à la seule pensée que son art transmettait à la postérité la connaissance de cette toile vasculeuse.

Ceux qui examineront la figure r , représentant un fragment de l'iris et de la choroïde, s'apercevront sur-le-champ que la structure réticulaire des vaisseaux, quoique renfermée dans un espace à peine de trois lignes, se distingue par quatre variétés au moins.

Entre x.j.z. 1., cette toile vasculeuse est maillée comme un réseau.

Plus en devant, entre r. s. x.y. , elle offre des stries disposées comme des racines.

Dans les plis entre m. q. r.s. , ces stries se courbent en arcs.

Dans l'iris entre d.e.f.g., elle est traversée en tous sens par des lignes onduleuses.

Cette diversité n'est point due au hasard; elle est constante et perpétuelle.

Une chose très- digne de remarque, c'est que l'oeil de l'homme soit distingué de celui des autres animaux par une forme toute particulière des réseaux vasculeux : par exemple , dans l'œil du singe, le réseau des vaisseaux de la choroïde diffère, non-seulement du réseau de l'œil de l'homme, mais encore de celui du chien, et plus évidemment de celui du veau.

Ainsi, il sera aussi facile de discerner, à l'aide du microscope, les choroïdes bien injectées des divers animaux, même dans un espace d'un quart de ligne d'étendue, qu'il est facile de distinguer un peuplier dépouillé de ses feuilles, d'un chêne, d'un poirier, d'un pommier, ou de tout autre arbre, par la seule disposition de ses branches et de ses brindilles.

DESCRIPTION FIGURÉE DE l'oE I L HUMAIIT. 83

Ne voulant point traiter ici de l'anatomie comparée, qu'il nie suffise d'avoir touché cette matière. Elle mérite une attention particulière, et cependant personne jusqu'ici ne s'en est occupé.

Si l'on compare la face antérieure de l'iris avec la face postérieure, c'est-à-dire la figure i de la planche n avec la figure i de la planche 12, on aperçoit la diversité assez remarquable de la forme des réseaux vasculeux, particulièrement de ceux du petit cercle de l'iris.

Certes, en rapprochant le réseau vasculeux de la rétine ( fig. 2, pl. 12), de cette partie du réseau de la choroïde qui, dans la situation naturelle, lui est contiguë, on apercevra très-distinctement la différence de ces deux réseaux.

Le réseau de la rétine est un tissu lâche, composé de fils déliés et assemblés en arcs; le réseau de la choroïde, dans quelque partie que ce soit, est un tissu formé par l'entrelacement de filaments plus forts. De plus, les vaisseaux du réseau de la choroïde sont forts et aplatis, ceux du réseau de la rétine sont déliés, mais cylindriques.

Si nous comparons le réseau vasculeux de la choroïde d'un adulte (pl. 11, fig. 2) avec celui de la choroïde d'un enfant (pl. 11, fig. 1, dans la région 6. 7.8.), nous verrons que, dans la figure 2 , les troncs des vaisseaux sont à la vérité plus gros , plus forts, et ont leurs rameaux plus développés et plus étendus, mais que cependant ce réseau conserve une forme particulière dont la différence est peu sensible.

Combien diffère de ces deux espèces de réseaux qu'on remarque dans la choroïde et la rétine (pl. 11, fig. 1; et pl. 12, fig. 2), le réseau subtil, de forme étoilée, qui se compose des vaisseaux déliés de la capsule de la lentille dans la figure 4, planche 11, et celui qui est formé par les vaisseaux de la membrane pupillaire , dans la figure 3 , planche 12 !

84 DESCRIPTION FIGURÉE DE l'oEIL HUMAIS.

Il serait bien important d'observer de la même manière et de dessiner les réseaux vasculaires, au moins dans les autres organes des sens et dans les principaux viscères du corps humain : je sais, par ma propre expérience, qu'ils présentent de grandes différences à ceux qui les étudient.

Je voudrais donc que mes expériences encourageassent les anatomistes à de semblables travaux.

Planche ii.

Figure i .

Partie de la choroïde d'une petite fille nouvellement née, vue par sa surface interne ou tournée vers la cavité du globe. On lui a donné un diamètre vingt-cinq fois plus grand que nature. Ses vaisseaux sont entièrement remplis de cinabre pur.

a. Véritable grandeur de ce fragment. b. c.d.e.f. g. Face interne ou postérieure de cette partie du fragment qui appartient à l'iris.

b. c. Partie de la marge de la pupille ou de la marge pupillaire de l'iris.

f. g. Partie de la marge de l'iris du côté de la cornée. b.c.d.e. Partie du petit anneau ou de l'anneau interne de l'iris.

Cet anneau, par la finesse et la figure particulière de son réseau , se distingue clairement du grand anneau. Les petits troncs du réseau vasculeux, sortis des h. h. Petits troncs du grand anneau, plus profonds mais apparents, se lient entre eux par de fréquentes anastomoses, et se portent presque tous obliquement à travers ou sur ces vaisseaux qui les ont fournis. Pour rendre plus visible ce réseau si délicat, je l'ai fait graver sans ombres.

DESCRIPTION FIGURÉE DE l/oE 1 L H11MAIK. 85

d.e.f.g. Partie du grand anneau ou anneau externe de l'iris, dont les vaisseaux se portent en forme de rayons vers le petit anneau.

i.k.l. Trois artères plus grandes fournies par la couronne dont les artères longues ciliaires entourent l'iris , comme on le voit clairement par la fig. i, pl. la, dans laquelle les artères sont désignées par les mêmes lettres.

m. n. o.p.q. r.s. Petite portion du corps ciliaire. n.o. Trois plis entiers.

m. q. Deux fragments de plis.

t. v. Bord d'un pli légèrement gonflé et libre, qui, dans sa situation naturelle, se plonge dans le corps vitré au bord de la lentille.

v.w. Bord profond, plus délié, auquel s'attache un pli voisin, tous ces plis se liant entre eux par leurs bords. r.s.x.j. Partie cannelée de la choroïde, qui se trouve entre le corps ciliaire et le bord antérieur de la rétine, comme on peut le voir planche 9, figure 1 ; et planche io, figure !\,f.g.

x. y. z. 1 . Partie de la choroïde à laquelle correspond la rétine. x.y. Point de la choroïde auquel correspond le bord antérieur de la rétine.

2.3.4-5. Petits troncs des tourbillons veineux, qui paraissent couverts en grande partie d'un réseau très -fin de petits vaisseaux qu'ils ont fournis eux-mêmes. 6. 7. 8. 9. Point de la partie de cette choroïde qui peut être comparée avec la figure 2, dessinée d'après la choroïde d'un adulte.

Figure 2.

Particule de la face interne de la choroïde d'un homme adulte, d'un diamètre vingt-cinq fois plus grand que nature.

Les vaisseaux sanguins de l'oeil qui m'avait fourni cette petite portion de choroïde, avaient été entièrement remplis d'un cinabre très-fin. Du reste, cette figure est telle, qu'on peut la comparer aisément avec la partie qui lui ressemble parfaitement dans la figure 1 de la planche 1 1. C'est l'espace marqué 6. 7. 8. 9.

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