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irrTROOucnon.
veut que parmi les ouvrages perdus des anciens auteurs , il s'en découvre quelqu'un qui parle plus amplement sur ce sujet que ne l’ont fait les auteurs qui nous sont restés.
Les triumvirs monétaires des premiers temps avaient-ils elTectivcment le droit de frapper l'or ? Ou bien, les magistrats supérieurs, tels que les consuls, les préteurs, les tribuns, les questeurs et les édiles , se l'étant réserve, Jules César institua-t-il les quatuorvirs a6n de concentrer dans les mêmes mains le droit de frapper tous les métaux ?
Voici sur quoi je fonde ma question.
1* Pas un seul des monétaires qui ont désigné leurs attributions par la spéciGcation A. A. A. F. F. n'a frappé de monnaies d’or qui soient venues jusqu'à nous*.
2° Les seuls monétaires de cette époque qui aient frappé des monnaies d’or venues jusqu'à nous portent le titre de quatuorvirs ; ce sont : Livineius Rcgulus , Publius Clodius , Mussidius Longus et Sempronius Graccus. Vocouius Vitulus n’a ajouté aucun titre à son nom ; mais ayant été désigné questeur de même que Graccus , il est probable qu’il était quatuorvir également.
Avant de tirer des conséquences de ma question , je dois faire observer les deux bizarreries suivantes : 1° Cossutius Maridianus, le seul monétaire qui ait énoncé sur l’argent son titre de III. VIR A. A. A. F. F., n’a point frappé de monnaies de bronze*; 2* Tous les autres monétaires ont énoncé ce même titre sur le bronze (titre qui indiquait le droit de frapper tous les métaux), et aucun d’eux n’a frappé de monnaies d’argent, excepté le seul Sanquinius : car Sempronius Graccus, le, triumvir, n’est pas le même que le quatuorvir, à moins qu’ayant été quatuorvir avant qu’ Auguste eût revêtu la puissance suprême, il ne soit devenu triumvir plus tard, par le retour aux anciens usages; ce qui n'est pas probable.
1 . Il faut peut-être en excepter Klaridianus ; mais on peut voir, dans ma dissertation sur les médailles d’or de Jules César, quelle est mon opinion sur ses médailles avec des noms de monétaires.
S. Il est toujours question des médailles qui nous restent ; car si, dans un sujet de eette nature , on ne voulait admettre que ce qui est positif, il n’y aunùt pas de raitoonement possible.
XTI
INTRODUCTION
Je reprends.
Ce qui pourrait faire croire que le droit de frapper l’or n'appartenait qu'aux quatuorvirs, ce sont les lettres A. P. P. qui suivent la désignation de IIII. VIR sur les médailles de Livineius Regulus , de l’ublius Clodius et de Mussidius Longus. Ces initiales ont toujours été interprétées par Àuro publicè ou pitblico feriundo. Que cette interprétation soit la véritable ou non , toujours est-il que jamais ces trois lettres ne se voient ni sur le bronze ni sur l'argent; pas même quand des noms de quatuorvirs se rencontrent sur ce dernier métal , comme L. Aemilius Kuca IIII. VIR et L. Flaminius IIII. VIR. Et si nous ne voyons point de médailles d'or de ces deux quatuorvirs, il ne faut pas en conclure qu'ils n'en ont point frappé; mais seulement qu'elles ne sont point venues jusqu'à nous, puisque nous en avons en or et en argent du quatuorvir Tiberius Sempronius Graccus.
Cette dinicultc que j'ai élevée , sans me flatter de l'avoir complètement aplanie, est la première ; en voici une bien plus bizarre encore, et encore moins susceptible d’explication. C’est le titre de triumvir monétaire donné constamment à quatre magistrats nommés ensemble sur les mêmes monuaics : Apronius, Sisenna, Messalla et Galus. Étaicnt-ce des quatuorvirs qui n’auraient pris que le titré de triumvirs, parce qu’ils n’avaient pas le droit de frapper l’or? Etaient-ils les derniers quatuorvirs en fonctions, lorsque Auguste reprit l’ancien usage de n’avoir que des triumvirs? Explique qui voudra cette énigme; j’avoue que j’y renonce absolument. Et ce n'est pas là la dernière difficulté qui se présente dans cette matière ; car les anciens auteurs nous transmettent si peu de détails sur ce qui concernait les ateliers et les procédés de leurs monétaires, que nous ne pouvons nous rendre compte, ni de l'immensité de médailles de coins différents qui existent; ni delà manière dont quelquesuns falsifiaient les monnaies, sans qu’il soit souvent possible, après deux mille ans, de découvrir la moindre trace de soudure; ni de la cause qui a produit tant de médailles incuses, dont l’empreinte en creux est si fortement accusée, qu’il semblerait que ce soit moins le produit d’un accident que le fait d’une intention ; ni de la raison pour laquelle ils avaient adopté dans un temps l’usage de denteler les bords de leurs monnaies ;
INTRODUCnON.
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ni, enfin, de la nt^gligence inconcevable qu’ils mettaient à entretenir' l’égalité de poids dans leurs monnaies d’argent , et à plus forte raison dans leurs monnaies de cuivre.
Toutes ces difficultés demanderaient , pour être discutées ou expliquées, plus d’espace que mon travail ne le comporte. Je me suis borné à effleurer le sujet et à l’indiquer aux savants.