IX IT
INTROinaiON.
Eckhcl décrit cette médaille du musc« de Vienne; mais d'après l'empreinte qui m’en a été envoyée, et dont voici le dessin :
j'ose affirmer que c’est un coin moderne. Rien n’y dénote le style antique; et quant au mot FILIVS en entier, il ne se trouve sur aucune autre médaille d'Octave connue.
(7) CAESAR DICT. PERPETV'O. Tète voilée de Jules César,
Bf C. M.ARIDIANVS. Vénus Nieéphore debout ; à ses pieds , un bouclier.
Sans en avoir la preuve, je crains, pour des raisons que j’expliquerai plus tard, de ne pas être dans l’erreur en avançant que cette médaille a été coulée sur l’argent.
(8) »( M. METTIVS. Vénus debout.
Cette médaille a été gravée dans Mionnet, tom. I, pag. 81. Malgré cela, je suis persuadé que c’est une médaille coulée. Certes, je suis loin de contester le coup d’œil exercé que possiklait Mionnet ; mais il n’a dit ni quelle est l'origine de cette pièce, ni si elle lui avait passé sous les yeux. Le revers porte la lettre A, et M. Riccio, <lan$ le catalogue de sa collection,
• donne l’empreinte d’une autre médaille de la même famille, dont le revers porte la lettre D. De plus, parmi les médailles fausses du cabinet, il s’en trouve une, coulée, avec la lettre I. Or, ces marques monétaires, si communes’ sur les consulaires en argent, et que Mettius seul de tous les monétaires de Jules César a conservées, n’existent sur aucune médaille consulaire ni impériale du Haut-Empire en or ; et sous la République en particulier, l’or était trop rare pour que les monétaires pussent avoir besoin d’indiquer leur atelier ou les diverses émissions de monnaies par des lettres, des symboles ou des nombres. D’ailleurs Mionnet, malgré son expérience, n’a-l-il pas évalué 300 francs une médaille de la famille Servilia, en or, sans faire attention que la fausseté de celte pièce est évidente.
INTRODUCTION
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en ce que l’X qui se trouve derrî6re la tête de Pallas , et qui est le signe du denier, a été conservé sur la médaille d’or?
(9) lit Q. VOCONIVS VrrVLVS. Veau.
J’ai vu une médaille semblable au musée britannique; elle est suspecte.
Je ne connais pas celle du musée de Vienne, citée par Eckliel, et qui est probablement la même que Mionnet a décrite.
Voilà toutes les médailles en or de Jules César citées par Mionnet ; mais avant de prendre des conclusions , je crois devoir signaler encore toutes ses autres médailles en or que j’ai vues ou dont j’ai lu la des* criplion.
(1) DIVVS IVLIVS. Tête laurée de Jules César; derrière, une étoile. s. C. Tête nue d’Octave.
Riccio rapporte cette médaille d’après le catalogue de Pembrok ; c’est une de celles qui ont été reconnues fausses.
(2") DI VI rVLI. Tête laurée de Jules César; au*dessus, une comète.
H( CAES.\R DIVl F. Tête nue d’Octave.
Eckbel décrit cette médaille sans dire où elle existe. Je n’en ai jamais entendu parler d’ailleurs.
(3) CAESAR DICT. PERPETVO. Tête laürée de Jules César.
R( L. BVCA. Caducée et faisceaux en sautoir; eu haut, un globe; dessous, une hacbe; à côté , deux mains jointes.
J’ai vu cette médaille au musée britannique ; elle est très-suspecte et probablement coulée.
(4) Tête laurée de Jules (^sar entre une branche de laurier et un ca- *•
ducée ailé.
L. IJVINEIVS REGVLVS. Bœuf courant Celte médaille existe au cabinet de France. Sans vouloir la condamner entièrement, j’avoue que j’ai peine à la croire antique , et que je la soupcj’onnc d’être de coin moderne. Riccio la cite encore du cabinet Bonghesi cl d’après Licbc. Ce dernier auteur mérite peu de foi. Quant à l’exemplaire de Borghesi , s’il est bien authentique , si même il se trouve dans sa collection (car malheureusement, comme on ne le verra que trop
INTRODUCTION
souvent dans le courant de cet ouvrage, Biccio cite des médailles connue existant chez des amateurs qui ne les ont même jamais vues), ce serait le seul monétaire en or de Jules César qui dût inspirer quelque confiance.
(5) CAESAR IMP. Tête lauréede Jules César; derrière, une étoile.
P. SEPVLLIVS MACER. Vénus Nicéphore debout.
Cette médaille se trouve dans le catalogue de d'Ennery , où l'on sait qu’il y avait plusieurs consulaires en or fausses , telles que la Considia et la Nasidia. J'en ai vu un exemplaire au musée britannique ; il est coulé.
(6) CAESAR PARENS PATRIAE. Tête laurée et voilée de Jules César
entre l’apex et le lituus.
Hf C. COSSVTIVS MARIDIANVS A. A. A. F. F. En deux lignes qui se croisent.
J’ai vu cette médaille au musée britannique; elle est fausse,
Pour résumer maintenant la longue nomenclature des médailles de Jules César en or, Mionnet en a décrit neuf, dont trois avec noms de monétaires; à celles-là. J’en ai ajouté six autres, dont quatre monétaires : total quinze médailles, dont sept monétaires.
' Sur les huit médailles de Jules César sans noms de monétaires , je crois avoir prouvé suffisamment qu’il n’y en a que quatre qui soient authentiques; et encore, dans ce nombre, y en a-t-il une (la seconde de Mionnet) qui a été mal décrite, et qui n’est pas même incontestablement de Jules César.
Quant aux sept avec noms de monétaires, j’ai examiné moi-même celle du cabinet des médailles à Paris et celles du musée britannique. La seule qui existe à Paris (celle de la famille Livineia) peut faire naître des doutes. Le musée de Ixjndres en possède quatre , dont deux suspectes et deux indubitablement fausses. A l'égard des cabinets que je n’ai point visités, j’ai consulté M. le baron d’Ailly, le juge le plus compétent en France en matière de médailles consulaires; comme amateur de tout ce qui est beau et rare, j’ai consulté M. Dupré : tous deux m’ont assuré n’avoir jamais vu de monétaire de Jules César en or. Comme commerçants, j’ai consulté MM. Rollin et M. Curt. Les premiers m’ont déclaré
INTRODUCTIOPI.
«YTII .
que, pendant leur longue carrière numismatique , il qe leur en était jamais passé par les mains , et M. Curt, de son côté , n’en a jamais rencontré dans les rentes qui se sont faites à Londres. Voilà pourquoi je ne puis pas être plus persuadé de l’authenticité de la médaille 7, citée plus haut, que de celle des autres médailles de Jules César qui portent des noms de monétaires.
Si donc il existe des monétaires de Jules César en or, ils sont de la dernière rareté ; et il m’est impossible , au milieu de la pénurie universelle de ces médailles , et lorsque deux cabinets aussi riches que ceux de Paris et de Londres en sont totalement privés , ou du moins n’en possèdent que des exemplaires qui ne sont pas satisfaisants; il m’est impossible, dis-je, d’admettre comme authentiques, jusqu’à ce qu’un juge compétent me garantisse leur sincérité, les quatre monétaires en or que M. Riccio a insérés dans le catalogue de sa collection, et qui appartiennent aux familles Livineia, Mettia , Sepullia et Voconia.
Si malgré tous mes doutes il se présente des amateurs qui me convainquent de mon erreur, loin de leur en vouloir, c’est avec bonheur que je rétracterai tout ce que j’ai avancé dans cette dissertation , puisqu’ils auront contribué à rehausser encore l'éclat de la suite des médailles consulaires, déjà si intéressante en elle-même.