‹ Description géographique et statistique de la confédération Argentine (volume 2)Chapitre 104 sur 285 · POPULATION D^ORIGINE AFRICAINE. ~ MÉTIS · texte numérisé non relu

POPULATION D^ORIGINE AFRICAINE. ~ MÉTIS

reste absolument rien du type d'origine, mais dont les mères sont connues pour être de sang mêlé (1).

(1) Les degrés de métissage du blanc avec le uoir dans le bassin de la Plata se classent ainsi (nous prenons pour Jype Tunion du blanc avec la femme de couleur, ce qui est .I« cas le plus commun) :

1 " dfgrc. - BI.I1C ) ^ . , , , s 1(2 de saug africain, ou nègre.

Négresse. . . . ) * ( 1/2 de sang européen» ou caucasien.

3* degré. — Blanc ) , . , r 1/4 de sang noir.

■M 14. i produisent le quarteron. . : „,. ,

Mulâtresse . . 7 ( 3/4 de sang caucasien.

é* degré. — Blauc ) .... i 1/8 de sang noir.

^ i produisent 1 octavon . . . . j . ,« ,

Quarteronne. 7 * . i/8 de sang caucasien.

4* degré. — Blanc ) , . , . ( 1/lG de sang noir.

n . i produisent un blanc •. - . i.« j

Octavonne. . . ) '^ ^ 15/16 de sang caucasien.

Au quatrième degré, les traces du sang noir ne sont plus reconnaissables, excepté dans cpielques cas exceptionnels où Ton retrouve chez les enfants provenant de Tunion du blanc et de Toclavon, tantôt des cheveux un peu crt'pus, tantôt le teint bai^anéy tantôt quelque rhose de rôdeur propre à la race africaine. On eu > oit aussi de rares exemples chez des individus qui n'ont que 1/32 de sang noir.

Les métis résultant du mélange <le sang caucasien avec le sang indien se rnpproclicnt plus vile du t}pe blanc. Ainsi :

I *' degré. — Blanc....) » . . i im ■ /m i < ^'2 sang indien.

, ,. i produisent le Cnuio ou i.nolo • • • i . ,a

Indienne.) ' f 1/2 sang caucasien.

2^ degré. — Blanc. ...j[ produisent le sang-roélé ou métis, nommé { l/l sang indien.

China . . .) aussi (iliiuo ou Cholo f 3/t sang caucasien.

3* degré. — Blanc....) ..... ' i 1/** sang indien.

%** . ( nroduLseiil le blanc . «

Métisse..? *■ ' <.8 sang caucasien.

11 est presque impossible de reconiiaitre chez le nu'tis du troisième degré le 1/8 de sang indien qui coule dans ses veines , car il a tout à fait rap])areuce caucasienne ; seulement il est remarquable par le noir de la prunelle et de la chevelure, et quelque chose d*un peu ardent dans le teint ; l)eaucoup d'Européens présentent d'ailleurs le même aspect.

Lorsque des muUtres ou des quarterons s'unissent à la négresse, le produit, naturellement plus foncé que le père, est appelé Saul-en-arrière, Salt<Mitras. — 11 en est de même du métis indien uni à rindienne pur sang; renfaiit se rapproche naturellement du type de la mère. On comprend (|u'il se fasse ainsi des mélanges à tous les degrés.

Le mélange du nègre et de Findien produit le Sambo, chez lequel, consé(|uemnieiit, le sang de la race rouge et de la race noire se rencontrent par moitié. La couleur de ce produit est très-foncée, mais les choeux ne sont plus laineux ; ils tiennent plus de ceux de rindien que de ceux du nègre, tandis que, dans Tunion du nègre avec le blanc, le crépu de la chevelure est le .signe qui ]>crsiste le plus avant dans les mélanges successif».

Le bUnc avec la Samba pr<Mbiit un métis tn>s-<:Iair, qui offre plus de signes d'origine ' indienne que de race africaine. — Le produit de ce dernier métis avec le blanc ne se recon* naît plus une fois mêlé au reste des blaues.

Le mélange des trois races à tous les degrés a produit Timmcnse majorité de la population actndle de rAraérique du Sud et du l)assin de la Plata en particulier. 1^ race dominante dans la population des campagnes est celle qui provient du mélange du sang indien avec le ang faucuien, tandis que, sous l'influence do l'immigration européenne, elle s't*st presque effacée dans les villes.

GO!IF. AB6BT(T1NK. — T. II. 10

Cependaut, quelle que fût la force du préjugé, 11 ne pouvait se comparer dans ses effets a celui qui régnait dans les autres colonies européennes, et surtout dans les colonies anglaises. — L'Espagnol, plus conséquent avec les principes de TÉvangile, voyait dans le noir et Thomme de couleur, non un simple instrument de travail, mais un frère dont il devait soigner Téducation religieuse, puisqu'il était son égal devant Dieu. Aussi, de tout temps, les noii^ et les gens de couleur des colonies espagnoles se sont-ils fait remarquer par leur dévotion, peu éclairée, il est vrai, mais simple et ardente.

L'augmentation du nombre des noirs et des mulâtres libres, par suite des affranchissements effectués sous le régime colonial , fit adopter dans la suite quelques mesures particulières à leur égard. Cette population était éminemment flottante; on la frappa d'une capitation annuelle analogue à celle qui atteignait les Indiens de dix-huit à cinquante ans, et qui était désignée sous le ^qm, d'i4mparo. Elle fut toutefois plus considérable, car elle s'éleva à t^t^pis piastres au lieu d'une. Ce tribut imposera la couleur donna lieu à beaucoup d'abus; plus d'une fois, en effet, on s'en lit un moyen pour retenir dans une sorte d'esclavage des gens de couleur parfaitement libres par leur naissance, mais qui se trouvaient engagés au service de celui qui payait pour eiix Yamparo.

L'exemption de ce tribut fut proclamée en différentes circonstances en faveur des gens de couleur enrôlés dans les milices, et l'on prit ainsi l'habitude de faire peser sur cette classe la plus forte pail, du service militaire local, mesure qui fut appliquée en grand lors des guerres de l'indépendance, et surtout depuis.

En effet, h cette époque, on forma des bataillons entiers de noirs, auxquels on donna la liberté, sous la condition du service militaire. Les noii*s s'acquittèrent parfaitement de ce sei'vice, et se liiient même remarquer par leur valeur et leur discipline. Quelques-uns parvinrent à des grades élevés dans la hiérarchie militaire. L'histoire cite le célèbre colonel Barcala, nègre réellement distingué, qui s'illustra par son courage et son intelligence durant les luttes de l'indépendance, et qui périt malheureusement en 1835, à Mendoïa, au milieu des dissensions civiles qui déchiraient alors la Confédération. Il en fut de même dans la Bande-Orientale, où le gros des aimées, l'infanterie surtout, fut presque exclusivement composé de noire. — Nous le répétons, cette classe d'hommes s'est toujours montrée infiniment propre au sei'vice des armes. Dociles et courageux à la fois, les nègres, lorsqu'ils ont de bons officiers, font d'excellents soldats;

Page 1