LOIS DE LA POPULATION
noires ou foncées, nées sous les latitudes équinoiiales, et dout la présence et Taide sont presque absolument nécessaires pour les travaux agricoles des Antilles et des Guyanes ; nécessité si urgente qu'elle a déterminé dernièrement T importation d'Indous engagés au Benfrale, eux et leurs familles, pour un cerUiin nombre d'années, et des tentatives nouvelles pour l'introduction de noirs recrutés sur les côtes d'Afrique à titre de colons.
La race européenne suffit parfaitement h tous les travaux du sol argentin. Nous connaissons le climat dont il jouit, climat dont la beauté et la salubrité sont proverbiales. Sous ce ciel admirable, cette race se développe, se soutient et se reproduit aussi bien , sinon mieux, qu'au milieu de la vieille Europe elle-même ; elle y absorbe et y transforme toutes les autres : c'est donc à elle qu'appartient l'avenir du pays. C'est une nation nouvelle qui se forme, nation intelligente, énergique et laborieuse, qui, dans le cours des années, égalera peut-être, par S(»n activité et ses richesses, son aînée de TAmérique du iNord.
CHAPITRK VI.
f^olfl de In population ilniiii In Confédération AiY^n^Ine.
Le recensement de \ 857, dont les résultats ne sont pas encore complètement connus, donne environ 1,200,000 habitants pour la population totale delà Confédération Argentine, en y comprenant la population de la province de Buénos-Ayres, qui, elle seule, s'élève au chiffre de 330,000 âmes. Ainsi que nous l'avons dit, il y a sur ce chiffre total 120,000 étrangers au moins et peut-être 20,000 nègres on mulâtres. Quant au chiffre des Indiens purs, soit du Chaco, soit du territoire Indien du Sud, il nous est impossible de Tapprécier, et nous ne le faisons pas entrer dans Je chiffre total de la population. Les Indiens civilisés et les métis sont considérés comme Argentins et compris dans le total. — Pour un terrain évalué à 75,000 lieues carrées de 20 au degré de superficie, entre les rivières Vermejo et Negro, le Rio-Uruguay et les Andes, c'est-k-dire à 675,000 milles •géographiques, pu 2,362,000 kilomètres carrés, quatre fois la superficie totale de la France, et cinq, si l'cm adopte la limite du Pilco-
mayo, — c'est un peu moins de 2 habitants par mille carré, alors que cette proportion est, en moyenne, en Europe de 90, et en France de 230. — Or, on compte que, pour être convenablement peuplé, un pays doit avoir au moins 70 habitants par mille carré ; on voit en quelle immense progression doit augmenter la population argentine pour arriver un jour à ce résultat. La Confédération, peuplée comme TËurope, aurait 47,250,000 habitants, et 155,250,000, si eUe l'était comme la France.
Nous connaissons déjà les sources et les origines de cette population : sa reproduction, son régime et ses aptitudes nous restent kétxkdier. Mais, pour avoir un point de comparaison, établissons d'abord comment les choses se passent en Europe, là où la régularité de Tadministration et Thabileté des gens qu'elle emploie permettent de donner aujourd'hui à la statistique toute l'exactitude possible.
On estime que le quart de la population y est composé d'hommes valides de 15 à 60 ans , c'est-à-dire capables de porter les armes en cas de besoin absolu. — Ce fait est réalisable dans l'Entre-Rios, «où, sur une population de 80,000 âmes, dont 12,000 étrangers, 14,000 gardes nationaux ont figuré à la grande revue du 26 mai 1858, à Parana. — Cependant on regarde comme le plus grand effort que puisse faire une nation, celui de mettre sur pied le huitième de sa population, et on n'en connaît même aucun exemple en Europe, dans les temps modernes. Mais ici, dans les provinces du littoral de la Plata, où l'agriculture n'existe pour ainsi dire pas, et où la population mâle est éminemment mobilisable, par suite de son habitude du cheval, cela s'est vu plusieurs fois.
Dans les parties les plus civilisées de l'Europe, la vie moyenne est aujourd'hui de 42 ans; elle a doublé depuis un siècle, grâce aux progrès de la civilisation. — On estime que le quart des individus nouveau-nés meurt dans la première année ; deux cinquièmes atteignent six ans, et, avant la vingt-deuxième année , la moitié d'une génération est dans le tombeau. — Malgré cela, la population augmente incessamment, car il naît plus d'individus qu'il n'en meurt ; et si , en France, par exemple, il y a une mort annuelle sur 40 individus ou 2 1/2 pour O/o, il suffit de 30 pour donner une naissance également annueUe. Les épidémies, les guerres, les famines^ les révolutions, enfin les mille fléaux qui frappent l'humanité , ralentissent plutôt qu'ils n'arrêtent cette marche ascendante, qui bientôt reprend son cours normal.