‹ Description géographique et statistique de la confédération Argentine (volume 2)Chapitre 109 sur 285 · STATISTIQUE DES NAISSANCE · texte numérisé non relu

STATISTIQUE DES NAISSANCE

une race très-mélaugée, et qui va s'absorbaat tous les jours dans le type blanc. Or, l'histoire et rexpérience des siècles démontrent à quel point les races mélangées sont susceptibles de faire de rapides progrès dans les voies de la civilisation. Elles perdent de leurs défauts natifs pour acquérir les qualités qui leur manquent et elles montrent une aptitude vraiment remarquable pour l'industrie, la navigation et le commerce. Il est donc permis d'espérer que, placée, comme elle l'est, dans ces conditions, la population argentine se fera l'emarquer un jour, et que, sur les rives de la Plata et de ses magnifiques afllûents, se groupera, dans un avenir plus rapproché peutêtre qu'on ne pense, une grande nation.

§ II. — Naissances.

Nous venons de dire, d'après des calculs aussi approximatifs que possible, qu'il y a dans les régions platéennes quatre enfants, en moyenne , par union légitime. Ce chiffre pamlt au premier abord peu élevé, mais il ne comprend pas les enfants naturels, qui, dans quelques parties du territoire , à Tucuman , par exemple , sont dans une proportion réellement considérable. On en peut juger en.observarant, dans le tableau statistique général donné plus bas , le nombi'e tout à fait extraordinaire des naissances relativement à celui des mariages. Cette proportion est extrêmement remarquable, et, jointe au grand excédant de ces naissances sur les décès, elle explique l'augmentation rapide de la population par elle-même. — Mais , nous le répétons encore, nous ne pouvons donner ces chiffres que comme approximatifs. Cependant, comme nos recherches portent sur vingt-deux localités placées dans des conditions de latitude et d'altitude, et par conséquent de climat, très-diverses, nous sommes amvés à une moyenne générale assez satisfaisante et qui doit se rapprocher beaucoup de la vérité.

Nous ne sommes pas (»mbaiTassés quant au rapport moyen du chiffre des naissances à celui des décès; ce rapport est évidemment de detix à un^ et nous le démontrerons tout à l'heure. — Mais , ce qui est certainement le plus difficile , faute de renseignements suffisants, c'est d'établir la proportion du nombre d'enfants par mariage ; aussi ne l'avons-nous dit faire que provisoirement , en conséquence des faits que nous allons relater.

Tout étranger qui arrive dans la Plata est d*abord frappé du grand

nombre d'enfants qui existent dans les familles blanches, et de la fécondité des femmes de cette race. EffectiTemeht, eut les quelques points où le bon état des archives des paroisses dans lesquelles on a conservé la distinction entre les HIspano-Américains purs et les métis^ a permis de réunir des chiffres satisfaisants^ le calcul du Uombre des enfants issus des unions légitimes des premiers (les Bispano^ xlméricains) nous donne, en certains endroits, une proportion de naissances très-supérieure à celle qui existe en Europe , tandis que dans d'autres cette proportion n'est plus qu'égale ou même moindre.

Ainsi, à Cordova, — dans un espace de 38 années, c'est-à-dire un peu plus d'une génération, — un total de 1,845 mariages entre blancs de là classe supérieure correspond à 10,754 enfants. Nous n'en avons point défalqué ici les naturels, qui sont d'ailleurs assez peu nombreux dans cette classe. C'est donc un peu plus de 7 enfants par mariage, chiffre excessivement élevé, comme on voit.

Dans la classe des habitants considérés comme naturels [fiaturales] du pAys, c'est-à-dire Indiens^ nègres et métis, cette proportion est de 8 3/4 enfants pour un mariage , puisqu'il y a là 30,896 naissances qui correspondent à 3,496 mariages seulement. — Mais on peut affirmer que dans cette classe peut-être la moitié de ces naissances sont illégitimes, ce qui modifie complètement la proportion. La ville de Cordova et son département, peuplés aujourd'hui de près de 38,000 âmes, ont eu en tout, durant cette période, c'est-àrdire à partir de 1820 jusqu'à 1838, — 5,041 mariages, auxquels répondent 41,650 naissances, — ce qui, si l'on ne déduisait pas les enfants naturels, donnerait 8 1/4 enfants par union, proportion qui serait inexacte et doit en réalité se réduire à 5. — Nous n'en sommes pas moins fondé , d'après le premier chiffre, à établir qu'ici les blanches sont évidemment plus fécondes que les sang-mélées, lesquelles le sont d'autant moins qu'elles se rapprochent plus du type indien ou africain d'origine.

A Catamarca, où les registres sont moins bien tenus qu'à Cordova, mais cependant très-lisibles, — nous trouvons pour 55 années, conséquemment près de deux générations, — 967 mariages de blancs, auxquels répondent seulement 3,449 naissances, chiffre très-faible^ el dont nous ne déduisons pas même les enfants naturels, fort peu ttotnbreux, il est vrai. — C'est donc seidemeUt 3 1/12 enfants par mariage, c'est-à-dire que 7 enfants répondent seldement à 2 mariages^ — Parmi les naturels ou gens de couleur, nous trouvons, — 2,005 mariages et 10,518 baptêmes, ce qui donne 5 1/4 enfants par ma-

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riage ; — mais ici le nombre des enfants naturels est considérable^ moins cependant qu'à Cordova.

Disons aussi, en passant, que si dans cette classe les mariages sont pi-oportionnellement plus rares, les frais d'église en sont très-souvent la cause, et que le journalier ou peon peut rarement réunir les 10 piastres, plus ou moins, qu'il aurait à payer à la fabrique de sa paroisse pour être marié. En 1844, les jésuites célébrèretit 243 mariages dans cette province, chiffre relativement très-considérable, mais aloiv ils les faisaient gratis ; aussi beaucoup de pauvres gens profitèrent de cette circonstance poUr légaliser leurs unions.

Ënsotnme, à Catamarca, nous avons pour total général, 16^634 baptêmes répondant à 3,497 mariages, et par conséquent le trèsfaible chiffre moyen de 4 3/4 enfants par union (naturels compris); ce qui ne peut s'expliquer que par des inexactitudes sur les li\Tes, Car le climat est bon, la vie facile, la situation topographique très-sidubiv^ et nous ne voyons aucune raison qui puisse expliquer une si faible proportion de naissances relativement aux mariages, alors que le mpport de la mortalité est là, comme partout, dans le bassin de la Plata^ de 2 à 1. (16,634 baptêmes et 8,119 entendements.)

Tucuman, pour 6 années, de 1795 à 1800 inclusivement^ nous offre un chiffre différent de celui d(î (^atan)arca :

Mariages espagnols ou nobles : 66, donnant 323 naissances ou 4 7/8 enfants par union.

Mariages de naturels ou sang-niêlés : 233, donnant 925 naissances ou 3 1/2 enfants par union.

En tout : — mariages : 301, donnant 1,248 naissances ou 4 1/9 enfants par union.

Ces chiffres sont d'autant plus remai'quables que la dernière période décennale à Tucuman, de 1847 à 1856, donne :

Mariages : 1,655; naissances : 11,448. = 6 5/6.

Ce qui nous rapproche du chiffre de Cordova, (jiii a pour cette même période décennale :

Mariages : 1,337 ; naissances : 12,946. = 9 3/4i

Nous trouvons à Catamai*ca dans la même période (1847-1856) î

Mariages : 816; naissances : 4,264. = 5 5/6.

C'est donc , en résumé, à Cordova que la reproduction est la plus forte. Aussi est-il à remarquer que c'est la province la plus peuplée de la Confédération et celle où la population augmente le plus mpidemeut, et cela d'elle-même ^ cttr l'immigration jusqu'à présent y

est très-peu considérable , et n'y dépasse certainement pas 500 individus en tout.

A Buénos-Ayres, où, depuis quelques années, on s'est occupé sérieusement de sUitistique, nous trouvons pour résultats :

Première époque, 4 ans, de 1822 à 1825 : — 2,339 mariages et 1 1 ,529 baptêmes ; — ce qui nous donne pour les enfants : 4 i/6 par union ; — la déduction des enfants naturels , qui sont au moins de 1/5, nous laisse encore 4 enfants pai* union légitime.

A 30 ans de distance, 3 autres aimées, de 1854 à 1856 exclusivement, nous offrent, pour une population moyenne de 90,000 âmes, 2,649 mariages et 13,887 naissances; proportion : 5 1/4 par mariage.

Pour Tannée 1 856 , nous avons une statistique exacte : — sur un total de 4,973 naissances, où les légitimes et les naturelles, ainsi que les sexes et les couleurs, sont distinguées, iious trouvons 1 7 pour O/q d'enfants illégitimes, et malgré cela, 5 enftmts légitimes répondent à chaque mariage. — Chez les gens de couleur, nous remarquons 45 pour O/o d'enfants naturels , ce qui confirme ce que nous avons dit plus haut de la fréquence des unions illégitimes dans cette classe de k population.

Dans la Bande-Orientale, nous avons trouvé k Montevideo, pour 34 années, de 1820 à 1853 inclusivement :

Mariages : 5,603; naissances : 30,475. ■= 5 1/2 enfants par mariage ; mais les naissances naturelles ne sont pas déduites.

Sur 17 paroisses prises au hasard, en 1837, 38 et 39, dans l'intérieur de la Bande-Orientide, nous trouvons :

Mariages : 245; naissances : 1,717. = 7 enfants par mariage (illégitimes compris) .

Pour la même période, une sUitistique très-exacte de la paroisse du Cordon, dans la banlieue de Montevideo, nous donne :

Mariages : 314; naissances : 1,376. = 4 1/3.

On voit combien tous ces chiffres concordent peu les uns avec les autres, et combien il est difficile, en somme, d'établir une règle générale de la reproduction, comparée au chiffre des mariages, — Cette difficulté vient : d'abord, de ce que nous ne connaissons pas le chiffre des enfants naturels ; — ensuite, de ce que nous ne pouvons pas compter entièrement sur les résultats que nous donne le dépouillement des registres des églises, lesquels ont souvent des lacunes, des volumes perdus, des pages enlevées; — enfin, de ce que le nombre d'années

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