CHAPITRE Vin
^^llM»lo|rte da territoire arirentlii. — Maladlet partlevlièret av P^yt*
— ÉpldémlM. — EndémiM.
Dans une contrée telle que le bassin de la Plata, où, pour ainsi ^^, toutes les races, toutes les nations du monde, se coudoient : Européens, Américains du Nord et du Sud, Noirs importés, Noirs créoles, mulâtres. Indiens autochthones entièrement sauvages ou àmoitié civilisés, métis etsang-môlés de tout(î variété et de toute nuance, etc., lapathologie, cVst-à-dire la série des maladies qui frappent l'homme, de^a être très-variée et m^me offrir sur certains points du territoire, dans certaines circonstances, un caractère particulier.
L'observation ne nous y a cependant montré que les affections morbides que la médecine a observées dans tous les temps et dans tous les lieux, avec les seules modifications que leur impriment le climat et la nature des tempéraments* Le pays est généralement très-salubre,
et, si Ton parait y vivre un peu plus vite qu'ailleurs, la vie n'est pas accompagnée de plus de maladies, de plus d'infirmités, que dans les régions de l'Europe réputées les plus saines du globe. Un certain nombre d'affections qui, dans l'ancien monde, moissonnent une assez grande quantité d'individus, sont même ici moins répandues et moins meurtrières ; seulement les maladies aiguës y ont une marche plus irrégulière, plus insidieuse, et le pronostic en est plus difficile. Cette insidiosité des symptômes est due sans doute à l'irritabilité du système neneux , plus gi'ande 3ans un pays chaud , oii les phénomènes électriques sont fréquents, et où, sous l'influence de certains vents, tels que celui du nord, cette irritabilité s'exalte outre mesure.
Une revue rapide des affections morbides les plus communes dans le pays et de leurs caractères particuliers nous permettra de mieux juger de l'état sanitaire du sol argentin.
§ I. — Fièvres continues.
Après les fièvres inflammatoires franches, qui sont assez communes, surtout au printemps, et dont la terminaison est toujours heureuse, vient la fièvre typhoIde, qui offre ici exactement les mêmes caractères qu'en Europe, et atteint même plutôt les immigrants que les Argentins. Rien de particulier dans ses symptômes, si ce n'est que sa marche est un peu plus rapide, c'est-à-dire qu'elle se termine plus vite, ou par la mort, ou par la guérison. Elle est plus fréquente sur le littoral que dans l'intérieur. Nous l'avons cependant rencontrée à l'état épidémique, au mois de décembre 1857, dans la petite ville du Chanar^ province de Cordova, ville bâtie dans une position très-salubre, mais où l'on souffrait de la sécheresse depuis plusieurs mois. Il y régnait en même temps une épizootie , qui avait été générale dans tout le nord de la province , et que l'on attribuait également à la sécheresse. Il est de fait que la fièvre typhoïde se montre plutôt l'été que l'hiver dans tout le bassin de la Plata , surtout pendant les fortes chaleurs sèches de janvier et de février, et c'est aussi à cette époque qu'elle est le plus fréquente sur le littoral. Lorsque cette m^dadie est un peu intense, la mortalité est de 1 sur 4, comme en Europe. Elle n'attaque guère non plus les individus que de quinze à trente- cinq ans.
Ce que l'on appelle fièvres gastrique, bilieuse, ataxique, etc., toutes
PATHOLOGIE. — FIÈVRES ÉRDPTIVES. 393
les formes enfin de fièvre continue grave, se résolvent en fièvre typhoïde, c'est-à-dire que, lorsque la fièvre continue prend de la gravité, la stupeur survient et constitue le symptôme pathognomonique de la maladie. Les pétéchies, les sudamina, les éruptions miliaires, sont rares ; mais les symptômes cérébraux prédominent généralement, et, lorsque la forme dite ataxique se manifeste, il est presque miraculeux que le malade survive. Ces symptômes constituent ici le grand danger de toutes les fièvres continues.
§ II. — Fièvres éruptives,
La variole, la scarlatine et la rougeole, sont les principales maladies fébriles à forme éruptive qui sévissent dans la Plata ; et nous devons dire qu'elles y sont plus pernicieuses qu'en Europe, d'autant plus qu'elles apparaissent presque toujours à l'état épidémique. Or Ton sait que toute maladie à l'état épidémique a un caractère de gravité plus marqué qu'à l'état sporadique.
La VARIOLE , importée par les Espagnols, a fait d'affreux ravages parmi les indigènes, et c'est à ce fléau que l'on doit principalement attribuer la disparition d'un grand nombre de tribus. Aujourd'hui eocore, lors des épidémies qui se répètent dans la Plata tous les huit ou dix ans, quand la variole atteint quelques tribus du Sud ou du Chaco , celles-ci fuient immédiatement dans le désert, abandonnant dans la tolderia (campement) les individus qui en sont frappés, et ne laissant auprès d'eux que de l'eau et quelques vivres ; aussi ces malheureux succombent-ils presque tous. — Parmi les blancs, la maladie fait également de grands ravages, quoique la vaccine soit assez répandue, pas autant, à la vérité, qu'elle devrait l'être. Beaucoup de personnes, surtout dans les provinces de l'intérieur, portent, en effet, sur leur visage les stigmates indélébiles de cette terrible affection. La variole est commune au Paraguay, où l'on ne la combat encore que par l'inoculation ; aussi l'y trouve-t-on à toutes les époques de l'année , tandis que dans les autres régions de la Plata, on ne la connaît guère que pendant l'automne et l'hiver, et toujours à l'état épidémique.
La SCARLATINE cst uussi fréqucute que là variole et plus insidieuse encore. Elle se répand un peu moins dans l'intérieur, mais ne fait pas moins de victimes sur le littoral. Elle s'attaque surtout aux femmes, à celles de quinze à trente-cinq ans, dont la peau est la plus fine et la plus veloutée ; aussi est-elle considérée avec raison conmie le
fléau des belles personnes. D'une inarche extrêmement rapide, cette affection tue généralement au quatrième ou au cinquième Jour, si l'éruption ne se fait pas d'une manière régulière : tes congestions viscérales, mais surtout celles au cerveau, surviennent alors avec une rapidité foudroyante , et résistent à tous les moyens employés pour les combattre. — La scarlatine est moins dangereuse chez les enfants que chez les adultes, moins chez les hommes que chez les femmes, et, chose très-remarquable, n'attaque guère que les individus nés en Amérique. Les Européens n'en sont presque jamais atteints ; la proportion n'est pas d'un sur vingt, et encore, dans ce cas, la maladie est le plus souvent sans gravité. Nous n'avons jamais vu la scarlatine qu'à l'état épidémique.
C'est aussi à l'état d'épidémie que se montre toujoui's la rougeole, beaucoup moins grave, il est vrai, que la scarlatine, mais qui a souvent des suites funestes chez les enfants, en conséquence de la perturbation profonde qu'elle laisse dans leur économie. Au contraire de ce qui a lieu en Europe , la rougeole est ici peu fréquente chez l'adulte, et semble se limiter à l'enfance. S'il est rare que les jeunes sujets y succombent immédiatement, il reste quelquefois après elle des bronchites, des coqueluches, des diarrhées, des ophthalmies, qui les emportent dans l'année qui suit l'attaque.
La MiLiAiRE , la suETTE, sout incounucs ; les autres éruptions sont sans gravité.
§ IIL — Maladies du système nervetix.
Si le tempérament nerveux domine dans le pays, les maladies de ce système doivent également y prédominer, et c'est effectivement ce qui a lieu dans le bassin de la Plata. — Les morts subites, résultat d'APOPLExiE cérébrale sanguine ou séreuse , sont communes, principalement pendant les fortes chaleurs de Tété. — A la même époque, presque toujours à la suite d'insolations, se montrent des MÉNINGITES d'uue cxtrêmc gravité; heureusement elles sont rares. — Il n'en est pas de môme des paralysies, conséquences de congestions cérébrales et d'apoplexies partielles que l'on voit de temps à autre chez les personnes âgées, et qui ne guérissent guère, quoi que Ton fasse. — Une altération cérébrale assez fréquente encore est le RAMOLLISSEMENT du ccrvcau, qui se manifeste parfois chez les étrangers qui ont passé quarante ans. Cette redoutable affection se montre surtout chez des négociants qui ont beaucoup voyagé et passé alternative*