‹ Description géographique et statistique de la confédération Argentine (volume 2)Chapitre 122 sur 285 · PATHOLOGIE. — MALADIES DU SYSTÈME NERVEUX · texte numérisé non relu

PATHOLOGIE. — MALADIES DU SYSTÈME NERVEUX

ment d'une grande activité physique et morale à un repos passager mais complet. On la voit survenir aussi chez les personnes qui ont abusé des liqueurs alcooliques ; elle est alors le plus souvent précédée de quelques attaques de delirhim iremens, cette maladie des Buveurs de liqueurs fortes. Les symptômes dus au ramollissement du cerveau peuvent durer quelques années, mais la terminaison est toujours fatale.

D'ailleurs, sous ce climat, toutes les maladies de la tôte sont d'une extrême gravité. Il en est de même des blessures du crâne, lesquelles, souvent légères en apparence et sans accidents sérieux les premiers jours, sont suivies au bout de quelque temps de sytnptômes inflammatoires rapidement mortels. Aussi les lésions de cette nature exigentelles une surveillance toute particulière de la part de l'homme de l'art.

Névralgies. — Cette irritabilité extrême du système nerveux, surtout vers le littoral, rend nécessairement les maladies nerveuses proprement dites plus fréquentes, et surtout plus opiniâtres que partout ailleurs. Le grand nombre d'orages, les changements brusques de température que ces orages amènent, les vents quelquefois très-frais qui viennent du large, à l'entrée de la Plata, y contribuent sans nul doute. — Il y a des céphalalgies, principalement des migraines, lorsque souffle le vent du nord , des tics douloureux de la face , des torticolis , dits aires^ assez tenaces. Quelques-unes de ces né>Talgies deviennent réellement intermittentes et sont précédées de frisson , au point de produire une véritable fièvre larvée qui cède toutefois aux antipériodiques.

Quant aux fièvres intermittentes vraies , elles sont presque inconnues sur le littoral, et on ne les retrouve que dans le nord de la province de Corrientes, au Paraguay, et dans les provinces du Nord, à partir de Tucuman. Cette immunité du littoral, où les marais ne manquent pas en certains endroits, est extrêmement remarquable et ne peut guère s'expliquer que par la grande et facile ventilation qui existe dans un pays si peu accidenté et où les plaines sont d'une vaste étendue. — Les fièvres paludéennes de Corrientes et du Paraguay sont bénignes; dans le Nord, elles ont principalement pour cause les travaux et les résultats de l'irrigation , sont plus graves et plus tenaces , sans que cependant la forme pernicieuse s'y montre

wuvent.

L'aliénation mentale nous semble en proportion plus rare qu'en Europe. Elle atteint même plus fréquemment les étrangère que les

uatioûaux. Ceux-ci , plus insouciants , ou plus résignés peut-être , supportent mieux les revers de fortune que les Européens, qui se laissent aller trop facilement au désespoir. — Les folies qui ont-^ pour csiuse Tamour contrarié, la perte des enfants ou de persoaoes«4 chères, sont plus rares que celles qui sont le résultat de pertes d'argent ou de passions politiques.

Il en est de même du suicide, excessivement rare chez les natio— -

naux, assez commun chez l'étranger. L'amour contrarié ou trompé

qui détermine si souvent, en France, en Angleterre et en Allemagne cet acte de désespoir, se console plus facilement ici, et nous ne con— = naissons pas un seul exemple d'une femme de la Plata qui en soîâi venue à cette extrémité pour un motif pareil. Cette passion est coup moins exaltée dans l'Amérique du Sud qu'en Europe.

Les GASTRALGIES et GASTRO^ENTÉRALGIES, IcS COUQUES UerveUSeS,

voient de temps à autre. Ces irritations nerveuses des viscères socit: causées et entretenues souvent par un régime antihygiénique, et surtout par l'extrême irrégularité de Talimeiitation. L'estomac a se» exigences dont ou ne se préoccupe pas assez dans les maisons argentines, et cette négligence est la source d'une foule d'indispositions, de ces coliques assez fréquentes, chez les gens de la campagne principalement, habitués à rester de longues heures sans nourritiure, puis à «langer après avidement des quantités considérables de viandes rôties ou de mais. L'usage trop répété du maté , qui diminue l'appétit et est un véritable trompe-la-faim , contribue aussi à cet état de langueur de restomac dont se plaignent beaucoup de personnes, particulièrement lès femmes qui font abus de cette infusion.

La plus grave de toutes les affections nerveuses qui se montrent dans la Plata est à coup sûr le tétanos. Cette maladie est rarement spontanée, quoiqu'il y en ait quelques exemples ; elle vient au contraire, de temps à autre, compliquer des blessures, tantôt légères, tantôt graves, surtout les coups de feu avec fracture des os et lacération des articulations, ce dont nous avons vu de nombreux exemples à Montevideo, pendant le siège de cette ville. Cette complication terrible enlève les dix-neuf vingtièmes des blessés qu'elle attaque. C'est souvent après les violents orages de l'été qu'elle se manifeste, même alors que le bon état des blessés donne les meilleures espérances de guérison. De simples piqûres aux pieds ou aux mains peuvent déterminer l'invasion du mal , mais cette circonstance est rare. — Les Européens y sont tout aussi sujets que les Sud-Américains, soit de race pure, soit de race mêlée. Tout traitement, quel qu'il soit, empi-

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