PATHOLOGIE. -< MALADIES DES VOIES RESPIRATOIRES
toz convuhiva , toux convulsive ; elle est désespérante par le peu de résultats qu'obtiennent pour sa guérison les médications les plus variées et les plus rationnelles. Le changement d'air, par le transport de la ville à la campagne, et vice versa, est le moyen qui réussit le mieux.
La maladie de poitrine, qui cause aujourd'hui en Europe, surtout dans les contrées les plus riches et les plus civilisées, le plus de ravages, la puthisie pulmOxNaire, est heureusement moins répandue dans la Plata. Très-rare dans l'intérieur, elle est relativement plus commune sur le littoral. Les gens du pays, les sang-mêlés, particulièrement ceux d'origine africaine, et, parmi ces derniers, les femmes, payent le principal tribut à cette triste maladie. — Proportionnellement, le nombre des étrangers qui en sont attaqués est beaucoup moindre. Plusieurs raisons nous semblent expliquer ce phé- Domène : — d'abord la majorité des Européens qui viennent dans la Plata sont dans la force de l'âge, et les mauvaises constitutions ont déjà succombé dans leur pays aux causes de destruction qui les entouraient. En second lieu, les étraugeiis se nourrissent mieux, se soignent avec plus d'intelligence dans leurs maladies, et observent un peu moins mal les lois de l'hygiène, que la classe indigène, qui fournit le plus gremd nombre de phthisiques. Enfin, les affections syphilitiques héréditaires sont aussi plus rares chez eux, grâce aux traitements auxquels ils recourent dès le début, et que négligent singulièrement les sang-môlés; or on sait l'influence délétère de ces maladies négligées sur les enfants qui naissent de parents qui en sont atteints.
En outre, le climat est réellement favorable aux Européens qui arrivent avec des prédispositions à cette maladie, ou môme un commencement d'altération pidmonaire. Nous avons vu plusieurs fois des cavernes se cicatriser et la santé se rétablir pour un assez grand nombre d'années, après une véritable attaque de phthisie ; — et la marche de cette affection mopbide est bien évidemment plus lente ici que de l'autre côté de l'Atlantique.
Mais chez les Sud-Américains de la Plata, surtout parmi les classes inférieures et sur le littoral, la phthisie présente tous les caractères, tous les dangers qu'elle a malheureusement dans l'ancien monde. Peu répandue dans les familles aisées, elle frappe impitoyablement, surtout les femmes de couleur, mulâtresses, chinas, etc., et affecte alors une marche très-rapide.
Bans les provinces des Andes elle est fort rare, sans doute à cause
de rextrême sécheresse du climat; mais elle reparaît à Tueuman, où tout le monde est persuadé de sa contagion, à tel point que Ton isole les malades. On sait du reste que les exemples de contagion de la phthisie pulmonaire entre époux sont très-communs dans tous les pays du monde, et la Plata ne fait point exception sous ce rapport. La vie d'estancia est la meilleure prophylaxie contre cette affection. Une existence en plein air, une nourriture exclusivement animale, modifient complètement le tempérament et font prédominer le système sanguin; aussi la phthisie pulmonaire se voit-elle peu chez les pasteurs des Pampas, et elle est en quelque sorte propre aux villes.
§ VI. — Maladies des organes de la circulation.
Les maladies subaiguës du cœur et des gros vaisseaux sont des plus répandues dans la Plata, principalement chez les hommes dans la maturité de l'âge, étrangers ou fils du pays. Il est assez difficile d'en dire la raison. — Corvisart, en parlant de ces lésions des organes circulatoires, a dit que nos passions et nos fautes étaient la cause première des maladies du cœur ; il développait ensuite sa pensée en exposant que les émotions morales, qui ébranlent souvent et violemment cet organe, déterminent des palpitations qui finissent par devenir une habitude, et par suite une maladie, si la raison, d'une part, et, de l'autre, les secours de l'art, ne viennent pas rétablir l'équilibre des fonctions. Les terribles événements politiques de la révolution française et de l'empire constituaient une série de causes assez énergiques pour provoquer des émotions capables de déterminer ces mouvements désordonnés du cœur ; Corvisart vivait à leur époque , et en notait les efifets pernicieux. — A certains égards, la Plata a présenté des événements analogues; et les guerres civiles, les secousses qu'elles ont produites dans toutes les familles et dans toutes les fortunes, ont pu engendrer les mêmes effets. Ce n'est pas cependant toute la raison , car les étrangers, nécessairement en dehors des événements politiques par leur position de neutres, et menacés seulement dans leurs intérêts, souffrent tout autant que les nationaux des afifections du cœur. L'explication de cette irritabilité si constiinte des organes circulatoires devient donc assez difficile.
Ces affections frappent plus les hommes que les femmes. La forme est plutôt la péricardite subaiguê et l'HYPERTROPmE que r ANÉvRisME proprement dit. Celui-ci atteint quelquefois l'aorte et les