PATHOLOGIE. — MALADIES DU TUBE DIGESTIF
autres gros vaisseaux. Quant aux artères des membres, on remarque assez souvent Tanévrisme de l'artère iliaque externe, principalement chez les cavaliers. La marche de toutes ces affections est très-longue et peut être puissamment enrayée par les secours de l'art; mais elles ne comptent pas moins un assez grand nombre de victimes.
La CHLOROSE, quoiqu'elle ne soit pas une maladie du cœur proprement dite, mais bien une lésion utérine dont le dérangement circulatoire n'est qu'un symptôme, est inconnue à la campagne, rare à l'intérieur, mais se voit de temps à autre dans les villes du littoral, où elle est cependant moins fréquente qu'en Europe, parce que l'on y vit plus au grand air. La menstruation étant plus facile ici qu'en Europe, cette maladie y est aussi moins gi^ave.
§ VIL — Maladies du tube difjestif,
La GASTRITE aiguë est excessivement rare, et n'est guère que le i-ésullat de l'ingestion de substances nuisibles dans l'estomac ou d'une violente indigestion ; mais il n'en est pas de même de la forme subaiguë. Rien de plus commun que d'entendre ici des personnes se plaindre de mauvaises digestions, de fatigue épigastrique, de rapports aigres et nidoreux. Ces accidents sont plus fréquents chez les femmes que chez les hommes ; on peut les attribuer à l'irrégularité et souvent à la mauvaise qualité de la nourriture, surchargée parfois de graisses et d'épices, et au désordre dans les heures des repas. Chez les hommes, une autre cause s'ajoute comme origine et point de départ d'altérations organiques des voies digestives : c'est l'abus ou l'usage intempestif des liqueurs alcooliques; et cette mauvaise habitude se voit beaucoup plus chez les étrangers, particulièrement chez ceux qui viennent du nord de l'Europe, que chez les Argentins. Les squirres du cardia et du pylore, les ramollissements de l'estomac, en sont la suite, et ces maladies ne sont pas rares.
La dlarrhée, à l'époque de la dentition, est commune chez les enfants et ne laisse pas d'en enlever un certain nombre. Chez les adultes, elle se montre au commencement des chaleurs de l'été, et prend quelquefois l'aspect cholériforme, mais cède promptement à un traitement convenable. Il n'en est pas de môme de la DYssENTERiE, fréqucutc \x partir du mois de février sur le littoral et dans le nord, mais beaucoup plus rare au centre et dans les provinces andines. Cette affection est d'autant plus grave que les sujets ont plus abusé des purgatifs, car cette manie de se purger
outre mesure existe à un haut degré dans toute TAmérique du Sud, et surtout dans la Plata. Les pilules drastiques de toute espèce, de tout nom, le purgatif Leroy, sont employés par tous, nationaux ou étrangers, au moindre embaiTas gastrique, à la moindre fièvre, au moindre bouton sur la peait. Ce sont des dépuratifs infaillibles aux yeux du public, ce qui explique l'énorme débit qu'obtiennent ces drogues ; mais les malheureux qui abusent de ces médicaments incendiaires succombent tôt ou tard avec une rapidité extrême aux dyssenteries ou aux maladies organiques du tube digestif.
Les maladies du foie sont un peu plus fréquentes qu'en Europe, mais pas autant que dans les contrées tropicales. La forme subaiguë est plus commune que la forme aiguë, et se termine quelquefois par des abcès.
§ VIIL — Maladies des voies génito-urinaires.
Le CATARRHE de la vessie attaque quelquefois les vieillards, mais il est plus souvent la suite de rétrécissements de l'urètre négligés qu'idiopathique. Ces rétrécissements sont assez communs, et résultent ordinairement de blennorrhagies plus ou moins nombreuses dont le malade ne s'est point occupé; On comprend que le développement de ces dernières affections et les dégénérescences organiques qui en sont la suite abondent, principalement dans les localités isolées, où il est difficile de trouver des mains habiles et les soins délicats que requièrent de pareilles lésions. — Quant à la gravelle, aux calculs vésicaux, ils sont rares, plus rares même qu'en Europe proportionnelle ment. — L'hydrocêle parait favorisée par la chaleur du climat; aussi est-elle assez commune. — Quant à la dégénérescence éléphantiaque du scrotum, elle est excessivement rare, alors que le Brésil en offre tant d'exemples. — Nous parlerons plus loin des maladies syphilitiques, qui demandent un examen particulier. — Nous n'avons pas remarqué que l'exercice du cheval rendît les orchites plus fréquentes qu'ailleurs.
Les maladies de l'utérus ne sont pas très-communes chez les femmes, malgré Texistence si fréquente de la leucorrhée favorisée par un régime irrégulier et peu réparateur et par l'abus du maté. Dans ce dernier cas,- le flux est presque toujours atonique, et atta-* que même de très-jeunes filles. Cette maladie cède assez facilement à un traitement bien dirigé, et surtout à un meilleur régime* Mais une pudeur mal entendue ou une insouciance fâcheuse font