PATHOLOGIE. — CACHEXIES. - MALADIES DIVERSES
mie alimentation très-animalisée , combattent victorieusement ces vices et ces penersions du système osseux. Il en est de môme des tumeurs et ulcérations de nature scrofuleuse, beaucoup plus rares dans tout le bassin de la Plata que dans l'ancien continent.
Nous voudrions pouvoir en dire autant de la syphilis, maladie excessivement répandue , et dont les ravages indirects sont bien plus fréquents qu'on ne le croit généralement. En effet, ses symptômes, peu graves primitivement, ont dans quelques cas une influence durable et funeste sur la vie entière. Us modifient sensiblement presque toutes les autres affections qui surviennent dans le cours des années, se propagent par l'hérédité, et marquent fatalement certaines familles. Les maladies scrofuleuses qui atteignent des enfants nés de parents mal guéris en sont souvent le résultat.
Nous n'avons point à rechercher ici si cette désastreuse maladie est née dans l'Amérique ou y a été importée, quoique nous penchions pour la seconde opinion, du moins en ce qui regarde la Platîi. Mais ce qu'il y a de certain, c'est qu'elle y est malheureusement trop multipliée, surtout dans les grandes villes du littoral. Dans l'intérieur on en trouve moins d'exemples; toutefois, vers le nord de la Confédération, elle est plus grave que dans le Sud.
On comprend que dans des ports de mer, où afflue un grand nombre d'hommes dans la force de Tàge, excités par de longues navigations, il y ait aussi une multitude de femmes, dans les classes inférieures surtout, qui se livrent à la prostitution. Ces femmes, de sang-mélé pour la plupart, fort peu soigneuses de .leur santé, sont presque toutes atteintes de maladies aiguës ou chroniques dont elles ne s'occupent jamais, et qu'elles propagent nécessairement parmi leurs nombreux visiteurs. Aucune police ne les suiTeille et no les oblige à quelque hygiène. Aussi la majeure pailie de ces mîilheureuses créatures finissent-elles par s'adonner aux liqueui*s fortes, et succombent de bonne heure à la phthisie pulmonaire, qui Dût parmi elles de plus grands ravages que dans toute autre classe. — Les prostituées d'un ordre un peu plus relevé ne sont pas cependant beaucoup plus saines. Elles ne se traitent guère que dans les cas très-aigus; or Ton ne sait que trop combien cette affection est malheureusement encore contagieuse, lors même que les premiers symptômes inflammatoires ont disparu. Comme, par suite de leur conformation, les femmes en souffrent localement moins que les hommes, beaucoup d'entre ♦•lies croient être parfaitement guéries, tout en conservant des leucorrhées ou des érosions superti-
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cielles de nature très-douteuse, qui ^ende^t leur contact périlleux. — Eu outre , dans la nombreuse classe des mulâtresses, des chinas, etc., un certain nombre, employées à la domesticité, aux travaux d'aiguille, ne se piquent pas d'une grande réserve,... et c'est ainsi que ces fâcheuses contagions s'introduisent jusque dans les ménages. Il est certain toutefois que, malgré sa fréquence, la maladie syphilitique n'a pas de symptômes plus sérieux ici qu'en Europe , que dans une foule de circonstances elle est i^ême plus légère, et se borne chez beaucoup d'individus des deux sexes à des écoulements légers. n en est ainsi au Paraguay , à Corrjentes, où ces phénomènes sont extrêmement communs, sans que des altérations réellement trèsgraves, des symptômes d'infection constitutionnelle, se montrent chez un grand nombre de sujets. Ce n'est que lorsque les individus atteignent la quarantaine que de pareils symptômes apparaissent, et durent d'autant plus longtemps qu'on ne leur oppose point un traitement rationnel. 11 nous a semblé que dans le Nord les accidents étaient plus graves, car nous avons trouvé là un assez grand nombre de malades ayant perdu le nez par suite de cette affection.
Quelque fréquente que soit cette maladie, et malgré le peu de soin avec lequel on la traite, ipême dans des classes élevées, elle ne paraît pas exercer une influence très-désastreuse sur les populations ; car, au Paraguay, où elle est peut-être plus développée que partout ailleurs , la race est généralement très-belle et très-saine ; il en est de même sur le littoral. — Nous ne savons pas si la syphilis est trèsrépandue chez les tribus indiennes du Sud ; mais , dans le Nord, elle n'est pas rare chez les Matacos, fort malpropres de leur nature et en rapport constant avec les chrétiens.
Quant à la gale, elle est fort rare, mênae dans les régions montagneuses, où la propreté des habitants laisse beaucoup à désirer. On ne la trouve guère que sur le littoral, et plutôt chez les Européens que chez les indigènes. En 1842, les immigrants basques étaient atteints d'une éruption tenant à la fois de la gale et du pemphygus, et qui cédait parfaitement à un traitement antipsorique.
§ X. — Parasites et animaux venimeux.
Vers intestinaux. — Ils sont communs chez l'enfance, principalement au Paraguay, où cette disposition vermineuse nous semble une des principales causes de la mortalité qui pèse sur cet âge de la vie. L'alimentation presque exclusivement végétale de la popula-