‹ Description géographique et statistique de la confédération Argentine (volume 2)Chapitre 128 sur 285 · PATHOLOGIE. — MALADIES ÉPIDÉMIQUES · texte numérisé non relu

PATHOLOGIE. — MALADIES ÉPIDÉMIQUES

tion de ce piiys, l'usage continu du laitage, des mélasses et sirops tirés de la canne à sucre, y contribuent certainement à la production des helminthes, très-rares en effet dans les provinces argentines, où Ton ne se nourrit que de viande. — Le tal^ia se voit de temps à autre sur les bords de l'Uruguay, mais il n'est pas très-commun ; la ville de la Conception et ses environs font pourtant exception à cette règle. — Le dragonneau est inconnu, même dans la région tropicale.

Quant aux insectes qui infestent les maisons et à quelques autres parasites, nous en avons déjà parlé. Les soins et la propreté suffisent pour s'en garantir, à part quelques-uns, tels que la chiçiie [pulex peneirans] , connue ici sous le nom de pique ou de nigua, qui pénètre dans les chairs, principalement vers les pieds, et s'y développe sous la forme d'une petite boule de la grosseur d'un pois, si l'on ne se hâte do la retirer ; ce qui est très-facile avec un peu d'adresse. — Le roiget [leptus autummilis^ bicho Colorado)^ si commun dans l'Entre-Rios, est pire encore que la chique, car il couvre le corps, les jambes surtout, et détermine des démangeaisons insupportables et quelquefois des érysipolos superficiels. — Les moustiques produisent un effet analogue, lorsqu'on habite le bord des rivières ou les lieux humides

Nous avons déjà parlé de la rareté des morsures des serpents et des autres animaux venimeux, de l'araignée, du scorpion, de la scolopendre, etc. (voyez pages 43,61,62); nous ne les citons ici que pour mémoire.

Il pn est de piêipe de l'HYDRomoBiE communiquée, maladie essentiellement mortelle, et dont nous avons vu malheureusement plusieurs exemples. (Voyez page 94.)

§ XI. — Maladies épidémiques.

Presque toutes les maladies qui affligent l'humanité peuvent devenir épidémiques ; mais, dans le bassin de la Plata, il en est trois qui n'apparaissent guère que sous cette forme, et parcourent quelquefois tout le territoire, en y faisant plus ou moins de ravages. Ce sont les trois fièvres éruptives que nous avons déjà nomméçs : la variole, la scarlatine et la rougeole.

La VARIOLE est certainement la plus grave de toutes ; elle l'était surtout avant l'introduction de la vaccine. Aussi l'examen des registFes de mort^ité qous a-t-il donné la conviction que, toutes les fois

que la mortalité a dépassé de beaucoup la moyenne annuelle, ces décès extraordinaires ont toujours été le résultat d'une épidémie de cette nature : c'est ce que, à ne compter que du commencement de ce siècle, nous trouvons dans les années 1802, 1812, 1823, 1831, 1836, 1837, 1842, 1847, 1853, sur toute l'étendue de la Confédération argentine. Chose remarquable, ces épidémies commencent toujours sur le littoral à la fin de Tété, et, remontant rapidement vei's le Nord, contagient les populations jusqu'au Paraguay, au Chaco ; à l'Ouest, arrivent aux Andes, et frappent môme les tribus indiennes du Sud. A la fin de 1833, des tribus de Péhuenches des environs de San-Carlos s'enfuirent dès que la maladie se fut mise dans leurs tentes. — L'épidémie ne règne pas plus de six mois dans un endroit, mais elle fait beaucoup de victimes ; la plupart des individus non vaccinés meurent s'ils sont attaqués, tandis que ceux qui ont été inoculés de ce préservatif, ou sont respectés par le fléau, ou n'en reçoivent qu'une atteinte légère. Le nombre de ceux qui succombent après une bonne vaccine est extrêmement faible. Cependant nous eu avons vu nous-même quelques exemples, lors des épidémies varioliques de 1842 et 18S3 à Montevideo. Dans les intervalles qui séparent ces épidémies, il ne se montre que quelques cas isolés.

La SCARLATINE suit uuc marchc pareille à celle de la variole, mais elle apparaît à des intervalles moins réguliers. Quelquefois elle règne conjointement avec la variole, ainsi que nous l'avons observé à Montevideo en 1842 ; elle est aussi plus localisée. Cependant la grande et terrible épidéi^ie de 1837 contagia à la fois Montevideo, Buenos^ Ayres, les rives du Parana, de l'Uruguay et les provinces de l'intérieur. Celles de 184S et 1847 ne s'étendirent guère hors des deux grands ports de la Plata. Il est à remarquer que la province brésilienne de Rio-Grande participe à toutes les grandes épidémies dont Montevideo est le théâtre.

La ROUGEOLE se développe aussi à Tautomne et gagne le reste du littoral. L'intérieur en est exempt, ou la voit à des époques différentes.

Les autres maladies épidémiques sont les suivantes : La pleurd* PNEUMONIE ou putitoda de costado^ qui commence à l'automne, et règne presque chaque année dans les provinces andines, et jusqu*en Bolivie. Le massif de Cordova en souffre également, comme nous l'avons vu en 18S7, année où l'épidémie fut générale du 33* au 20'' degré de latitude, et fit un certain nombre de victimes, principalement parmi les métis, qui, mal nourris, mal soignés, opposent

Page 1