PATHOLOGIE. - MALADIES ENDÉMIQUES
dernière opinion; car la vallée de Famatina et quelques vei'sants delà sierra de Calilegua, dans la province de Jujuy, où le goitre est fréquent, ont des eaux qui, malgré leur limpidité, sont cependant impures, parce qu'elles reçoivent beaucoup de ruisseaux qui ont travers*» des gttes métalliques. Il en est de même à Salta, où Ton boit l'eau du Rio-Arias qui vient de la Quebrada del Toro. — On remarque d'ailleurs dans toutes les Andes que, lorsque les eaux sont algo saiitrosas, un peu salines, disent les habitants, elles donnent le goitre. En revanche, il est certaines sources plus salines encore qui sont réputées pour le faire passer. Ainsi, vers le sud de la vallée de Catamarca, au bord du grand bassin des Salines, dans plusieurs estancias, se trouvent des puits, dont l'eau légèrement saumâtre, et à laquelle on ne s'habitue qu'à la longue, dissipe le goitre au bout de quelques mois d'usage, à moins qu'il ne soit devenu trop volumineux. Pareille observation a été faite sur la rive droite du San-Francisco, au pied de la sierra del Alumbre.
Il est probable que ces eaux renferment en abondance des sels d'iode ou de brome, et, dans ce cas, il serait à désirer qu'une analyse exacte en démontrât la présence, afin de rendre leur usage plus commun.
L'iode est reconnu depuis longtemps, dans toutes ces régions à goitre, pour le spécifique souverain contre cette hypertrophie de la glande thyroïde ; aussi presque tout le monde use-t-il des pommades iodurées. Dans la province de Salta, on se sert depuis un temps immémorial d'une infusion de varech que l'on récolte sur les plages de Cobija, port de l'océan Pacifique, et qui est très-chargé d'iode.
Le goitre, dans les vallées des Andes, s'accompagne quelquefois de crétinisme. Il y en a des exemples à Famatina et à Jujuy, mais il est beaucoup moins répandu aujourd'hui qu'autrefois. — Le goitre se montre aussi au Paraguay, dans les vallées de la petite chaîne de montagnes qui le traverse du nord au sud, et au bourg de la Restauration, province de Corrientes. Dans cette petite ville, quelques familles font usage de l'eau de puits au lieu de celle de l'Uruguay, qui est parfaite, et c'est chez elles que se développe cette infirmité.
Le goitre se rencontre aussi bien chez les hommes que chez les femmes, chez les étrangers que chez les indigènes. Des Allemands, qui étaient venus travailler aux mines de Famatina, ont fini par enêtre atteints. Quand cette hypertrophie n'est pas trop volumineuse, eUe se dissipe en changeant de lieu. Nous avons connu un Français,
habitant Salta, chez lequel le goitre disparaît aussitôt qu'il fait un voyage de quelque durée hors de cette ville, et se reproduit peu de temps après son retour.
Les FIÈVRES INTERMITTENTES, ditcs chuchos;^ tremblement par le froid, sont endémiques dans les provinces de Tucuman, de Salta et de Jujuy. Elles commencent avec la saison sèche. En effet, dans ces contrées rapprochées des tropiques. Tété est fort pluvieux; mais Teau cesse de tomber en avril, et tous les marais, toutes les lagunes qui se sont formés durant la saison des pluies, venant à sécher, exhalent des miasmes qui produisent l'intoxication paludéenne. Toutes ces fièvres sont heureusement bénignes et n'ont de danger que pour les nouveaux venus qui les négligent. C'est ainsi que des arriéras (muletiers) de Mendoza, de San-Juan et de la Rioja, où le chucho est inconnu, en contractent parfois de graves à Tucumtoj et succombent môme, s'ils n'ont pas recours immédiatement aux antipériodiques.
Indépendamment de l'action des pluies, l'irrigation, lorsqu'elle est mal dirigée, produit aussi beaucoup de petits marais très-malfaisants, comme il est facile de s'en apercevoir autour des villes de Salta et de Tucuman. On ne donne point assez d'écoulement aux eaux que retiennent les terrains argileux de ces vallées, et il se forme des mares où elles croupissent indéfiniment. Ce n'est point pourtant faute de pente, car dans toutes ces localités le terrain est assez incliné pour permettre de donner Un écoulement facile à toutes ces eau t. Salta ne doit son insalubrité qu'à cette, négligence. Ses canaux, dits tagâretês, engorgés et servant de réceptacle iaux ordures de toute la ville, les trois ou quatre lagunes empestées du voisinage, y sont évidemment l'origine des fièvres doubles-tierces de l'automne et de l'adynamie typhoïde qui complique si souvent la pleuro-pneumonie pendatit l'hivet*.
Au Paraguay et dans la province de Corrientes, il règtie égËdëment des fièvres intermittentes lors des sécheresses succédant à de grandes pluies, par suite de la dessiccation de grands espaces marécageux, tels que, — les marais du Canabé et le voisinage de la lagune Ipoa et de V Estera de Nenibticu^ au Paraguay ; — les Bafiados de la Maloya et ceux du San-Ambrosio ; ceux des environs de Goya^ les abords de la Laguna Ibera, etc., à Corrietites; les caHadas sans nombre qui bordent les environs. 11 pat-att même que les fièvres d'accès y sont maintenant plus fréquentes qu'autrefois, car M. Alcide d'Orbiglly,