PATHOLOGIE. — CONSTITUTIONS MÉDICALES DE LA PLATA
qui passa presque toute l'année 1828 dans cette province, s'étonnait de la voir exempte de lièvres intermittentes. Il n'en est plus ainsi aujourd'hui, mais les accès sont bénins, et la plupart du temps ces fièvres se dissipent d'elles-mêmes.
§ Xill. — Marche des maladies. — Constitutions médicales dans
le bàssiîi de la Plata.
Si maintenant, résumant le tableau rapide que nous venons de faire de la pathologie du bassin de la Plata, nous essayons d'en tirer quelques conclusions, d'autant plus importantes que le mélâiige des populations de toute race et de tout pays est plus remarquable ici que partout ailleurs, nous trouvons :
1** Grande variété d'affections morbides à peu près les mêmes que celles que la médecine a observées datis tous les temps et dans tous les lieux.
2® Fréquence des fièvres éruptives, toujours à l'état épidémique, et parmi elles la scarlatine tl'iittaquîlnt que les Sud-Américains. Ces maladies régnent généralement de mars à novettibre, et aprèî> des intervalles de plusieurs années entre chaqlie épidémie.
3° Prédominance des maladies du système nerveux, principalement sut le littoral ; insidiosité des inaladies en géhéral et irrégularité dans les symptômes ; fréquence du tétanos spontané chez les nouveau-nés, du tétanos tratlttlatique chez les blessés ; frécjuence des névralgies en général.
4® Maladies du cerveau, telles que méningites, apoplexies, etc., dans la saison chaude. — RatnoUissements, surtout chez les étrangers.— Action fâcheuse et rapidement fuileste de l'abus des boissons alcooliques. — Moins d'aliénations mentales qu'en Europe. — Suicide rare. — Très-peu d'aveugles-nés. — Encore moins de sourdsmuets.
5** Angines et pleurésies fréquentes l'hiver. — La pleuro-ptieuniphie souvent épidémique dans l'intérieur. — La phthisie pulmonaire répandue sur le littoral, principalement parmi les sang-hiélés. — Fréquence des maladies du cœur et dès grog vaisseaux chez lès natibhatix et les étrangers.
6* Gastralgies et gastro-entéralgies assez répandues. — L'hépatite aiguë, rare. — La dégénérescence cancéreuse dfe l'estomac plus fréquente chez l'étranger que chez l'indigène. — Les femmes, très-
sujettes aux langueurs d'estomac, conséquence d'un mauvais régime et de l'abus du maté. — La dyssenterie se montrant assez souvent à la fin de l'été, sur le littoral et dans la région tropicale.
T Peu de maladies des voies urinaires. — Gravelle excessivement rare, ainsi que la pierre. — Chez les femmes : métrites subaiguês fréquentes, mais rarement des métro-péritonites après l'accouchement, qui est en général facile. — Fréquence de la leucorrhée, quelquefois suivie de cancer de l'utérus.
8° Beaucoup de rhumatismes articulaires subaigus, surtout sur le littoral. — Goutte très-rare. — Peu de maladies scrofuleuses. — Cancer fréquent et de marche rapide. — Syphilis très-répandue, nonseulement à l'état aigu, mais encore à l'état secondaire et tertiaire. L'intluencedes races et de l'origine est nulle sur la gravité plus ou moins grande de ses symptômes ; tout dépend de l'hygiène que le malade observe et du traitement qu'il oppose au mal. L'influence de l'hérédité est, au contraire, marquée.
9** De toutes les fièvres continues, la fièvre typhoïde à symptômes bien tranchés, mais de marche irrégulière, est la plus fréquente ; les symptômes cérébraux y prédominent toujours. Rarement il y a des éruptions pétéchiales ou miliaires.
10* Quelquefois des fièvres larvées sur le littoral de la Plata, presque jamais de fièvres intermittentes proprement dites. Celles-ci ne commencent à se montrer qu'au nord du 28* degré de latitude.
Toutes ces maladies sont plus ou moins multipliées suivant les saisons et les années , et se montrent généralement par séries caractérisant une constitution médicale bien marquée qui dure six semaines ou deux mois. H est très-rare qu'à part les lésions organiques qui ne se forment que lentement, une maladie aiguë, de quelque nature qu'elle soit, apparaisse seule.
Comme spécimen des causes diverses de la mortalité sur le littoral, nous donnons ici un résumé de celle de Montevideo pendant trois ans et demi, — du 1" juillet 1830 au 31 décembre 1853. Buénos-Ayres est exactement dans les mêmes conditions, et n'offre avec cette ville d'autre différence qu'une population quadruple.
Pendant cette période de* trois ans et demi, sur une population moyenne de 2S,000 âmes, à Montevideo, la mortalité a été de 880 par an, eu tout 2,970 décès constatés, sur lesquels 2,247 ont été dus aux maladies ou accidents qui suivent :