‹ Description géographique et statistique de la confédération Argentine (volume 2)Chapitre 137 sur 285 · HYGIÈNE. - GESTA. - OCCUPATIONS, HABITUDES · texte numérisé non relu

HYGIÈNE. - GESTA. - OCCUPATIONS, HABITUDES

Les plaisirs de la pampa sont surtout la chasse et les courses de cheyaux. — On chasse aux bolas l'autniche et le cerf [venado) ; c'est là que les meilleurs cavaliers font briller leur adresse et celle de leure cheyaux. Grâce à la légèreté de leurs montures et à la dextérité avec laquelle les boules sont lancées à cent pas de distance, Tanimal est bientôt arrêté dans sa course et égorgé par le chasseur. On a vu . même des cavaliers assez adroits pour boulet^ et lacer le jaguar; mais, comme cet animal fréquente peu la plaine, il est presque impossible de le chasser aux bolas et au lazo dans les fouiTés où il se réfugie quand il est poursuivi, et il faut alors l'attaquer au fusil ou à la lance. Si l'homme des champs est habile à ces exercices, il l'est moins à celui des armes à feu, auquel d'ailleurs il néglige de s'adonner. Il n'a grand goût ni pour le fusil ni pour le pistolet, et par conséquent est médiocre tireur. — Ceci est un malheur réel , car la nécessité de se défendre quelquefois contre les attaques imprévues des maraudeurs indiens rend l'usage du Xusil absolument nécessaire, surtout pour ceux qui vivent sur la limite du désert. — Il est à remarquer que les Indiens de cette partie de l'Amérique du Sud ne se sont pas mis non plus à l'usage de la carabine comme ceux de l'Amérique du Nord, et qu'ils se sont toujours limités à leui's arcs, à leurs flèches et à leurs lances, enfin à leurs armes nationales. Deux motifs nous paraissent avoir contribué à cela. — D'une part, les Espagnols s'étaient ^ imposé de ne point leur vendre d'armes à feu, et cette mesure a été longtemps observée; de l'autre, l'usage du cheval, rendant le tir incertain et embarrassant, leur a fait mépriser des armes qui leur semblaient inutiles, et que remplaçaient d'une manière plus efficace dans leurs mains la lance et la boln.

Les étrangers sont, au contraire, remarquables parleur adresse au fusil, et, parmi eux, ceux qui s'adonnent le plus au maniement de . cette arme sont les Français, généralement très-amateurs de chasse, et qui trouvent dans la Plata à satisfaire amplement ce goût inné. Eji effet, le pays est extrêmement riche en gibier à plume et à poil: perdrix, canards, béciissines, chevreuils, viscaches, tatous, etc., enfin tout ce que produisent la plaine, le marais, le bois, la montagne, etc., abondent et provoquent Tardeur et l'habileté des chasseui-s. Pour quelques-uns même la poursuite du gibier devient une sorte de profes- «ion, et grâce à eux les marchés des villes en sont toujours abondamment pourvus.

Les courses de chevaux [carreras) réunissent tous les amateurs des environs et sont exécutées par deux cavaliers montant à nu leurs

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coursiers. La distance est courte, trois ou quatre cents mètres généralement, et, ce que cherchent surtout les champions, c'est d^abord à se surprendre dans les paradas (temps d'arrêt), c'est-à-dire à partir ime seconde l'un avant l'autre, d'abord ; puis à se culbuter en route en se poussant réciproquement pendant qu'ils galopent côte à côte. — Ces courses, qui passionnent les gens de la campagne et même quelques étrangers, offrent donc en somme peu d'intérêt. Le système des paradas^ qui consiste à partir tous les deux à la fois et de concert, mais à volonté et non à un signal donné, rend la course interminable, et occasionne des disputes opiniâtres que ne termine pas toujours la sentence du juge du camp [scntenciador) ^ quoique les concurrents aient juré de la respecter. — Montevideo et Buénos-Ayres ont adopte des courses à l'européenne, où le champ est de plusieurs milliers de mètres, assez vaste, par conséquent, pour faire briller toutes les qualités du cheval et de celui qui le monte. Cette méthode a déjà produit un grand bien pour l'amélioration dp la race chevaline, des propriétaires ayant fait venir des étalons pur sang, et le goût dea beaux chevaux s' étant extrêmement développé.

Les Argentins aiment aussi beaucoup les combats de coqs. Presque toutes les villes ont de petites arènes [rehidero de gallos) où s'engagent quelquefois des paris considérables autour des combattants emplumés. — Ces cirques s'improvisent également dans les fêtes de village. Ici les boules et le billard attirent des curieux; pendant que plus loin, dans quelque maison un peu grande, la guitare aux sons criards groupe les amateurs de zambacueca^ de ffato^ de cielito^ etc., toutes ces danses, à deux, trois ou quatre personnes, aujourd'hui abandonnées sur le littoral, qui pourtant sont très-gracieuses et que l'on exécute parfaitement.

Dans les villes du littoral, où il y a beaucoup de Basques français et espagnols, il existe des jeux de paume couverts, où la jeunesse continue à s'exercer au jeu national. Cet exercice, aussi salutaire qu'amusant, attire en tout temps de nombreux amateurs. Buénos- Ayres, Montevideo, Rosario, Gualeguaychu, Parana, etc., ont de nombreuses catickas de pelota (jeu de paume), qui font ordinairement la fortune de leurs entrepreneurs.

Jeu. — En dehors de ces exercices au grand jour, qui sont au nombre des coutumes nationales et qui passionnent une partie de la population, nous devons citer d'autres amusements qui, sans être plus répandus qu'en Europe, sont plus funestes peut-être, à la cam^

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