‹ Description géographique et statistique de la confédération Argentine (volume 2)Chapitre 138 sur 285 · HYGIÈNE DES IMMIGRANTS · texte numérisé non relu

HYGIÈNE DES IMMIGRANTS

pagoe surtout, à cause des querelles qu'elles occasiounent : ce sont les jeux de cartes. Ces jeux de hasard sont, il est vrai , impitoyablement poursuivis; mais il est si facile d'échapper à toute surveiUance que plus d'un brelan défendu, tenu dans une pulperia, se termine par la ruine d'un des joueurs, qui y laisse son argent, ses vêtements, et jusqu'à son cheval. Le gaucho supporte patiemment la perte; mais, s'il soupçonne de la mauvaise foi dans son adversaire, il lui jure une haine implacable, et se venge incontinent, s'il le peut.

En ville, surtout dans celles de province, le désœuvrement fait des joueurs. Pour satisfaire ce goût des chances aléatoires, de nombreuses loteries [rifas] d'objets divers sont organisées presque partout, et, dans beaucoup de cités, une loterie à lots gagnants considérables donne un grand revenu, tantôt à des étîiblissements charitables, tantôt à des spéculateurs sur lesquels l'administration prélève un droit assez fort.

§ V. — Hygiène des immigrants.

Les villes du littoral où débarquent les étrangei's, telles que MonteTideo , Buéiios-Ayres , Rosario, etc., n'ont aucune maladie endémique qui puisse attaquer les immigrants. Aussi l'acclimatation est-elle facile, et, loin d'être malades dans les premiers mois, les nouveaux venus se remettent au contraire avec bonheur des fatigues d*une traversée qui dure en moyenne de cinquante à soixante jours, pour les navires venus des poils occidentaux de l'Europe. Le changement de climat n'affecte point les gens du midi de la France, de TEspagne ou de l'Italie; ils retrouvent sur les bords de la Plata un cîel pur et des productions analogues, et de plus un si grand nombre de compatriotes qu'il leur semble n'avoir pas quitté leur pays. Cependant il arrive à quelques-uns d'entre eux, comme à certains provinciaux qui viennent habiter les grandes villes de l'Europe, que, dans la première année de séjour, ils sont attaqués de la fièvre typhoïde , maladie toujours dangereuse , quoiqu'elle ne le soit pas plus ici que dans l'ancien continent. Ils sont aussi sujets à la dyssenterie, qui se manifeste vers la fin de l'été , dans les mois de février et de mars, et qui est autant duc à l'influence climatérique qu'à Tabondant usage des fruits : melons, pastèques, pèches, etc., dont il» sont fort disposés à faire abus. Cette dyssenteric est très-variable en gravité, selon les années; lé plus souvent elle se réduit à de simples cours de ventre, qui disparaissent avec un peu de régime.

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