‹ Description géographique et statistique de la confédération Argentine (volume 2)Chapitre 148 sur 285 · TRIBUS · texte numérisé non relu

TRIBUS

Pénobscots , etc

Sénécas, Cayugas, Onéidas, Tuscaroras, Delawares, Onondagas, etc. . .

Cbérokres

Chérokées et Creeks. • . .

Chérokces

Creek et Chérokées

Choctaws ft Chicksasaws.

HOMBHI.

Wyandots, Miamis, Ottowas, Potla- M-atomies, Winnebagoes, Dclawares, Shawnées Kickapoos, Sénécas, Chippeways, Monoméuis

Sôminoles

é Lea tribus originaii^de TOuest, les plus voisiues des États ou territoires brganises, dont la plus importante est celle des Pawnées, formmt uue population de. 5«#00(f

« Les Indiens qui ont émigré, en ronjeure partie Choctaws, le reste Ci^eks k{ Chérokées , etc., sont au nombre de 26,000

« Toutes les autres tril)us sauvages, évaluc-es diversement, peuvent être portées à 1 80,000

ce qui donne pour chiffre total de la population indienne sur le sol appartenant k rUnion 318,000

« Ainsi la race rouge a disparu à peu près du territoire qui est possédé par les Anglo-Amé-

qu'ils ont vu qu'on uc voulait pas aller plus loiu. Beaucoup de tribus seraient disposées à céder leurs droits sur certaines parties de leurs terres, moyennant finance ; et déjà dans le sud de Mendoza des parti ricains; mais elle ne disparaîtra pas pour cela du globe, elle constitue le fonds de la po« <« pulatiou de T Amérique espagnole. lit , les blancs de race pure sont presque partout , et et surtout au Pérou et au Mexique, dans la même proportion a peu près qu'aux Antilles parmi (i les noirs.

(( 11 y a une douzaine d'années que les .Anglo-Américains se sont décidés à transporter les A Indiens à l'ouest du Mississipi, au delà de la ligne des États d'Arkansas et de Missouri, en n assignant à chaque tribu un territoire distinct. On a commencé à y procéder même sous a M. J..Q. Adams (de 1825 à 1839).

Il Selon toute probabilité, à la fin de 1836, le nombre des Indiens qui n'auront pas été « transportés au delà du Mississipi, ou qui n'auront pas consenti à l'être, n'excédera pas M 10 à 12,000. Ce seront ceux.de New-York et de la Nouvelle-Angleterre, et quelques « autres misérables débris de tribus que l'ivrognerie et la misère déciment tous les jours.

« De toutes les tribus qui ont ou ont eu des communications avec les États-Unis, les Choc* ft taws et les Chérokées sont les seuls qui jusqu'à présent aient fait des efforts pour entrer R dans la vie civilisée ; les autres Indiens restent chasseurs et guerriers.

« En 1834, M. H. Everett a présenté à la Chambre des représentants au Congrès un rap- R port remarquable sur les relations des blancs avec les Indiens, et sur les mesures à prenn dre pour les régulariser. Je n'ai pas appris que ses projets de bill aient été adoptés, lis R avaient pour objet, Tun d'organiser rinter\-ention du gouvernement fédéral dans l'admi- « nistration des affaires des Indiens ; le second , de fixer les rapports des blancs avec les. R peuplades réunies à l'ouest du Mississipi ; le troisième, de maintenir l'ordre dans le terri- R toire occupé par elles. Ils donnaient le moyen de pourvoir à l'éducation des Indiens dans n les arts agricoles et mécaniques, de les garantir du contact des marchands qui les corromn pent et les volent, et de les constituer en confédération qui aurait eu son assemblée géné- R raie, et qui aurait été présidée par un gouverneur nommé par le Président. Les Indiens n auraient même été autorisés à envoyer au Congrès un délégué sur le pied de ceux des ter^ R ritoires qui ont droit de séance et de parole dans la Chambre des représentants, mais R qui ne votent pas. *» — Michel Chevalier, Lettres sur l'Amérique du Nord; Paris, 1836. Pages 401 et suivantes.

Depuis cette époque, la population indienne a encore diminué. Mais, comme les États- Unis ont fait de giandes acquisitions dans POuest par l'annexion de la Californie, le chiffre des Indiens qui vivent sur le territoire actuel de TUnion se trouve augmenté puisqu'il était de 400,704 vn 1853, au lieu de 316,080 que l'en comptait en 1835. Cette augmentation résulte du recensement approximatif qui sVst fait dernièrement des tribus qui habitent les versants orientaux des Montagnes-Rocheuses et les plaines qui s'étendent à leurs pieds, tribus qui n étaient pas comprises dans le précédent c^ul.

La preuve que la race indienne de toute l'Union continue à diminuer rapidement, c'est que l'on ne compte plus un seul Peau-Rouge à l'est du Mississipi, et qu'à l'ouest de ce fleuve tous les nouveaux territoires créés depuis une vingtaine d'années : Wisconsin , lowa , Minnesota, etc., etc., n'ont presque plus d'indigènes. — Avec l'accroissement de U population blanche dans les vastes régions de TOuest, il est probable que cette masse encore asseï grande de tribus disparaîtra dans un temps donné.

Le même phénomène se passe au Canada , mais là destruction de la population indigène est moins rapide.

ticuliers en ont acheté à des caciques de grandes étendues. Mais ces marchés, faits à \il prix et sans garantie, peuvent t^tre à peu près considérés comme non avenus, puisque, faute de garnisons avancées, . les terrains acquis de la sorte n'ont pu être occupés.

D'après la carte de Dewine, pul)liée en 1859, on y couple encore :

A TEsi des Montagnes-Rocheuses 34,036 Indiens.

A rOiiest de ces mêmes montagnes C3,340

Total 97,370

Tous ces Indiens vivent de chasse, de pèche pour la plupart, et la civilisation ne fait aucun progrès parmi eux.

Dans le nord du Mexique et sur sa frontière nouvelle avec les Etats-Unis, il existe aussi un assez grand nombre de tribus cnergiciue^ et guerrières, telles que les Apaclies,les Coman« ches, etc., qui défendront encore longtemps leur nationalité et leur territoii*e. •

C'est une consolation pour l'humanité que dans l'Amérique du Sud, et dans la Plata en particulier, les choses se passent autrement. Si les Hispano-Américains, dans leurs républiques encore mal assises, sont plus turbulents, moins méthodiques, moins ardents au travail que leurs frères du Nord, ils sont aussi moins âpres au gain, plus tolérants pour les autres races humaines. L'homme de race rouge ou de race noire, quand il est chrétien, est considéré comme un frère ; et ne fût-il pas même chi'étien , c'est toujours un homme que l'Hispano- Américain regarde comme devant être un jour un concitoyen. Enfin, s'il subsiste encore parmi eux quelque chose de ce que l'on a nommé raristocratie de la peau, cette aristocratie, toujours douce et affable, tout en gardant son respect d'elle-même, ne fait pas peser sur ceux qui ne sont pas de sa couleur un mépris injuste et brutal.

Il nous paraît d'ailleurs utile de rectifier ici certaines données historiques tout à fait erronées et qui datent de loin , au sujet de la conduite des Espagnols envers les Indiens dans rAmérique, conduite qui a été bien souvent calomniée.

On leur a reproché d'avoir détruit systématiquement les peuplades qu'ils avaient conquises, et on est revenu à satiété sur les cruautés commises à l'époque de la conquête.

Or nous demanderons, puisque la race américaine a disparu d'Haïti et de Cuba, occupées d'abord par les Espagnols, ce qu'il eu est resté à la Jamaïque, qui est tombée presque de suite entre les mains des Anglais? Nous demanderons s'il en reste encore à la Trinité, à Saiote-Lucie , aux Lucayes, qui appartiennent depuis deux siècles à ces derniers; s'il en reste à la Guadeloupe et à la Martinique, occupées par les Français ?

Dans toutes les îles du golfe du Mexique l'ancienne race indienne a disparu, mais ce sont moins les cruautés des Européens que les maladies et Témigi'ation pour la Terre-Ferme, qui ont été la cause de cette disparition des Caraïbes dans les Antilles.

La capitainerie de Caracas, aujourd'hui Venezuela, la partie maritime de la Nouvellc-Grenade (ancien royaume de Terre- Ferme], quoique peuplées, à l'époque de la découverte, de la même race caraïbe que celle qui remplissait rarchipel Mexicain, ont conservé leurs anciens habitants, dont une partie s'est fondue avec les colons espagnols, tandis que Vautre est restée dans ses bois et ses savanes, conservant pleinement sa liberté. Il y a bien eu dans le principe beaucoup de sang versé, surtout lorsque l'on voulut établir le régime des commanderies {eri' conmiendas), mais ce ne fut point une lutte d'extermination.

Quant aux Indiens déjà à moitié civilisés des plateaux de Cundinamarca, de l'Equateur, dn Pérou, de la Bolivie actuelle, ils firent immédiatement partie de la nouvelle nation bis- , pano-américaine.

Nous ne reviendrons pas sur ceux du bassin de la Plata, dont nous avons parlé en détail.

D'ailleurs de telles transactions ne peuvent être faites que par l'État, qui seul a la force nécessaire pour obliger les vendeurs à" les respecter. Lui seul peut obtenir que les Indiens du Sud se retirent un jour de l'autre côté du Rio-Negro, s'ils ne préfèrent se fondre

et qui, mêlés et confondus avec la race immigrante pendant trois siècles» forment aujourd'hui la majorité de la population des campagnes.

On voit donc qu'il y a bien à rabattre des cruautés systématiques prêtées aux Espagnols à regard des Indiens, puisque tant de millions d*hommes de cette race subsistent encore dans le Mexique, le Guatemala et r Amérique du Sud, alors que dans les -colonies d'origine anglaise ils ont disparu, repoussés, détruits par la population nouvelle, qui non-seulement n*en a point voulu accepter le mélange, mais Ta regardé presque comme un déshonneur.

Nous ferons remarquer aussi que pendant tout le seizième siècle , époque principale de la conquête et de la colonisation de rAmérique par les Espagnols , ce peuple était en guerre acharnée avec l'Angleterre et que cette guerre avait un caractère religieux qui devait nécessairement surexciter la haine des deux nations. C'était en effet le moment de la lutte la plus ardeute entre le catholicisme ancien, dont TEspagne était le champion, et le protestantisme nouveau venu, protestantisme embrassé avec enthousiasme par TAnglais, plutôt peutêtre dans des vues politiques que religieuses. Des deux parts on se prêtait des méfaits naturellement fort amplifiés, et c'est ainsi que dans l'Europe irritée de la puissance de Charles Quint et de Philippe II, et jalouse de leur empire transatlantique, ou fit à l'Espagne la réputation d'avoir organisé une destruction raisonnée des Indiens, alors qu'au contraire le gouvernement de Madrid chercha constamment à les protéger contre les empiétements et les injustices des nouveaux colons. Il fut secoudé en cela par les divers ordres religieux qui s'établirent en Amérique, et qui, dans Tardeur de leur zèle pour défendre les Indiens, contribuèrent quelquefois aussi, il faut le dire, par leurs discours et leurs écrits empreints d'exagération, à confirmer cette mauvaise réputation que l'on avait iaite aux conquérants.

Tandis que daus TAmérique du Sud les Indiens, mêlés avec la race conquérante, se fondaient ep une seule nation , dans l'Amérique du Nord les immigrants anglo-saxons se gardaient avec soin de leur contact. Les Français du Canada et de la Louisiane étaient les .seuls qui, se montrant exempts des préjugés de leurs voisins, n'hésitaient pas à contracter des unions avec les femmes indigènes. Avec le temps et l'accroissement extraordinaire des colons d'origine européenne, le territoire compris entre l'Océan et le Mississipi fut successivement occupé tout entier par eux, et les habitants primitifs, traqués, poursuivis, tantôt par la force, tantôt par ruse, durent céder leurs terres. Si l'on cite avec bonheur William Penn, qui ne croit pas pouvoir s'établir sur un sol nouveau sans en indemniser équitablement les possesseurs premiers , ailleurs les hardis pionniers de l'Ouest comptent plutôt sur leurs fusils que sur des traités pour se procurer des terres indiennes, et exterminent graduellement la population autochthone qui veut défendre le sol de ses ancêtres. C'est ainsi que les tribus disparaissent l'une après l'autre, que le territoire à l'est du Mississipi ne compte plus ai^ourd'hui un seul Indien, et que les restes de cette race, réfugiés entre le grand fleuve et les Montagnes- Kocheuses, diminuent de nombre tous les jours, sans se fondre comme le font lentement, il est vrai, mais d'une manière continue , les nomades de la Confédération argentine avec ks populations chrétiennes de leur voisinage.

En vain le gouvernement fédéral nord-américain proteste contre ces usurpations inhumaines et édicté des lois pour protéger les 400,7G4 Indiens qui restent (recensement de 1853) contre les empiétements et les brutalités avides d'un peuple entier. Toutes ces mesures res-

avec les chrétiens, comme y ont consenti un certain nombre ; lui seul aussi peut les organiser en tribus sédentaires, se livrant à l'agriculture, à rindustrie et au commerce, comme quelques-unes ont des dispositions à le faire. Les particuliers sont tout à fait impuissants pour réaliser isolément de pareils résultats. — D'un autre côté, on ne saurait dépouiller sans indemnité des gens avec lesquels on est lié aujourd'hui par des traités qui sont observés de part et d'autre. A part l'injustice et l'inhumanité d'une pareille conduite, on aurait afiaire à une race chez laquelle l'esprit de vengeance est inné, et dont les derniers descendants, tant qu'ils pourraient manier une lance et jeter le lazo et la bola^ rendraient, pendant bien des années encore, la frontière inhabitable. Il en est de môme de quelques parties du Chaco, quoique les Indiens qui l'habitent, à part les Chiriguanos et

\tsA le plus souvent sani effet, car elles sont éminemment impopulaires, et reiprit public est plus fort que la loi.

Cependant des sommes asse£ considérables sont consacrées chaque année aux affaires indiennet, qui forment un département spécial de Tadministration générale de rUnion. Ces affaires sont administrées par quatre inspecteurs généraux ayant sous leurs ordres vingt-cinq agences distribuées dans tout le territoire.

La dépense totale du département des Indiens a été de 3,593,483 dollars en 1856 et de 4,008,062 dollars en 1857.

On voit que le gouvernemeut nord-américain est plus juste en cette affaire que son peuple, et qu'il ne croit pas devoir traiter les Indiens en ennemis, ni les mettre en dehors de l'humanité, comme lès préjugés populaires ne sont que trop portés à le faire.

Dans la Plata, au contraire, toutes les mesures que prendra le gouvernement fédéral pour lauvegarder Texistence et les propriétés des Indiens seront favorablement acceptées par l opiaion publique, qui n'a pour eux nulle répugnance, du moment qu*ils renoncent à leur vie nomade et pillarde pour adopter la vie civilisée. Ce n'est pas dans la Confédération argentine que se commettraient les iniquités dont les Cbérokées ont été les victimes ; on j est« le répétons-nous, et les faits le prouvent, plus franchement libéral et plus chrétien; l'indigène, Une fois civilisé et catholique, y est accepté au pair de tous les autres citoyens, du moment qu'il consent à foire partie de la nation.

C'est donc par des traités et des achats que les len'es indiennes arriveront à faire partie des terres nationales, et, dans leur vente aux nouveaux colons» le gouvernement argentin trouvera amplement à se rembourser des avances qu'il aura faites, soit pour l'achat de ces mêmes terres, soit pour les cadeaux qu'il distribue aux chefs des tribus principales et les petits sub* sides qu'il leur fournit. Avec ces dépenses, en effet, on les oblige à tenir leurs gens tranquilles et à ne pas donner d'inquiétude aux fi'ontières qui se peuplent rapidement, grAce à la sécurité dont on y jouit aujourd'hui.

L*organisation du service des terres indiennes entre tout à fait dans celui des terres nationales, dont nous avons parlé tu $ Il de ce chapitre.

Quant aux tribus qui consentent à s'organiser en villages et à se livrer à l'agriculture et à rélève du bétail, elles acquièrent immédiatement les mêmes droits que les centres de population argentins, et y sont gouvernées par les mêmes lois, modifiées toutefois suivant les circonstances, surtout dans le principe, afin d'arriver graduellement à la fusion avec la population nationale.

aco COLONISATION DU TERRITOIRE ARGENTIN.

les Matacos, soient beaucoup moius susceptibles de civilisation que ceux du Sud. (Voyez pages 179 et 188.)

C'est un fait acquis à la science ethnologique que les races inférieures doivent disparaître au contact des races supérieures, en se transformant ; laissons donc cette loi providentielle s'accomplir d'elle-même, et n'abusons ni de notre force ni de notre intelligence contre des races moins avancées, qui n'en sont pas moins dignes de notre intérêt.

Dans l'état actuel des choses, le gouvernement fédéral n'a pas besoin d'acheter de terres aux Indiens : une fois les arrangements avec les provinces terminés, il en aura de reste à distribuer et à vendre aux immigrants, dans des régions mieux situées, plus fertiles et plus sûres. Ce qui survit de la race rouge doit, pendant de longues années encore, conserver son territoire actuel, sans que l'espace manque aux colons qui viendront peupler le bassin de la Plata. Environnés de toutes parts d'une population active et industrieuse, les Indiens se fondront tôt ou tard avec elle, ou ils disparaîtront d'eux-mêmes.

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