ARCHE DE LA COLONISATION DANS LA PL ATA
page 228), comment cette immigration, qui avait été si considérable de i837 à 1842, s'était arrêtée lors du siège de Montevideo. Nous avons dit pourquoi Buénos-Ayres, qui pendant la dictature du général Rosas plaisait peu aux immigrants, avait cependant commencé à en recevoir, à partir de 1849, et les espérances de paix et de tranquillité que fit concevoir la chute de cet homme funeste, espérances bientôt frustrées par les nouveaux troubles qui éclatèrent sur les deux rives de la Plata, aussi bien à Montevideo qu'a Buénos-Ayres. Nous n'avons donc point à y revenir.
Nous insisterons seulement sur le tort que font à tous les États du Rio de la Plata leurs agitations fréquentes que \a distance grossit, et l'influence fâcheuse qu'elles ont sur l'immigration. L'Europe juge les apparences plutôt que le fond; ignorante des faits, elle croit ces pays fatalement condamnés h une anarchie éternelle, parce que quelques coteries se querellent h Montevideo ou à Buénos-Ayres, tandis que les masses, aujourd'hui parfaitement indifférentes, restent étrangères à ces luttes de partis et ne songent qu'à leurs travaux .
L'histoire des républiques sud-américaines, et de celles de la Plata surtout, y est donc peu connue; on n'y prête qu'une attention médiocre aux récits de ce qui se passe de l'autre côté de l'Atlantique, et Ton se hâte de juger, sans se rendre compte des faits et des enseignements qu'ils portent avec eux. De là, les erreurs commises quelquefois par les gouvernements européens dans leurs relations avec ces contrées, et l'insouciance du public à leur égard. On ne se préoccupe point encore de l'immense avenir que de pareils Etats, dont la population augmente rapidement, dont les ressources grandissent chaque jour, ouvrent à l'activité européenne à l'étroit dans son coin du AÎeux continent, et combien, loin d'être un mal pour le pays qui la fournit, l'émigration y développe l'esprit de commerce et d'entreprise , y fiivorise la navigation et tontes les industries qui en dépendent.
Que l'on consulte les annales du commerce extérieur de la France, de l'Angleterre, de l'Espagne, de la Sardaigne, etc., depuis trente années, et l'on verra de combien a grandi celui fait avec l'Amérique du Sud, et à quel chiffre y montent aujourd'hui les exportations et importations annuelles. La somme de toutes ces transactions a quintu-
Jonl la population d'oiigine européenne s'élève aujourd'hui à près de 250,000 âmes, en dehors de Tannée, bien entendu.
(Voyez le mémoire de M. Horace Say sur V Emigration européenne au dljfueirvlème siècle. — Annuaire de l'Economie politique et de la statistique ^ pour ISSf», ]Mige 141.)
plé depuis 1830, et le mouvement comniercial y continue sa marche ascendante, malgré les agitations plus bruyantes que profondes dont ces pays sont le siège depuis 18S3, époque à laquelle le géi^éral ïlosas a disparu de la scène politique.
C'est surtout dans la Plata que cette progression est sensible. C'est, comme nous l'avons vu, de tout le continent du Sud le point le plus recherché par les immigrants étrangers, celui où la colonisation est le plus facile, où elle offre le plus d'avantages immédiats, aussi bien aux colons qui viennent d'eux-mêmes, qu'à ceux qui se chargent de les y envoyer. — Il y a donc nécessité de mieux apprécier les événements qui s'y passent et de les juger d'une manière plug saine.
Il ne faut pas que l'on croie toujours que Buénos-Ayres et Montevideo sont tout dans cet immense bassin de la Plata, et qu'à chaque trouble qui éclate dans l'une de ces villes , l'agitation gagne at convulsionne le reste du pays. Certes ces deux grands centres de population sont d'une haute importance, mais il y en a d'autres après ^ eux qui se forment sans bruit, mais d'une manière sûre, et groupent autour d'eux des intérêts considérables qui commencent à peser dans la balance de la production et du commerce général de ces régions. Les provinces riveraines du Parana et de l'Uruguay, celles de l'intérieur de la Confédération argentine sont dans ce cas : Rosario , ^ Sauta-Fé, Parana, Corrientes, Cfualeguaychu, l'Uruguay, Cprdova, ^ Tucuman, Mendoza, San-Juan, Salta, etc., deviennent aujourd'hui ij de véritables places de commerce, puissantes aussi bien par leur nrf mouvement d'affaires que par leur influence politique, e\ qui oui J m:. voix au chapitre lorsqu'il s'agit des intérêts généraux du pays, .a C'est ainsi que, malgré l'absence de Buénos-Ayres, grâce à Dieu i-r^ ralliée aujourd'hui, mais qui pendant huit* années s'est tenue à l'é — à
cart, la Confédération argentine n'en a pas moins grandi; et peu ^
dant qu'ailleurs on se faisait une guerre de rivalités stériles et:t^ d'amours-propres impuissants, elle a su, sous une administration rf € ferme et intelligente, jouir d'une paix réelle et développer vaillamment les éléments de prospérité qu'elle renfermait.
Voilà ce qu'il aurait fallu apprécier, au lieu de se laisser effrayecf par des craintes de révohitions nouvelles, de guerres acharnées pa-reilles à celles qui, de i 830 à 1852, abreuvaient les champs argentili^-^ du sang des Unitaires et des Fédéraux. Il aurait fallu sentir Tère de la barbarie dont Rosas s'était fait le champVoxv était ferm» et que la civilisation avait vaincu.
Les déminas événements (ceux de 1860) ont pr^>j^\fe,e\!^^^H> C::;:^!/^