‹ Description géographique et statistique de la confédération Argentine (volume 2)Chapitre 155 sur 285 · MARCHE DE LA COLONISATION DANS LA PLATA · texte numérisé non relu

MARCHE DE LA COLONISATION DANS LA PLATA

réducation politique deg Argentins avait fait de grands pas, et que Toiibli du passé, l'union de toutes les provinces, aussi bien des plus richas et des plus puissantes , comme de cellep moins favorisées de la fortune, étaient des nécessités sociales comprises et acceptées par tovis.

^qus l'empire des inquiétudes qu'inspirèrent les événements du ii septembre 1852, qui parurent rouvrir l'ère des ^évolutions (ju'ou espérait fermée par la chute de la dictature, on* se défia donc de la stabilité du pays ; les entreprises d'immigration sur une fçrande échelle se suspendirent, et les capitaui^, toujours timides, hésitèrent à se montrer. Cette défiance persista pendant toute la période cjue BuéROS-Ayres resta séparé de la Confédération argentine, pt, nnalgré des progrès très-réels accomplis de part et d'autre, il n'y eut certainement pas tout le développement industriel et commercial qi4i se fût effectué sans cette déplorable querelle.

G*est surtout l'esprit d'entreprises qui fit défaut. On craignait pour l'avenir, et les capitaux se cachaient, au lieu d'entrer hardimont^ d^ns la circulation et de féconder des projets qui eussent contribué Puissan^ment à la prospérité du pays. Cette défiance retenait également les capitaux étrangers ; et cependant quel plus bel avenir pour l^s possesseurs de fonds qui, en Europe, ne trouvent à les faire valoir S[u'à S pour 100 au plus, alors que, dans la Plata, le moindre intérêt est Partout de 12 pour 100 sur bonne hypothèque ou sur des maisons •offrant toute garantie! On y trouve même des placements à peu près ^Ars à 18, à courte échéance, lorsque, étant soi-même sur les lieux, ^n peut surveiller chaque jour ses intérêts. De petits capitalistes n'y ^^ercent pas d'autre industrie et grossissent ainsi en peu d'années '^i|r premier apport. Quel avantage n'y aurait-il donc pas ainsi P^Ut des fortunes médiocres à pouvoir placer une partie dé leur '^^oîr à des intérêts légaux aussi élevés , et combien le commerce 'ocal aurait à profiter de l'affluence des capitaux qui lui manquent ^Miourd'hui pour agrandir le cercle de ses opérations!

Quant au gouvernement de la Confédération argentine , il a tout '^ît pour inspirer la confiance dans l'avenir de la République : — ^ ^lord en remplissfint scrupuleusement les engagements qu'il a con- ^^cîtés lui-même , soit envers des banquiers, soit envers de simples P^irticuliers, quelque onéreux qu'aient été les sacrifices qu'il a dû s'im- Poser à cet effet ; — puis en patronnant , en aidant même toutes leç VVlWicfttions susceptibles de jeter quelque lumière sur la Cpnfédéra- ^^o n, — et enfin en favorisant ouvertement l'immigration vers la Plata.

La coiistitution d'ailleurs lui en faisait un devoir, qu'il a consciencieusement rempli. Grâce à son influence hautement proclamée, vigoureusement soutenue, partout les étrangers ont été bien accueillis, soigneusement protégés, aidés dans toutes les circonstances où on a pu le faire. Les préjugés qui pesaient sur eux dans quelques localités ont disparu , et tous les Argentins ont fini par comprendre que l'immigration seide, mais sur une large échelle, pouvait donner au pays la force, la richesse et développer ses ressources. La hausse rapide de toutes les valeurs immobilières, partout où les immigrants se sont établis en nombre, a convaincu les plus incrédules en les enrichissant. L'admission affectueuse de l'étranger par le fils du pays, son assimilation avec lui , sont donc aujourd'hui des faits accomplis (1).

Pour ce qui est de l'immigration collective , l'administration argentine l'a provoquée par des contrats, par des traités, dans lesquels elle s'est montrée aussi généreuse que bienveillante, et dont le trésor public , malgré ses embarras, a largement fait les frais. — Ce n'est pas que l'Etat ait cessé de considérer l'immigration individuelle comme la plus utile, la moins chère , la plus avantageuse au pays ; mais celle-ci n'arrivait point assez vite, et les agents de colonisation promettaient des résultats plus prochains.

(1) ]jefi avantages de rimmigration sont aujourd'hui si bien compris par tous les habitants (lu Rio de la Plata que des Sociétés locales à Montevideo , à Ruénos-Ayres et à Rosario, se sont formées pour la protection des immigrants au moment de leur arrivée, et que les provinces même ont envoyé des fonds pour payer le transport des ouvriers dans Tintérieur. Olie de San-Luis Ta fait en 1857 ; celles de Mendoza et de San-Juan se préparaient à le faii'e lors de notre départ en 1859.

C'est ainsi que la Société ausiliatrice des Immigrants à Montevideo avait installé, en 1852, une vaste maison où l'hospitalité leur était donnée , où des vivres à prix réduit leur étaient fournis et où chaque propriétaire pouvait aller embaucher les travailleurs dont il avait besoin. V.n agent à demeure dans l'établissement inscrivait sur un i*egistre ad fioc et par catégories les nouveaux arrivants, suivant letir sexe, leur âge, leurs professions, et chacun pouvait ainsi trouver immédiatement une occupation utile. Il y avait une telle demande de travail , que nul n'y séjournait plus de trois ou quatre jours.

. Quelque chose d'analogue a été fait à Bucnos-Âyres et au Rosàrio , et il serait bien à désirer que ces établissements fussent perfectionnés et d'autres établis sur les principaux points du littoral. Le colon qui arrive isolé a besoin de ménager ses ressources et d'être guidé ; on comprend donc rutilité d'un établissement où il peut vivre quelques jours à bon marché, au lieu d'être exploité dans ces petites auberges ou. cafés borgnes qui pullulent dans les poris, bouges où des officieux les égarent par de faux renseignements pour leur arraclier leurs derniers écus. 1^ multiplication de (lareilles maisons de refuge deviendrait un encouragement puissant pour l'immigrant qui hésite naturellement à partir, dans la crainte de se trouver isolé, perdu, à son arrivée dans un pays qu'il ne coni>ail pas.

Page 1