COLONIES DE CORRIENTES, SANTA-FÉ. ENTRE-RIOS
C'est ainsi que le docteur Brougnes couelut avec la province de Corrientes, en janvier 1853, un traité par lequel il se compromettait à envoyer, dans le courant de dix années, à raison de deux cents en deux ans, mille familles de cultivateurs composées de cinq personnes, prises dans les départements du midi de la France. — On devait donner à chacune d'elles vingt cuadras (33 hectares) de bonnes terres bien situées, deux bœufs de travail, deux chevaux ou juments, huit vaches pour la production, les semences nécessaires en coton, tabac, blé, maïs, canne à sucre, etc. ; une chaumière composée de deux pièces, et 600 kilogrammes de farine pour vivre la première année. Enfin un terrain communal de quatre lieues carrées était annexé à chaque colonie (voir aux Notes et Documents) pour l'élève du bétail. — En échange de tout cela, les colons devaient rembourser au gouvernement de Corrientes la somme de 200 piastres, ou 1,000 francs, après la seconde année , ou après la troisième, si l'une des récoltes avait manqué. En outre, les colons étaient tenus de donner, pendant cinq années, le tiers du produit du sol à l'entrepreneur qui leur avait fait les avances de fonds pour leur passage et ménagé ce contrat avantageux avec le gouvernement correntin. — En 1854 le gouvernement fédéral prit à sa charge le contrat qu'avait signé le gouvernement provincial de Corrientes, le remboursa de ses avances, et continua à pourvoir aux dépenses de la colonie pendant le temps stipulé. — Après les premières difficultés d'un pareil établissement, la colonie de San-Juan-del-Puerto-de-Santa-Ana ^ la plus anciennement fondée et qui a déjà quatre années d'existence, a fini par bien marcher. Elle est située sur la rive gauche du Parana, juste en face de l'embouchure du Rio-Paraguay , et à six lieues de la ville de Corrientes. — En faisant la description de la province de ce nom, nous en parlerons en détail.
Dans la province de Santa-Fé, à sept lieues de sa capitale, au milieu de la belle plaine située à l'ouest du Rio-Salado, M. Aron Castellanos a établi la colonie de la Espa^anza^ sur un teiTain cédé par le gouvernement de la province. Cette colonie, qui se compose aujourd'hui de 1,500 personnes, est dans le meilleur état. Les conditions étaient exactement les mêmes que celles du docteur Brougnes, sauf la prestation du tiers des récoltes, qui était remplacée par des arrangements particuliers entre l'entrepreneur et le^ colons. (Voir aux Notes et Documents.) — En 1858, le gouvernement fédéral a complètement désintéressé M. Castellanos par une somme de'600,000 francs,
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eu remboursement des ayances qu'U avait faites, et a pris la colonie à sa charge. Celle-ci, depuis 18S6 qu'elle est fondée, a continuellement prospéré , malgré le fléau de la sauterelle , qui lui a pulevé en 1 8S8 presque toutes ses récoltes. Le gouvernement se contente du simple remboursement de ses dépense^, et beaucoup de colons, déjà libérés, sont entièrement propriétaires de leurs teit^ns,'
A las Couchas, à jsept lieues Qu-dessus de la yille de Parttua et sur les rives mtoes du fleuve, une autre colonie, qui compte déjà plu* sieurs anuées d'existence, prospère égalemeut, surtout depuis que des colons allemands sont venus grossir les rangs des premiers étar blis. C'est ^ussj le gouvernement fédéral qui a pourvu daus le priupipe à la plus grande partie des dépenses.
Le général Urquiza lui-môme, à la fin de 1857, a installé d^ns ses terres, au bord du fleuve Uruguay, une colonie formée de Suisses et de Français, qui est en pleine prospérité. Le terrain est excellent, et sa situation, à huit lieues au-dessus de la ville de la Coucepcion del jJruguay et à deu^ lieues de Pay^audu, est des plus favorables pour le commerce. Les conditions sont analogues à celles deg autres colonies dont nous venons de parler. Les colons reçoivent seize cuadras (27 hectares) de terrain évaluées iOO piastres (SOO fr.), puis du bétail et des semences évaluées au même prii^, en tout 1,000 francs; ils doivent commencer à rembourser 200 francs par an au bout de la seconde année. S'ils ne peuvent le faire, ils payent un intérêt jusqu'à remboursement intégral de la somme première (l,OpO fr.). La propriété leur appartient alors complètement. — Cette affaire est personnelle à M. le général Urquiza, qui a l'intention d'établir trois autres colonies autour de sa belle propriété de San-José , proche de la ville de l'Uruguay.
Des concessions de terres ont été faites dans le même but à la compagnie de navigation du Rio-Salado (Juramento ) , à celle du Rio-Yerraejo, etc., et le gouvernement argentin est disposé à en faire à toutes les compagnies sérieuses qui se présenteront et o^ri* ront des garanties suffisantes. Nous avons déjà parlé des établissements militaires et coloniaux de la frontière des Indiens, soit dans 1q Nord, soit dans le Sud. (Voyez p. 207.) Tous ces efforts prouvent assez combien l'administration présidée par le général Urquiza ei^t convaincue de la nécessité de créer des établissements agricoles,