‹ Description géographique et statistique de la confédération Argentine (volume 2)Chapitre 160 sur 285 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

Industrie minière.

L'exploitation des mines est une autre branche d'industrie qui commence à acquérir une grande importance et qui occupe déjà un nombre assez considérable de bras. Les seuls minerais métalliques travaillés jusqu'à présent sont empruntés aux gisements d'or, d'argent et de cuivre, qui se trouvent répartis dans les districts montagneux des provinces des Andes et du centre, dans les massifs de San-Luis et de Cordova. Nous ne parlons pas ici des pierres meulières, des marbres, des calcaires, des grès, etc., etc., exploités pour les constructions, et qui ne donnent lieu qu'à des industries locales. Le peu d'ouvriers à employer, la petite quantité de capitaux qu'il est possible de mettre en œuvre, restreignent nécessairement les opérations aux métaux de plus de valeur. C'est ainsi qu'on néglige le nickel, l'étain, le plomb, le fer, etc., etc., pour se restreindre au travail du cuivre, de l'argent et de l'or, les seuls métaux, jusqu'à présent, qui, sous un petit volume et dans des conditions d'exploitation facile et modérément dispendieuse, puissent donner des bénéfices assurés et prompts dans des provinces éloignées du littoral, où tous les objets d'importation ou d'exportation sont nécessairement grevés de frais de transport considérables.

Les districts métallifères exploités aujourd'hui se limitent aux provinces de Mendoza, San-Juan, la Rioja, Catamarca, Jiyuy, Cor^ dova et San-Luis. — Ce n'est pas que les minéraux exploitables man* quent dans les autres provinces ; ils y sont, au contraire, très-nom* breux, ainsi que nous l'avons déjà indiqué (tome I, page 32S), mais l'exploitation n'en a pas été entreprise encore par suite du peu de population du pays.

§ L — Province de Mendoza»

Sous le régime espagnol on avait reconnu les plombs argentifères des tnontagnes qui bordent la vallée d'Uspallatai Les travaux commencèrent seulement en 1776, mais dès 1638 on savait que la chaîne des Andes renfehnait de ce côté de nombreuses richesses minérales ; au-^

jourd'huî rindugtrie minière s'y limite à l'exploitation du cuivre dont on a rencontré des gisements fort abondants en divers endroits.

La chaîne de Payen^ rameau le plus oriental des Andes, dans le sud de la province de Mendoza, a donné de l'argent et du cuivre dans le courant du siècle dernier. Il parait même que l'on y avait établi un commencement d'usine pour son exploitation, mais le voisinage des indiens Pehuenches etHuilliches, qui faisaient valoir leurs droits sur ces terrains, et le grand éloignement de tout centre de population important, empêchèrent la continuation des travaux. On se contenta de choisir le minerai le plus riche et de le porter à travers la Cordillère au port de la Concepcion, au Chili, où on le fondait. On dit qu'on en fit ainsi des canons et des cloches. — En 1856, quelques hardis Mendocins {Mendocitws) ont fait une petite expédition pour reconnaître ce district minéral, dont la renommée avait, à ce qu'il semble, un peu exagéré les richesses. — Ces explorateui's, partis du fort de San- Rafaël, éloigné encore de près de 65 lieues du cerro de Payen, sont arrivés sans encombre à la montagne et l'ont examinée de leur mieux. Les échantillons qu'ils ont rapportés renfermaient un peu d'argent, de nickel, de cobalt; principalement du cuivre et du plomb. Les plus nombreux et les plus riches étaient des carbonates de cuivre bleu et vert, et de Toxydule de ce métal.

Comme dans le voisinage de la ville de Mendoza et dans des loca' lités où l'on n'a nullement à redouter le voisinage des Indiens, il y a des minerais de cuivre abondants, on n'a pas jugé nécessaire de continuer des tentatives sur Payen. Ce n'est donc que plus tard que l'on pourra s'en occuper. Cette exploration n'en fait pas moins beaucoup d'honneur aux Mendocins, qui n'ont pas craint de se risquer dans un pays perdu, au milieu d'Indiens de loyauté douteuse, pour reconnaître un point qui doit être plus tard d'une si grande importance pour la province.

Les gisements de cuivre exploités en ce moment sont, eu commençant par le Sud, ceux de la chaîne des Paramillos, de l'autre côté du bourg de Lujan. Les mines se trouvent dans des gorges transversales ouvertes de Test à l'ouest. Les principales sont celles de SalamancaeX de Valemia^ qui ont été découvertes en 1852 par D. José Correa, un des mineurs les plus intelligents et les plus actifs de la province. Plusieurs autres mines ont été ouvertes dans le voisinage et donnent de bons produits, mais elles ne sont pas d'une richesse égale à ces deux premières. — Dans toutes ces mines, le cuivre se rencontre à l'état natif, mais en petite quantité, à Vétat d'oxydule^ de sulfure,

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de carbouatc vert. La gangue est fournie par uiie roche schisteuse qui paraît avoir été déposée au milieu des dislocations des calcaires saccharoïdes qui forment la masse de la chaîne des Paramillos en cet endroit. Les roches y sont d'ailleurs très-variées.

La vallée d'Uspallata renferme, comme noiis l'avons dit, lés gisements minéraux les mieux connus de la province. Les minerais do plomb argentifères qui furent exploités les première donnaient^ ditrbii, danis le principe, jusqu'à 200 marcs par caisson {cajaii) (1), c'est-à-dire 45 kilogrammes d'argent pur par 2760 kilogrammes de minerai choisi et concassé. Ce minerai était de la galène ou sulfure de plomb. Mais ce beau rendement diminua assez rapidement et tomba à 8 marcs, ce qui découragea les mineurs. L'agriculture et l'élève du bétail étaient, à ce compte^ beaucoup plus avantageuses.

Cependant, en 182S on essaya de reprendre les travaux. Le souve-

(1) Caisson (cajon) est une mesure répondant à peu près à une vare cube ou CdCdéciiiK;* très cubes (636 litres). Il contient 6,000 livres espagnoles (2,760 kilogrammes) de minérale — Dans quelques provinces le cajon n'est que de 5,000 livres.

Le marc (marco), demi-livre espagnole ou 230 grammes, est le poids représentant l'unité de métal pur. Ainsi un minerai de tant de marcs au caisson rt^présente autant de fois 230 grammes de métal qu'il y a de marcs indiquée. — On ne se sert de cette mesure que pour les métaux précieux : or, platine, argent. Pour les autres, tels que lé cuivre, l'étaiu, le fer, etc., ou estime à tant pour cent du poids total le rendement du miuerai.

La plupart des mines de la Confédération argentine étaut dans des montagnes tout à fait inaccessibles aux chariots, du moins dans les environs des puits d'extraction , le minerai est porté à l'usine a dos de mulet. Dans ce cas , la l'oche minérale, sortie de la mine, est mise d'abord eu cancha, c'est-à-dire sur une aire pi*éparée exprès, où on lexamine, on la coucasse en mettant à part les morceaux souj>ronnés de renfermer des particules métalliques, et rejetant les autres. Tous ces morceaitv de minerai utile, que ron réduit à n'avoir plus que trois ou quatre centimètras de diamètre et même moins, sont mis dans des sacs eu peau dits Suroiis (zurrones) et chargés sur des mulets qui les portent aux bâtiments d'exploitatic»n quelquefois fort éloignés. Les frais exigés ainsi paf le transport influent naturellement sur la manière dont on choisit le minerai; si ces frais sont considérables, on ne prend que le minerai très-riche et on laisse le reste ; s'ils sont faibles, ou si le minerai renferme de l'or ou de l'argent, on emporte toutes les parcelles qui peuvent donner quelque chose a l'exploitation. Les ouvriers mineurs sont généralement fort habiles pour reconnaître à la simple inspection quelle est la valeur d'un minerai.

L'aloi ou le titre d'un métal ( Iry en espagnol) est la quantité de métal absolument pur, c'est-à-dire sans mélange d'aucun autre corps étranger. Ainsi, lorsqu'un marc de métal à |>eu près pur a été extrait d'un minerai, il reste à en déterminer le titre pour lui assigner sa va« teur commerciale. On comprend qu'il s'agit ici principalement des métaux précieux, tels que l'or et Taisent.

Dans les minerais qui proviennent de la plupart des mines de la Confédération ai:gentîne, Targent renferme assez souvent un peu d'or, et l'argcut un peu de cuivre. 11 importe donc d'eu déterminer exactement les proportions. — Ce n'est que par l'analyse chimique qu'on y arrive.

nir des résultats heureux des premiers temps de rexploitûtion faisait croire qu*avec des méthodes meilleures, des ouvriers plus habiles, on obtiendrait un rendement supérieur. Il se forma donc, à Buénos- Ayres, une compagnie composée de nationaux et d'étrangers, qui réunit bientôt des capitaux assez considérables ; elle obtint la concession des mines abandonnées et fit l'acquisition de la plus grande partie des terrains de la vallée d'Uspallata. Malheureusement, bientôt la guerre civile qui éclata entre les Unitaires et les Fédéraux, les agitations et l'absence de sécurité dans les provinces, qui en furent la conséquence nécessaire, arrêtèrent les opérations. Les travaux qui étaient à peine commencés furent abandonnés, et n'ont pas été repris dans les trente années qui se sont écoulées depuis cette époque.

Ce qui à fait persister dans cet abandon, c'est sans doute le peu de confiance que l'on a dans la richesse du minerai; car les représen» tants de la Société de 1823 existent encore à Buenos- Ayres, et ses actions ne sont pas absolument sans valeur ; mais personne n'a encore songé à la réorganiser. Il faudrait d'ailleurs un appel de fonds considérable pour la construction d'une usine, la réunion du personnel nécessaire, etc., etc. — La vallée d'Uspallata peut cependant se prêter très-bien à un établissement de ce genre. L'altitude de la ferme actuelle et de la ville future, dont les terrains ont été délimités, n'est que de i,800 mètres, et les céréales, les fourrages, les bois, les arbres fruitiers même, réussissent bien à cette hauteur, sous le 33*^ degré. Le ruisseau donne une quantité d'eau suffisante pour les irrigations et pour les moteurs hydrauliques. Les mines ne sont qu'à six lieues de la ferme et parfaitement accessibles par des sentiers praticables en tout temps. Il n'y a donc rien qui puisse contre-indiquer une étude nouvelle des anciennes galeries et la réorganisation des travaux.

Si Ton renonce à l'exploitation de la galène argentifère, le cuivre est abondant presque partout et peut être exploité fructueusement. La meilleure preuve que cela est possible et avantageux, c'est que D. Félix CoiTea, parent de D. José, a créé, avec ses seules ressources, une usine à cuivre et s'en trouve bien.

Cette usine est située sur le ruisseau d'Uspallata, à deux kilomètres de la ferme de ce nom, ofi se trouve le bureau de la douane nationale pour la route du Chili. — Elle a trois foure à réverbère pour la fonte du métal, et tous les bâtiments accessoires pour lé logement du directeur, des contre-maîtres et des ouvriers, qui sont nombreux, rétablissement occupant en tout une centaine de personnes.

390 IPWUSTRIE ARGENTINE. - COMMERCE.

Le minerai est fourni par la mine de Santa-Helena^ qui se trouve à six lieues de Tusine, dans un sentier de traverse très- âpre et trës^troit qui conduit d'Uspallata à Mendoza à travers la chaîne des Paramillos, ût réduit la route à douze lieues au lieu de trente qu'il y a de cette ville à la ferme par le chemin ordinaire. Ce minerai est de l'oxyde, du carbonate, du sulfure et du sulfate de cuivre ; le carbo* nate et Toxydule dominent. Il est riche , et son aloi varie de 20 à 40 pour 100. Plusieurs autres mines ont été reconnues dans les environs de Santa-Helena. D'ailleurs tous les chaînons des Paramillos, auxquels il faut joindre ceux du Tontal et de la Yalquera, qui commencent au nord de la vallée d'Uspallata, offrent des indices métalliques. Les roches de tous ces cordons sont assez friables, tandis que celles de la Cordillère proprement dite, où l'on trouve également du minerai, sont extrêmement dures. Dans le minerai cuivreux provenant de Santa-Helena, de même que dans celui de Salamanca^ de la Valen* oiana et de la Califomia^ la gangue est tantôt argileuse, tantôt calcaire, mais presque jamais quartzeuse. La galène argentifère d'Uspal« làta, au contraire, est assez souvent enchâssée dans le quartz.

A l'usine de D. Félix Correa, le minerai de cuivre est traité par un grillage à l'air libre, et deux fontes successives dans le four à rêver* bère. Le chauffage se fait avec les racines de la jarilla^ arbuste de la famille des myrtacées, très-résineux, et qui donne beaucoup de chaleur. Ce végétal abonde dans toute la vallée d'Uspallata. Il est apporté à l'usine à dos de mulet, comme tout le reste. — Le métal obtenu à la seconde fonte est coulé en briques carrées du poids de 6 arrobes (72 kilogrammes) que l'on transporte à travers la Cordillère jusqu'à Valparaiso, d'où il est expédié en Europe. Le fret pour cette route, qui exige huit jours de marche, est de 9 réaux par quintal (5 fr. 50 c. pour 46 kil.). Les retours se font en espèces ou en marchandises de fabrique européenne pour la consommation de la province de Mendoza.

Les mines de Salamanca et de Yalenciana desservent également une petite usine récemment créée près de Lujan. Mais cette usine est moins importante que celle d'Uspallata. Lorsque le minerai était très-riche, on l'envoyait autrefois directement au Chili, où les firais d'extraction sont moins considérable?; maintenant on le traite dans la province même.

Les frais d'exploitation ont beaucoup augmenté parce que les ou* vriers, soit pointerolleurs {barreieros)^ soit charrieurs {apires), sont payés plus cher depuis 18S4, et que, par suite de l'accroissement

du commerce et de la grande rareté des bras, tout est aussi devenu plus cher dans la province. C'est d'ailleurs ce qui a eu lieu dans tout le reste de la Confédération depuis cette époque. Le grand avantage de rétablissement d'Uspallata, c'est d'être dans une vallée très-susceptible de culture, où il y a du bois, de l'eau, du pâturage pour les animaux, et déjà un commencement de population.

Près de la ville, la sierra deft Paramillos renferme de beaux marbres noirs qui pourraient être exploités avantageusement. On en exploite une petite partie pour faire de la chaux grasse qui est excellente. — Vers San-Carlos, il y a de l'anthracite qui donne d'excellent gaz à éclairer à la distillation, des carrières de marbre de toutes couleurs et d'une exploitation facile, des lagunes salées dont on peut extraire un sel très-blanc, plusieurs sources bitumineuses, dont quelques-unes sont exploitées par des Chiliens.

On voit donc quel est l'avenir de l'industrie minérale dans cette province ; industrie d'autant plus facile à y établir que les habitants sont intelligents et laborieux, les produits de l'agriculture abondants et à prix raisonnables, et les moyens de transport faciles par suite du grand nombre de bétes de charge et de l'excellence des muletiers,

§ II. — Province de San-Juan.

La structure géologique de la province de San-Juan ressemble beaucoup à celle de la province de Mendoza ; par conséquent leurs produits minéraux ont beaucoup d'analogie les uns avec les autres.

Nous venons de signaler les indices de minerais de fer, de cuivre, de plomb argentifère, qui se trouvent dans les deux sierras de Tontal et de la Yalquera, qui ferment l'extrémité nord de la vallée d'Uspallata et se prolongent dans la province dont nous parlons, jusqu'à rencontrer la rivière de ce nom. — Le cordon le plus oriental de la chaîne des Andes, dans le sud de la province, ou sierra de Zonda^ a de beaux marbres noirs qui ne sont pas exploités encore ; on leur préfère un calcaire blanchâtre pour la construction des édifices publics. La/ cathédrale a été construite ainsi.

Une petite chaîne isolée, dite de los Cerrillosy qui est entourée de toutes parts par une cienega (marais), formée par les infiltrations de la rivière et des canaux d'irrigation, à cinq lieues seulement de la capitale de la province, renferme, assure-t-on, de riches minerais de plomb et de cuivre. On n'en a point encore commencé l'exploitation. «— n en est de même de la sierra dei Pie-de-Palq^ gros massit

triangulaire qui commence à sept lieues est de la ville, et touche aux cultures de Caucete. Elle renferme des minerais de. cuivre non ex-» ploités encore.

' Les seules mines qui aient été l'objet de quelques travaux se trou* vent dans la grande et aride vallée de Pismtuita au nord, sur les flancs des cerros de Guachi et de GuaUlan, dans les environs du bourg de Jachal, et dans l'oasis de Valle-Fertil. Dans beaucoup d'autres endroits, on a reconnu des gisements métalliques d'une valeur réelle et commencé leur exploitation ; mais ou n'a point continué, faute de bras et de capitaux.

Le département de Jachal est celui qui renferme les cantons mi* niers les plus connus de la province, ceux, qui ont été le siège des opérations les plus importantes. En 1850, il n'y. avait pas moins de trente et une mines ou lavages d'or en exploitation, et six moulius broyeurs pour préparer le minerai.

Le canton de Gualilan^ au sud du chef-lieu du département, renfermait onze mines et deux moulins broyeurs. Les veines aurifères s'y rencontrent dans une petite montagpe calcaire dont elles paraissent occuper la partie supérieure. Dans quelques mines on a poussé les travaux jusqu'à quatre-vingts mètres de profondeur, mais beaucoup se sont inondées, et il a fallu abandonner l'exploitation faute de moyens suffisants pour en extraire les eaux ; aussi se bornet-on en ce moment à la recherche des filons superficiels. Le minerai est de l'or renfermé dans une gangue calcaire et de l'argent uni au sulfure de plomb. Ce dernier minerai donne douze marcs au caisson; mais les mineurs s'occupent plutôt de l'extraction de l'or, dont, ils se contentent de traiter le minerai par la pulvérisation et le lavage. .

Le canton de la Pampa, au nord de Jachal, renferme les deux minérales (points minéraux) de el Pescado^ avec onze travaux établis, et de Guachi^ lequel est très- anciennement connu. — Ces localités donnent de l'or, qui est traité par le broiement dans deux moulins situés non loin du centre des exploitations. L'or de Guachi n'est pas aussi fin que celui de (xualilan, mais il est plus abondant. Beaucoup d'anciennes mines se sont comblées^ d'autres se sont remplies d'eau; il y a peu de méthode dans la manière dont on les traite. Le plus souvent les habitants se bornent à laver des déblais d'anciens travaux, et ils y récoltent toujours une certaine quantité d'or. — Comme le cerro de Guachi est traversé par des veines aurifères nombreuses, on avait proposé de pousser une galerie horizontale {fronton) pour les reconnaître plus facilement et les attaquer de bas en haut, ce

qui eut facilité singulièrement Textraction des déblais et Técoulement des eaux. Mais on n'a point donné suite à cette heureuse idée. L'argent uni au plomb se rencontre également dans le cerro de Guachi, ce qui prouve la similitude de sa formation avec celui de Gualilan.

Dans les vallées les plus rapprochées de la Cordillère occidentale , on rencontre, dans le canton de la Iglesia, le petit district minéral de Chilca^ qui renferme huit mines d'or en exploitation. Les mines se trouvent sur une petite montagne, à huit lieues de la chapelle de la Iglesia. Les roches de cette formation sont très-dures, mais le filon est riche en or d'excellent aloi ; aussi les travaux se sont- ils limités à la superficie et s'étendent-ils dans tous les sens, car on n'a pu les pousser profondément. Ils suffisent cependant pour alimenter deux moulins broyeurs. Il y a aussi, dans le voisinage, des filons argentifères que l'on a commencé à exploiter ; on y a également trouvé du cuivre.

Les cantons de Rodeo et d'Antecristo sont voisins de celui de la Iglesia. Leurs montagnes, d'une nature géologique analogue, offrent les mêmes minerais : or, argent et cuivre. Cependant ce dernier métal y abonde plus que les deux autres et parait devoir donner lieu un jour à une exploitation plus fructueuse. Au Rodeo les mines nommées Mondaca et Mondaquita ont été anciennement l'objet de quelques travaux ; on a essayé de les reprendre dans ces derniers temps. — Près AWntecristo ^ il y a aussi des mines de cuivre anciennement exploitées, mais que l'on a abandonnées depuis, et une mine d'argent. Le minerai de cuivre y est principalement du sulfure ; l'argent est généralenient uni au plomb ; mais il en existe aussi à l'état natif. Ces dernières mines donnent, dit-on, 30 marcs au caisson.

Le département de Valle fertil a deux cantons de mines principaux : le Ceiro blanco\ qui donne de l'or; la Quebrada de la Huerta^ qui donne de l'argent. — Le Cerro blanco est une colline traversée par des veines quartzeuses. Le grand filon métallifère connu sous le nom de Veta blanca^ filon blanc , court du sud au nord dans une étendue de deux lieues; il présente à la fois de l'or, de l'argent, du plomb et du soufre. Son épaisseur va jusqu'à quatre mètres. Certaines parties sont fort riches, puisque des galeries ont donné jusqu'à 1)0 marcs d'argent fin par caisson, et jamais au-dessous de i8. Le minerai aurifère y est traité, comme dans le département de Jachal, par le broiement et le lavage. — Plus loin , mais toujours dans les mêmes localités, se présente un autre filon, dit la vieille mine [mina

viêja)^ qui est de la pyrite de fer, renfermant une assez grande quantité d*or à 23 carats. On y trouve en moyenne 8 grammes d'or paV 100 kilogrammes de minerai. Les travaux exécutés sur ces deux filons pénètrent à 30 mètres maximum de profondeur.

La Quebrada de la Huerta ofTre des filons plus riches que le Cerrp blanco. Son exploitation n*a commencé que depuis peu de temps, mais on a extrait de la mine principale du minerai qui a donné jusqu'à 200 marcs au caisson, et même plus (1).

On voit, d'après ce qui précède, que presque toutes les vallées de la province de San-Juan sont bordées par des montagnes riches en minéraux de haute valeur, et qu'il ne s'agit que de les exploiter. La population n'est malheureusement pas assez considérable encore pour fournir des bras nécessaires à .de pareils travaux^ et l'agriculture y absorbe presque toutes les forces vives de la province. Or, comme cette agriculture est avancée et fort lucrative , il n'y a pas beaucoup de stimulant pour le travail des mines, qui d'ailleurs sont presque toutes situées dans des localités assez arides et assez éloignées des centres de population.

n vient cependant de se former dans la capitale une société d'encouragement composée de propriétaires aisés , qui réunissent leurs capitaux pour donner une impulsion énergique à l'industrie de San--Juan, et principalement à celle des mines dont les bénéfices sont assurés, grâce à l'abondance et à la valeur des gisements métalliques exploitables.

§ IIL — Province de la Rioja.

La province de la Rioja est, comme celle de San-Juan, entourée, à l'est, de déserts arides formés par le grand bassin des Salines; à l'ouest, elle est bordée par la haute chaîne des Andes et ses cordons, qui y circonscrivent ainsi de longues vallées généralement ouvertes du sud au nord. Le massif de la sierra de los Llanos est ii»olé au milieu de la grande plaine entre les Andes et le massif central de

(1) Nous n'tYonipu visiter penonnellement lei mines de San-Juan, à cauae du peu de tcmpi qui nous restait pour passer la Cordillère avant la mauvaise saison. Les détails que nous donnons ici viennent des renseignements que nous nous sommes procurés dans le pays , en partie d*un mémoire sur la province en général publié par le docteur Satumino fji^inr, dans le Nûeionûl Argtntinoy septembre 1856, et de diverses publications ofBddlei faites par ordre du gouvemement San-luanien (tSait-s^iMiti/i^).

Cordoya et de San-Luis , et participe de la nature de ce dernier plutôt que de celle de la grande Cordillère.

Les deux systèmes, celui des Andes et celui de los Llanos, renfer* ment des gîtes métalliques nombreux ; les premiers seulement sont exploités ; on n'a guère fait que reconnaître les seconds.

La chaîne des Andes offre d'abord le grand massif central formant des plateaux généralement porphyriques , d'une altitude moyenne de 4,000 mètres, puis des chaînons secondaires qui courent parallèlement au massif principal , dans une direction nord et sud. Les gisements métalliques, indépendamment des autres matières minérales utiles aux arts et à l'économie domestique , se trouvent dans ces cHalnons et leurs dépendances.

La sierra de la Rioja, grand cordon de 3,000 mètres d'altitude, dernière chaîne de la Cordillère, entre le 28* et le 29'' 30' du côté de l'est, renferme du cristal de roche, de la topaze, de la stéatite dont ou fait d'excellents creusets. On y a trouvé des indices d'or, d'argent, de cuivre , de zinc et de plomb ; mais aucune mine n'y a été ouverte encore. Par son extrémité nord, la chaîne de la Rioja se joint à celle d'Ambato, qui vient de Catamarca, et au point de jonction, dans un petit chaînon secondaire nommé cerro de Mazan^ il y a des gisements d'étain fort abondants.

La chaîne de Famatina court parallèlement à la sierra de la Rioja, c'est le point principal des exploitations minérales de la province ; elle renferme de l'or, de l'argent , du cuivre et du fer. Nous allons en parler en détail tout à l'heure.

Dans la grande vallée formée par la sierra de Famatina, à l'est, et la grande Cordillère au sud, il y a, sur les deux versants, de nombreux gisements métalliques. Ainsi, en commençant vers le nord dans le Val le hermoso (la belle vallée), on rencontre une mine d'argent sulfuré et une autre de cuivre. — Un peu plus au nord , dans des collines granitiques qui se rapprochent de Fiambala, il y a des quartz aurifères. — Eu suivant la vallée del Jagûe^ vers Vinchina, on trouve du cuivre à Cuminchango^ et, près de là, de l'argent sulfuré. — Au Potrero grande , il y a dès mines de cuivre qui ont été l'objet de travaux très-anciens. Il parait même qu'avant la conquête les Indiens les exploitaient et qu'ils en tiraient le métal dont ils faisaient des armes et des instruments d'agriculture. Dans une petite gorge, non loin du village du Jagûe, se rencontrent des monceaux de débris et des ruines de fours grossiers qui avaient été construits par les anciens habitants; il y a même des scories provenant évidenmient

de fontes faites en eet endroit. C'est aussi dans les environs de ce Village, dans la petite vallée parallèle à celle de Vinchina, qu'existe une mine de nickel abandonnée en ce moment, mais qui, exploitée par deux mineurs allemands, les frères Erdmann, a donné de bons résultats. Ces deux messieurs , aujourd'hui fermiers à las Juntas, dans la vallée de Copiapo au Chili , nous ont dit que la mine était riche et les travaux faciles ; ils ne l'avaient laissée que par des motifs indé^ pendants de leur volonté.

Dans les dépendances de la Cordillère elle-même, sur les flancs du rebord du Leonciio^ on a reconnu des gisements de cuivre et d'or qui peuvent être exploités toute Tannée, car leur altitude n'est pas excessive. — Il en est de même à Santa^Rosa^ chaînon voisin du grand plateau central de la Cordillère, où il y a des filons d'argent. — Dans le département de Guandacol, près du hameau de los Homillos^ on rencontre une terre argilo-calcaire à souhait pour construire des creusets infusibles. — La vallée de Guandacol a des- minerais d'argent et d'or qui ont déjà été exploités, mais sans grande activité, et où l'on fait encore quelques fouilles assez avantageuses (1).

La sierra de los Llanos , surtout vers son extrémité sud, présente des indices d'or, d'argent, de cuivre et de plomb. On a même commencé les travaux d'exploitation d'une mine d'argent près du hameau de San^Isidro. Nous n'en connaissons pas les résultats.

Le district minéral le plus important de toute la province de la Rioja est, comme nous l'avons indiqué déjà, celui de Famatina.

C'est seulement depuis 1804 que Ton y a commencé des travaux méthodiques d'exploitation. Cependant il paraît que, lors de la con* quête, les Indiens de la vallée de Famatina avaient déjà une idée des métaux que renfermaient ces montagnes, car nous venons de voir que, sur son versant oriental, ils avaient très-probablement extrait du cuivre par une simple fusion , industrie qui ne peut d'ailleurs nous étonner, puisque les Quichuas du Pérou savaient déjà travailler l'or et le bronze , et que l'empire des .Incas s'étendait jusqu'à ces régions. D'autre part, lorsque, en 1572, Velasco fonda la ville de la Rioja, afin de donner un centre à la domination espagnole de ce côté des Andes, une partie de la tribu des Diaguitas consentit à être transportée dans les environs de Jujuy, et les historiens rapportent que la

(1) Ces détails sur les mines de la Rioja, siluées de Faiitre côté de la chaîue de Famatina, rt que nous n'avons pu \isiter nous-méme, nous ont été fournis en grande partie par M. Nirolas Davila, ancien gouverneur de cette province.

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tiiuse de c« facile coiiseutement fut lu crainte d*être employés aux tmvaux des mines que Ton pensait commencer. Cependant, comme rexploitation des métaux précieux du Mexique et du Pérou absorbait uniquement l'attention des Espagnols, on ne donna pas de suite il ces projets, et les travaux sérieux datent seulement de Tépoque que nous venons de citer (1804).

Les traditions locales attribuent la découverte des principaux gisements argentifères du Nevada à deux mineurs aragoiiais. — L'un d'eux mourut fusillé au commencement de la guerre de Tindépendance; l'autre put se retirer à son pays. La rumeur publique, qui exagère tout et cherche partout du merveilleux, raconte que le malheureux mineur, arrêté par les indépendants avec des communications pour les Espagnols ses compatriotes , offrit une somme fabuleuse pour sa rançon, et que la trahison de son confesseur empêcha que le payement de cette somme fait à temps vînt sauver sa vie. Le traître aurait gardé pour lui seul le secret de l'endroit où le trésor, fruit des travaux du mineur, aurait été déposé. Cependant rien de moins certain que cette histoire, et nous devons dire dès l'avance que chaque canton de mines a généralement ses légendes dont le merveilleux fait tous les frais. «— Ici doivent se trouver des mines d'une richesse immense, mais ignorées aujourd'hui par suite de la mort ou de la fuite de leurs ouvriers mystérieux; — phis loin sont enfouis des trésors énormes dont quelque vieillard sait encore le secret; — là d'anciennes routes courtes et faciles mènent à des gisements métalliques d'une abondance miraculeuse, mais dont la connaissance est perdue ; — enfin telle mine à présent inondée, et dont il est impossible de retirer les eaux, a fourni jadis des quantités prodigieuses [alcances) d'argent et d'or.... — Tels sont les contes dont on berce le plus souvent ceux qui viennent visiter un canton métallifère et auxquels la population prête une foi aveugle. On a même vu de vieux mineui's narquois, ce sont généralement dcîS Indiens, exploiter lîi cupidité crédule de quelques entrepreneurs, se fiiire nourrir pendant des mois et avancer des sommes assez importantes, sous la promesse d'indiquer un jour des gîtes métallifères qui n'exisUdent que dans les fables dont ils endormaient leurs hôtes.

A partir de 1816, ou commença à exploiter les mhies de Famatina sur une assez grande échelle, du moins pour le pays, et un cei^ tain nombre de mineurs, tant de la province que de l'étranger, vinrent y travailler. Déjà, en 1820, la quantité d'argent extraite était assez considérable pour que ces bénéfices inspirassent l'idée d'or-

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ganiser une compagnie qui donn&t aux travaux Timpulsion nécessaire et y introduisit de meilleures méthodes. En i82i, époque de paix et de prospérité pour tout le bassin de la Plata, une société se forma dans ce but à Buénos-Ayres, et comprit un assez grand nombre de nationaux et d'étrangers. On fit venir des mineurs d'Angleterre et d'Allemagne, les exploitations furent mises sur un excellent pied et tout promettait les meilleurs résiUtats, lorsque la guerre civile qui éclata entre les Unitaires et les Fédéraux vint interrompre cette prospérité naissante.

On connaît Tissue des luttes acharnées où figura le fameux Qui* roga, et dans quel état elles laissèrent la malheureuse province de la Rioja exploitée et torturée par cet homme funeste, qui, pendant tant d^années, Tavait épuisée d'or et de sang. Au milieu de toutes ces agitations, le directeur de Texploitation, M. Charles Pfoertner, fut assassiné, la plupart des mineurs s'enfuirent et l'exploitation fut, pour ainsi dire, réduite à rien. — Dans les années qui suivirent la mort de Quiroga, assassiné lui-même près de Cordova en 183S, la province commençait à se remettre un peu de ses malheurs passés, lorsque les événements de 1841 vinrent y rappeler la guerre» civile. Tous les hommes de quelque valeur furent obligée de fuir, le Chili se remplit d'émigrés argentins qui y portèrent leurs capitaux et leur industrie ; la Rioja demeura de nouveau à moitié déserte , et, pendant tout le temps de la dictature de Rosas , se traîna péniblement dans l'isole* ment et la médiocrité. En 1849 on parla de donner de nouveau quelque activité aux travaux, en rétablissant la compagnie minière et en mettant quelques étrangers à sa tête ; mais le mauvais vouloir du dictateur, son hostilité contre toute mesure qui pût être utile aux provinces, firent échouer ces projets. Ce n'est que depuis la dis* parition de ce fléau de la Plata, que, la paix étant revenue et la confiance en l'avenir rétablie , les travaux ont repris avec quelque activité, et ont une importance réelle, moins par ce qu'ils sont aujourd'hui que par ce qu'ils peuvent devenir, grâce à la vaste étendue des cantons miniers et à la richesse de leurs produits.

En effet, le district minéral de Famatina n'a pas moins de soixante-douze lieues carrées de superficie, caries montagnes où l'on a reconnu des gisettietits d'or, d'argent, de cuivicet de fer, occupent Un espace de douze lieues en longueur et six en largeur, et la tranche exploitable est d'une épaisseur de quinze cents mètres. Toute cette masse de hauteurs est sillonnée d'un nombre inmiense de filons métalliques, ainsi que le prouve le grand nombre de petites mines que

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Ton y a creusées, et qui toutes ont donné des bénéfices plus ou moins grands. Non pas cependant que tous les filons soient d'une extrême richesse, mais leur nombre supplée à la pauvreté de quelques-uns, de telle sorte qu'on ne creuse pas ime galerie qui ne soit productive, l'habitude des mineurs étant d'abandonner un filon aussitôt qu'il cesse de donner, et d'aller ailleurs en chercher un autre qu'ils ne tardent pas à rencontrer.

La sierra de Famatina proprement dite est un long cordon de montagnes, prolongement sud des chaînes qui forment la paroi occidentale des vallées de Tinogasta et de Copocabana, dans la province de Catamarca, par 2V 30' environ de latitude. Le grès, qui compose ce cordon vers ces vallées, disparaît près du village de las Campanas et est remplacé par les gneiss et les miicaschistes qui forment tous les contre-forts inférieurs de ces bassins. A partir de cet endroit la chaîne devient plus haute, et, continuant à se prolonger vers le sud, elle arrive, près du bourg de Famatina, à former l'énorme massif neigeux qui porte ce nom [cerro nevado de Famatifia) (1) et tous ces mornes {cerros) qui portent ceux del Espino^ Bayo^ del Tigre, de la Caldera^ de Santa^Rosa , de la Cieneguita, de Ampallao, de Aran^ zazuj etc. — Tout ce groupe forme le canton minier {minerai) proprement dit. — Après ces sommets qui atteignent des hauteurs variant de quatre miÛe à six mille deux cents mètres, la sierra s'abaisse rapidement et ya finir vingt lieues plus loin au sud dans des plaines où se termine également la sierra de la Rioja. De sorte que les deux chaînes circonscrivent ainsi, comme entre deux gigantesques murailles, une vallée large de cinq lieues et longue de trente. — Le long du versant ouest de la sierra de Famatina, et parallèlement à elle, s*é tendent également les deux hautes vallées Hermoso et del J agile, dont nous avons déjà indiqué les minerais. Elles se réunissent à la grande vallée de Vinchina, et viennent avec elle, comme la précédente, se joindre aux plaines orientales de la province de San-Juan.

Le massif de Famatina donne naissance à plusieurs cours d'eau qui vont fertiliser la vallée de ce nom. L'un, qui vient du Nevado lui* même et des flancs du cerro de la Mejicana ou Espino, le plus riche en minerais précieux et siège principal des travaux actuels , coule vers

(1) Ce nom vient de celui d'une tHbu indienne ((ui vivait dant cette vallée, où Ton Xtow* Vait encore les tribus des Anguinans, des Tinimuquis, des Nonogastas, etc., etc. — On dit vulgiirement, dans le pays, que le nom dé Famatina provient dé la désignation fama iie/^i il a de la réputation; mais cette origine est inexacte. Le Nevado portait ce nom avant qu'on edt ooaunencé i exploiter ses précieux minerais.

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le Jiord-est, et est, près de son origine, tellement chargé de principes métalliques que son eau est tout à fait impotable. Ce n'est qu'aune ibis sorti des gorges étroites de la montagne où il reçoit une foule d'autres petits affluents, que Ton peut s'en servir pour les irrigations et les usages domestiques et même pour boire, quoique l'usage de cette eau détermine facilement l'apparition du goitre. Le grand avantiige de ce niisseau, indépendamment des irrigations qu'il piermet, c'est de fournir une force motrice dont on a profité pour établir les moidins broyeurs [trapiches] de los Corroies et de las Escaieras^ dans le village de Famatina, situé au nord du bourg principal qui porte également ce nom.— Ce^ village, qui commence au Carrisal, est une seule rue, longue de trois lieues, car les maisons et les cultures sont groupées au bord du ruisseau.

Deux autres torrents nommés : Agua amarilla^ l'eau jaune ; Agua iiegra^ l'eau noire , tombent des versants méridionaux du Nevado ; un peu moins chargés de principes métalliques que le précédent, ils descendent par la gorge [quehrada) de la Troya, et, serpentant dans la vallée, arrosent les villages de Sarmimtos^ San-Nicolas^ Tinimuijui^ Malligastay Anguinan et San-Migiiel. Sur un espace de six lieues la différence totale du niveau est de mille mètres. Aussi .le cours de ces ruisseaux est-il extrêmement rapide, et ils pourraient donner place à des centaines d'usines; sans compter que les eaux qu'ils fournissent pour l'irrigation permettent de riches cultures dans la vallée, cultures qui nourrissent une population de huit mille âmes et sont susceptibles d'extension avec un meilleur aménagement des eaux qui doivent les favoriser.

Le bourg de Famatina, nommé aussi Villd Argenthia^ Villa de Famatiiia^ et Chilecito^ le petit Chili, est l'entrepôt de la province, et conséquemment aussi de tout ce qui a trait à l'exploitation de ses mines. Ce bourg est en rapport constant avec la ville de Copiapo (I),

(1) CoriAPO) anciennement San-Francisco de la Se/va ^ capilale de la province cliilienue d'Atacaliia, a {;raiidi singtilièremenl depuis trente ans, grâce à se$ mines d'argent et de cuivre, mais principalement par suite de la richesse du district minéral de CHAnARcrT.Lo, si^e de puissants dépôts argentifères. Cotte montagne, d*une altitude absolue de 1,300 mètres, est située à vingt lieues de la ville de Copiapo, dans un canton entièrement aride, fraction du désert si connu d'Atacama, et qui s'étend au sud-ouest jusqu'au port de Huasco. - Le Chanarcillo proprement dit est im morne de forme pyramidale, composé d'un calcaire compacte extrêmement dur, d'un aspect dolomitiquti et en stratification concordante horizon* la)c, s'élevant de 300 mètres au-dessus des vallées pierreuses qui le circonscrivent. Grâce à celte structure et au climat, les travaux n'ont point besoin de boisage, et nulle infiltintion a(|ueuse n'a lieu dans les galeries. — Chose remarquable, seul, le coté sud de la monlague a

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