INDUSTRIE MINIÈRE. — NOTE SUR GOPIAPO
de l'autre côté des Andes, centre des plus riches exploitations minières du Chili^ et dont l'exemple est un stimulant puissant pour les
offert des gites métalliques ; la face nord en est absolument dépourvue. Les nombreux filons qui Inversent le morne y présentent Targent à Tétat natif, à celui de chlorure, quelquefois À celui d*iodureet même de bromure. — Dans ce premier cas, le métal est dit caiiente (chaud), et il suffit de le broyer et de l'amalgamer avec le mercure pour son extraction. Souvent aussi il est allié au soufre et à Tarsenic (mipsikel); on le dit alors frio (froid), et il faut» avant de le broyer, le soumettre à un grillage pour en volatiliser ces deux éléments. Cette opération faite, le minerai est traité par la pulvérisation et l'amalgamation, comme le précédent.. — Lorsque le minerai amentifère est entouré d'une gangue argileuse rougeàtre, on lui donne le nom ^abnagroy qui correspond à celui de pacoy usité au Pérou pour y désigner cette forme minérale.
Une foule de filons métallifères traversent le cerro de Chaiiarciilo ; aussi les mines y sont* elles extrêmement nombreuses. La colline entière, comme le fameux cerro de Potosi, est criblée de trous, et des masses énormes de débris extraits et précipités sur ses flancs en ont modifié la forme. Lorsque nous le visitâmes en 1857, la richesse du minerai diminuait sensibleinent, et beaucoup d'établissements étaient en broceo (rapport nul); il n'y en avait que deux ou trois qui fussent en rapport utile ipenefieio) : la valeur de l'argent extrait était cependant, en moyenne, de 250,000 piastres par mois (1,250,000 fr.).
Cftanarciiio n'est pas le seul point de ce district métallifère qui donne de l'argent ; il y a des mines à ias Très Puniasy à la Cabeza de Vaca^ à Pttnta brava^ à San-Atitonioy etc., eic.| mais nul endroit n'est jusqu'à présent plus riche et n'a donné de plus beaux bénéfices.
C'est en 1832 que ces gisements ont été découverts par un métis indien nommé Jean Godoy, cateador (chercheur de mines) de son métier. Il commeut^a les travaux de la mine appelée depuis Descubridora (la Découvreuse), et s'associa pour cela avec un autre mineur chilien, nommé Gallo. Au bout de quelque temps Godoy, déjà vieux et fatigué, céda sa part de mine à son confrère pour la somme de 9,000 piastres (45,000 fr.). Gallo, resté seul, donna plus d'extension aux travaux, et bientôt la rencontre de veines fort riches lui permit d'acquérir une énorme fortune ; sa famille est aujourd'hui l'une des plus opulentes du Chili.— Au brnit de ces découvertes métalliques, une foule de mineurs accoururent: la montagne fut examinée, reconnue, percée dans tous les sens, et partagée bien vite entre tous les mineui'i, qui en dénoncèrent les gîtes minéraux.
Quelques mines ont donné d'immenses trésors. Le Manto de Mandiala a fourni des morceaux d'argent pur de plus de vingt quintaux. Il a fallu les briser pour les extraire des puits, sans cela ib seraient les plus gros morceaux d'argent connus dans le monde. La grande fortune de cette fiimille provient d'un seul alcance (d'une seule trouvaille). Dans ces mines, Targent était en barra^ c'est-à-dire en liarre, en filon massif; ce minerai donnait 95 pour 100 à la fonte. Toutes les mines, certainement, ne sont pas riches à ce point ; mais beaucoup ont donné d'immenses produits. On évalue à 90 millions de piastres (450 millions de francs) la Valeur de l'argent extrait du seul minéral de Chaiiarciilo, de 1832 à 1855.
Aujourd'hui l'on y compte encore, parmi les mines les plus productives, la Descubridora,la première de toutes: les travaux vont jusqu'à 456 mètres de profondeur; la, FaUncianOf qui occupe le point culminant du cerro : les travaux descendent à 516 mètres. — Après viennent, comme ayant donné le plus de bénéfices : le Manto de Cobos, le Manto de Mandiola, (L'expression manto désigne des filons épanouis en chambres, en rognons, près de la superficie, et n'exigeant aucuns travaux profonds. On exploite ces gisements par le système de piliers laissés pour soutenir les terrains.) — On cite ensuite les mines de Santa-Rita, de la Esperanza d'Apolanco, de San^Francisquito (198 mètres de profondeur), etc., etc. . Le rendement des mines est généralement inégal : tantôt des filons trèa>riches s*interrom'*'
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Argentins. En effet, la prospérité des mines d'argent de ChaSarcillOy situées non loin de cette ville, celle des nombreuses mines de cuitre
peut subitement et trompent les plus belles espérances, tantôt des puits poniiét Isrt atant sans qu^on rencontre rien, s'ouvrent tout à conp sur des dépôts roéialliquet d'bae grande valeur. On cite une mine, le Délire {Delirio), ainsi nommée de ce que ses propriétaires avaient dépensé des sommes considérables pour leurs travaux sans rien rcneoatrer, et qni tout d'un coup s*est trouvée en beneficio (en bénéfice) par suite d^aieaneês (trouvailles ineqiérées) ; U Al-fin- Hallada (l^Eofin trouvée) est dans le même cas. A côté de oda on nomme la Mejictma^ dont les travaux^ poussés au delà de 500 mètres, n*ont pas encore donné une piastre de produit.
La richesse métallique de Cbanarcillo y a développé Tindustrie minière sur une grande échelle. Tous les travaux y sont aussi bien dirigés que dans n'importe qudle mine d'Eorvpe: chaque établissement est conduit par un directeur, toujours instruit et capable, qui a aous ses ordres de nombreux oontre-maitres et ouvriers. Ceux-ci, lorsque la mine est en béneiice, sont soigneusement visités au sortir des travaux, auxquels ils se rendent à peu près nus, car le vol est une habitude invétérée ches tous les ouvriers mineurs, et, malgré tontes ces précan* tions, beaucoup de métal disparaît volé par les travailleurs eux-mêmes, qui sont, dana cette occasion, d*une dextérité égale à cdle du prestidigitateur le plus habile.
Lorsque Targent est en barroy c'est-à-dire à peu près massif, une simple Itision snfBt ponr l'extraire, et les scories sont traitées à nouveau avec le reste du minerai. — Quand le rende* ment est moins considérable, le minerai est choisi, concassé en très-petits morceaux, mis en suroru et porté à la matfuila, c'est-à-dire à l'usine de broyage et d'amalgamation. Toale la vallée de Copiapo est remplie de ces maquitas ou usines, qui sont sur le meilleur pied d'instal* lation. Une grande roue hydraulique, mue par le cours d'eau qui traverse cette vallée, met en mouvement les meules qui broient le minerai, et les râteaux qui l'agitent dans kf cuves.
En effet, celui'^:i, une fois bien broyé, est jeté dans une cave i moitié pleine d'eas, avee dae quantité de mercure vif mesurée sur sa richesse ; l'eau est placée là pour favoriser k divkioa des substances et empêcher Tévaporation mercurielle. — Par une agitation qni dure de vingt-quatre à quarante-huit heures^ le mercure s*empare de tout Targent eonHaM dans le minerai, et forme avec lui une masse de consistance bntyreose. IiC mélange ter* rainé et complet, on met celte masse dans un filtre en forte loile, d*oti Teieèt de merewe tombe par son propre poids. L'amalgame restant est placé dans nne comoe, en forme de creuset, d*où, par la chaleur, le mercure est volatilisé et va à travers nn serpentin se condenser dans un réservoir où on le recueille pour le faire servir de nouveau. On estime qM 1/4, on 60 grammes de mercure par marc d*argent obtenu^ se perdent dans ropération. — * L'argent qui reste dans la cornue forme nn culot nommé ^'^, car il ressemble à one po«MM de piU) qui est livré au conMnerce après que son titre a été déterminé par une analyse ckîmiqoe des plus faciles.
Ce n>st pas seulement l'argent qui rend aujourd'hui Copiapo et ses environs le centre de la première industrie minière de toute la côte occidentale de l'océan Pacifiqne. De nonibrenses mines de cuivre sont venues ajouter leurs produits à ceux du minéral de Cbaftardllo, et leur production, moins aléatoire qne celle de Tor et de F argent, y introduit une moMnae activité.
Grâce à cette double exploitation, cette ville a aujourd'hui un chemin de fer, est éckirée au gaz, a des hôpitaux, des établissements de bienfaisance, une école des mines, etc., de.» est entowée de nombreux villages, tous le siège d'une activité extrême. La petite ville de U Caldera^ qui est son port, s'est créée sur une plage aride et sans eau (puisque Ton est oMîgi d'y suppléer par la distilktion de Teau de mer). Les grands bâtiments à vapevr dn Pacifique y touchent deux fois par mo». La PlazUta, antre bourg très-commerçant, a^eft fiwdéa au