‹ Description géographique et statistique de la confédération Argentine (volume 2)Chapitre 163 sur 285 · G05F. ARGENTINE. — T. II · texte numérisé non relu

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cents mètres, il ne croit aux Capillitas d'autres végétaux qu'un peu d'herbe pour les bestiaux. Tout doit donc y être envoyé à dos de mulet. Le climat y est éminemment sec et froid, et les vents s'y déchaînent avec fureur; le séjour en est cependant moins rude que celui de Famatina.

Trois mines renferment des travaux considérables : la Restaura* dora y la MinorGrande et la del Rosario; elles ont déjà produit de grandes quantités de cuivre. Le minerai y existe à Tétat de sulfure noir et d'oxydule ; Toxyde se trouve à la partie supérieure, le sulfure vers le bas. Ainsi les deux mines Grande et Rosario, dont les puits sont creusés sur le plateau même du cerro de las Capillitas^ fournissent principalement de l'oxyde rougeâtre, tandis que la Restauradora, située deux cent cinquante mètres plus bas dans la quebrada, exploite essentiellement le sulfure. Il y a du carbonate dans la Catamarquena et la Santa-Clara, Cette dernière a fourni du cuivre natif en arborisation. Le minerai est extrêmement riche; d'ailleurs l'énormité des frais d'exploitation et de transport ne permet pas, dans l'état actuel des choses, d'opérer fructueusement sur des minerais qui fournissent au-dessous de 20 pour 100 à Textraction. Tout ce qui n'a pas ce titre est rejeté provisoirement pour être exploité plus tard, s'il y a lieu.

Les travaux de la Restauradora sont poussés assez avant, et il y a déjà près de huit cents mètres de galeries soit perpendiculaires, soit horizontales; malheureusement elle reçoit quelques infiltrations aqueuses, qui ont nécessité Touv^rture d'un Socabon ou galerie d'écoulement, opération absolument nécessaire, qui a beaucoup augmenté les frais, mais aussi facilité le travail, car cette galerie a également servi à l'extraction des minerais et des déblais. — Dans le premier semestre de 18S7, la mine avait fourni 313 caissons de minerai à 25 pour 100 d'aloi, coûtant 29,446 piastres en frais d'extraction, et devant donner 2,300 quintaux métriques de cuivre à 96 pour 100 de métal pur avant leur affinement, qui doit avoir lieu en Europe. — Or, malgré les frais de réduction aux usines et de fret jusqu'aux ports d'embarquement, le bénéfice est encore assez considérable pour encourager beaucoup cette industrie.

La mine Rosario appartenant à M. Segura, mort au moment où il commençait à recueillir le fruit de ses travaux, est située sur le plateau des Capillitas, et l'extraction se fait au moyen d'un puits perpendiculaire (pique-torno) qui descend à 80 mètres et donne accès à plusieurs galeries horizontales. De 1853 à 1855, les produits avaient

été irréguliers; mais, dans le dernier semestre de 1856, les ouvriers tombèrent sur un fllon qui donna 64 caissons de minerai à 43 pour 100 d'aloi, d'où résultèrent 1,120 quintaux métriques de métal en barres.

La Mina-Grande, aujourd'hui propriété de M. Malbran, est située tout près de celle du Rosario et donne des produits analogues.

La Santa-Glara, dont les travaux ont été suspendus momentanément, par suite d'un procès, a été vendue 320,000 francs.

Grâce à la découverte et à l'exploitation de ces mines, toutes les parties voisines de la province de Catamarca ont été, pour ainsi dire, galvanisées. La capitale elle-même a changé d'aspect; le commerce y a grandi presque subitement, et le mouvement des capitaux exigés par les travaux a donné aux entreprises diverses et à l'esprit d'association une hardiesse dont on ne se serait jamais douté. L'agriculture a suivi cette impulsion : elle s'est étendue, et ses produits ont Gonfiidérablement augmenté de valeur. Andalgala et Santa-Maria, qui n'étaient que des bourgs sans grande importance, ont plus que doublé en étendue et en population dans l'espace de quatre années ; des ouvriers des mines y ont établi leurs familles et y sont venus dépenser le fruit de leur travail, ce qui naturellement y a beaucoup accru la consommation.

Ce qu*il y a eu certainement de plus remarquable a été la fondation des trois usines d'Amanao, de Cholla et de Santa-Maria, où se traitent aujourd'hui les minerais de l'Atajo. Leur installation au milieu de pays perdus, loin de tout grand centre de population, avec des moyens incomplets et pour la direction et pour le travail, avec des matériaux qu'il fallait payer à des priXs exorbitants (des briques réfractaires apportées du port de Rosario ont valu 2 fr. 50 cent, la [Hèce), prouve ce que peuvent la volonté et le travail aidés de quelques capitaux. On y a tout créé, tout organisé au fond d'une des provinces argentines les plus éloignées du littoral, et malgré les trois cents lieues qui l'en séparent.

L'usine {ingénia) d'Amanao a été fondée parD. Anselmo Segura, dans la gorge de ce nom, et à neuf lieues de la mine du Rosario^ dont les produits l'alimentent. Cet Argentin, presque abandonné à luimême dans le principe, a su y faire sortir du néant un établissement complet où rien ne manque aujourd'hui. La quebrada est abondamment fournie de bois qui alimente l'usine ; on en a défriché les par-

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lies les plus planes pour y créer des prairies artificielles pour le bétail [potrefvs) et des cultures potagères, le tout entouré de bonnes murailles en pisé. — L'usine entière se compose de maison de maître, habitation pour les contre-maîtres et ouvriers, aires [canchas) pour le minerai et le bois, deux fours à réverbère pour la fonte du métal. Aujourd'hui les travaux y sont en pleine activité, et les fourneaux, incessamment allumés, y réduisent des quantités de plus en plus considérables de minerai. Amanao est à quinze lieues d'Andalgala ; on y arrive en longeant les contre-forts méridionaux de TAtajo et de la Negrilla, par un sentier assez mauvais, mais que les mules franchissent sans peine.

L'usine de D. Manuel Malbran est située dans la quebrada de Cholla, à quatre lieues environ du pied de la pénible Cuesta de la Negrilla^ par une altitude qui n'est plus que de 1,400 mètres : aussi le climat y est-il délicieux, et cet honorable industriel a-t-il fait de son usine une charmante campagne aux eaux fraîches, entourée de belles cultures et où l'on peut se procurer tout ce qui est nécessaire à la vie. Comme M. Segura, M. Malbran a tout créé; il a été son propre ingénieur, son maçon, son fondeur. La brique réfractaire lui manquait, il a trouvé de l'argile dans la quebrada et en a fait luimême; le four à réverbère a été construit sous sa direction, et les tiges de fer qui le consolident ont été forgées sur les lieux. De l'usine à Cholla et au Fuerte de Andalgata, le chemin n'offre aucune difficulté; il n'en est malheureusement pas de même pour aller aux mines.

C'est la nécessité d'être à la proximité du bois et des pâturages qui a obligé, dans la quebrada de Cholla comme dans celle d' Amanao, d'établir l'usine si loin des mines qui l'alimentent. Il y a, en effet, dix lieues de Yingenio de Malbran à la Mina-Grande sur le cerro de las Capillitas, d'où lui viennent ses minerais, et il faut franchir, pour y arriver, l'abominable côte de la Negrilla. En outre, on passe ensuite dans des vallons où la tenibladef^a (voyez t. I, p. 219) attaque les animaux fatigués : notre caravane en a fait la désagréable expérience, et cela oblige à des précautions qui sont une dépense de plus. Cependant la proximité d'Andalgala, point commercial impor* tant, qui n'en est qu'à quatre lieues, est une compensation qui n'est pas sans valeur. D'un autre côté, les mineurs songent à ouvrir une autre route, plus longue peut-être, mais moins pénible, qui mettrait le canton de las Capillitas et les usines d' Amanao et de Malbran en

communication plus facile avec Andalgala. Ce n'est qu'une question de dépense qui peut se résoudre au moyen d'une association entre tous les intéressés.

Les plus remarquables établissements pour le traitement des minerais sont ceux de la Compagnie Lafone, près de Santa-Maria. Ils sont au nombre de deux : celui dUAmpachango^ à trois lieues du bourg, au pied de la chaîne d'Aconquija, et celui de Victoria^ à deux lieues et demie au nord, en descendant la rivière. Ampachango n'a qu'un seul four à réverbère et est à peu près délaissé en ce moment ; Victoria en a trois. De vastes terrains parfaitement arrosés au moyen de canaux dérivés de la rivière entourent ces établissements, et l'on y a de grandes cultures, dont le principal but est de produire des fourrages pour les nombreuses troupes de mulets destinés au transport du minerai. L'établissement de Victoria se trouve à vingtsept lieues de las Capillitas, et c'est une marche de deux jours. La hjJte se fait à la punta de Balastro, où les animaux peuvent se reposer et trouvent de l'eau et des fourrages. Mais de Balastro à la mine Restauradora, il y a dix -sept lieues, qu'il faut franchir en une seule marche. Il y a bien le ruisseau del Arenal, sur lequel on pourrait établir une sorte de ferme, d'une immense utilité pour les voyageurs et le service des mines ; mais le propriétaire du lieu n'a point encore voulu vendre ce terrain à la Compagnie ni y créer lui-même un établissement, de sorte que ce point précieux reste désert. — Nous savons déjà que, dans la quebrada.d'oii sort ce ruisseau, il a existé autrefois une usine pour le traitement des minerais d'argent. La métamorphose dé cette localité en ferme de culture serait sans doute plus avantageuse, comme revenu, qu'une mine, car la vente des fourrages pour les animaux de charge, leur admission à tant par tête dans les potreros^ donneraient des bénéfices considérables.

La fondation de Victoria sur un point aussi éloigné des mines a eu lieu, comme pour les deux usines précédentes, dans le but de se procurer du bois à peu de frais. On a eu en vue le voisinage d'une très-grande forêt d'essences très-dures et excellentes pour le chauffage des fourneaux, telles que algarrobos, quebrachos, espinillos, etc., tous d'une grande taille, forêt qui s'étend sur une longueur de quinze lieues, de Santa-Maria à Tolombon, et varie d'une largeur de quelques hectomètres à douze kilomètres. Ce bois immense peut fournir indéfiniment à toutes les usines qui pourront être créées dans cette vallée.

ses gorges du voisinage, qui communiquent avec la partie occidentale de la grande vallée de Calchaqui. Le cuivre s'y présente à l'état de carbonate vert ; on l'y rencontre aussi à l'état natif sous formes d'arborisation. Cinq de ces filons ont été attaqués déjà, et ont donné du métal de bonne qualité. — A quatre lieues plus loin, au cerro Bayo, dans une roche quartzeuse, se rencontrent des pyrites de cuivre au milieu desquelles existe de l'argent , tantôt natif, tantôt chloruré. Deux mines ont été dénoncées et sont le siège d'un commencement d'exploitation assez avantageuse.

Quoique situé dans la Cordillère, ce canton a de l'eau et du bois à volonté, et les vivres peuvent liri arriver en abondance de la fertile vallée de Calchaqui. Le bourg de Molinos, point le plus important de toute cette région, offre beaucoup de ressources.

A l'extrémité nord du val de Calchaqui , de l'autre côté du col du Nevado d'Acay, se trouve le hameau de San^Antonio de los Cobres, Saint-Antoine des Cuivres, ainsi nommé de ce que dans les environs il existait, du temps de la domination espagnole, une usine à réduction dont les travaux ont été abandonnés. Tout ce canton offre des minerais assez riches qui ne sont pas exploités faute de bras et de capitaux. C'est ainsi que, sur le chemin de la Cordillère del Despoblado , à proximité du village de Sân-Antonio, on voit une mine d'argent et une ancienne usine [trapiché) à amalgamation, également abandonnées.

Une localité qui promet beaucoup est le village de Chicoana^ situé dans la belle vallée de Lerma, non loin de l'entrée de la longue quebraàa del Escoipe, et à quatorze lieues seulement de la capitale. Les collines du voisinage ont offert des minerais de cuivre extrêmement riches, et, au mois de novembre 1858, neuf mines avaient été dénoncées et l'on y avait immédiatement commencé les travaux. Ces mines ont l'avantage d'être dans un pays assez peuplé, très-bien cultivé, et de jouir d'un excellent climat, leur altitude n'étant que de 1,200 mètres au plus. Nous ne savons si cette industrie a pris depuis, à Chicoana, les développements auxquels elle est appelée.

Dans le département d'Oran, on a trouvé de beaux échantillons d'argent au milieu des roches roulées par le torrent de San^Andres , qui prend sa source sur le mont Zenta, mais on n'y connaissait point encore de filon. — Dans les environs à'Iruya, hameau situé sur les prolongements de la chaîne du Zenta vers le nord, près de la frontière de Bolivie, et à Sania-Victoria, autre hameau non loin du précé-

dent, il y a des minerais d'argent et d'or ; toutefois ils sont peu connus encore, et Ton n'en a rapporté jusqu'à présent que des échantillons de mince valeur. Cependant, comme cette chaîne se lie avec les cordillères de Potosi, si riches en métaux précieux, il est h croire qu'elles renferment des minéraux de nature analogue, puisqu'elles en offrent des indices, et un examen moins superficiel de ces montagnes y ferait peut-être découvrir des filons facilement exploitables et de haute valeur.

A Getemani, situé à six lieues de la ville de Salta, non loin de la poste de la Caldera, sur le chemin de Jujuy, on a trouvé un vaste dépôt de kaolin. Il est formé de trois veines principales qui traversent une colline peu élevée et affleurent à sa superficie en divers endroits ; on peut les reconnaître sur une étendue de plus de 500 mètres. Le kaolin s'y présente sous diverses couleurs : blanc bleuâtre, blanc rosé et blanc jaunâtre. D'après les essais qui ont été faits, le blanc rosé fournit la meilleure porcelaine. — On rencontre aux environs des quartz, des feldspaths, des sables blancs, des argiles, des ocres, enfin une foule de substances également utiles dans l'industrie céramique; et presque tous les oxydes métalliques nécessaires se pourraient recueillir dans la province.

Le propriétaire du terrain de Getemani aurait voulu y former un grand établissement pour la fabrication de la porcelaine; mais il lui fallait un homme parfaitement au courant de tous les procédés pour organiser les travaux et son personnel d'ouvriers, et il n'a pu le rencontrer encore. — Cependant nulle industrie n'oif rirait à coup sûr de plus beaux résultats : car, à part quelques poteries grossières, fabriquées dans le pays, tout ce qui est faïence ou porcelaine vient d'Europe, et, se trouvant grevé de frais énormes par suite de la cherté du fret, se vend à des prix exorbitants. On le comprend, puisque tout cela doit être apporté, soit à dos de mulet des ports de l'océan Pacifique à travers les Cordillères, avec vingt journées de marche au moins, soit du Rosario, par la voie des charrettes, qui mettent trois mois pour cette traversée de près de quatre cents lieues.

Une fabrique de porcelaine établie à Salta fournirait à prix relativement très-bas les provinces de Jujuy, Salta, Catamarca, Rioja, Santiago-del-Estero et Tucuman. Ce serait donc un marché de 450,000 âmes à pourvoir, et l'on se fait facilement une idée des avantages que laisserait une industrie de cette nature. Joignez à cela le voisinage de la Bolivie, qui est jusqu'à présent le principal débouché de Salta et qui s'y approvisionnerait également, et l'on peut

calculer le chii&e des affaires qu'un établissement pareil serait à même d'entreprendre, et le bien qu'il ferait à la province.

§ VI. -^ Province de Jujuy.

L'industrie minière est à Jujuy comme à' Salta; elle commence à peine. On y trouve les mêmes minerais, mais de plus l'or, que l'on recueille dans les cantons de la Puna.

Les minerais de cuivre reconnus dans le voisinage de la lagune salée de Gasabindo ne sont pas exploités, non plus que ceux d'ai^nt qui existent auprès du joli bourg de Tilcara, et ceux de fer des environs d'Humahuaca. Â dix lieues sud-ouest de ce dernier bourg, le cerro de Aguilar o&e des traces d'anciens travaux qui ont eu pour but l'exploitation des ôJlons argentifères qui le traversent. Le mi« nerai ne donne que 8 à 1 0 marcs au caisson, mais il est en quantité considérable. Cette localité a un climat très-froid ; cependant l'eau, le bois et le fourrage y sont abondants, et la pomme de terre y réussit très-bien. En 1851 une société s'était formée pour recommencer les travaux, mais elle n'a pas donné suite à ce projet.

Les habitants de Jujuy se livrent exclusivement à l'agriculture et à l'élève du bétail, et les onze mines d'or, d'argent et de cuivre qui avaient été dénoncées jusqu'en 1857 n'avaient encore donné lieu, à cette époque, à aucune exploitation sérieuse.

Ce n'est que dans les quatre départements de la Puna, c'est-àdire des plateaux de la Cordillère centrale, qui atteignent ime hauteur variant de 3,500 à 4,000 mètres, que Ton s'occupe de temps immémorial à la recherche de l'or. Cette industrie est tout entière dans les mains des Indiens de la Rinconada^ de Santa-Catalina^ de Cochinoca et de Yavi. Ils se bornent à laver pendant la saison des pluies, qui dure deux mois dans ces cantons des Andes, les sables aurifères des torrents, et les terres charriées par les averses dans le fond des vallées et les ravins. On a essayé dernièrement de creuser des tranchées et d'établir des lavages plus étendus et plus méthodiques ; mais les entrepreneurs se sont rebutés devant l'esprit de routine, d'insouciance et d'indocilité de ces Indiens, et les pertes que leur faisaient éprouver la facilité de faire disparaître des quantités notables de l'or obtenu, quelle que fût leur surveillance sur les ouvriers. On se contente aujourd'hui d'aller acheter la poudre d'or à ceux qui la recueillent, et généralement la majeure partie de ce que produisent les lavages est acquise par les pulperos^ marchands de

campagne, qui tiennent des boutiques dans les environs des />/«ceres.

Indépendamment de l'or, le département de Cochinoca peut foimiir aussi de l'argent. A neuf lieues du village de ce nom, une localité du nom de Rechaite donne des minerais de 25 marcs au caisson. Ils ont été essayés par D. José-Maria Uribuni, qui y établit un commencement d'exploitation ; mais, faute d'un personnel convenable d'ouvriers, il a fallu y renoncer. Cet endroit, situé dans la Puna^ a un climat très-/roid, mais les vallées inférieures peuvent le pourvoir facilement de tout ce qui est nécessaire en vivres, fourrages, bois, etc...

Les minerais d'or de la Puna étaient exploités même au temps de l'empire des Incas. Sous la domination espagnole, les travaux y étaient installés sur une grande échelle, surtout auprès de la Rinconada et de Santa-Catalina, où l'on voit encore des traces des fossés et des déblais qui en furent le résultat. Pendant la guerre de l'indépendance, ces cantons, voisins de la Bolivie, où les Espagnols se soutinrent jusqu'en 1828, furent dévastés par la guerre ; toute exploitation y fut suspendue, et depuis cette époque on ne s'y est remis qu'imparfaitement.

n nous est impossible de calculer la valeur moyenne annuelle du rendement des lavages actuels de la Puna, les chercheurs d'or se gardant bien de faire connaître les quantités qu'ils recueillent. Quelques personnes le portent à 2,000 onces (170,000 francs).

La sierra de Santa- Barbara^ prolongement nord de celle del Alumbre de l'autre côté du Rio-San-Francisco , a des filons d'argent et de cuivre dont on a ramassé quelques beaux échantillons ; mais aucuns travaux n'ont été jusqu'à présent entrepris pour l'extraction de ces minerais encore mal connus.

C'est aux pieds de cette sierra que l'on trouve du bitume, et dans ses vallées que se rencontre de lalun cristallisé. Aucune de ces substances n'est non plus l'objet d'une exploitation régulière.

Les salines de Casabindo sont d'une bien autre utilité pour la province de Jujuy que ses placers aurifères. — Elles sont situées également sur les plateaux de la Puna, dans un canton désert, mais où des sentiers praticables en tout temps permettent d'arriver sans grande difficulté. Ce sont des espèces d'étangs dont le fond est occupé par des strates de sel cristallisé solide et que recouvre une couche d'eau plus ou moins profonde; le plus grand est un véritable lac fort étendu. On coupe sur ses bords des tranches de sel par blocs

carrés un peu aplatis, généralement du poids de 25 kilogrammes chacun, et on les charge sur des ânes ou des mules qui descendent dans les vallées et les portent au reste de la province, à celle de Salta, et jusqu'à Tucuman. On en expédie également pour la Bolivie,

— L'exploitation est inépuisable, puisque les trous formés pour l'extraction de ces plaques se remplissent de nouveau à la saison des pluies, à mesure que l'eau du lac monte et y dépose incessam* ment d'autres couches salifères.

Les salines de Gasabindo appartiennent à la province, qui perçoit un droit sur chaque arrobe de sel que l'on en extrait. Elles peuvent lui donner un jour un revenu considérable, lorsque l'accrois* sèment de la population de Jujuy et des contrées voisines aura augmenté la consommation générale. Ce produit pourrait même être exporté par le Yermejo jusqu'aux Missions, qui en manquent absolument, et dont les troupeaux ont un urgent besoin. C'est ainsi que dans la vallée de San-Andres, sur le versant oriental de la chaîne de Zenta, on installe de petites enceintes en pierres que ne peut franchir le bétail, et dans les murailles desquelles on encastre des briques de sel que les animaux viennent lécher et dont ils se montrent fort avides.

La qualité de ce minéral est parfaite. Sa coupe en grandes briques dures et compactes le rend facilement transportable et n'exige d'autre emballage qu'un peu de paille. On donne à ces briques, en les taillant dans la saline, la forme et le poids que l'on veut, suivant qu'elles doivent être chargées sur des ânes ou sur des mulets. Le prix de Tarrobe (12 kilogrammes), au détail, est généralement de 2 fr. 50 c.

— Tout le monde a le droit d'aller puiser aux salines de Gasabindo en payant seulement au gouvernement provincial un droit de 2 réaux (1 fr. 20 c.) par quintal (46 kilog.). On estime qu'il s'ea extrait ainsi 6,000 quintaux par année.

§ Vn. — Province de Tucuman.

La province de Tucuman n'a, en ce moment, aucune mine en exploitation. L'élève du bétail, la culture de la canne à sucre, industries toutes deux si lucratives, occupent tous les bras. Cependant on y trouve tous les minerais dont nous avons signalé l'existence dans les provinces précédentes. — Dans la chaîne des Quilmes, près de Golalao, dans la vallée de Santa-Maria, il y a de l'argent et surtout du fer. On y a rencontré des dépôts très-puissants d'oxyde hydraté

de ce métal; quelques filons donnent jusqu'à 80 pour 100 à l'essai. La chaîne de i'Aconquija n'a pas été examinée complètement dans ses versants orientaux, on n'a que des échantillons apportés par quelques cateadores (chercheurs de mines) qui y signalent les mêmes métaux du versant occidental, c'est-à-dire l'argent, le cuivre et le fer.

§ VIII. •— Pro\)ime de SmitiagcHlel-Estero.

On ne connaît encore dans la province de Santiago-del-Estero d'autre minerai que le fer natif du Chaco, auquel on donne une origine météorique. Nous en avons déjà parlé en détail (t. I, p. 272), et insisté sur l'utilité qu'il y aurait à faire une reconnaissance géologique de ce territoire à'Otumpa^ où, suivant les Indiens, une grande quantité de fer analogue au précédent, tantôt est disséminée sur la surface du sol, tantôt s'enfonce dans la terre et figure des troncs d'arbres, etc., etc. — S'il était vrai qu'il existât ainsi des quantités considérables de fer natif, n'exigeant d'autre travail que de le ramasser et de le charger sur des charrettes, il y aurait un grand avantage à aller le recueillir, y eùt-il soixante lieues de désert à traverser.

On sait que le fer météorique a des qualités précieuses ; il est trèsdoux, éminemment malléable et facile à travailler. L'acier qu'il donne acquiert une trempe toute particulière, d'une extrême finesse* • — L'exploration d'Otumpa serait donc une chose utile pour la province.

Nous avons signalé également (t. I, p. 279) les magnifiques calcaires de la sierra de Gxiazayan^ qui donnent des albâtres et des marbres translucides, et les avantages que pourra procurer un jour leur exploitation. Nous ajouterons que les sierras granitiques de Sumampa et à'Ambarffosta^ traversées de nombreuses veines de quartz, n^ont pas été examinées encore au point de vue minéralogique, et que, comme elles font partie du massif central où abondent, comme on sait, l'or, l'argent, le plomb et le cuivre, il est extrêmement probable qu'elles renferment également des gisements de ces minerais.

§ IX. — Province de Cordova.

La province de Cordova est aujourd'hui le siège d'exploitations minérales très-importantes, quoiqu'il n'y ait pas plus de trente ans

qu'on les ait commencées, et que plus d'une fois il ait fallu les interrompre. — Dang un canton, celui de Guayco, qui occupe quelques plateaux et vallées intérieures de la sierra, on recueille une galène argentifère fort riche ; dans l'autre, celui du Tio ou Paraiso, sur le versant oriental qui regarde les Pampas, on se livre à l'extraction du cuivre. — Nous allons décrire ces deux exploitations.

Le district minéral de Guayco^ qui ressort du département de la Cniz-del-Eje, ofre une superficie moyenne de vingt lieues carrées, c'estrà-dire que c'est dans cet espace, circonscrit par des cordons détachés de la chaîne de las Achalas au nord et à l'est, par la série des pics volcaniques de la Gienega, del Agua del Tala et de la Yerba-Buena au sud, par les petites chaînes de Guaza-Pampa et del Goro à l'ouest, que se trouvent les principales mines. Gela ne veut pas dire que l'on n'ait point vu d'autres gttes minéraux en dehors des limites que nous venons de signaler ; il y en a encore au Cerran , du côté de Gopocabana, à quinze lieues nord-est de Guayco ; on en a reconnu près de Candelaria^ de Saldan^ etc., etc. Mais les seuls expbités utilement sont ceux qui se présentent dans le district de Guyaco.

Toute cette région est montagneuse et offre des vallées intérieures assez vastes, enserrées par des cordons généralement dirigés du sud au nord et composés de micaschistes, au milieu desquels apparaissent ench&ssés çà et là des dépôts calcaires, les uns un peu crayeux^ les autres tout à fait saccharoldes. La pente de tout le canton est dl«^ rigée vers le nord-ouest ; c'est de ce côté, vers la plaine des Llanos de la Rioja, que coulent tous les ruisseaux qui naissent aux pieds des grands plateaux des Achalas et de San^^Luis, qui constituent le corps principal de la sierra de Gordova. Ges ruisseaux^ malheureusement trop peu nombreux, fournissent une force motrice précieuse pour les usines où se traitent les minerais, et de Teau pour les irri* gâtions agricoles. Le surplus va se perdre dans la plaine occidentale.

Le hameau du Guayco est un groupe de maisons établi sur uûe Colline de gneiss et de micaschiste d'une altitude absolue de 620 mètres, où un filon de galène argentifère a été reconnu et mis en exploitation sur une longueur de 600 mètres \ mais il parait qu'il se prolonge encore, avec quelques courtes interruptions, à huit kilomètres vers le nord-est. Ge minerai, donnant de 30 à 50 marcs au caisson, se présente donc dans des conditions d'exploitation très-avantageuses. Une douzaine de puits {piques) ont été creusés sur cette longueur et appartiennent à différents propriétaires; mais les mieUx

situés dépendent de la Compagnie de MM. Roque frères, Français , établis depuis de longues années dans la province de Gordova. Ce sont eux qui ont donné le plus d'extension et de valeur à leurs travaux. — La mine principale, celle de SonrAgustiiiy a été envahie par les eaux : on leur a donné un écoulement en creusant une galerie horizontale {socabon) qui arrive au fond de la mine et emporte dans un ravin inférieur toutes les infiltrations. Les autres mines, telles que Soii-Melitan, la Bella-Americana^ etc., etc., sont épuisées au moyen de seaux mus par un treuil, et Tinfiltration n'étant pas très-consir dérable, ce mécanisme suffit; ces seaux servent d'ailleurs à l'enlèvement du minerai par le pique^tomo ou puits d'extraction. — D'autres mines sont parfaitement sèches, mais c'est le petit nombre. Les pluies étant fréquentes l'été dans cette région de la sierra, il y a presque toujours des infiltrations et il faut, par conséquent, prendre d'avance des précautions contre ces accidents.

C'est dans ce but qu'à la Mina argentina^ au sud-ouest de l'usine {trapiche) del Ojo-de-Agua^ département de Pocho, mine de plomb argentifère qui appartient à D. Maimel Lastra, on a essayé d'établir ime machine à vapeur pour l'épuisement des eaux qui avaient noyé tous les travaux de cette exploitation, d'ailleurs fort riche. M. Lastra, avec des frais énormes, y fit porter de Cordova toutes les pièces d'une machine de la force de douze chevaux, et la monta dans le puits d'extraction même. — L'appareil a bien fonctionné pendant quelque temps et a permis de recommencer la recherche du minerai, mais les dérangements fréquents des pompes, la difficulté des réparations avec des ouvriers inexpérimentés et peu soigneux, ont fait renoncer à ce moyen. La mine s'est remplie de nouveau, et le propriétaire ayant provisoirement abandonné l'exploitation, cet établissement n'a plus un seul habitant aujourd'hui.

Toutes les mines du district de Guayco donnent à peu près du minerai sous la même forme. Tantôt c'est une galène ou protosulfure de plomb cristallisé à grandes facettes , cette forme est la plus Commune ; tantôt c'est une galène, dite à grains d'acier,- de même nature chimique. Quelquefois le minei*al est un carbonate de {domb blanc jaunâtre, plus souvent encore un carbonate de couleur foncée, appelée par les ouvriers plomizo^ tandis qu'ils désignent les deux galènes précédentes sous le nom de soroqiie.

L'argent ne se borne pas cependant, dans les mines de la sierra de Gordova, à ces combinaisons avec le plomb. On l'y trouve aussi| mais plus rarement, comme dans les mines du cerro Xegro de

Famatina, uni à l'oxyde et au carbonate de fer, et, comme dans celles de Chafiarcillo, à l'état de chlorure et d'iodure.

Indépendamment du plomb argentifère, on trouve dans ce même canton de la blende ou sulfure de zinc, de la pyrite de cuivre, de l'oxyde de fer, du sulfure d'antimoine ; mais aucun de ces minerais n'est exploité, à l'exception d'un peu d'oxyde de fer, qui est employé comme fondant pour la réduction de la galène.

Tous les minerais des différentes mines que nous venons d'indiquer dans ce canton sont portés dans quatre usines principales, qui sont:

El Oja-de-Agua^ dans le département de Pocho, à six lieues des mines de Guayco. — El Trapiche de Santa-Barbara^ près du hameau de la Higuera, appartenant à MM. Guido Zaldarriega et Manuel Lastra. — San-Carlos^ près du village de ce nom, à MM. Ernest Louviot et Montano. — Enfin, El Trapiche de Mendez à côté du hameau de Taminga, sur le chemin qui mène du Guayco à Cordova. — D'autres usines sont en ce moment en construction ; quelquesunes, plus anciennes et mal installées, ont été abandonnées. Celles que nous venons de nommer étaient les seules qui fonctionnassent en 1 858, époque à laquelle nous visitâmes ces mines.

Tous ces établissements ont ^'avantage d'être situés à une hauteur inférieure à 1,000 mètres, ce qui leur permet d'avoir un excellent climat, de joindre au bâtiment de l'usine les cultures nécessaires en céréales, légumes et arbres fruitiers pour le personnel, et en fourrages pour les animaux de travail . Le ciel de toute cette haute région est admirable : les chaleurs y sont modérées pendant l'été, et le froid de l'hiver y est à peine sensible. L'été est la saison des pluies.

Quant à l'installation, elle est bonne; les fourneaux à manche, à réverbère, à coupellation, sont convenablement construits ; le cours d'eau, qui passe auprès de chacun, fournit la force nécessaire pour mettre en mouvement les bocards destinés au broiement des minerais, la soufflerie ou les trompes à vent pour les fourneaux. S'il n'y a aucun luxe dans les constnictions, au moins rien de ce qui est utile n'y manque, et l'on peut, à bon droit, s'étonner de voir des usines aussi bien montées, au milieu de la montagne et à 180 lieues des ports du littoral, d'où il faut faire venir à grands frais presque tous les appareils.

L'établissement del Ojo^e-Afftia^ appartenant à MM. Roque frères, est le plus complet de tous ; ce que nous dirons de la manière dont on y traite le minerai peut s'appliquer h tous les autres.

INDUSTRIE minière;. - PROVINCE DE CORDOVA. 433

Le minerai traité dans cette usine étant généralement du sulfure ou du carbonate de plomb, mais surtout du sulfure, est concassé par petiU morceaux, ou, si besoin est, broyé au bocard, puis mêlé avec de l'oxyde de fer, quelquefois même avec des cendres dejume^ plante très-riche en carbonate de potasse. On y joint également les autres minerais argentifères de quelque nature qu'ils soient, et le tout est placé avec le charbon de bois dans des fourneaux en brique. Là, le soufre est volatilisé, l'oxyde, à mesure qu'il se forme sous l'influence de la chaleur rouge, est réduit par le charbon, et tout l'argent reste combiné avec le plomb. Pendant le coup de feu, l'on agite de temps en temps le métal avec un ringard pour en retirer les scories et favoriser la combinaison; l'opération terminée, il reste au fond un aUiage de plomb et d'argent que Ton coule eu lingots du poids de 8 kilograomies. Ce procédé érite les frais d'amalgamation, qui seraient considérables, et qui d'ailleurs sont remplacés ici économiquement par la réduction au plomb.

Le plomb allié à l'argent, et qui en renferme plus ou moins, suivant la riches^ du minerai fourni par la mine l'aloi est, en moyeniie, de 25 marcs au cai^sou^, se met à part pour être traité à son tour par une fusion nouvelle afin d'en extraire l'argent.

Le fourneau est à réverbère et alimenté au boii*. La soie est formée d'un ciment composé de chaux, d'argile et de pfiudre d'os; on la charge de 10 à 12,000 kilogrammes de plomb, et l'on chauffe à grand feu; la combustion est puissamment activée par un jeu de soufflets mis en mouvement par une grande roue hydraulique. Sous l'influence de la chaleur, le plomb amené au rouge absorbe t'oxygène de Fair et passe à l'état de protoxyde ou litharge que l'on fait écouler k mesure; une petite partie est lentement absorbée par la sf^le du fourneau qui forme coupelle. Le coup de feu dure de treute-rix à quarante-huil heures ; dans cet espace de temps tout le plomb e?t o\\6^^ et Taigeiit à peu prés pur reste dans la coupelle : on ^'aperçoit que Yùpérw&m est terminée à des tueurs éclatante et à de véritables fulgunlions qui passent «ur le métal eu fu^^ion. Ou arr&U: ak>r& k feu« on laisse refinoidir, et I'mi enlere eus^te k culot d'v^d^fUL La s<4e du foomem peut suffire pour plusieurs opérations: k4^=que Ton neut à la ren^laccr, on la brise et on la mék aux sc/jries lérragixïeuiies ax^ lesquelles on tnile k minerai argentifère dbins lapr^sDÂer^ opénÛA.

Une petite fonte de 7,800 kilogrumne^ de pkmb alji^ i Ivr^sn. à k^pieDe nous asôstSme^ a l'Ofo-de-Aj^usu à'junh .>i ^j;.; S20 gr. d'aifwt iîn d'une lakur de ll.OlC £na«L>.

L'argent obtenu par cette opération est fondu une seconde fois à la coupelle avec beaucoup de soin et mis en lingots. On l'essaye pour en savoir le titre, et on Texpédie soit à l'hôtel des monnaies de Cordova, soit au Chili, soit en Europe. Quant à la litharge, on la réduit à l'aide du charbon dans un fourneau à manche pour en extraire le plomb pur. Le métal est coulé alors en saumons du poids de 2 arrobes (24 kilogrammes) chacun, et mis de côté. On estime qu'on pourrait le vendre une piastre (5 francs) l'arrobe, rendu au Rosario ; mais les frais de transport étant fort considérables, ce prix est pour ainsi dire insignifiant. Afin de pouvoir racheter ces frais par une plusvalue, résultat d'une fabrication faite sur les lieux, la maison Roque a l'intention d'établir, à son usine même, une fabrique de minium, de céruse, de plaques, de tuyaux, enfin de tous les ustensiles d'usage en plomb pour les expédier sur le littoral, où ils pourraient se vendre à un prix inférieur aux objets similaires venant d'Europe. Cette maison a ainsi accumulé jusqu'à 600,000 kilogrammes de ce métal, dont il avait été jusqu'à présent impossible de tirer parti (1).

La production annuelle de toutes les mines d'argent de la sierra de Cordova peut s'évaluer à 12,000 ou 15,000 marcs, valant de 600 à 750,000 francs. — Cette production serait beaucoup plus considérable si les entrepreneurs n'avaient à lutter contre un obstacle difficile à vaincre, le manque de bras. Les ouvriers dont on peut disposer ne fournissent qu'un travail souvent incertain. Tantôt ce sont

(1) Les frères Roque sont des Français depuis longtemps établis dans la province de Cor* dova, où ils ont donné à Texploitation des mines d'argent une impulsion remarquable. Cette industrie leur a permis d'acquérir une fortune considérable, dont ils ont profité pour agrandir le cercle de leurs opérations et améliorer leurs méthodes. Â cet eflet, Tun d*eux , M. Léon Roque , est venu en Europe pour y étudier les procédés modernes, et a visité at-ec fruit les mines du Harta en Saxe, celles de PontrGibaud en Auvergne et de PouUaooen en Bretagne. Quoique n'étant plus un jeune honune» il a suivi avec assiduité les cours de l'École impériale des mines de Paris, et, de retour dans la Ck)nfédération, il a su appliquer d'une manière fort intelligente la somme des connaissances qu'il avait rapportées d'Europe à la magni'* fique industrie que ses frères et lui avaient créée.

A son exemple, un autre Français, M. Ernest Louviot, en société avec un Argentin aussi distingué par son intelligence que par son caractère, M. Montano, font du trapiche de Sam» Carlos un très-bel établissement.

Nous avons parlé de la résolution réellement héroïque de don Manuel Lastra, qui, le prf mier de tous les Argentins , a établi une machine à vapeur non -seulement dans llntérieilr du pays, mais encore dans la montagne, malgré les incroyables difficultés d'une pareille en* treprise. De tels faits prouvent assez en faveur de l'esprit de progrès qui régne aujourd'hui dans la province de Cordova, et de sa tendance à en faire un jour un centre industriel important.

leurs moissons, tantôt leurs semailles à faire ; il leur faut courir après le bétail égaré ; il faut, lorsque l'année est bonne, aller faire, dans les ' bois, la récolte de Yalgarroba (le fruit du caroubier) ; c'est un baptême, un mariage, une fête d'église, une neuvaine, auxquels on ne peut manquer d'assister,.... et c'est ainsi que le personnel est constamment réduit, et que l'on ne peut donner aux exploitations toute l^extension dont elles seraient susceptibles, grâce à l'abondance du minerai. Peu d'ouvriers étrangers viennent dans ces localités éloignées ; il faut se suffire avec les indigènes, et nous venons de dire combien le travail de ces derniers laisse à désirer pour la régularitéi

Cependant les salaires sont assez élevés. Un contre-maître reçoit de 100 à 150 francs par mois, les autres ouvriers en moyenne 50 francs, indépendamment du vivre et du coucher ; mais l'appât de ce gain fort convenable ne suffit pas pour attirer plus de monde. Aussi, la plupart du temps, l'exploitation ne peut marcher avec l'activité nécessaire pour faire réaliser promptement de grands bénéfices. Une augmentation dans la population locale, l'arrivée d'immigrants actifs et robustes, pourraient modifier avantageusement cet état de choses. Aussi les propriétaires des mines font-ils tous leurs efforts pour en attirer.

Une route accessible aux charrettes conduit de Cordova au centre des mines ; par suite des détours qu'il faut faire, pour éviter les localités trop âpres de la sierra, elle compte près de quarante lieues ; aussi préfère-t-on généralement aux chaiTettes le transport à l'aide des mulets, qui peuvent suivre des sentiers plus rudes mais plils courts. Cependant l'existence d'une route carrossable et qui pourrait être améliorée facilement est un avantage immense pour les cantons miniers de la moutagçe.

Le second district minéral de la province de Cordova est situé dans le département de Calamuchita ^ à l'est de la capitale et sur le Versant oriental de la chaîne principale qui regarde les Pampas* Cette partie de la sierra offre des collines allant, par des pentes asseK douces^ se confondre avec la plaine. lueurs croupes gracieuse-* ment arrondies laissent entre elles de petites Vallées sillonnées par de nombreux ruisseaux qui vont grossir les eaux du Rio-Secundo. Cette rivière, malheureusement non navigable, va se perdre à soixante lieues plus loin dans la Pampa, en y formant des lagunes mal*écageUses de grandeur variable suivant les saisons^ Les versants de la grande sierra cordovaise sont couverts, dans cette zone, d'une

436 INDUSTRIE ARGENTINb). -- COMMERCE.

magnifique végétation ; élevés de S à 800 mètres au-dessus du niveau de la mer, ils jouissent d'une température délicieuse , et toutes les cultures des climats tempérés y prospèrent : céréales, légumes, arbres fruitiers, etc. ; le bétail y est superbe, car il y trouve de gras pâturages ; la laine des moutons y est de qualité supérieure, et de précieux gisements de cuivre, très-facilement exploitables, viennent s'ajouter à la richesse de cette région privilégiée.

Ce n'est que depuis huit ans que l'on a reconnu les gttes minéraux del Tio et des environs. L'abondance des veines métalliques examinées dans le principe fut telle que l'on donna le nom de Paraiso mhieral^ paradis minéral, à ce canton, et que vingt et une mines y furent dénoncées et mises en exploitation, en fort peu de temps. Plus tard on décoirvrit celles du Minotauro^ qui sont un peu au nord du Paraiso minéral, et dernièrement, en se rapprochant d'Alta-Gracia, on a rencontré d'autres gisements de cuivre oxydulé qui paraissent plus riches encore que les précédents.

Les premiers travaux entrepris au Paraiso fournirent du minerai d'un aloi tellement élevé (30 et même 40 pour 100 du poids total) que des mines, avec un commencement d'exploitation, donnèrent lieu à des transactions très-importantes. L'une d'elles fut même vendue 3,000 onces d'or (240,000 francs) et plusieurs compagnies se formèrent rapidement pour leur mise en valeur. L'un des propriétaires lit un voyage en Europe pour en ramener des contre-maîtres et des ouvriers. Cependant la richesse première du minerai ne se soutiiit pas, et se réduisit assez vite à 13 pour 100 de cuivre par quintal, ce qui était encore, comme on le voit, un assez beau rendement.

Ce minerai est sui'tout de la pyrite, c'est-à-dire un sulfure de cuivre uni à une assez grande quantité de fer. Il y a aussi du Carbonate vert et bleu et de l'oxydule ; mais la pyrite est la forme minérale la plus abondante. Les filons ont généralement une direction nord et sud ; à la mine del Tio, l'un est croisé par une autre veine allant de l'est à l'ouest. Leur épaisseur est extrêmement inégale : les plus larges effleurent le sol, ils diminuent à mesure que l'on pénètre plus profondément, puis se renflent encore. Toutes les collines de ce canton appartiennent au terrain de gneiss et de micaschistes ; on ne trouve des calcaires que sur les contre-forts les plus abaissés et en se rapprochant de Cordova.

La principale exploitation est à la mine del Tio. Le puits d'extraction [pique-toimo) a 40 mètres de profondeur, et l'on se met à

ouvrir des galeries horizontales. Les eaux commencent à s'infiltrer dans la mine, mais on les extrait assez facilement au moyen d'une pompe aspirante et foulante; les propriétaires ont d'ailleurs l'intention de creuser une galerie d'écoulement. Les travaux entrepris dans les mines voisines sont moins développés, on en tire cependant une assez grande quantité de pyrite.

Le grand avantage des mines du Paraiso, c'est qu'on peut y venir charger le minerai en charrettes à bœufs , ce qui simplifie beaucoup les frais de transport; la route carrossable actuelle est passable, et il est facile de l'améliorer. On a construit les bâtiments nécessaires pour les mineurs, et le personnel est suffisant. Le salaire des ouvriers qst un peu moins élevé qu'au Guayco, le pays étant plus fertile, plus peuplé et moins éloigné de la capitale.

Les mines Tacuru et Mercedes sont à deux lieues du Paraiso et appartiennent à une autre société. La pyrite y est fortement mêlée de matières terreuses ; elle est toutefois très-abondante et la quantité de minerai y compense la qualité. Il y a eu, dans ces deux mines, jusqu'à sept filons en exploitation.

Les minerais provenant du Paraiso et du Tacuru sont traités dans deux usines.

Celle du Tacurti est seulement à une lieue des puits d'extraction, et la communication est facile. L'usine est très-bien montée, mais û'a encore qu'un seul fourneau à réverbère, que l'on chauffe au bois. Le travail s'y exécute parfaitement; cependant, comme le minerai est pauvre, l'opération se trouve grevée de frais assez élevés.

L'usine [ingenio) de los Molinos^ située seulement à treize lieues de Cordova et dans un endroit délicieux, est plus considérable que celle du Tacuru. Elle a deux fourneaux à réverbère, et lorsque nous latisitàmes, en 1858, on allait commencer à en bâtir un troisième. Rien ne manque d'ailleurs à l'établissement, et, par sa bonne construction, le confortable des habitations , il rappelle les beaux ateliers de Gopiapo et de la Caldera. Seulement, au lieu d'ôtre situé sur une plage aride ou dans une étroite et maigre vallée, il est assis sur de charmantes collines dans le pays le plus agréable et le plus pittoresque que l'on puisse voir ; des ruisseaux aux eaux claires et toujours fraîches lui donnent les forces motrices nécessaires et l'irrigation qui féconde ses cultures.

Cet établissement est moins éloigné du Rosario que Cordova, ce qui économise aux charrettes deux jours de voyage. Il appartient à la société Lafone et Cie, la mAme qui exploite les mines de Capillitas,

438 INDUSTRIt: ARGENTINE. — GOMMERCE.

dans la province de Catamarca. Les capitaux dont dispose cette maison ont permis de donnera l'exploitation tous les développements nécessai^ res. Cependant, jusqu'à présent les bénéfices sont moins grands qu'à las Capillitas, dont le minerai est infiniment plus riche. Nous avons vu, en effet, que Faloi moyen de ce dernier était de 30 pour 100, et que souvent on y avait trouvé des gites abondants à 60 et même 80 pour 100; les mines du Tio, au contraire, donnent tout au plus 16, et celles du Tacuru 10 pour 100. Il est vrai que cette infériorité relative de la valeur du minerai est compensée par la situation meilleure dans laquelle se trouvent les mines de ce district. Les transports y sont moins dispendieux, l'approvisionnement plus facile, les salaires des ouvriers moins élevés, enfin on y est trois fois moins éloigné des ports du littoral, et Ton peut plus facilement réunir le personnel nécessaire à l'exploitation.

Ces conditions rendent donc la situation du district minier de Calamuchita très-intéressante et lui promettent un grand avenir. Les filons trouvés nouvellement dans cette même partie de la sierra , en remontant vers le nord, ouvrent à l'exploitation du cuivre, dans ce département, un champ pour ainsi dire iUimité.

L'abondance des calcaires saccharoldes dans la sierra de Cordova, et à une courte distance de la capitale, donne lieu à une autre industrie susceptible un jour d'un bien vaste développement. Tantôt ces calcaires sont disposés en veines puissantes qui traversent des assises de gneiss et de micaschistes noirâtres, des feldspaths presque purs et des granités ; tantôt ils forment de grosses masses] amorphes qui constituent à elles seules de petites montagnes. Des collines, que l'on aborde le plus facilement du monde en charrettes à bœufs, y sont presque entièrement formées de marbres magnifiques du grain le plus fin et des couleurs les plus variées. Il y en a dé blancs, de bleus, de verts, de roses, de jaunâtres ; quelques-uns enfin sont translucides. La netteté de leur grain, l'étendue de leurs assises, en feront plus tard une ressburce inépuisable pour la sculpture et les constructions de luxe. Aujourd'hui ce marbre superbe ne sert qu'à donner de la chaux grasse qui s'exporte jusqu'au Rosario et même à Buénos- Ayres. C'est une des exportations principales de la province de Cordova. Cette chaux est d'autant plus demandée qu'elle supporte une quantité de sable beaucoup plus considérable que le^ chaux de Parana et de la Bande-Orientale, et que, quoique plus chère à cause des frais de transport, elle est souvent plus économique, en ce qu'il

en faut moins pour les mortiers ; d'un autre côté , le ciment qu'elle donne , s'il est plus longtemps à sécher, devient aussi plus dur, et est, en conséquence, adopté de préférence pour divers genres de constructions.

Les fours à chaux ( caleras) sont à une courte distance de Cordova, quatre ou cinq lieues. Ils sont bien construits; on les chauffe au bois. — Cette industrie est arrêtée dans son essor par le manque de capitaux qui empêche de donner aux exploitations le développement dont elles auraient besoin pour devenir très-lucratives.

§ X. — Province de San-Luis.

La partie centrale de la province de San-Luis est occupée par la chaîne de montagnes de ce nom, sorte de dédoublement de la sierra de Cordova, car elle est de la même formation géologique. Il y a cependant quelques différences dans leurs compositions minérales. La sierra de San-Luis renferme plus de, quartz; cette roche, en certaines parties, y compose des montagnes entières ; en outre , ses gneiss et ses micaschistes, excessivement abondants partout, contiennent une quantité de mica tellement considérable , que tous les sables provenant de cette sierra ont un aspect brillante tout à fait extraordinaire ; enfin, si les calcaires y sont moins communs que dans la sierra cordovaise, les terrains trachytiques sont au contraire très-répandus, surtout dans la partie centrale (voyez, d'ailleurs, tome I, pages 228 et 279, pour la structure et la formation de la sierra de San-Luis).

Au point de vue de la richesse minérale , la sierra de San-Luis est supérieure , du moins jusqu'à présent , à celle de Cordova, car elle renferme une remarquable quantité d'or; tous les ruisseaux qui descendent de ses sommets offrent des parcelles de ce métal dans les sables de leur lit ; la plupart des roches quartzeuses des vallées centrales en contiennent ; les oxydes et les carbonates cuivreux des collines de San-Francisco en offrent des paillettes semées dans la gangue quartzeuse qui les enveloppe.

Aujourd'hui, deux points principaux dans la sierra de San-Luis sont Tobjet de travaux qui, malheureusement, n'ont pas encore le développement qui serait nécessaire. Ce sont: — les vallées de la Canada-Honda et de la Carolina pour la récolte de l'or ; — les contreforts occidentaux de la sierra , voisins du bourg de San-Francisco, pour l'extraction du cuivre. — Cette dernière exploitation est tout à fait récente, puisqu'elle n'a été commencée qu'en 18S6, tandis qu'il y

440 1M>USTRIE ARGENTINE. — COMMERCE.

a déjà de longues années que Ton a ramassé de For dans les vallées centrales de la sierra.

Le pic nommé Tomalasta et aussi cerro Rico , le mont Riche, occupe le point culminant d'un système de cônes, la plupart trachytiques, qui s'étendent de l'ouest à l'est, par conséquent en sens contraire à la direction générale de la sierra. Cette montagne, d'une altitude absolue de 2,180 mètres (nous l'avons gravie et mesurée), est le sonunet le plus élevé de tout le massif de San-Luis. C'est sur ses flancs et dans les hautes vallées qui l'entourent que se trouvent les dépôts aurifères qui ont donné lieu aux exploitations les plus étendues ; enfin c'est de ce point que naissent les niisseaux dont les sa* blés fournissent au lavage de notables quantités d'or.

Un plateau et deux vallées se groupent autour de ce point central, le plateau de los Cerros Blancos, qui s'incline vers l'est, les deux vallées de la Carolina et de la Cailada-Honda, avec leurs vallons secondaires, dirigées généralement du sud au nord. Toutes les croupes qui circonscrivent ces gorges sont composées de micaschistes que traversent d'épaisses veines de quartz pur. En beaucoup d'endroits cette roche forme une sorte de muraille , et de gros blocs quadrangulaires renversés par les orages en sèment les sommets de débris d'une éclatante blancheur. Les penchants des collines de cette région supérieure sont couverts de pâturages verdoyants. Dans le fond des vallées, des couches épaisses d'une terre jaunâtre au fond, noirâtre à la Ruperficie, y recouvrent des cailloux roulés qui eux-mêmes reposent sur la roche ancienne qui forme le fond de la vallée. C'est dans ces débris désignés sous le nom de llampo (1) que se trouve l'or; il provient des roches quartzeuses usées par le temps et qui , en roulant avec les torrents, ont laissé échapper le métal qu'elles contenaient. Lors des orages et des grandes pluies , les eaux entraînent les parcelles aurifères qu'elles déposent plus ou moins avant, avec leiu*8 sables, dans les anfractuosités des roches, où l'on peut en recueillir.

Le plateau des Cerros-Blancos^ ainsi nommé des collines quartzeuses d'une blancheur éblouissante qui s'élèvent aux alentours, forme une plaine d'une lieue environ en tous sens, et d'une altitude de 1700 mètres, et qui, touchant d'un côté aux contre-forts orien-

(1) Llampo et Cascajo dans les pays espagnols ; — Cascalho dans les pays portugab. — C'est aussi dans des cailloux roulés de cette espèce que les diamants se rencontrent au Brésil, ainsi que du platine, de Tor, des gemmes, etc., etc. Dans la province de San-Lui&, on donne le nom de circa ou de planes à la roche sur laquelle repose le llampo.

taux du Tomalasta, s'incline doucement vers le nord-est. Le sol de ce plateau est une terre argileuse d'une épaisseur variant de deux à cinq mètres, qui recouvre une couche assez épaisse de llampo. Les habitants du village de Cerros-Blancos ont creusé un nombre infini de trous dans cette plaine haute, pour en recueillir les sables sousjacents, et en ont tiré une notable quantité d'or. Les trous creusés par eux ont généralement trois ou quatre mètres de diamètre. Le Uampo, extrait avec un seau de cuir, est lavé au plat dans le ruisseau voisin. Ces opérations ont été abandonnées parce que tous ces trous se remplissaient d'eau assez promptement et qu'il faut un travail trop grand pour les vider.

La vallée de la Carolina part du pied mênie du Tomalasta dont elle reçoit les eaux et a environ, du sud au nord, 6 kilomètres de lon^ gueur, sur une largeur variant de 200 à 1,000 mètres. Son altitude absolue est égale à celle du plateau de Cen*os-Blancos. Elle est bordée par des collines peu élevées de gneiss et de micaschistes, au milieu desquelles on aperçoit de nombreuses et épaisses veines de quartz. Le ruisseau qui la traverse a été longtemps le siège de lavages d'or assez considérables, exécutés par les habitants de cette région. Ils y ont à peu près renoncé aujourd'hiii et regardent l'élève du bétail comme une industrie moins dure et plus lucrative. Ils se contentent, lors des pluies, de recueillir la terre et les sables entraînés du milieu des déblais résultant du travail des anciennes mines, et de les laver, ce qui leur donne toujours une certaine quantité de métal. Toute la vallée est semée de trous pratiqués dans le même but qu'aux Cerros-Blancos, et abandonnés par suite des eaux qui s'y infiltrent.

C'est au pied du Tomalasta môme que se sont concentrés les travaux d'excavation. Un certain nombre de mines y ont été ouvertes depuis fe commencement de ce siècle, pour la recherche et l'exploitation des filons quartzeux aurifères qui traversent le bas de la montagne. Ces filons sont entourés d'une gangue argileuse jaimâtre de dureté moyenne, et qui, une fois mise à l'air, se réduit en une sorte d'argile plastique, sous l'influence de l'humidité. Le terrain, entièrement trachytique dansées deux tiers supérieurs de la montagne, est schisteux dans le tiers inférieur, du moins à la superficie, et toutes les roches y sont en pleine décomposition.

La principale et la plus profonde de toutes ces mines était le pique de Pineiro^ ainsi désignée du nom de sou propriétaire. Cette mine

était arrivée à une profondeur de plus de 40 mètres; et Ton raconte que l'exploitation était fort lucrative, lorsqu'elle fut envahie par les eaux. On établit un service de seaux pour les extraire, et le travail restait possible ; mais, un jour, pendant une sorte de fête que le propriétaire donnait à ses ouvriers pour les féliciter d'un alcance^ c'està-dire de la rencontre d'un gîte très-riche, celles-ci affluèrent avec tant de force que les bras et les moyens employés ne suffirent plus pour les enlever, et il fallut abandonner les travaux. Plus tard, une petite galerie horizontale [socabon) fut ouverte à une cinquantaine de mètres au-dessous de l'ouverture supérieure de la mine, dans le but d'en atteindre le fond, et de donner une issue facile et continue aux infiltrations aqueuses ; mais les travaux, conduits au jugé et sans instruments convenables, ne purent arriver assez avant et furent discontinués. La mine est aujourd'hui abandonnée à la disposition du premier gui la dénoncera.

n est fâcheux que les anciens propriétaires n'aient pu continuer leur opération, car la partie du Tomalasta où se trouve le pique de Pifieiro est réellement croisée pai* plusieurs filons aurifères fort riches que Ton a exploités en divers sens et qu'on n'a laissés qu'à cause des infiltrations. En les attaquant de bas en haut au moyen de ce socabon agrandi et rectifié et en les reliant ensemble par un système général d'écoulement, il est probable que l'on pourrait assécher une partie de la région inférieure du Tomalasta, que l'opinion générale regarde, avec raison, comme la partie la plus importante de toute la vallée, puisque les eaux qui en viennent charrient toutes des parcelles d'or.

En s'élevant sur les lianes du Tomalasta, on rencontre également, môme au milieu des trachytes, des filons quartzeux avec gangue argileuse qui viennent affleurer à la superficie. Quelques échantillons de la roche qui les forme ont produit de l'or, ce qui n'a rien qui doive surprendre, puisqu'ils sont de la même nature que ceux qui ont été exploités au pied de ce mont.

La plupart des collines qui forment les parois de la vallée de la Carolina sont de la même nature minérale.

La vallée de la Gaûada-Honda , dirigée à peu près dans le même sens que la Carolina, mais un peu plus au sud et plus étendue, est, en ce moment, le siège des principales exploitations de la sierra de San-Luis. Elle peut avoir trois lieues de longueur depuis l'estancia de D. Eugenio Sola. qui y a établi un petit barrage pour laver les sables

aurifères du ruisseau,. jusqu*auprès du plateau des Cerros-Blancos; une petite chaîne de collines, où Ton a creusé quelques mines, l'en sépare ; elle communique par une assez large ouverture avec les vallées du Sololosta et de Flntigua qui s'ouvrent au sud-est.

Les montagnes qui enserrent toutes ces vallées sont de la même nature que celles de la Carolina ; on y a remarqué seulement que l'or ne se rencontre que là où apparaissent des terres argileuses jaunâtres, soit dans le fond de la vallée, soit sur le penchant des collines. Or, en remontant la Caâada-Honda, on ne commence à trouver des terres de cette nature qu'à partir du barrage de Sola. Dans la partie isupérieure et la plus large de cette vallée, elles sont recouvertes par une couche assez épaisse d'une terre noire qui a une apparence tourbeuse et ne renferme pas un grain d'or. Il faut traverser les deux couches pour arriver au llampo. Les terres jaunâtres paraissent provenir de la décomposition des gangues argileuses qui enveloppent dans beaucoup d'endroits les filons de quartz aurifère. Quant aux terres noires, elles sont peut-être le produit de la décomposition des bois et de plantes lacustres qui avoisinaient anciennement des amas d'eau situés dans ces montagnes et écoulés par suite de Técroulemeut des digues rocheuses qui les contenaient.

Partout, depuis la maison de Sola, l'explorateur voit des puits pareils à ceux de Cerros-Blancos, creusés soit près du ruisseau, soit dans les parties déclives des collines. Les uns sont abandonnés, d'autres ont encore quelques travailleurs ; tour à tour on les reprend ou on les délaisse ; Teau y est l'écueil du mineur, qui n'a d'autre moyen de l'extraire qu'un seau de cuir, manœuvré à la main à l'aide d'un lazo (courroie de cuir), que tout paysan argentin porte avec lui. Le ruisseau, creusé dans le sol de la Vallée, a des berges abruptes de 2 à 5 mètres ; partout on les a excavées pour en recueillir et laver le llampo; c'est là que se sont concentrés presque tous les lavages d'or du canton, quoiqu'il y en ait encore quelques-uns dans les vallées voisines du Cerro-del-Valle et de Ylntigua. Ces travaux, faits isolément et sans méthode, sont accompagnés d'assez nombreux accidents. Plus d'une fois les terres excavées en dessous et non soutenues s'écroulent, et ensevelissent vivant l'imprudent mineur qui se hasarde seul à cette recherche. On en cite plusieurs exemples, et ces catastrophes n'ont pas peu contribué à décourager les habitants.

Le cherdieur d'or de San-Luis choisit, dans le cours des ruisseaux^ un étranglement où l'eau soit un peu profonde, et où du sable

se soit déposé en quantité notable. Assis sur une roche ou debout, les pieds dans Teau, il remplit aux trois quarts de sable une sébile (fuenté) en bois d'algarrobo, large de 40 centimètres et profonde de 15, puis lui fait exécuter sur Teau un mouvement de rotation rapide. Pendant que la main gauche maintient la sébile, de la droite il rejette toutes les pierres et les petits cailloux, le sable grossier. Telle est la sûreté de son coup d*œil que, sa sébile fût-elle encore pleine au tiers, il sait s'il y a de Tor ; car la couleur jaune des paillettes s*est déjà trahie. Tout en faisant continuer, sans s'arrêter un instant, le mouvement de rotation de la sébile et Tintroduction d'une eau nou« velle qui rend le sable plus mobile, il enlève tous les corps étrangers, et la poudre d'or reste enfin seule au fond du vase. Les femmes et les enfants sont à ce métier aussi habiles que les hommes et se livrent à cette industrie dans la saison d'été ; car l'hiver est assez rigoureux dans les cantons élevés de la Sierra.

La somme que peut gagner un ouvrier ordinaire varie de 3 à 10 réaux (de 1 fr. 75 à 6 fr.) par jour. Généralement, quand un montagnard a recueilli pour une valeur de 4 réaux (2 fr. 50), il juge sa ioumée finie et va vendre sa poudre d'or à la pulperia voisine, où il achète ce dont il a besoin. La poudre se conserve dans des plumes de condor, et se vend ensuite aux négociants à raison de 70 à 75 francs l'once espagnole (29 grammes). Cet or est extrêmement fin.

Ceci est le travail isolé, celui que peut pratiquer le premier venu ; mais il est d'autres travaux plus importants, mieux dirigés, qui donnent de bien autres résultats. Nous avons pu en juger nousmême lorsque nous visitâmes ces cantons , au mois de novembre 1856.

Le problème à résoudre pour la rencontre de l'or dans la sierra de San-Luis, c'est d'arriver facilement et économiquement au llampo, c'est-à-dire au sable aurifère, superposé, comme nous l'avons déjà dit, à la roche qui forme l'ossature de la chaîne, et que recouvre une couche plus ou moins épaisse de terre absolument sans produit, car l'or ne se trouve que dans le llampo, où il a été entraîné dans le cours des siècles.

En effet, par ime sublimation dont le procédé reste encore dans les secrets de la nature, ce métal a été injecté dans les roches quartzeuses. Ces roches, arrachées de leurs assises, roulées par les torrents, broyées les unes contre les autres dans les convulsions

dont Técorce terrestre a été le théâtre, poussées par les eaux dans les parties les plus déclives des vallées, ont laissé échapper Tor qu'elles contenaient. Celui-ci, par son propre poids, s'est déposé dans les anfractuosités du sol. Les torrents, en changeant de lit, roulent de nouveau ces débris mêlés de parcelles métalliques et les réunissent dans les endroits où des bancs de rochers, traversant les vallées, forment des barrages naturels ; c'est là que se trouvent les dépôts les plus riches. — C'est ainsi qu'on en trouva jadis dans le Pactole, qu'il y en a même encore aujourd'hui dans le Rhin,^ns l'Ariége; qu'on en a rencontré à la Nouvelle-Grenade, au Brésil, au Pérou... ; enfin, que le présentent la Californie et l'Australie, sans compter les mille localités d'Afrique et d'Asie qui en fournissent.

Mais, par la raison même que c'est dans le cours des siècles que les sables aurifères se sont accumulés dans certains bassins, dans certaines vallées, des recherches faites méthodiquement ont dû en extraire, au bout d'un temps donné, tout ce qu'ils renfermaient de métal précieux, et c'est ainsi que tant d'anciens lavages, si célèbres autrefois, se sont épuisés. Sans parler des placers aurifères de l'antiquité, nous citerons ceux d'Ouro-Preto, dans la province brésilienne de Minas-Geraes, si célèbres il y a un siècle, et dont le rendement est presque nul aujourd'hui ; ceux du Pérou, qu'on n'exploite plus guère ; ceux de la Californie et de l'Australie, qui commencent à donner moins. Il faut alors aller chercher l'or dans les roches qui le renferment, suivre les filons au moyen de mines creusées dans les entrailles des montagnes, broyer le minerai qui le contient, enfin remplacer les procédés de la nature, dont l'œu^Te exige des siècles, par un travail mécanique. La grande dissémination de l'or au milieu des roches, au lieu d'y être groupé comme l'argent, le cui\Te elles autres métiuix, rend sa recherche encore plus laborieuse, et explique la rareté et lîi valeur de ce splendide métal. — Telle est, en peu de mots, l'histoire de la production et de la recherche de l'or.

H est donc arrivé, dans les vallées hautes de la sierra de San-Luis, ce qui a eu lieu partout où l'on rencontre ce métal. L'or §e trouve disséminé dans leurs bas-fonds, et, lorsque l'on enlève \a couche terreuse qui recouvre les débris roulés et les sables provenant des roches quartzeuses aurifères du voisinage, c'est-à-dire le Uampo, on l'y rencontre en quantité plus ou moins grande. — Qii^vui systèïû^ général de travaux bien dirigés mette à uu le fond de Isi >ailèe de

la Canada-Honda , par exemple, et il n'est pas douteux qu'on y recueille des masses d'or considérables.

Cela avait été compris, en 1852, par une compagnie qui, avec beaucoup de sens, avait voulu utiliser les eaux elles-mêmes du ruisseau qui traverse la vallée, pour enlever les terres noires et jaunes qui cachent le llampo. On avait décidé de barrer son lit par une digue en pierres sèches et terrassement, de manière à conduire à volonté de gros filets d'eau d'un côté, ou de l'autre pour raviner les terres et les enlever. L'ouvrage était fort avancé, lorsqu'une averse ou plutôt une trombe d'eau qui, du ruisseau généralement assez paisible, fit un tondent furieux, emporta la plus grande partie de la digue. Les sociétaires, mécontents ou découragés, ne. voulurent point recommencer l'ouvrage, et ces premiers travaux furent sans résultat utile.

Cependant cet exemple ne fut point perdu pour tous. — Un Chilien actif et intelligent, D. Manuel Moralez, entreprit un travail analogue sur une échelle beaucoup moindre, et, au lieu de barrer le ruisseau, il se borna à en détourner une petite partie, qu'il employa à délayer et à entraîner les terres. Voici son procédé :

Sur les rives mêmes de ce cours d'eau, il circonscrit par un fossé un carré de terrain de 20 mètres de côté. Des rigoles longitudinales y sont creusées et débouchent sur la berge même. Un petit canal dérivé à quelque distance en amont, chose facile à faire,, vu la forte pente du terrain, amène un courant assez fort qui s'introduit dans les rigoles. Là, quatre ouvriers armés de pelles rabattent incessamment la terre de leurs bords, et la délayent dans Teau, qui entraîne ainsi dans le lit du torrent une boue liquide. — De cette façon, l'enlèvement des terres se fait très-vite et de la manière la plus économique.

Arrivé au llampo, on enlève d'abord les pierres volumineuses et tous les cailloux de moyenne grosseur, puis les sables sont jetés dans une sorte de coffre à fond criblé ; c*est le lotiff'-iom^ usité en Californie» Un filet d'eau y tombe de deux ou trois mètres de hauteur et permet le passage du sable fin, pendant qu'un mouvement de balancement est imprimé au long-tom. Tout le sable est ainsi en* traîné et tombe dans un coffre en bois placé au bord de la berge, et qui, le soir, se trouve rempli. C'est alors que^ sous les yeux du propriétaire, le lavage a lieu à la sébile. Cette opération est rapide, car il ne vient plus dans le coffre que du sable choisi et fortement aurifère. C^est te dont nous avons pu nous assurer nous^méme, en assis»

tant deux soirs de suite à ce travail. Nous étions étonné de la quan* tJté d*or qui restait au fond de chaque sébille et de la bonne fortune ciu mineur; point de plat qui ne donnât quelque chose. Les pépites (^pepillas)^ et il s'en trouvait d'assez grosses, étaient immédiatement remises au patron, qui ne perdait pas un instant de vue le laveur. Ija poudre, encore mêlée d'un peu de sable, était déposée dans un plat, puis lavée et épurée une seconde fois à la puruna^ c'est-à-dire dans une coquille d'anodonte ou un morceau de corne, pour en enlever tous les corps étrangers, séchée et mise à part pour être livrée au commerce. — L'atelier de M. Moralez était composé de dix ouvriers, qu'il payait alors, en moyenne, 10 piastres (50 francs) par mois, plus la nourriture. Ses bénéfices devaient être quintuples de ses dépenses. On voit, par cet exemple, ce que peut donner une exploitation intelligente et méthodique des vallées hautes de la sierra de San-Luis, puisque partout elles renferment de l'or. Ainsi, pour en faire l'expérience, dans la vallée de l'Intigua, nJus avons fait laver devant nous plusieurs sébiles de sable, qui toutes ont laisse quelques parcelles métalliques, et c'était pourtant dans un ruisseau dont le lit a été déjà exploré bien des fois. Tous les filets d'eau qui débouchent dans les deux principa],es branches du rio Quinto charrient également des terres aurifères : on en a trouvé sur le versant occidental de la sierra, dans les ruisseaux de San-Francisco, de Quinez, etc., mais la région la plus riche a toujours été celle des affluents du rio Quinto.

La petite chaîne de collines qui ferme le fond de la vallée de la Caûada-Honda et s'arc^boute contre le plateau de Gerros-Blancos, est, en ce moment, le siège de quelques travaux, et plusieurs mines y ont été creusées. Les filons s'y présentent sous le même aspect qu'au Tomalasta ; c'est du quartz renfermant de l'or et enchâssé lui-même dans une gangue argileuse, tantôt jaune, tantôt rougeàtre.

Les gens du pays regardent cette gangue ocreuse, qu'ils nomment guia^ comme le signe certain de la présence de l'ori — On suit ces filons à la pointerolle ; le minerai est broyé entre deux pierres sur les lieux mêmes, et lavé ensuite selon la méthode ordinaire. On se limite aux veines les plus superficielles et l'on ne pénètre pas au delà de quelques mètres de profondeur* — Il est facile de comprendre qu'avec des moyens aussi grossiers on n'obtienne pas de grands résultats $ cependant on récolte encore ainsi une certaine quantité de métal»

A une époque où les mines étaient exploitées avec uû peu plus d^cLctivité qu'aujourd'hui, il y avait au hameau du Trapiche, à dix

448 INDUSTRIE ARGlilNTlM!:. - COMMERCE.

lieu de la Caûada, sur le chemin de Saii-Luis, un moulin broyeur {trapiche) où Ton portait du minerai qu'on y traitait par amalgamation mercurielle, mais l'établissement, abandonné pendant les guerres civiles, est tombé en ruines et n'a point été relevé.

Nous devons ajouter encore que dans le voisinage des roches aurifères on a trouvé des sulfures de plomb et d'antimoine, que les mineurs désignent sous le nom de bronce^ du carbonate de cuivre, et du sulfure de fer en abondance, etc., etc., mais on ne se préoccupe naturellement que de l'or. L'exploitation de ces minerais ne peut avoir lieu que lorsque les premiers seront épuisés.

A la fin de 1836, quelques habitants de San-Luis [Puntanos) avaient projeté d'organiser une nouvelle société minière et de donner aux travaux de la Canada et de la Carolina une direction meilleure et plus d'extension. Nous ne savons si l'on a donné suite à ces projets fort louables, sans doute, mais qui ont besoin d'être mûris, pour ne point avorter, faute de capitaux' suffisants et de volonté bien arrêtée, comme cela n'est que trop souvent arrivé.

On estime, aujourd'hui, à 80,000 piastres (400,000 francs) le rendement annuel des placers de San-Luis ; mais nous pensons ce chiffre exagéré à cause de l'irrégularité de leur exploitation. Rien ne serait plus facile, nous venons de le voir, que d'obtenir un produit pareil et même supérieur par une meilleure organisation des travaux, malheureusement on n'y suit qu'une routine ancienne et arriérée : ainsi l'on n'a aucun moyen d'épuiser les eaux, ni une pompe, ni une vis d'Archimède, ni une roue à chapelet, ni un manège ; tout se fait à bras avec des seaux et un lazo glissant sur une branche d'arbre posée en travers sur un puits de mine. — Les ouvriers sont, il est vrai, dociles et assez durs au travail, mais on ne peut compter sur eux, car ils disparaissent au moment où l'on en a le plus besoin et vont à d'autres travaux. Enfin il est très-difficile de se procurer de bons contre-maîtres, et il faut, pour ainsi dire, tout faire par soi-même.

D'un autre côté, les routes pour arriver au cœur du canton sont exécrables. — L'une, pour la vallée de San-Luis, passant par le Totoral, le Trapiche, Durasno, et Cuchicorral, compte vingt-deux lieues et n'est praticable que pour les mulets et les chevaux de montagne. L'autre, de vingt-quatre lieues, va à San-José del Morro. On la dit moins mauvaise que la précédente et très -susceptible d'amélioration avec quelque dépense ; on prétend même qu'il serait possible de la rendre carrossable. Cette route aurait l'avantage immense de rapprocher le canton des mines du littoral ; car le Morro se trouve

LNDUSTRIE MINIÈRE. — PROVINCE DE SAN-LUIS. 4itf

sur le grand chemin qui va du Rosario au Chili en passant par San- Luis et Mendoza. Par cette voie il serait trè&-facile de pourvoir ces montagnes de tout ce qui leur est nécessaire, à beaucoup moins de frais et plus rapidement que par celle de San-Luis. La population, déjà assez importante dans les trois villages de la Caûada, de la Caroliua et de Cerros-Blancos, y augmenterait, et l'on pourrait alore donner à l'industrie minière tous les développements dont elle est susceptible.

Quoique l'altitude de la région des mines soit assez considérable, 1,600 mètres en moyenne, ces localités, placées sous le 33* degré de latitude, n'ont point un climat trop rigoureux. L'agriculture y est possible. On y récolte du blé, de l'orge, des pommes de terre. Les arbres fruitiers, tels que le noyer, le pommier, le cerisier, et presque tous les légumes y réussissent. En outre, la sierra tout entière produit d'excellents pâturages et nourrit des troupeaux de bœufs et de moutons qui y restent au grand air toute l'année; les vivres, par conséquent, abondent et ne sont pas à des prix trop élevés, condition très-favorable pour l'agglomération d'un certain personnel industriel.

L^autre point de la sierra de San-Luis, qui commence à devenir le siège d'une exploitation importante, est le chaînon de San-Francisco. Ce chaînon qui se compose de collines surbaissées, généralement formées de feldspaths, de gneiss, de micaschistes et de quartz, comme presque tout le reste des montagnes de la province, se détache des pieds de la chaîne principale et forme un petit système allongé du nord au sud dans une étendue de quatre à cinq lieues, qui enserre la vallée où s'élève le bourg de San-Francisco. L'altitude absolue de cette vallée est de 800 mètres en moyenne; les plus fortes ondulations de ce chaînon ne s'élèvent pas à .100 mètres au-dessus du reste de la plaine : aussi le climat y est délicieux, et toutes les cultures de la région argentine centrale y réussissent. Rien de charmant comme cette vallée, abondamment arrosée par des eaux limpides qui descendent de la grande chaîne, et y fécondent des champs bien cultivés fournissant tout ce qui est nécessaire à la vie.

Les collines métallifères se trouvent à trois lieues du bourg ; elles sont essentiellement feldspathiques. C'est à la fin de 18SS qu'on y a découvert un grand lilon s'étendant du nord au sud-est, dans une étendue de 800 mètres. D renferme de l'oxydule, du carbonate et du sulfure de cuivre, mais particulièrement de l'oxyde gris. Son épais-

C05P. ARGRKTIME. — T. II. 29

45a INDUSTRIE ARGENTINE. — COMMERCE,

seuT) faible à la superficie, s'élargit à mesure que Ton pénètre plus profondément; il est enveloppé d'une gangue quartzeuse très-dure, mais, en dehors de ce quartz, la roche est beaucoup plus friable. Ce qui caractérise spécialement ce gisement, c'est que l'or s'y trouve uni au cuivre de telle façon qu'il est facile de l'apercevoir à l'œil nu, semant de paillettes brillantes la gangue quartzifère qui contient le cuivre oxydé ou carbonate. Le cuivre mêlé d'or est inégalement réparti dans l'étendue de ce grand filon ; il est absent en certains endroits : ainsi, dans la mine Jurato^ ouverte dans un filon secondaire qui croise le premier, il n'y a que du carbonate. Sur des collines de même nature, à deux lieues plus loin, d'autres filons présentent les mêmes traces d'or à côté du cuivre dans les mines Rodrigtiez et Zuviria. La forme minérale la plus abondante sous laquelle ce dernier métal se ren* contre dans tous les gisements du canton est l'oxyde gris ou oxydule. L'aloi est extrêmement riche et va jusqu'à 60 pour 1 00 ; il parait, en moyenne, de 25. Le sulfure, si répandu dans les mines de Catamarca, est rare, au contraire, dans celles de San-Francisco.

La découverte de ces gisements précieux excita dans la province un enthousiasme universel. A la fin de 1836, il y avait déjà vingtcinq mines dénoncées, et l'on avait commencé les travaux dans plusieurs. En i857, on s'est mis à construire des Usines pour la réduction du minerai.. Ce qui manquait, c'étaient des contre-mattres intelligents pour diriger et surveiller les travaux.

Dans l'exploitation on .mettait à part le minerai aurifère destiné à être exporté, soit au Chili, soit en Europe ; le minerai cuivreux seul devait être traité sur les lieux mêmes. Il parait que, depuis notre visite à ce canton, on a donné à cette industrie beaucoup dfi déve-^ loppement.

Rien n'est plus facile d'ailleurs que d'établir dans les mines de San-Francisco une exploitation régulière. Le pays est salubre et fer* tile, et jouit d'un climat parfait ; tout ce qui est nécessaire à la vie y abonde : il y a du bois suffisant pour les usines, des ruisseaux capables* de fournir les forces motrices nécessaires, des routes facile* ment accessibles pour le transport des minerais : tout y peut donc favoriser le travail et faire de ce canton un grand centre indiistrieL

Le bourg de San*Francisco est à trente lieues de la capitale de la province ; une route carrossable, longeant à travers une plaine presque partout horizontale, la grande chaîne de San-Luis, y conduit.— Les mines d'or du Tomalasta en sont à huit lieues; mais il faut franchir, pour y arriver, l'&pre côte du Palmar, et traverser des parties

INDUSTEIE MINIÈRE. -^ PROVINCE DE GORRIENTES. 451

fort abruptes de la sierra. Ces sentiers ne sont fréquentés que par les mineurs, ou par les acheteurs de laine qui vont faire leurs acquim*tions aut estancias de la montagne et les portent à Renca ou au Morro, de l'autre côté du massif de San-Luis, pour de là les acheminer sur le Rosario. — On communiqué avec la province de Cordova en doublant la pointe de la sierra à Quinez ; quant aux rap* ports avec les provinces de San-Juan et de la Rioja, ils sont rares, mais peuvent se faire directement par les grandes plaines qui sépa* rent le massif de San-Luis de la chaîne des Andes.

§ XI. — Province de Corrientes.

On ne connaît encore aucun gisement métallique dans la province de Corrientes. — L'industrie minérale s'y borne à l'extraction des calcaires destinés affaire de la chaux, du plâtre, à celle des grès employés aux constructions. — Il y a d'excellentes terres à poteries qui ne sont employées que pour la fabrièation de quelques ustensiles de ménage assez grossiers, tels que^ cruches à eau, plats, marmites, etc. On pourrait, en plusieurs endroits, les employer à faire de la faïence fine.

Nous avons déjà indiqué les lagunes salées du village de Saladas d'où l'on pourrait, au besoin, extraire du sel, ainsi qu'on le fait au Paraguay, à Lambaré, près de l'Assomption.

Dans le territoire des Missions , la sierra qui en traverse la partie nord-est paraît posséder différents gitas minéraux. — Nous en avons parlé (tome I, page 251 et suivantes) en traitant de la structure géologique de la Mésopotamie argentine. — Les grès de La^Cruz et Santo^Tomé ont offert des traces de sulfure de mercure, et de petites quantités de métal coulant ont été rencontrées dans des excavations faites au pied de leurs collines ; cependant aucune recherche sérieuse n*a encore été entreprise à ce sujet. — On affirme que la pe-tite sierra Ùel^-lman^ proche du fleuve Parana, dans le canton de Candelaria, renferme du fer, et que du cuivre a été trouvé dans les envitons de âanta<«Anai Comme ce pays est absolument désert aujourd'hui, pour avoir quelques renseignements vraiment exacts sur les localités, iiotis ne pouvons que nous appuyer sur les récits des anciens mis<^ eiontiaires jésiiites qui administraient le pays. Or aucun ne parle di9 travaux entrepris pour exploiter ces métaux. Leurs Indiens s'occupaient exclusivement d'agriculture ; l'or et l'argent ne servaient ({u'aux objets destinés au culte. Quant aux ustensiles de fer et de

iâ2 liNDUSTRIl!: ARGENTINE. — COMMERCE.

cuivre, il leur était plus facile de les faire venir d'Europe que de les fabriquer eux-mêmes.

Les richesses minérales de la sierra des Missions ne sont donc que soupçonnées. — Ce qui paraît plus probable, c'est qu'elle renferme du charbon de terre, matière plus précieuse que l'or par ses usages, et dont l'exploitation rendra des services immenses dans le haut Uruguay, lorsque la navigation à vapeur y sera établie. Nous avons eu entre les mains des échantillons qui provenaient des environs de San-Javier, et qui étaient de qualité excellente.

Comme la sierra des Missions est d'une constitution géologique analogue à celle des chaînes qui traversent le nord de la province brésilienne de Rio-Grande et celle de Sainte-Catherine, il est trèsprobable qu'elle renferme les mêmes minéraux, c'est-à-dire le fer et le charbon de terre.

§ XII. — Province d'Entre-^Rios.

La province d'Entre-Rios, comme la province de Corrientes proprement dite, n'a point de gîtes métallifères connus, car nous ne voulons pas parler des roches un peu ferrugineuses que l'on trouve sur les bords de l'Uruguay. — Nous connaissons déjà ses calcaires et ses grès (voyez tome I, pages 264 et 266), tous précieux pour l'art des constructions ; mais nous devons insister sur les calcaires coquilliers des environs de Parana, qui donnent lieu à une industrie locale considérable, celle de la fabrication de la chaux.

Un banc calcaire d'une épaisseur variable, superposé à des sables d'origine marine, s'étend, des bourgs de la Victoria et du Diamante, à celui de la Paz, c'est-à-dire dans une longueur de soixante lieues sur la rive gauche du Parana. Ce calcaire, d'une épaisseur variable, renferme de nombreuses coquilles , telles que des huîtres, des venus et quelquefois des ossements de baleine. En certains endroits il a une apparence cristalline, et dans d'autres, et le plus souvent, crayeuse.

Mais, indépendamment de la couche calcaire, tous les dépôts anciens qui composent les berges du fleuve, rangés en strates horizontaux concordants, sont extrêmement intéressants à étudier au point de vue utilitaire, car ils fournissent bon nombre de matières très-employées dans les arts, et qui donnent déjà lieu à des industries diverses importantes. '

En effet, en procédant de haut en bas, on trouve d'abord une couche d'humus dont l'épaisseur varie de 20 à 50 centimètres, puis une

terre sablo-argileuse de couleur violette, en certains endroits, mêlée d'un peu d'oxyde de fer et offrant des traces d'oxyde de manganèse. — On fait avec cette terre une brique excellente.

Sous cette première couche se présente un autre dépôt argileux très-fin , de couleur jaunâtre , et semé de noyaux calcaires à peine visibles. Cette terre fournit des matériaux excellents pour la poterie fine. Elle est excellente pour faire ces vases poreux, dits alcarazas, dans lesquels l'eau se maintient si fraîche, grâce à sa transsudation à travers leurs parois. Elle est également bonne pour la brique et tous les ouvrages relatifs à l'industrie figuline. Sa porosité, qui n'en exclut pas cependant la solidité et la durée, la rendra surtout précieuse pour la construction des tuyaux de drainage.

Sous cette couche d'une épaisseur qui varie de 1 à 4 mètres, se trouve le banc calcaire que nous venons de signaler. Là où il manque, s'étendent des strates d'argile smectique, que l'on peut employer comme terre à foulon, et qui, bien pétrie, donne des carreaux et des dalles de première qualité et supérieurs à tout ce qui vient d'Europe en ce genre, par la dureté et la finesse de leur grain.

Cette glaise précieuse est aujourd'hui exploitée dans plusieurs ateliers qui fournissent de carreaux Parana, Santa-Fé, et commencent à en exporter dans les autres villes du littoral.

Si l'on joint à cette fabrication celle des tuyaux pour les conduites d'eau, celle des tuiles plates et des tuiles creuses, des briques réfractaires , on aura un aperçu des usages auxquels peuvent être employés ces grands dépôts argileux.

Plus bas, des ocres rouges et jaunes abondent et sont employés avec succès pour la peinture à la détrempe, à laquelle on donne du corps et de la solidité avec le suc à' agave americana. — Les veines de marne argileuse, d'une blancheur éblouissante, qui traversent les sables sous-jacents à toutes ces couches, peuvent être employées, concurremment avec les matières précédentes, pour la fabrication d'une faïence très-fine et très-solide à la fois.

Tels sont les avantages que présentent à l'industrie les terres de la ville de Parana et de ses environs, et surtout celles qui composent les berges [harrancas] du grand fleuve de ce nom. On commence seulement à en tirer parti depuis quelques années, et les ateliers qui les mettent en çeuvre s'installent, se développent, et améliorent tous les jours leurs procédés de fabrication. Cette industrie peut donner un jour de grands bénéfices, puisque les carreaux qui viennent d'Europe et servent de lest aux navires se vendent encore 200 francs

454 INDUSTHIE ARGENTINE. — COMMERCE.

le mille; et que les toitures en roseaux [ranchos)^ si sujettes à Tîncefldie, ont besoin d'être remplacées partout par la tuile. — LMntroduction des machines à fabriquer la brique^ les tuiles, les tuyaux, etc., donnera un nouveau développement à ces travaux de première nécessité pour le pays.

Quant à la fabrication de la chaux, c'est l'industrie principale et la plus lucrative encore du canton de Parana. Neuf fours y étaient en activité en 1856, et fournissaient une valeur annuelle de 400,000 fr. environ à l'exportation pour Santa-Fé, Rosario et Buénos-Ayres. — Le calcaire varie un peu dans sa nature, suivant les localités : dans certains endroits il est mêlé d'une assez grande proportion d'alumine et de magnésie, et donne alors une chaux éminemment hydraulique; ailleurs sa texture, presque saccharolde, permet d'en faire une chaux grasse rivale de celle de Cordova.

La calcination de ces calcaires se fait dans des fours qui peuvent contenir de 1,500 à 2,800 hectolitres. Ils n'ont point de grftles, et l'on y dispose les matériaux en formant dans le bas une voûte avec les plus grosses pierres à chaux arc-boutées, et en mettant ensuite un lit alternatif de bois sec, généralement du saule, et des pierres plus petites. Le four une fois bien chargé, on allume le feu par en bas, et on l'entretient quelque temps; puis on mure la porte en ne laissant que des regards pour maintenir le courant d'air, et l'on attend huit ou dix jours, jusqu'à ce que la cuisson soit terminée. La chaux est ensuite extraite, éteinte à moitié, et mise en magasin. — Ce procédé est très-lent, car on ne peut guère faire une fournée que tous les deux mois, tandis qu'en adoptant les fours à feu continu, on simplifierait la besogne, et on épargnerait le temps, tout en obtenant un produit plus considérable au bout de l'année, sans que les dépenses de l'installation nouvelle fussent trop fortes. Cela serait d'autant plus utile que tous les fours actuels ont besoin d'être reconstruits et garnis à l'intérieur de briques réfractaîres au lieu des briques molles et poreuses dont on se sert maintenant, briques qui ne durent point et nécessitent des réparations continuelles, et par conséquent assez Coûteuses.

Cependant, telle qu'elle est aujourd'hui, cette industrie laisse encotte au producteur 50 pour 100 de bénéfice net. Il n'y a pas à craindre non plus que l'offre excède jamais la demande ; tous les matériaux de construction sont constamment en hausse par suite des immenses constructions du littoral, et la voie du fleuve permet de les

exporter rapidement et à des prix raisonnables. Toutes les caleras ( fours à chaux ) sont, en conséquence, installées près de la rive du Rio-Parana, de manière que Ton puisse charger sans frais leurs produits.

On trouve également du calcaire sur la rive droite de l'Uruguay, et on l'exploite à la calei^a d'Espiur et à celle de Barquin, près de la Vuelta de San-José.

C'est aussi en remontant le long de cette rive, à partir du hameau de ce nom, que Ton rencontre, dans le lit de la rivière, des agates, des calcédoines, des cornalines, des quartz-améthystes susceptibles d'être taillés en bijoux d'un beau poli et d'un éclat parfait. Sur les bords des ravins qui s'ouvrent dans les berges du fleuve , on voit ces mêmes minéraux en groupes assez volumineux et offrant des cristallisations fort remarquables. On en a fait des envois en Europe, où ces belles pièces sont employées avec avantage dans la grosse bijouterie et l'ornement. Le cristal de roche et l'améthyste qu'on recueille dans ces localités sont réellement superbes, et y donnent les plus beaux échantillons du monde, au point de vue de la cristallisation.

§ XIII. — Province de Santa-Fé.

Cette province n'a aucun gîte métallique connu. Son sol d'ailleurs est formé par les alluvions anciennes qui ont constitué le terrain pampéen, et n'offre que de la terre à brique et à poterie. — On pourrait y récolter du sel, soit dans la lagune salée qui touche presque à la ville, soit vers le nord, dans les ruisseaux salés [saladillos) qui s'y déversent; mais le commerce étranger l'on fournit abondamment et à bas prix. — La richesse du sol, au point de vue agricole, l'abondance des bois, Texcellence des pâturages pour l'élève du bétail, compensent largement pour Santa-Fé sa pauvreté en matières minérales.

§ XrV. — Province de Buénos-Ayres.

La province de Buénos-Ayres possède un sol analogue à celui de Santa-Fé, excepté vers le sud, où les chaînes du Tandil , de Tapalquen, du Vulcan, de Cuamini, et de la Ventana, constituent deux systèmes d'une structure et d'une formation toutes différentes do celle du reste des terrains de la province. (Voyez tome I, pages234 et 278.)

Dans la région pampéenne on ne trouve pas une pierre ; les seules matières minérales utiles y sont une bonne terre argileuse pour la fabrication des briques, et le sel que Ton peut récolter dans les nombreuses lagunes salées qui avoisinent le territoire indien. — L'une de ces lagunes, celle de las Satinas Grandes^ située par 37** 13' de latitude sud et ôS"" 34' de longitude est, et à cent \ingt lieues de Buénos-Ayres, était, sous la domination espagnole, l'objet d'expéditions régulières pour y aller chercher le sel qui cristallise sur ses bords. Depuis que le commerce étranger en fournit abondamment le pays, ces expéditions fatigantes et coûteuses sont devenues inutiles, et ce n'est que lorsque le sud-ouest de la province se sera peuplé qu'il y aura avantage à reprendre cette exploitation.

Quant aux montagnes du sud, elles n'ont été encore l'objet d'aucune reconnaissance scientifique complète. On sait seulement qu'elles sont composées de roches métamorphiques et que les quartz y abondent. Il n'y aurait donc rien d'étonnant qu'on y trouvât Tor, l'argent, le cuivre, le plomb, enfin les matières métalliques si répandues dans le massif central de Cordova et de San-Luis, avec lequel leur structure géologique établit tant de rapports.

§ XV. — Exploitation des mines du territoire argentin. — Législation minière, — Coup d'œil sur la production des n^taiiœ précieux dans V Amérique du Sud et ailleurs.

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