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sence de gens spéciaux a été quelquefois aussi la cause que, dans le principe, plusieurs travaux ont été dirigés avec plus de zèle que de savoir, et qu'il a fallu plus tard y revenir pour les rendre plus praticables et plus complets , et en augmenter le rendement par l'introduction de meilleures méthodes.
Il serait à désirer que les entrepreneurs d'exploitations minières se rendissent plus exactement compte d'avance de l'étendue des travaux à accomplir, des installations à faire, des capitaux à employer, puiir ne pas s'engager à la légère dans des opérations qui sont toujours aléatoires à un certain degré, quelque belle apparence qu'offrent les filons dans le commencement. Il est vrai que cette sorte de hasard est ce qui passionne si généralement les mineurs, et qu'il est rare que ceux qui se sont mis une fois dans cette industrie l'abandonnent, quelles que soient les fortunes qu'ils y acquièrent. C'est ainsi que l'on cite, au Mexique, des mineurs tour à tour riches et ruinés à plusieurs reprises, et qui, jusqu'à la fin de leur vie, ont voulu courir les chances de ce jeu qui les absorbait. Ces exemples se sont fréquemment reproduits au Pérou et au Chili.
Dans un pays comme la Confédération argentine, où les fortunes sont assez disséminées, où il n'y a guère de nationaux capitalistes, où l'on est encore peu habitué, peu hardi aux spéculations, il est rare qu'une personne aille hasarder tout son avoir dans une opération qui exige ordinairement une avance de fonds assez considérable avant de rien rapporter : telle est la mise en valeur d'une mine. — L'organisation de compagnies pour des entreprises de ce genre est donc le tùoyen le plus sûr et le plus pratique d'arriver à développer l'industrie des mines. En effet, tel actionnaire qui peut bien aventurer mille piastres pour une opération susceptible , comme toute affaire de commerce^ de bien ou mal réussir, n'y risquera pas, le plus souvent, sa fortune entière. On commence ici à comprendre les bénéfices de l'association à ce pohit de vue, et la plupart des exploitations établies aujourd'hui le sont dans ces conditions. Ce qui manque, c'est que les compagnies soient plus nombreuses, plus entreprenantes, et qu'elles mettent un peu plus de largeur dans l'organisation de leurs travaux.
Souvent les contre-maîtres et les ouvriers étrangers sont rebutés par l'exiguïté des salaires, le mauvais état des logements, l'insuffisance et la grossièreté de la nourriture ; ils n'ont ni la frugalité ni la patience de l'ouvrier des Andes, qui supporte avec une insouciance parfaite la vie rude des cantons miniers. -^ Sous ce rapport, l'instal-
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latioD des travaux à Chafiarcillo peut servir de modèle, qu'il s'agisse de la position faite aux directeurs-administrateurs des mines, comme du régime imposé aux ouvriers et des soins dont ils sont Tobjet. Là, des ingénieurs capables et instruits ont, non-seulement un traitement convenable, mais encore im intérêt dans les bénéfices de l'exploitation, et sont, en conséquence, fortement excités à ne rien négliger pour son succès. Les travaux s(mt conduits selon les meilleures méthodes ; des plans exacts en sont tracés et se complètent chaque jour au fur et à mesure de leur développement. Une comptabilité rigide et toujours claire tient en tout temps les actionnaires au courant de la situation de l'entreprise .
Quant aux usines, même intelligence dans leur construction et leur organisation; elles rappellent, sous ce rapport, les plus beaux établissements d'Europe, et font honneur à l'esprit pratique des Chiliens.
Or ce que les Chiliens ont fait , les Argentins peuvent bien le faire; ils ont les mêmes minerais , ils ont des cours d'eau aussi puis* sants, et si, dans la région orientale des Andes, les communications avec la mer ne sont pas aussi aisées que sur l'autre versant, par compensation les approvisionnements y sont plus faciles , et le prix de la main-d'œuvre moins élevé. Pour les métaux précieux, tels que l'or et l'argent , et même pour le cuivre , les frais de transport sont insignifiants ou médiocres, eu égard à la valeur du produit qui doit être exporté, il n'y a donc là nul empêchement sérieux à l'accroisse* ment de l'industrie minière.
Ce qu'il faut, pour que l'exploitation des mines argentines réalise promptement la prospérité à laquelle elle doit atteindre un jour, c'est que, indépendanunent du concours des capitaux et de l'af* fluencé des bras dont nous avons signalé la nécessité, l'éducation de la jeunesse des départements miniers soit dirigée vers cette industrie.
n faut que l'on s'y instruise des arts qui s'y rapportent, et que l'on y forme, avec le temps, une pépinière d'hommes pratiques, capables de s'occuper avec fruit de la mise en valeur des minerais de leurs montagnes. L'étude des sciences physiques et mathématiques, celles du dessin linéaire, sont de toute nécessité aujourd'hui, et il est urgent que l'enseignement en soit obligatoire dans les grands établissements d'instruction nationale , à l'Université de Cordova, point le plus rapproché des régions minières. Il faut convier l'esprit et l'attention des jeunes gens au spectacle de l'industrie moderne et
INDtSTHIfc: MlMKHfc:. — LÉGISLATION. if>l
des raei'veilles qu'elle accomplit , pour qu'ils cherchent un jour à en réaliser quelque chose dans leur patrie (1).
LiGISLATIOH MimiRE.
Les ihiues sout soumises à des règlements particuliers qui dérivent tous de l'ordonnance du roi d'Espagne Charles III , en date du 22 mai 1783, et coutre-siguée Galvez (2). Cette ordonnance, s'appliquant principalement aux mines du Mexique, a été appelée COrdaii'mnce de Mexico. — Ses dispositions ont été rendues obligatoires par décret du congrès national constituant (décembre 1853), qui confirme le titre X des statuts de l'organisation des finances et du crédit public, ainsi conçu :
Art. I. — M Jusqu'à ce que le congrès édicté le code des mines,
(1) Les eiLpkMUtiolis de mines actuelles appartiennent tantôt à un seul propriétaire, c'e»t le cas le pins rare, tantôt à plusieurs , tantôt enfin à de véritables compagnies. — Dans le second cas, la mine, suivant une ancienne coutume espagnole, est divisée eu «ingt-quatre biires (harnu), c*est-à-dire en ^ingt-quatre portions, qui toutes sout aliénables, de telle sorte que chacun possède une, deux, trois, quatre, si\, etc. barres, ou mieui, portions de h mine.
Un directeur de travaux (oÂmimUtraJor) conduit IVxploitation ; il a sous lui un ou plusirars contre-roaitres ( eapataees), Ceus-ci dirigent les mineurs qui creusent les galerie» à la pomteroUc et à la poudre ( ^arrêteras], et les mamru%res f apires), qui chargent le minerai dtns une hotte de cuir ( capachc) et le portent en dehors de la mine.
Le puits d'extraction, perpendiculaire, se nomme piéfue^tormo i puits-treuil ), parce qu^mi Ucnil, mû tantôt à bras, tantôt par drs chenaux, en extrait le minerai dans des seaux.
Les galeries horiiontales portent le nom de fronton, et .celui de socahon lonqu'eilcs doi- ^ml servir i réconlencnt des eaux.
On Ici appelle clufUm lorsqu'elles sont obliques et praticalilr« à l'aide de nuu'clies grossieinncnt tailléca dans h roche. Los planes ou les parties planes sont le f«md de la mine.
On entend par rtspaldo les parois des galeries opposée» a une autre ^lerie. Manto nX une iorte de chamlire ot'i de nombreux filons s'épaor^mit-ut. Pantin est le massif de la montagne que l'on juge traversé par de noml*reiues veines rorfailiquei qui «*f croisent on divers sens el en ionacnt une sorte de gâteau mioéral. Placer s'entend principalement de^ U«a^ ^*^ M de ptatiae. Ce mot ea peu usité dans la Confédération. On Fv remplace par le BMit la^ nadSffo, lava^.
Lorsipi'ane mine est en plein rapport, on la dit /"/z hmefuio, en bénéiice. Lorwfn'an roU' traire elle ne donne plus rien, elle est en hroceo^ en rapport nul. Le eaîeadnr est le cherclvaff de mina; le pU^mmero, celui qui ne fût qu'exploiter un filon snpeifii ielleiiigut et Vaha»* doHK sans péaétrer pins avant. — Vovez d'ailleurs au vocabokire, loime III.
^t) Voy. : Oniemanzoâ de mineria y eoleeion de Ioj ordenes, y decreU>^ -fo^re eUa mmie^ r'm ptMeriares à sa pahlicacion ; a las que tan agregOéloA la* refor^^s de ^ât^ u^n êOACtp'
Met aigmâtoê de lot artiemlo* rigentet de lat mhmnt ordenmnmt. PvÎa. \%'Ji ,
Ubnirif de Ban H Irmrrt.
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«c les ordounancefi de Mexico seront en vigueur dans la Confédém^ (( lion, en tout ce qui ne déroge pas à la présente loi.
Art. II. — tt II est entendu par mine, l'exploitation du terrain pa-^ c( le moyen d'excavations superficielles ou souterraines pour extrair**" (( les pierres précieuses ou toute substance minérale réductible e^* « métal. Par conséquent ne sont pas compris dans le m6t mines^ tt les carrières, les salines, les terres argileuses ou de couleur, le-^^ « marbres, les pierres siliceuses, les soufres, etc.
Art. III. — - a Les lavages d'or sont compris dans les mines et « ront sujets aux mêmes règles.
Art. lY. — a Chaque mine comprendra la superficie de terrain il « diquée dans Tordonnance.
Art. V. — « Toute personne ou association de personnes est apt c( à dénoncer et travailler les mines.
Art. VI. — tt Le nombre des propriétés minières contiguês ou ù <c parées qu'une personne ou une société peut posséder n'est pas 1m - « mité, mais chacune des concessions aura son titre de propriété.
Art. VIL •— « Tout titre de propriété minière doit être consigna « sur le registre des mines de l'administration correspondante de Li « Banque^ les titres antérieurs à cette loi, dans le délai de cent qua- « tre-vingts jours à compter de celui de l'établissement de la Ban- (( que, et ceux postérieurs, dans les quatre-vingt-dix jours qui wii- « vront l'obtention de la propriété de la mine.
Art. VIII. — « L'administration de la Banque ouvrira un registre (( des mines, sur lequel on inscrira : le nom du propriétaire, le « genre de minéral, le lieu, le cours ou la direction du filon métallique, (( la date du titre de propriété délivré et celle de son enregistrement. i( Ou inscrira encore sur le titre une déclaration qui constatera qu'il (( a été enregistré à tel folio, telle date, et que la contribution indi^ « quée par l'article suivant a été payée.
Art. IX. — 'tt Toute mine, avec ou sans travaux, en exploîtatioû ou tt non, pourvu qu'elle soit possédée, payera une contribution annuelle tt de 20 piastres (100 francs). Cette contribution devra se verser di» « les trois pi*emiers mois de Tannée, à compter de l'établissement de « la Banque , au bureau d'enregistrement des mines» La contribu- « tion de âO piastt'es , solde des mines acquises^ de Tobtentioa du et titre de propriété^ se payera pour l'année entière, quels que soient tt le mois dans lequel la mine ait été obtenue et l'époque de Tins^ <t crîption.
Art. X; — « Les propriétaires de mines qui ne payeront pas to
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boniributions désignées quatre-yingt-dix jours après Tépoque fixée pour reuregistrement et le payement abandonnent par ce fait leur propriété et elle pourra être dénoncée par un tiers, dans les termes le Tordonnance (celle de Mexico).
\rt. XI. — « Le titre de propriété d'une mine n'est pas valable i^il n'a pas été enregistré, ou si la contribution n'a pas été payée. »
Une loi complémentaire, du ^*' décembre 18S4, déclara les mines charbon de terre comprises dans l'article I du titre X des statuts I finances.
Plus tard, en date du 1*' août 18{SS, le congrès, voulant favoriser idustrie minière, vota la loi suivante :
Art. I. — <x Est libre de droits l'exportation des métaux de toute espèce à Tétat de minerai, de pâte [pasta)^ de lingot ou de monnaie.
Art. II. — « Est également libre de droits l'importation des briques réfractaires ou infusibles, du mercure, des machines, des ap* pareils complets et outils destinés à l'exploitation des mines et à la fonte des minerais.
Art. III. — ik En conséquence, il est dérogé à toutes les dispositions des statuts de finances et crédit qui s'opposent à la présente loi. »
L*ordonnance de Mexico est extrêmement détaillée, et il serait im- )ssible d^eu donner une analyse sans entrer dans de longs détails li appartiennent plutôt à un ouvrage spécial qu'à une géographie «criptive et statistique. — Nous n'en résumerons que quelques LTties. — Disons seulement que cette ordonnance est un code com« et, qui a tout prévu et qui, dans presque toutes ses dispositions, est oinemment favorable à l'industrie qu'il est chargé de réglementer!
Une des parties les plus importantes de ce code est celle qui a trait rinstitution des juges de mines (/Wj de minas) ^ magistrature émismment utile et qui a été conservée dans la Confédération, dans le it de prévenir les contestations qui ont si souvent lieu au sujet de
propriété des mines et de leurs limites. — Les juges des mines ot nommés par les mineurs eux-mêmes et confirmés par Fautorité eale; au besoin ils sont assistés d'une sorte de jury formé parles încipaux propriétaires de mines^
L'intervention des avocats est absolument interdite (titre III^ art. 5) I cette matière. Dans les contestations dont le sujet n'est pas d'une
valeur au-dessus de 200 piastres (iOOO fraucs), tout doit se faire verbalement entre les parties et le juge. Si les valeurs eu litige sont estimées dépasser cette somme, les parties peuvent exposer par écrit leurs observations, mais à la condition qu'elles ne seront point rédigées par des avocats, la loi voulant les exclure de toute ingérance en ces sortes d'affaires aân d'amener plus vite un arrangement euti*e les parties. Aussi les procès de mines ne durent-ils guère longtemps et se règleiit généralement à Tamiable, le juge et ses assesseurs n'ayant rien tant à cœur que de terminer au plus vite les différends.
Les difficultés qui surviennent le plus souvent entre les mineurs sont de deux sortes : les unes relatives à l'étendue des concessions minières, les autres à la validité de leur propriété. — Dans le premier cas, il peut arriver que deux voisins empiètent l'un sur Tautre dans leurs galeries souterraines, poussés à la poursuite des filons métallifères. Ce cas s'est souvent présenté à Chaûarcillo, et il n'est pas rare que l'empiétement ait lieu de bonne foi, parce que l'on se trompe sur l'évaluation du chemin souterrain qui a été parcouru. Une expertise faite par des ingénieurs habiles munis de bons instruments peut rétablir facilement les limites légales de chaque propriété, et ici la sentence n'est pas difficile.
Dans le second cas, la constatation du droit est moins aisée, car tour à tour des mines sont reprises ou abandonnées, et l'on ne sait pas toujours comment et depuis combien de temps cet abandon a eu lieu, les déclarations et les témoignages à ce sujet étant plus d'une fois contradictoires.
En effet, la loi établit (titre V) que les gîtes minéraux sont la propriété de l'État, qui peut les céder à des particuliers pour les exploiter en toute liberté, les posséder et les transmetti*e par tente, cession ou héritage , mais sous certaines conditions qui sont : une contribution au fisc et la mise en valeur, l'exploitation desdits minerais. L'État en conserve donc toujours la juridiction et la propriété première.
En conséquence , tout individu qui fait la découverte d'une mine et la dénonce a le droit d'être mis en possession de cette mine sous les conditions ci-dessus énoncées. S'il l'abandonne, elle retombe dans le domaine de l'Etat, lequel, à son tour, reprend le droit de la concéder à un autre. — Lorsque l'on dénonce une mine abandonnée, une enquête est faite par les soins du juez de minas^ et si, dans les trois mois qui suivent l'inscription du dénonçant , aucune réclamation n'est adressée par les anciens possesseurs, celui-ci leur est substitué eh toute forme.