‹ Description géographique et statistique de la confédération Argentine (volume 2)Chapitre 167 sur 285 · L'AMÉRIQUE ESPAGNOLE ET PORTUGAISE · texte numérisé non relu

L'AMÉRIQUE ESPAGNOLE ET PORTUGAISE

La production des métaux précieux dans le Nouveau Monde a été et est encore aujourd'hui un fait si remarquable, si important dans l'économie socisJe et politique du globe entier, qu'il ne nous parait pas inutile d'en dire quelques mots. — Nous venons de traiter du rendement actuel des mines de la Confédération argentine et de leur avenir; la quantité déjà considérable des gisements aurifères et argentifères découverts dans cette vaste région de l'Amérique du Sud nous permet de croire que le nombre s'en augmentera encore^

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et que, leur exploitation se réalisant, cette production viendra un jour à entrer pour des sommes très-fortes dans le chiffre total des valeurs métalliques livrées à la circulation générale. Un coup d'œil sur ce qui s'est passé depuis trois siècles et demi dans TAmérique espagnole et portugaise nous confirmera dans cette opinion.

Lorsque les Espagnols découvrirent TAménque, ils trouvèrent chez les indigènes la connaissance de quelques métaux. Ainsi les habitants de TUe de Haïti, pour se fabriquer des parures, se servaient de For ramassé dans les toiTents de la chaîne de Cibao. Au .Mexique, les Aztèques connaissaient Tor, l'argent, le cuivre, et même, d'après Certes, le plomb, Tétain et le mercure, quoiqu'ils fissent à peine usage de ces derniers métaux. Il en était de même au Pérou, chez les Quichuas. Enfin les indigènes de la Plata, bien que fort éloignés de la région des Andes, avaient une idée des métaux brillants qu'on y recueillait, puisque les Indiens Guaranis que rencontra Cabot en 1827, dans le fleuve Parana, portaient des ornements d'argent dont ils lui firent cadeau, et que de cette aventure le fleuve de la Plata prit son nom (en espagnol, plata veut dire argent; Rio^e-lorPlata^ rivière de l'argent). Comme la région des fleuves ne produit point de métaux, il était évident que ces bijoux leur venaient du côté de l'Ouest ; c'est, d'ailleurs, ce qu'ils cherchèrent à faire comprendre au navigateur européen.

Dans l'Amérique, comme dans le reste du globe, la connaissance de l'or dut précéder celle des autres métaux. — En effet, ce métal est presque le seul qui se rencontre à l'état .de pureté dans la nature : sa couleur brillante le trahit facilement au milieu des sables qui le renferment; sa fusion n'est pas très-difficile; il est éminemment malléable et assez tenace. Son exploitation dut donc être une des premières industries humaines, puisqu'il ne s'agissait que de le ramasser dans les lits des ruisseaux et des torrents où il était disséminé. C'est ainsi que son origine se perd dans la nuit des temps, et que les premières notions historiques sur la race humaine réunie en société nous la montrent en possession de ce métal. Il fut de très* bonne heure un signe représentatif de la valeur des échanges, et, avec le temps, la monnaie fut inventée.

L'argent entra plus tard dans la circulation métallique, et il parait que, dans le principe, sa valeur fut regardée comme égale sinon supérieure à celle de l'ori Son extraction demandait des pro-

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