COMMERCE ACTUEL. — ENTREPOT. — TRANSIT
Durant le temps de sa séparation du reste de la Confédération, Buenos- Ayres a eu un tarif analogue au précédent, et la nouvelle loi de douane de 1861 les mettra tous les deux en harmonie. — Le tarif . de la Bande-Orientale est établi à peu près sur les mêmes principes et se rapproche beaucoup des deux autres, cependant il est un peu plus élevé pour certains articles (1).
Entrepôt. — Pour faciliter le commerce, on a accordé aux douanes principales le droit d'entrepôt [deposito). Buenos- Ayres et Montevideo ont de grands magasins à cet effet. Le gouvernement de la Confédération en a fait établir de pareils à Rosario. En outre, il a étendu le droit d'entrepôt aux ports de Santa-Fé, Parana, Gorrientes, Gualeguaychu, l'Uruguay et la Concordia. — Les marchaûdises déposées ainsi payent généralement, pour magasinage, 1/8 pour 100 par mois de leur valeur, ce qui met ce droit à 1 1/2 pour 100 Fan. — En outre on paye en sus la moitié de ce même droit à titre A'eslinffoje (ce mot n'a pas d'équivalent en français) pour Tentretien des bâtiments et magasins : c'est donc en tout 2 1/4 pour 100 l'an, ou 3/16 pour 100 par mois.
Transit. — Ce système est adopté également à l'effet de permettre le transit qui se fait suivant des règlements ad hoc, qui sont généralement rédigés dans un esprit de libéralité remarquable. Sous ce rapport, ceux delà douane de Buénos-Ayres peuvent servir de modèle- La loi du 17 juillet 1833, dans la Confédération, autorise le dépôt pendant deux années pour un même objet. Les droits d'entrée ne se payent qu'à mesure qu'on enlève les marchandises pour les mettre dans la circulation.
Contrebande. — Elle se fait beaucoup moins qu'autrefois, car, les tarifs ayant été abaissés, il y a moins d'avantages à se li\Ter à cette opération illicite ; les frais qui en résulteraient pour les débarquements en fraude seraient alors considérables. Depuis le traité avec le Chili , elle n'a plus de but à être faite par terre ; c'est donc plutôt par de fausses déclarations ou la connivence des employés qu'elle pourrait avoir lieu. Ce fait est heureusement rare aujourd'hui, et le devient de plus en plus à mesure que l'administration du pays se perfectionne. — La loi punit ces délits par la saisie desdites marchandises et de très-fortes amendes.
(f ) Voyez le Comentario de la ley de aduana o guia del comerciante, Louis Bfalhîeuy Pims, 1863. ReDSQgnements sur les douanes et le commerce de Montevideo.
Nous savons donc maintenant sur quelles bases repose le commerce extérieur de la Confédération argentine. Ce commerce a décuplé depuis le temps d' Azara, c'est-à-dire en soixante années ; et tout porte à croire que cette marche ascendante ne se ralentira pas.
ARTICLES d'importation ET PRINCIPAUX PAYS d'BXPÉDITION,
Les pays avec lesquels le bassin de la Plata, et en particulier la Confédération argentine, font le plus d'affaires, peuvent se classer dans Tordre suivant :
Angleterre. — Etoffes communes de laiîie et de coton, grosse quincaillerie et coutellerie, fer en barres, en plaques, machines, charbon de terre, sucre raffiné, bière, etc., etc.
Le commerce de TAngleterre a toujours été le plus considérable dans la Plata, mais proportionnellement il a moins augmenté que celui des autres nations. En effet, dans les premiers temps de Tindépendance elle monopolisa, pour ainsi dire, le commerce de .la Plata et des autres pays hispano-américains. Ses marchandises s'adressaient aux premiers besoins et étaient à bon marché; elles furent demandées tout d'abord. A mesure que ces besoins étaient satisfaits, la production du pays s'accroissait également, et sa valeur augmentait beaucoup sur les marchés d'Europe; on devint bientôt plus exigeant sur la qualité des objets d'importation, et le luxe se répandit. Alors les articles français furent très-recherchés sur la place.
France. — Étoffes fines, soieries, calicots, draps ; vêtements confectionnés, mercerie, modes; articles de Paris, quincaillerie fine, vaisselle, meubles, librairie, gravures et lithographies, objets d'art; bijoux de luxe, bijouterie en doublé, etc. — ^Vins, liqueurs, conserves fines, etc., etc. — Le commerce français a grandi considérablement dans la Plata, surtout depuis l'exposition universelle de 1851, qui a •proclamé partout Texcellence de l'industrie française. Cela est si vrai que l'Angleterre et TAllemagne font aujourd'hui la contrefaçon de tous les articles de sa fabrication, les plient, les habillent avec des étiquettes françaises, et les font passer comme venant directement de Paris. — Ce qu'il y a de singulier, c'est qu'à Paris on fait aujourd'hui la même chose pour une foule d'objets que Ton dit venir d'Angleterre, la mode étant de préférer certains produits étrangers à ceux de la fabrication nationale parce qu'on se les imagine meilleurs. — Dans toute l'Amérique du Sud, il est plus que jamais de bon goût de ne demander que l'article de Paris, et, pour vendre, les marchands