‹ Description géographique et statistique de la confédération Argentine (volume 2)Chapitre 187 sur 285 · COMMERCE ACTUEL. — ARTICLES ET PAYS D'IMPORTATION · texte numérisé non relu

COMMERCE ACTUEL. — ARTICLES ET PAYS D'IMPORTATION

se conforment naturellement aux désirs de leurs clients. — Le véritable article français est généralement plus cher que celui des autres fabriques, mais il a Tavantage de durer bien davantage, et devient, au demeurant, plus économique; aussi les gens du pays, môme dans Tintérieur, commencent- ils à en savoir faire la différence et à le préférer à tous les autres.

Une branche de commerce, ' qui doit être mentionnée à part, est celle du vin de Bordeaux, dont la consommation a augmenté depuis vingt années d'une manière extraordinaire. Elle était de 1,S00 barriques par mois à Montevideo en 1842, elle n'est pas moindre aujourd'hui à Buénos-Ayres ; tous les Français et la plupart des étrangers ne consomment pas d'autre vin. — Le port de Cette envoie également un grand nombre de vins de toute espèce. On sait que cette ville opère principalement sur ceux du midi. Avant 1854, époque à laquelle a commencé Voidium^ les vins de France étaient à très-bas prix dans la Plata; on payait 110 à 120 francs la barrique de 250 litres, tous droits payés. Ce prix a triplé aujourd'hui , et encore le vin vendu au détail est-il le plus souvent mauvais, grâce aux différentes manipulations qu'il subit après son arrivée, avant d'être livré au commerce. — Cette cherté des vins d'Europe peut devenir une circonstance avantageuse pour mettre à la mode , dans la Plata, les vins des Andes, qui ne seraient pas plus chers et vaudraient mieux.

États-Unis. — Le commerce de l'Amérique du Nord a beaucoup augmenté aussi depuis 1831 . — Ce sont des tissus de coton, des toiles à voile, des planches de sapin, de la quincaillerie, tous articles similaires de la production anglaise ; des instruments aratoires, des machines, des chaises et fauteuils, du sucre rafliné, des farines, du riz, des bougies de spermaceti, des salaisons, du tabac, etc., etc. Les États de l'Union exportent de la Plata plus de matières premières qu'ils n'y importent d'objets manufacturés.

Espagne. — Si l'Espagne avait reconnu à temps l'indépendance de ses colonies, son commerce serait resté ce qu'est aujourd'hui le commercé du Portugal au Brésil, c'est-à-dire, sinon le premier de tous, au moins un des principaux. De 1810 à 1830, les Platéens ont pris d'autres goûts, d'autres habitudes, et l'Espagne, malgré le grand nombre de ses nationaux qui habitent le pays, ne vient qu'au quatrième rang. — Elle importe dans la Plata, des vins, des alcools, de l'huile, des fruits secs, les soieries de Malaga, etc., etc. — Sa colonie de Cuba y apporte du sucre, du café, et de la caûa (rhum, tafia), en échange de la viande salée [carne seca) dont elle nourrit ses noirs.

Le Brésil — expédie à la Plata du sucre , du café, de la caAa, de la farine de manioc, du lard salé {tocino)^ du tabac noir de Bahia, des fruits conâts, des fruits frais, tels que des oranges, des ananas, des bananes. Il envoie de la yerba-maté des Missions et de Paranagua, des bois de construction etd'ébénisterie. — Comme la Havane, TEmpire reçoit en échange de la viande sèche pour ses noirs.

L'Italie — fournit des vins, des liqueiu^ des huiles, des pâtes, telles que macaroni et vermicelle, des fruits secs, du soufre, des marbres fins en carreaux, cheminées, pierres tumulaires, etc., etc.

L'Allemagne — expédie par Hambourg des meubles , des étoffes de laine et de coton, des armes, de la coutellerie , de la quincaillerie, des viandes fumées, de la vaisselle, des cristaux, des cigares, et beaucoup d'articles similaires des industries^ française et anglaise.

La Belgique — fournit du fer, des armes de guerre et de luxe, fusils, pistolets, canons môme, sabres, épées, etc., des dentelles, des bas de coton et de laine, de la mercerie, etc., etc.

La Hollande — donne ses fromages et surtout son genièvre, dont il est fait une grande consommation dans les campagnes.

Les PORTS de la Baltique — envoient du bois, des agrès, du goudron, du fer, tout ce qui est nécessaire à la construction et à la réparation des navires.

La Suisse — donne des articles analogues à ceux de France : étoffes de soie et de coton, rubans, montres, etc., etc.

On comprend que nous ne fassions ici qu'une énumération trèssuccincte des principaux objets d'importation dans la Plata, car le nombre en est infini^ puisqu'il embrasse tous les produits de l'industrie humaine.

Valeur des importations. — M. Parish évalue en moyenne aux chiffres suivants les importations à Buénos-Ayres à deux époques, 1S25 et 1830, séparées l'une de l'autre par un quart de siècle.

année 1825:

Importations de la Graride-Bretagiie , 20,000,000

— de France ^ 2,750,000

— du nord de TEurope 2,125,000

— de Gibraltar, de l'Espagne et de la Méditerranée.. . 2,875,000^

— des États-Unis 4,500^,000

— du Brésit. , 4,75O,0O(>

— de ta Havane 2,1 25,000

TOTiJ. 39, 125,000

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