COMMERCE AVEC LES PAYS SUD-AMERICAINS
fleuves au fur et mesure des besoins. Lorsque la consommation des provinces à l'ouest du Parana aura augmenté avec leur population, il yauraavantage à aller directement d'Europe, du Brésil, ou des Etats- Unis, au Rosario ; alors aussi des remorqueurs à vapeur faciliteront la remonte des navires, non-seulement dans les fleuves, mais encore dans l'estuaire de la Plata, où les vents et les courants rendent la navigation ordinaire toujours lente et quelquefois périlleuse.
Commerce de la Confédération argentine avec l'État oriental de r Uruguay. — Le commerce entre la Confédération et la Bande- Orientale est naturellement presque nul, puisque les deux pays ont des produits similaires. — Toutefois Montevideo envoie du poisson .de mer, des fruits, des moutons gras à Buenos- Ayres ; ces deux villes échangent entre elles des articles de fabrication européenne qui peuvent manquer sur l'une des deux places. Tour à tour elles ont monopolisé le commerce de l'une et de l'autre pendant les guerres et les blocus qu'elles ont supportés.
Commerce avec le Brésil par la voie fluviale. — Les relations • commerciales avec le Brésil par le Rio-Uruguay se bornent à l'importation de la yerba-maté des Missions, dont le principal dépôt est à Itaquy, dans le haut Uruguay, et que le cabotage de ce fleuve apporte au Salto par la Bande-Orientale, et à laConcordia pour l'Entre- Rios et le reste de la Confédération.
Commerce cf^vec le Paraguay. — Le Paraguay envoie à Buénos- Ayres près de 200,000 arrobes de yerba-maté, du tabac et des bois de construction. Il en expédie également à Montevideo, mais en moindre quantité. La balance commerciale est tout à fait en sa faveur, car il exporte infiniment plus qu'il n'importe. — Le gouvernement de cet État, ayant monopolisé presque tout et étant en réalité l'unique négociant, fait des bénéfices immenses, commerce directement avec l'Europe à l'aide de ses vapeurs, et ne dédaigne pas non plus des opérations commerciales dans les grands ports de la Plata.
Ce pays offre le phénomène d'une administration fabuleusement riche pendant que le reste de la nation est, sinon dans la misère, du moins dans une véritable pauvreté. La vente de la yerba est une source de bénéfices nets, puisque l'administration l'achète une piastre au producteur, et la livre au prix de six à neuf sur le
Ô18 INDUSTRIE AHGEMINI;:. - COMMERCE.
paarché de Buénos-Ayres. Il en résulte donc que maintenant^ comme du temps d'Azara, le Paraguay vend plus qu'il n'achète.
Commerce par terre avec le Chili. — Le commerce de la Confédération argentine avec le Chili est beaucoup plus important par la voie de terre que par celle de mer. Toutes les provinces andines importent dans cette république le bétail en pied, qui est vendu généralement deux onces d'or de l'autre côté de la Cordillière. (Voyez tome I, page 218.) On y mène également des moutons, des chevaux, et surtout des mulets. Les animaux de charge y portent du savon, des fruits secs, du cuivre, ils en rapportent des objets manufacturés d'Europe, qui passent en transit à Valparaiso et acquittent les droits ordinaires d'entrée aux douanes argentineç. — L'ensemble des opé-r rations commerciales par terre, entre les deux Etats, monte à plus de 6 millions de francs. — Nous verrons dans le livre suivant quelles sont les routes suivies par les caravanes pour franchir la barrière des Andes. Nous avons d'ailleurs déjà indiqué les principaux passages (tome I, page 192 et suivantes).
Commerce avec la Bolivie, — Le commerce avec la Bolivie comprend, comme celui du Chili, le bétail en pied, mais de plus du maïs, du sel, 4^ la viande et du poisson séché, des bois de menuiserie. On en rapporte de la coca et dej^ espèces. Par la Cordillère del Agxia ealiente et Cobija^ on importe des objets de manufacture européenne, qui, comme à Valparaiso, passent en transit.
Commerce 4es provinces entre elles. — Le commerce intérieur ou de$ provinces entre elles est assez considérable, nous l'avons déjà Indiqué h, l'occasion, en parlant des produits divers du sol, nous ne ferons que les récapituler : — Corrientes exporte des oranges, des bois de construction, un peu de coton, du tabac et de l'amidon pour le§ %utfe^ parties du littoral. — L'Entre-Rios vend de la chaux et des carreaux, des cuirs tannés, des poteaux de nandubay pour parcs à bétail,^ du bois de chauffage, etc., etc.; — Santa-Fé,des oranges, du charbon de bois ; elle construit des roues de charrette et des eittbarcatiops. — Cordova expédie sa chaux àRosario; elle tisse des «ouvertures {frazadas)^ des tapis de cheval (Jergas). — Santiago-del-Estero fait des ponchos, des broderies ; il recueille du miel d'abeilles et commence à produire du sucre. — Tucuman vend du sucre à Santiago, à Catamarca et à Salta. Il envoie des bois de menuiserie et