ANIMAUX SAUVAGES. — OISEAUX. — GALLINACÉS
qu'eu plaine, où on la voit courir sur le gazon en poussant un petit sifflement très -doux, alors surtout que l'herbe recommence à pousser après l'incendie des prés. Les habitants de la campagne le ehîissent au roseau {à la cana) , c'est-à-dire qu'ils placent un nœud coulautencrinauboutd'un petit bambou, et que, poussant leur cheval en rond dès qu'ils voient une de ces perdrix, ils l'enferment dans une série de cercles de plus en plus rapprochés. L'oiseau, n'osant pas s'envoler, se tapit contre une touffe d'herbe ; le chasseur, sans arrêter son che\al, allonge doucement son roseau, d'où pend le lacet fatal qu'il jette au cou de la perdrix, et qu'il enlève d'un seul coup comme s'il péchait un poisson. En peu de temps des hommes exercés à cette manœuvre en rassemblent un grand nombre. C'est ainsi que les marchés de Montevideo, de Buenos- Ayres, Rosario, etc., sont toujours abondamment fournis de ce gibier : on ne veut pas même lui consacrer du plomb. — Les Tinamous ont tout à fait les mœurs et la nourriture des perdrix d'Europe. — Sous le nom d'Uru on désigne une autre espèce de perdrix qui se trouve dans les bois, et est remarquable par son chant, qui ressemble aux cris que pousserait un enfant en détresse. Elle se fait surtout entendre le soir et produit une illusion extraordinaire.
Dans les Andes, sur les plateaux les plus élevés, on trouve une espt*ce de Lagopède [Lafjopm albm? Gmelin) de couleur grisâtre, qui fait retentir l'air de ses cris aigus à l'approche du mauvais temps. On le nomme haca. — Le genre Pigeon compte * un assez grand nombre de représentants; Azara n'en énumère pas moins de neuf espèces. — Les bois et les rives des fleuves abondent en ramiers [Coliimba palu?nbus) de grande taille, qui quelquefois sont assez nombreux pour faire du tort aux cultures. — A côté de ce grand ramier se trouve un autre ramier, un peu plus petit, mais moins commiïn. La première espèce, d'une belle couleur violet clair et tirant sur le rose près du ventre, pouiYait peut-être $e réduire en domesticité, car elle est très-familière. — Le littoral et rintérieur ont une fort jolie tourterelle [Turtur) , dont la taille est à peu près la moitié de celle du grand pigeon, et qui est très-multipliée autour des maisons habitées, qu'elle semble rechercher d'instinct. — Dans les provinces de Cuyo et le long des Andes , on en trouve une petite espèce de la grosseur d'un moineau, de couleur grisâtre, striée de blanc avec le dos café au lait. Elle est aussi familière que la précédente. — Tous ces pigeons fournissent un gibier passable, mais généralement dur, à moins qu'ils ne soient jeunes. Il n'y a
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sur aucun point de la Plata de ces bandes immenses de pigeons de passage qui se montrent de temps à autre dans quelques parties de r Amérique du Nord.
6TRUTHI0NS OU BRÉYlPElfKES COUREURS.
L'Amérique du Sud n'a qu'une seule espèce de cet ordre. Le Nandou [Strtithio Rhea^ Linné), autruche plus petite et moins richement parée que sa congénère d'Afrique. Elle abonde, surtout à partir du 10* au 43* degré de latitude sud, dans les sertaôs (déserts) du Brésil, dans les Pampas de la Confédération et môme dans le nord de la Patagonie. C'est un oiseau qui aime par-dessus tout la plaine, où il trouve abondamment l'herbe dont il a besoin pour se nourrir. Cependant il parcourt aussi les bois, lorsque ceux-ci sont peu fourrés et que les arbres en sont élevés. C'est là qu'il se met à l'ombre et souvent qu'il pond. Le nombre d'œufs que renferment ses nids est de quinze et au-dessus. On assure que plusieurs Nandous se réunissent pour pondre au môme endroit, et que c'est le mille qui couve en se mettant à cheval sur le nid, lequel est légèrement creusé dans la terre ou le sable. Dans ce cas, il y a trente à quarante œufs de réunis, et il est probable que la chaleur du soleil contribue autant que celle du mâle à leur éclosion. La ponte a lieu généralement en octobre. Les jeunes autruches se nourrissent de mouches, de petits insectes et d'herbes fines. Il paraît même que le maie met à part un œuf, qu'il laisse pourrir et qu'il casse ensuite pour attirer les mouches, dont les petits font leur principale nourriture dans le principe.
L'autruche sud-américaine est chassée surtout par les Indiens du Sud pour sa chair et pour ses plumes. Cette chair n'est toutefois de bonne qualité que chez les jeunes ; elle est dure et coriace chez les vieilles : aussi l'abandonne-t-on aux chiens. On fait des sacs à tabac avec le jabot; les plumes servent à faire des plumeaux, à orner les lances des Indiens, lespicanas (aiguillons) des bouviers. On en expédie un assez grand nombre de ballots pour l'Europe.
Cet oiseau, malgré la rapidité de sa course, est assez facilement atteint par un honune bien monté, qui le bmile de loin. Les Indiens et les Gauchos du sud de Buénos-Ayres sont passionnés pour cette chasse.
Dans les endroits où il est habituellement poursuivi , le Nandou ^t très-farouche ; mais, lorsqu'on le laisse tranquille, il s'apprivoise