‹ Description géographique et statistique de la confédération Argentine (volume 2)Chapitre 218 sur 285 · VOIES PRINCIPALES. •- BOUTE DU PÉROU · texte numérisé non relu

VOIES PRINCIPALES. •- BOUTE DU PÉROU

rages immenses sur les deux rives qui nourrissent d'innombrables troupeaux ; cette plaine ne s'aiTÔte qu au Parana. — La section do Rio-Cuarto au Rosario est de 63 lieues^ ou 327 kilomètres.

En dehors des ponls qu'il y aurait à faire, M. de Laberge évalue les dépenses de ce chemin à 33,000 piastres, c'est-à-dire 165,000 fr. Mais il ne s'agit point ici, bien entendu, de travaux analogues à ceux de l'Europe, mais bien du creusement de quelques puits, de trouées à la hache au milieu des bois, de l'abaissement des berges de quelques ruisseaux et rivières pour en faciliter le passage à gué, enfin de l'ouverture de quelques fossés pour l'écoulement des eaux des petites lagunes ou de flaques d'eau non permanentes sur la route. Ces travaux suffisent pour que le chemin soit praticable pour les caravanes qui peuvent ainsi passer où elles veulent k travers les champs, pour\ u qu'elles connaissent une fois la direction à suivre, et qu'elles aient sur leur route l'eau et les pâturages nécessaires pour leurs bétes de trait.

Route du Pérou. — Cette route se détache de celle du Chili à l'Esquina de Medrano, où se trouve maintenant le nouveau village de San-Juan-Rautista. Après avoir longé quelque temps le Rio-Tercero, elle le traverse au bourg de Villa-Nueva à un gué assez bon, car le fond est du sable dur ; puis elle s'engage dans une belle plaine couverte de pâturages, traversée par le Rio-Secundo, né delà Sierra de Cordova dont on aperçoit le profil bleuâtre qui ferme l'horizon à l'ouest. Le Rio-Secundo, tout à fait analogue au Tercero dans sa partie supérieure, se passe à gué comme lui. Cette plaine herbeuse, qui n'est autre chose que la Pampa, se continue jusqu'à la ville de Cordova, bâtie surleRio-Primero, lequel, plus rapproché des montagnes, est plus étroit, plus rapide et moins profond que les deux cours d'eau précédents.

De Cordova, la route commence à longer de belles collines au pied desquelles commencent les pampas qui s'étendent sans interruption jusqu'au Rio-Parana h l'est. A la poste de DiVisaderos, à 23 lieues de cette ville, elle s'engage dans la Sierra proprement dite, dont l'altitude, au point culminant du chemin^ atteint 1,000 mètres, sans que celui-ci cesse un instant d'ôtre parfaitement carrossable. Le paysage devient aride ; on entre dans la province toujours altérée de Santiago-dël-Estero. C'est là que se rencontrent les plus grandes difficultés de la route, à cause de la maigreur des pâturages et de la rareté de Veau lorsque les sécheresses durent longtemps.

bb\ VOIES DE COMMUNICATION.

en réalité que 95, mais c'est toujours une réduction de près d'un sixième sur la distance totale. — Cette voie, qui a permis de franchir cette distanceen deux jours etdemi, se dirige en droite ligne de Rosario sur Cordova, à travers une pampa déserte encore, mais couverte de magnifiques pâturages. Elle passe le Carcarafla (Rio-Tercero) sur un bac, puis l'Arroyo de las Tortugas sur un pont de bois récemment construit, le Rio-Secundo à gué , et touche à Cordova, en suivant à peu près, dans tout ce trajet, le tracé du chemin de fer de Sir-Allan Campbell, dont nous parlerons tout à l'heure.

M. Gordillo a établi des postes avec les relais nécessaires sur cette route ; il a creusé des puits, bâti des cases pour les voyageurs. Il a ouvert ce désert fertile à l'activité des éleveurs de bestiaux, qui craignaient de le fréquenter à cause des Indiens; aussi des estancias ont-elles commencé à s'y organiser. Pour compléter son œuvre, il y a installé un service de diligences, puis un système de chariots légers, traînés par des mules, qui permettent aux marchandises d'arriver en six jours du centre de la Confédération argentine au Rosario. Ce double service va se relier incessamment à ceux qui doivent être établis pour Rio-Cuarto, San-Luis et Mendoza.

Route de Cordova à Scaita-Fé. — Cette route était fréquentée du temps de la domination espagnole ; elle fut abandonnée pendant les guerres civiles, à cause des incursions des Indiens du nord, qui, passant à leur guise le Rio-Salado, poussaient leurs courses jusqu'à l'Arroyo de las Tortugas et aux environs de la Esquina. — A partir du Saucé, village à 10 lieues ouest de Santa-Fé, le pays est désert jusqu'au fort du Tio, qui appartient à la province de Cordova. C'est une traversée de 30 lieues à travers ime pampa déserte analogue à celle que traverse la route Gordillo, que nous venons de décrire; mais il commence aussi à s'y former des estancias, depuis qu'on n'a plus à craindre les Indiens, grâce au rétablissement de la frontière militaire du Ghaco. Du fort du Tio jusqu'à Cordova, le pays est peuplé et couvert d'estancias : on passe par la petite ville du Rosario de los Ranchos, située dans un canton de pâturages. Il n'y a, du reste, aucune difficulté dans le chemin : l'eau, le bois, les pâturages, abondent partout. — Le gouvernement a ordonné dernièrement l'établissement d'un service postal sur cette voie, qui a l'avantage de mettre Cordova à 70 lieues seulement de Santa-Fé, où il ne reste plus que 8 lieues de rivière à traverser en bateau à vapeur, pour arriver à Parana, capitale de la Confédération.

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