‹ Description géographique et statistique de la confédération Argentine (volume 2)Chapitre 219 sur 285 · VOIES SEOONDAIKKS. — ROUTES DE SANTIAGO ET DE TUCUMAN · texte numérisé non relu

VOIES SEOONDAIKKS. — ROUTES DE SANTIAGO ET DE TUCUMAN

Boute de Santiagth-del-Estero à Santa-Fé, -— Cette route si importante, puisqu'elle mot en rapport les provinces du nord avec le littoral, et réduit la distance de Tucuman au Parana à 180 lieues, au lieu de 300 qu'il y aparCordova et Rosario, a été abandonnée pendant plus d'un demi-siècle. — C'est depuis deux ans seulement que le gouvernement fédéral a ordonné son rétablissement, et l'on s'en occupe en ce moment. — Dans le voisinage de Santa-Fé, le chemin se confond avec la route de Cordova jusqu'au Saucé ; mais, de ce village, au lieu de continuer à l'ouest, il remonte vers le nord-nord-ouest, et gagne les environs de la lagune salée de los Porongos, qu'il laisse à sa gauche. Le terrain est absolument plat, couvert de pâturages et semé de quelques bouquets de bois. L'obstacle est le manque d'eau, celle que fournissent les puits ét<mt saumâtre au point d'être quelquefois impotablc lors des sécheresses. Cet inconvénient a pu contribuer à l'abandon de cette route autant que la cniinte des Indiens. Cependant il y avait jadis des estancias dans ces localités qui étaient protégées par les forts del Eje, du vieux Colulu et de Soledad ; et d'ailleurs, en se rapprochant du Rio-Salado, on trouve de l'eau douce, puisqu'en 1856 le général D. Antonino Taboada a pu arriver sans encombre, avec une centaine d'hommes, du Bracho à Santa-Fé, en traversant ainsi une zone complètement inhabitée. La distance de Santa-Fé à la Isla-Verde, sur le Rio-Dulce, dans la province du Santiago-del-Estero, où l'on retrouve des habitations, est de 60 lieues. A la Isla-Verde, on passe le Rio-Dulce, qui, quelques lieues plus bas, va former les marais de los Porongos, et l'on suit sa rive droite jusqu'à l'embouchure du Saladillo, d'où l'on remonte ensuite jusqu'à Stmtiago.La distance totale de cette ville au fleuve du Parana se troute ainsi réduite à ISO lieues maximum. Les convois de charrettes la suivaient jadis, et il n'y a pas de raison pour que ce qui se faisait il y a soixante ou quatre-vingts ans ne puisse se faire encore aujourd'hui.

Le rétablissement des deux routes que nous venons de décrire si rapidement aura l'avantage immense de rapprocher du littoral les populations du nord de la République, et il fera de la ville de Santa-Fé un nouveau centre commercial important. L'essentiel, on le sait, pour les provinces intérieures, c'est d'être en rapport facile avec le Rio-Parana, qui est aujourd'hui la grande artère argentine et le débouché naturel du pays presque entier. Tout ce qui peut contribuer à ce résultai doit donc se réaliser au plus tôt.

Route de Ttwuman à Corrientes par le Chaco, — Le Congrès,

par la loi du 12 septembre 1855, a 4pcrélé c< qu'une route directe serait ouverte à travers le Chaco, des provinces du nord au Rio-Parana, et il a affecté à cette dépense les fonds provenant de la vente du papier timbré. » — Une mesure préliminaire pour des travaux de ce .genre devait être naturellement Torganisation de la frontière du nord ; le colonel du Graty s'en occupe- depuis deux années. (Voyez p. 207.)— Il faut ensuite une reconnaissance géographique du terrain, car on n'a point encore décidé si la route viendra déboucher en face de Corrientes, qui n'est qu'à un demi-degré plus au sud que TucumaD, ou si on la conduira plus bas, en la réunissant à une autre route partie de Santiago-del-Estero qui irait gagner le fleuve à l'ancienne Mission de San-Geronimo, en face de Goya. Cett« région du Chaco est à peu près inconnue , tandis que la partie nord qui suit le Rio- Vermejo a déjà été parcourue plusieurs fois.

D'après les renseignements rassemblés jusqu'à présent sur ces localités, l'obstacle principal serait le manque ou plutôt la mauvaise qualité de l'eau qui est souvent saumâtre, une partie de l'année, dans la partie centrale du Chaco. Dans la saison pluvieuse et à l'époque des crues du Parana, il se forme au contraire de vastes marais au milieu desquels il faudrait se frayer un chemin. La question est donc de trouver la voie la meilleure et la plus courte, celle qui exige le moins de travaux au milieu de cette région inhabitée.

De Tucuman au gué du Rio-Salado, près de l'estancia de San- Pablo, au-dessus de Sepulturas, il n'y a qu'une pampa déjà occupée par des fermes et des bestiaux ; mais, de l'autre côté de la rivière, on doit forcément traverser une forêt de bois épineux d'un accès extrêmement difficile et qui forme, au dire des Santiagais, une bande de trois lieues de large qui se continue indéfiniment vers le sudest en longeant le cours d'eau. Il y aurait cependant, par intervalles, quelques ouvertures naturelles dans cette longue forêt, puisqu'on a pu la traverser pour arriver au point d'Otumpa, où se trouve le fer météorique dont nous avons parlé (tome I, page 272). De San- Pablo, la ligne projetée passerait non loin, mais un peu au nord d'Otumpa ; elle toucherait le Parana aux ruines de l'ancienne Mission de San-Fernando, en face de Corrientes. La distance de San-Pablo au fleuve est en ligne droite, de près de cent lieues astronomiques, puisque ce point, suivant la commission du Waterwich, se trouve situé par 2T 20' de latitude et 66° 28' de longitude, alors que Corrientes est par 27° 27' et 61° 6'. — Mais, avec les détours inévitables, il y aurait toujours bien près de six cents kilomètres, lesquels.

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