UNITAIRES ET FÉDÉRAUX
a vernement de Buenos- Ayres fera les fonctions de ce pouvoir avec a la double faculté :
(( 1° De diriger les relations extérieures des Provinces-Unies sans c( toutefois conclure aucun traité, si ce n'est avec l'autorisation (( spéciale du congrès;
« 2° D'exécuter et de communiquer les résolutions du congrès aux a autres gouvernements. »
Six mois après, loi'squ'il s'agit de délibérer sur la constitution définitive du pays, le congrès sanctionna préliminairement la loi suivante :
« Article 1 . — Pour désigner les bîises sur lesquelles doit se fortt mer la constitution, on consultera d'abord l'opinion des provinces « sur la forme du gouvernement qu'elles regardent comme la plus « propre à assurer l'ordre, la liberté et la prospérité nationales.
a Art. 2. — L'opinion des provinces sur cette importante matt tière s'expliquera par ses juntes ou assemblées représentiitives, et (( là où U n'y en existerait pas, on en créera une pour cet objet.
tt Art. 3. — Les assemblées représentatives exprimeront leur « opinion et la feront connaître dans le plus bref délai. »
Quand il fut question de choisir entre le $>\stème fédéral et le système unitaire, la commission nommée pour formuler un avis sur un sujet aussi grave, aussi délicat, s'exprimait en ces termes :
« Les provinces ont essayé jusqu'aujourd'hui deux systèmes de « gouvernement, l'Unité et la Fédération. — La commission, sans a entrer dans des détails qui seraient un sujet de douleurs et de (( regrets pour le pays, se contentera de dire que le premier a été « trop tyrannique et le second trop faible. Dans les circonstances a inattendues et sans précédents dans lesquelles s'est trouvée la rétt publique, il y a eu tout à créer, et l'expérience a prouvé qu'il a fallait se constituer d'abord, puis améliorer ensuite graduellement (( ce qui existe à l'aide du temps, de l'expérience et du travail. Le (( congrès comprenait probablement cette nécessité lorsqu'il a sanc- <c tionné, par une loi spéciale, que les opinions exprimées par les astt semblées provinciales lui laissaient Tautorité nécessaire pour établir K la constitution la plus conforme aux intérêts nationaux, sauf le « droit d'acceptcition réservé au peuple. »
Malheureusement le congrès n'attendit pas que toutes les provinces eussent répondu à cet appel pour se prononcer, et il le fit dans le sens de l'unité. — Les provinces de Mendoza, de San-Juan, de Santiago, de la Rioja, se déclarèrent pour la Fédération; celles de Salta
et de Tucuman pour l'Unité. Celle de San-Luis répondit simplement qu'elle ne se croyait pas assez éclairée encore pour dire lequel des deux systèmes était le meilleur. — Malgré cela, rassemblée passa outre, à une grande majorité, et l'on se hâta de nonmaer le Président de la république des Provinces-Unies du Rio-de-la-Plata. D. Bernardino Rivadavia, sur 38 votants, ne trouva que trois voix d'opposition. (7 février 1826.)
La constitution unitaire, promulguée le 24 décembre 1826, rencontra une vive opposition; les chefs les plus influents de Vintérieur, qui y voyaient une attaque à leur autocratie, l'attaquèrent avec violence et la rendirent odieuse aux provinces qui, d'ailleurs, avaient une répugnance instinctive à se laisser gouverner par Buénos- Ayres. La plupart de celles-ci, usant du droit que leur conférait la loi fondamentale y la repoussèrent en déclarant qu'elle leur semblait trop unitaire, et réclamèrent une organisation fédérale qui maintint entre les diverses provinces — k une liberté, une indépendance et une égalité parfaites. »
Une circonstance contribuait, en outre, à la désaffection des provinces pour le nouveau régime. La république avait déclaré la guerre au Brésil pour délivrer la Bande-Orientale occupée depuis 1817 par les Portugais et les Brésiliens, leurs successeurs ; il fallait recruter du monde pour l'armée, et les levées dans l'intérieur étaient impopulaires. Ce fut afin de s'y soustraire que la province de Tarija se détacha de la république argentine pour se rattacher à l'État bolivien.
A Buénos-Ayres, l'opposition contre la présidence et le congrès était plus violente encore que dans les provinces. Rivadavia, immolant son amour-propre au bien public, donne sa démission le 7 juillet 1827 ; le congrès se dissout, et le système fédéral prévaut définitivement. On revient aux errements de 1821 : les provinces ont leur législature, leur gouvernement, leurs douanes; elles forment en réalité des Etats séparés, ralliées seulement à Buénoâ-Ayres par la délégation du droit de les représenter à l'étranger. Le colonel Dorrego, chef du parti fédéral dans la capitale, est proclamé gouverneur de la province et nomme à son tour général de la campagne D. Manuel de Rosas, dont l'influence et la popularité ont grandement contribué à la chute de la présidence. Cette position fait de ce dernier un des principaux personnages de l'État.
en
Guerre des Unitaires et des Fédéraux, — La paix avec le Brésil, 1828, et le retour de l'armée argentine, dont toutes les sympa-