‹ Description géographique et statistique de la confédération Argentine (volume 2)Chapitre 25 sur 285 · ANIMAUX SAUVAGES. — REMILES. — TORTUES. S · texte numérisé non relu

ANIMAUX SAUVAGES. — REMILES. — TORTUES. S

d'été, on les voit assez fréquemment flotter à la surface des eaux. Quelques-unes atteignent une grande taille, quarante à cinquante centimètres de long pour la carapace, et nous semblent appartenir au genre Trianix. Elles sont très-voraces, remarquablement agiles ; si on les renverse sur le dos, elles se redressent immédiatement en arc-boutant leur long cou contre le sol. Elles nagent parfaitement et poursuivent avec rapidité leur proie dans les eaux, proie qui se compose de poissons, de crustacés, de mollusques, etc., etc. ; leur voracité les rend faciles à prendre à l'hameçon. Quelques-unes peuvent vivre dans les eaux dormantes, pourvu toutefois qu'elles soient limpides. Cette propriété est mise à profit par les habitants du littoral, qui déposent des tortues de cette espèce dans leurs citernes, où elles vivent de longues années, se nourrissant des animalcules, des petits vers qui s'y engendrent, et y maintenant ainsi la propreté. Ces animaux peuvent acquérir, quoique soustraits à l'action du soleil et de la lumière, une assez grande taille.

Les tortues thalassites vivent à l'entrée de la Plata et paraissent se plaire dans ses eaux saumâtres. On en rencontre assez souvent sur le rivage ou à la surface des eaux ; elles affectionnent particulièrement les plages sablonneuses de la rive gauche. Ainsi la grande côte recouverte de sable fin de Santa-Rosa, au-dessous de Montevideo, est fréquentée volontiers par elles , et c'est là qu'elles aiment à déposer leurs œufs, qui éclosent sous l'influence d'un soleil ardent. — La Tortue franche [Chelonia mldas\ le Caret [Chelœiia imbricata) et la Caouane [Chelonia caoïtanad) y viennent indistinctement; mais les ehéloniens de ces parages ne semblent pas atteindre la taille de ceux qui vivent dans la zone équinoxiale. — On rencontre assez souvent leurs œufs au bord de la mer ; beaucoup sont poussés par les vagues jusque dans le port de Montevideo, dont ils sèment la plage dans les mois de décembre et de janvier. Ces œufs sont parfaitement ronds, recouverts d'une pellicule molle et un peu plus gros qu'un œuf de poule. Quant aux petites tortues, sitôt écloses, elles gagnent l'eau, et il est difficile de les rencontrer.

Toutes les tortues que nous venons de nommer, de terre, de marais, de rivière ou de mer, sont comestibles, les dernières surtout, qui sont recherchées à cause de leur taille et de leur bon goût. Les gens du pays ne s'en soucient guère ; mais les étrangers, et principalement les Anglais, en sont fort amateurs.

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