ARTS LIBÉRAUX
Peinture^ sculpture^ architecture. — Avec les dispositions poétiques que nous avons signalées chez les habitants du bassin de la Plata, dispositions que favorisent sans doute la splendeur du ciel et la vivacité de la lumière, on doit penser que les artistes seront nombreux ; et cependant, en dehors de ce qui touche la musique, l'esprit artiste n'existe qu'à l'état naissant. La raison en est simple: pour comprendre la peinture, la sculpture, l'architecture, il faut avoir vu des modèles, il faut s'être formé le goût par la contemplation, la comparaison des chefs-d'œuvre de l'art, et rien de tout cela n'existe encore dans la Plata. La ressemblance dans un portrait est tout ce que l'on comprend, tout ce que l'on cherche ; on n'a jamais vu une belle statue ; les édifices publics ne sont remarquables que par leur masse, et dans les constructions particulières on ne vise guère qu'à l'utile. Ce u'est donc qu'avec le temps que ce goût pourra se développer ; mais, une fois que l'on aura commencé, on ira vite, et déjà le mou-
(1) Le plus illustre et le plus sympathique de tous, le noble don Floreacio VareU, a payé de sa vie, en 1848, la guerre aussi digue que persbtante qu*il sut faire à la dictature qui pesait sur les deux rives de la Plata. Mais s*il n'a pu voir se réaliser Tavenir que sa plume aussi élégante qu'honnête signalait à son pays, les événements ont au moins couronné les idées de progrès et de concorde qu'il cherchait à faire germer dans le cœur de tous les Argentins.