GOUVERNEMENT. — INSTRUCTION PUBLIQUE. G
vement se prononce eu ce sens, car le public arrive mainteuant à apprécier rélégance d'une construction, le goût d'une décoration de fête, Theureuse disposition d'une promenade publique, de même qu'en moins de dix années il est devenu musicien.
Théâtres, — Opéra, — En effet l'on n'a guère commencé à chanter rOpéra qu'en 1850, et déjà, formée par les grands artistes qui sont venus dans la Plata (1), la population exige aujourd'hui de ses comédiens qu'ils soient dignes des palais qu'on leur a construits, car l'on peut affirmer sans crainte d'être démenti que le théâtre de Solis à Montevideo, et celui de Colon à Buenos- Ayres, ne dépareraient aucune capitale de l'Europe.
Et ce ne sont pas seulement les deux grandes capitales de la Plata qui ont leurs théâtres, il y en a àGualeguaychu, à Parana, à Rosario, à Corrientes, à Mendoza, à San-Juan, à Cordova, àTucuman, etc., et bientôt chaque ville un peu importante aura le sien. L'opéra, le drame, le vaudeville (^arzwe/a), ces deux derniers presque toujours traduits du français et espagnolisés, les meilleures pièces du théâtre moderne espagnol, sont représentés partout, et la population se presse dans les salles, souvent trop étroites pour la recevoir. Les airs des opéras les plus goûtés deviennent populaires, et il n'est pas rare de les entendre fredonner parle sang-melé ou le noir qui, portant un fardeau ou se rendant à son travail, passe à côté de vous dans la rue.
Dans la campagne, même goût pour la musique. Le gaucho, remisé dans une pulperia ou assistant aux pompes d'un velorio, improvise des chansons dont il fait à la fois les airs et les paroles, et qu'il accompagne de sa guitare. A Santiago-del-Estero, au Paraguay, l'instrument national est la harpe, que l'on sait fabriquer dans le pays, et que les jeunes filles font vibrer avec beaucoup de grâce et d'harmonie. L'Indien Guanmi lui-même taille une flûte dans un roseau, construit un violon avec lequel il fait sa partie dans un concert improvisé. Dans les anciennes missions des jésuites, la musique des églises était composée tout entière d'exécutants indiens qui réussissaient à traduire les œuvres des maîtres ; et aujourd'hui encore, au Paraguay, le tambour, le triangle, les violons et les flûtes qui accompagnent le chant aux offices, sont un souvenir bien incom-
(l) Le violoniste Sivori, le piauisle TlialJ)ergy le chanteur Tamherlick, mademoiselle Lai;rua, cantatrice, tous artistes d'une réputation eiin pjemie, sont veuus se faire euteudre sur les théâtres de Buénos-A} res et de Montevideo.