MOLLUSQUES D'EAU DOUCE. — ANNÉLIDES
la saison sèche, est rempli de Dorados, sans compter les Boga^, les Bagres, etc., qui y fourmillent....
Quant aux Mollusques d'eau douce, il n'y a guère de remarquable que diverses espèces d'Anodontes [Anodonta) que l'on trouve dans les ruisseaux de 1 Entre-Rios et dont les paysans se servent en guise de cuiller. La lagune de Santa-Fé en renferme une espèce [Anodonta iridina) de moyenne grandeur, dont la face interne de la coquille est magnifiquement nacrée. On en fait quelquefois monter sur des manches d'argent pour s'en ser>1r également en guise de cailler ou comme objet de curiosité. — Dans les Missions, nous avons trouvé à la surface du sol, dans les lieux humides, des Hélices [Hélix) et des Limnées [Limnœus) de grande taille. Ces coquilles sont assez uombreuses pour que, du temps des Jésuites, on les ramassât pour les brûler et en faire de la chaux à blanchir.
Nous ne connaissons aucmie espèce d'Ecrevisse ou de Crabe dans rintérieur.
An.n'éijdes. — Les Sangsues [Hhudo Sanguisuga^ Linn.) se rencontrent sur certains points, et plusieurs espèces présentent les bonnes qualités de la sangsue médicinale. Il en existe dans les lagunes des environs de Santa-Fé ; mais leur appareil de succion n'est pas assez énergique, et elles mordent à peine. — Il n'en est pas de môme de celles que Ton trouve dans les lagunes et esteros de Corrientes ; nous en avons fait nous-même l'expérience à Bella-Vi^ta. La Sangsue correntine, qui est noire, striée de vert, très-vive et très-alerte, prend aussi bien que celle des meilleures qualités venues d'Europe. La pèche en est ordinairement faite par des enfants. Sitôt que ceuxci entrent dans l'eau, les sangsues se précipitent sur leurs jambes, mais les pêcheurs savent les saisir prestement et les mettre dans une bouteille avant qu'elles aient eu le temps de mordre.
n serait bien à désirer que les barbiers de Buénos-Ayres, de Montevideo, de Bosario, etc., au lieu de faire venir des sangsues d'Europe, qu'ils font payer de 1 fr. 50 à 5 fr. aux malades, se servissent des sangsues de Corrientes, qui sont aussi bonnes et ne coûteraient pas la dixième partie de ce que coûtent les premières. On trouve également des sangsues dans les ruisseaux de San-Luis de Cordova, de Tucuman, etc., mais elles ne valent pas celles de Corrientes. Ces dernières sont tellement avides de sang qu'elles fatiguent horrildement les animaux qui entrent dans les esteros pour y
paître les joncs, les souchets, et plusieurs graminées riches en principe sucré, dont ils sont très-friands. On les en voit sortir avec les jambes striées de petits filets de sang provenant des piqûres de ces annélides. Les chevaux qui prennent l'habitude d*aller dans les esteros et de souffrir ces pertes de sang continuelles, engraissent beaucoup, mais sont sans force et finissent par succomber à une sorte d'hydropisie générale. Aussi les propriétaires soigneux ont-ils h\ précaution de les faire conduire loin de ces flaques d'eau.
§ V. — Imectes.
On sait que le nombre des Insectes est prodigieux^ puisque los naturalistes en comptent déjà plus de trente mille espèces; aussi, comme nous avons fait pour les animaux précédents, ne voulons-nous qu'indiquer les plus remarquables, au point de vue de l'utilité ou du danger qu'elles offrent, ou de la curiosité qu'elles excitent.
CLASSE DES HEXAPODES.
CoiiioPTÈRES. — Le Paraguay nourrit un beau Scarabée [Scarabœm atmchtis)^ et plusieurs nécrophores de grande taille, insectes remarquables par la rapidité avec laquelle ils enterrent les cadavres des petits animaux dans lesquels ils déposent leurs œufs. — La Calandn^ [Calandra granarid) et le Charançon {Curculio) se trouvent malheureusement aussi répandus dans les blés et les maïs qu'en Europe. — Oh trouve diverses espèces de Cantharides [Melœ vesicatoria) dans les bois, mais on ne s'est jamais occupé de les recueillir.
Les provinces du nord, à partir de Cordova, nourrissent un magnifique Taupin [Elater^ Pyrophorus)^ connu ici sous le nom de Tuco-tucOy et qu'aux Guyanes on appelle Cuyuyu. Ces insectes, longs de trois centimètres, ont la forme d'un très-gros Bourdon et possèdent la propriété de plier brusquement leur corps en deux, en frappant le sol avec bruit, pour s'élancer en avant. Ils volent d'aiUeurs tri-sbien. Mais ce qu'ily a de plus remarquable en eux, ce sont deux taches jaunes en avant du corselet, qui, la nuit, jettent un éclat phosphorescent tellement vif qu'en promenant l'insecte sur un livre, il donne assez de lumière pour qu'on puisse lire chaque ligne Tune après l'autre. Les dames s'en font quelquefois des parures, en les enfermant dans un petit nœud de gaze qu'elles cousent à leur robe ou qu'elles montent en coiffure. Dans les belles nuits d'été, ces curieux